21.08.2007

Politique de l'immigration : quelques pistes pour sortir des impasses actuelles (II)

Pour l'heure, la France doit ratifier la Convention Internationale des Droits des Migrants. Cette convention, qui s’applique à tout le processus de migration (préparatifs, départ, transit, séjour) vise à garantir le respect des libertés fondamentales et des droits de la personne humaine...

Il existe une oppression spécifique aux femmes issues de l’immigration du fait de leur dépendance à leur partenaire comme parfois de leur pays d’origine, et de leur précarité. Pour lutter contre celle-ci, il faut mettre en place une autonomie juridique des femmes migrantes afin qu’elles ne dépendant plus de leur partenaire, faciliter l’accès à un cursus comprenant alphabétisation et/ou langue française et formation professionnelle. Nous devons également abroger les conventions bilatérales défavorables aux femmes.
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Mais pour fonder une grande initiative en matière de politique d’immigration dans notre pays, il faut surtout sortir des tabous qui bloquent notre société sur cette question. Nous régularisions plus de 100 000 personnes par an dans les années soixante. Pourquoi notre ambition républicaine a disparu ?

L'Espagne a régularisé récemment près d'un million de migrants. Cela recadre singulièrement nos enjeux nationaux et pointe d'autant notre politique de gribouille.

Pour autant, une ouverture sans conditions ne saurait tenir lieu "d'autre politique" qui cacherait mal son masque libéral. En effet, les tenants d'une immigration "non choisie" font le jeu des partisans de la politique restrictive actuelle, fondée sur les liens familiaux.

En s'affublant de la supériorité morale, ils ne disent pas que leur choix est aussi...celui du patronat. En réalité, c'est celui d'une économie qui utilise les services des migrants en jouant la pression à la baisse des salaires et à la remise en cause des compromis sociaux.
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De fait, le statu quo actuel privilégie ceux qui ont la chance d'avoir des liens familiaux ou qui répondent aux critères patronaux. C'est à dire massivement la main d'oeuvre faiblement ou pas qualifiée (1). Ce choix c'est aussi celui de l'auto engendrement de l'immigration actuelle par l'immigration passée et, finalement, l'absence de diversité.

Plusieurs priorités.

Il nous faut faire ce travail impératif sur notre histoire commune, il est temps. Ce sans quoi, notre avenir commun sera occulté ou le "débat" sera monopolisé par les tenants d'une histoire partielle en vue d'instrumentalisation (type "Indigènes de la république"...) ou d'une présentation partielle, de l'esclavage - dans ses réalités d'hier et contemporaine.

Nous devons cesser de détourner le regard de la réalité imbriquées des dominations économiques ET de la corruption, du clanisme, de l’imbrication entre le religieux et le politique. Ce sont autant de freins à une nouvelle donne pour l’Afrique avec la complicité de puissances et de firmes (2).

Quand sortirons nous du paternalisme traditionnel vis à vis de l’Afrique? Faut-il éviter de pointer les détournements et l'utilisation des 80 milliards d'avoirs issus de la rente pétrolière pour la seule Algérie?

L'Afrique n'est pas pauvre dans son ensemble. Son problème global est politique mais dépasse la seule question de la "gouvernance", au sens de la Banque mondiale (3).

Peser au niveau international pour de justes cours des matières premières, base d’un nouvel ordre économique, remettre à plat la politique agricole commune qui est une impasse pour tous les agriculteurs.
Desserrer l'étau de la dette et favoriser l'émergence de constitutions pérennes comme pierre angulaire de la démocratie...

En l'état, notre réponse est étriquée, sécuritaire, sans proportion avec les enjeux. Elle va à l’encontre des intérêts les plus élémentaires des migrants. C’est aussi un non sens pour l’Europe et la France, nous l'avons déjà évoqué précédemment (4).

Certains pays (le Canada, la Grande Bretagne) mettent à l'essai un accueil des immigrés sur des critères permettant la mixité des populations, au delà des seuls besoins liés à leur économie.

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Les politiques manquent de courage en intégrant un supposée blocage de l’opinion. Ils se cachent derrière l'alibi sécuritaire à grands coups de com'. Pour combien de temps ?

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NOTES

(1) Selon les analyses de plusieurs démographes reprises par Michèle Tribalat (in libération, 9 août 2007)

(2) Les pays créanciers ne sont pas étrangers à l'accumulation d'une dette colossale. Ils portent la lourde responsabilité de la pratique d'une politique de prêts incontrôlée, répondant plus à des intérêts économiques, politiques et personnels obscurs qu'à une politique cohérente de coopération au service du développement des populations. Particulièrement, la France n’est le premier contributeur de l'IPPTE (programme de réduction de ladette), à hauteur de plus de 12 milliards d'euros, qu’en conséquence d’un soutien financier intéressé, voire parfois criminel, de Paris aux régimes « amis de la France » en Afrique (le Cameroun, l’ex-Zaïre de Mobutu et la Côte d’Ivoire figurent ainsi parmi les principaux débiteurs de la France, sans même parler du Congo-Brazzaville ou encore du Rwanda).

(3) Selon le Comité contre la faim, "la dette des pays du Sud est le résultat d’une politique d’endettement aussi irresponsable de la part des gouvernements des pays créanciers que de la part de ceux des pays débiteurs. Or, seules les populations des pays débiteurs en ont assumé le coût, au prix de millions de vies humaines : le remboursement de la dette prive en effet les Etats de ressources nécessaires au financement des secteurs sociaux essentiels. Aujourd'hui, nombre de pays croulant sous une dette impayable ne seront même pas en mesure de réaliser les OMD. La mise en place d'un partenariat mondial pour le développement implique à la fois la reconnaissance par les créanciers de leurs responsabilités, en annulant la dette, et le rééquilibrage des pouvoirs entre créanciers et débiteurs dans la gestion de la dette, vers des règles équitables et transparentes pour tous."

(4) "L'immigration, une chance pour la France", billet sur ce blog du 20 août

Commentaires

merci pour cet article !!! vous devriez le publier largement !
je vous conseille les articles de gus massiah et d'emmanuel terray sur l ouverture des frontieres, c est tres interessant !

imaginons un instant toutes les ressources mobilisees pour la fermeture des frontieres : armee, police, lois, centres, avions, equipement de la Lybie... une expulsion est estimee a 15 000 €

combien cela ferait d ecoles ? combien cela ferait d emploi ?
de combien serait les retombes economiques et sociales ?

http://cimade63.blogg.org

Ecrit par : cimade63 | 21.06.2007

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