12.05.2007
L'énergie devient une compétence locale
Le changement climatique aura mis longtemps à s’imposer comme une donnée dont le caractère
inéluctable est reconnu presque unanimement par la communauté scientifique. Des changements importants sont d’ores et déjà observés ainsi que quelques catastrophes qui ponctuent ici et là l’actualité française ou internationale.
Dans le même temps, les réserves d’énergies fossiles diminuent et leur coût va fatalement augmenter. Les prix
de l’essence pour se déplacer, du gaz ou du fioul pour se chauffer risquent de grimper et de remettre en question des habitudes de vie bien installées.
Les écologistes ont martelé des cris d’alarme pendant plusieurs décennies.
Ces appels à la raison n’ont été que très partiellement entendus. Des mots et concepts nouveaux ont surgi dans les politiques locales, tels le « développement durable » ou les « agenda 21 » mais l’action publique n’a que peu
suivi.
Au pire, elle a tourné les talons face aux oiseaux de mauvais augure en maintenant une politique énergivore
puisque dans les années 1980, la baisse du prix du pétrole avait entraîné un renoncement face aux efforts entrepris dans la décennie précédente sous l’impulsion de l’AFME (la fameuse « chasse aux gaspis »).
![]()
Au mieux, elle a retenu de ces nouveaux impératifs écologiques des axes de communication qui sont venus
s’empiler sur le mille-feuilles des bonnes intentions que chaque institution se doit d’avoir dans son répertoire
: des plaquettes, un colloque, une association, une « coordination des énergies » qui au mieux pouvait déboucher sur un projet « pilote » ou « expérimental»… pour mieux consacrer sa marginalité.
C’est une politique à courte vue, et qui ne peut durablement masquer des réalités aussi crues que le coût des assurances, la facture énergétique des collectivités, des entreprises ou des particuliers. Pour les pouvoirs publics, répondre à ces enjeux n’est plus seulement un impératif moral pour sauver la planète – qui n’engage que ceux qui y pensent -, mais revêt désormais une réalité financière sonnante et trébuchante
qui implique chacun de nos concitoyens.
Pour les élus, c’est l’heure de la responsabilité, et donc d’une politique massive, diversifiée et concrète qui
doit changer la donne. Comme les déchets dans les années 1990, c’est un nouveau phénomène qui émerge :
l’énergie était une ligne dans un budget, elle devient une compétence. Et une fois encore, les collectivités locales
d’une part, l’Europe d’autre part, se montrent plus audacieuses et innovantes que l’Etat.
Christophe Porquier
www.ideesvertes.info
01:15 Publié dans Economie, Energie, Environnement, Fiscalité, Logement, politiques publiques, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, politique, énergie, nucléaire, thermique, fioul, gaz




Les commentaires sont fermés.