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09.08.2007
Critiques de VELIB par Syrine Catahier, ancienne verte passée au Modem...
Billet repris dans un blog du quotidien "le monde".
No logo, no vélo ?
Je vous propose de lire l'article ci-dessous qui est paru sur le site du Monde, dans le nouveau blog intitulé "Paris, bouge-t-il ?" (parismobile.blog.lemonde.fr). Le journaliste du Monde, Karim Elhadj, développe les inconvénients du système parisien de vélos en libre-service, Vélib' de JC Decaux. Et il présente la solution alternative constituée par mon projet Vélo 18, développé dans le cadre de l'Essec.
"Non, il ne s’agit pas de s’opposer, par plaisir de la contradiction, à l’expérience du vélo pour tous (quoique tous n’y ont pas accès…). Mais à y regarder de plus près, l’argument écologique, porté très haut par les afficheurs et les communes pour justifier le VLS (Vélo en libre-service) financé par la publicité, ne tient pas bien la route.
Démonstration.
Des afficheurs publicitaires comme Clear Channel ou JCDecaux font du pied aux municipalités en mettant à leur disposition des systèmes de vélos en libre service. En échange, ces sociétés privées assurent l’entretien du mobilier urbain (abri-bus, sanisettes, stations de vélos…) sur lequel elles ménagent des espaces publicitaires qu’elles louent aux annonceurs. L’argent de la location des espaces et des vélos revient totalement ou en partie aux afficheurs suivant le type de contrat passé avec les communes. Ces dernières qui acceptent la démarche mettent, en théorie, des vélos à disposition de tous et améliorent leur image en affichant leurs préoccupations pour l’environnement, le bon air, la santé et toutes ces choses à la mode aujourd’hui.
D’abord, d’un point de vue social, on peut politiquement et moralement contester qu’un ’service public’ de vélo dépende d’une entreprise privée qui peut décider, un beau jour, de rompre son contrat avec la ville. Dans ce cas de figure, que deviendront ces milliers de vélos, ces centaines de stations et les emplois générés par le vélo en libre service ? Qui paiera l’entretien du parc de bicyclettes si l’entreprise l’abandonne ? Combien coûtera son démantèlement ? Quel coût en terme d’image pour la municipalité qui décide ne pas prolonger le système de VLS ?
Par ailleurs, sur le plan environnemental, selon l’association anti-publicité, Paysages de France , “les afficheurs se sont rendus compte qu’une affiche éclairée et mobile faisait 40% d’audience en plus qu’une simple publicité statique”. En conséquence, “la dépense énergétique s’accroît et les citoyens sont encore plus exposés plus à la réclame”. Notons qu’à Paris, la mairie a réduit de 20 % le nombre des espaces publicitaires. Mais les panneaux de JCDecaux, par exemple, peuvent accueillir jusqu’à trois affiches éclairées et mobiles… Assiste-t-on à une réduction de l’espace publicitaire et parallèlement à une augmentation du nombre de publicités affichées ? Possible…
Enfin, d’un point de vue pratique, en étudiant la géographie de Paris, on peut se questionner sur la pertinence du maillage des stations de vélos. En effet, sur les hauteurs de la capitale, “ceux-qui-se-lèvent-tôt-le-matin”, pour se rendre à leur travail, dégarnissent rapidement les stations. Et on les comprend ! Quoi de plus agréable que de filer, le cheveux au vent frais du matin calme, le long des pentes parisiennes ? Mais quelle déconfiture pour ceux qui se lèvent tard ! Pas de vélos disponibles ! Et pour le chanceux qui trouverait sur le chemin du métro, un vélib’ encore sur sa borne, une fois descendu dans la plaine, il est souvent bien difficile de trouver une place vide pour se garer. Elles ont toutes été prises par “ceux-qui-se-lèvent-tôt”. De plus aux abords des gares SNCF, les stations de vélos ne courent pas les rues. Ce manque n’incite pas les voyageurs en provenance de banlieue a enfourcher un bicycle pour terminer
Conscient de ces questions, peut-on imaginer un système de vélos pour tous, indépendant du financement publicitaire, utile à la société et vraiment écologique ? Pour Syrine Catahier, adjointe au maire du 18eme arrondissement de Paris, la réponse est oui. En effet, dans son projet Vélo 18 (primé par l’ESSEC) elle a imaginé un système de partenariat (qui se se passe de la pub) entre une entreprise privée et une municipalité pour financer des vélos en libre service, à destination des usagers du 18eme. Il faut bien avouer que la proposition de cette ex-militante Verte passée à l’orange du Mo-Dem, est déconcertante de simplicité.
Explication.
L’entreprise privée achète des vélos dont elle assure l’entretien et la location. Pour exploiter ce marché sur le territoire de la commune, l’entreprise verse à la mairie, la marge bénéficiaire de la location des bicyclettes. En échange, la municipalité construit des parcs à vélos. Pour peaufiner l’arrangement, l’entreprise s’engage à rémunérer et à former des personnes en grande difficulté sociale à la gestion des parcs à vélo, à la réparation des bicyclettes et à l’accueil du public. Par ailleurs, le maillage des stations de vélos est élaboré par la commune avec des spécialistes du déplacement urbain de manière que les administrés optent plus pour la bicyclette et moins pour la voiture. Enfin, pour inciter la population à utiliser ce mode de “déplacement doux”, une kyrielle de conseils et de services sont associés à la location du vélo : casque, siège-enfant, gilet réfléchissant, formation au deux-roues en ville, conseils de sécurité, emplacements stratégiques des stations de vélos…
Malheureusement resté dans les cartons, Vélo-18, dont l’ambition allie “actions d’insertion et lien social entre les habitants”, n’attend plus que la volonté des politiciens pour voir le jour.
Karim Elhadj
07:30 Publié dans Municipales Paris 2008, Politique, politiques publiques, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : velib, paris, catahier, critique



Commentaires
Ah quelle est belle la location, suffit de prendre un abonnement au mois ou à l'année, on peut aussi louer quand on a une carte bleue... Comme c'est bizarre, pour ça faut avoir de l'argent, plein, et 50% des français n'en ont pas puisqu'ils sont au smic ou en dessous. A moins de se serrer encore plus la ceinture ils n'auront donc pas accès aux vélib.
Eh qu'ils sont beaux les vélib, un peu lourd peut-être (22kg), pas de porte-bagage derrière pour éviter de transporter de trop lourde charge (si tes courses ou ton sac est trop grand) ou ses enfants...
Oh qu'ils sont écolos les vélibs, d'ailleurs pour te tracer y'a pas mieux (bourrés de puces et d'électronique, produits largement réputés pour nettoyer la planète de toutes les impuretés) pour un coût de départ à 2000€ par vélo (à ce prix là on se paie un vélo hollandais tout neuf, avec un porte-bagage arrière solide, un vélo qui fera 10kg maxi, etc.), et en plus -promis- Decaux fera 20% de pub en moins à paris, lyon, toulouse, etc.
Mais que deviennent les bicyclettes d'avant vélib, celles qui disparaissent des trottoirs et des caves parce que les gens les jettent (broyées en déchetteries dans les bennes métal avec les machines à laver, les frigo, etc.).
Mais pourquoi les cyclistes doivent ils se prendre, en taux par utilisateur, 5 fois plus de PV que les bagnoles, pour seulement 3 "infractions" (feux grillés, sens interdits et trottoirs) quant il s'agit pour les automodébiles de l'ensemble de leurs infractions (tout le code) ?
Mais à quoi sert d'interdire à une bicyclette, aussi large qu'une personne à pied, de prendre les sens interdit ? Pourquoi respecter les feux qui n'existent que pour les bagnoles depuis leur origine ? Comment se fait il que plus de 95 % des cyclistes grillent les feux, sont ils suicidaires ou est-ce que cette interdiction n'est pas du tout adaptée ? Pourquoi des milliards de chinois n'ont jamais eu besoin de feux, de sens interdits, de ghettos (bandes et pistes "cyclables") pendant des décennies et jusqu'à l'arrivée de la bagnole (même quand les mobylettes se développaient...) ? Pourquoi y a t'il sur les "aménagements cyclables" mille fois plus d'accidents (en moyenne et quelque soit le pays d'europe) par rapport à une chaussée qui n'en a pas ?
Pourquoi les "cyclistes" ne savent-ils pas réparer une crevaison ou changer un câble de frein ou simplement le règler ?
Ce n'est pas Decaux qui nous donnera des réponses, ce ne sont pas les pouvoirs publics non plus, et les prétendus "écolos" ne sont soit que des naïfs qu'on berne à tout bout de champ, soit de futures ordures capitalistes !
Ecrit par : theron | 10.08.2007
Est-ce qu'on peut se parler sans s'insulter ? Me faire traiter de naïf berné à tout bout de champ ou de future ordure capitaliste parce que j'utilise et apprécie le velib' est quand même assez costaud. Je vois quand même des gens qui sourient, qui sont contents de se balader en vélo (sans doute des naïfs), ainsi que d'autres en costume cravate (très certainement des ordures capitalistes) qui vont au boulot en vélo plutôt qu'en métro ou en bagnole.
C'est sûr, c'est très, très mal. Ils sont forcément anesthésiés par le pouvoir et la coalition Mairie de Paris-Gouvernement qui, grâce au velib', espère éviter le grand soir révolutionnaire dont le pays a tant besoin. Allez, faisons la guerre au velib' et reprenons nos métros et nos bagnoles en attendant qu'une alternative revienne, sans doute vers 2018.
Ecrit par : Bruno | 13.08.2007
Projet Absurde !!!
- l’entreprise privée achète des vélos dont elle assure l’entretien et la location ...
- l’entreprise verse à la mairie, la marge bénéficiaire de la location des bicyclettes ...
- l’entreprise s’engage à rémunérer et à former des personnes en grande difficulté sociale à la gestion des parcs à vélo, à la réparation des bicyclettes et à l’accueil du public
Une entreprise qui ne fait rien d'autre que de dépenser de l'argent pour la communauté sans rien en retirer s'appelle un service public ! Reste à trouver le mode de financement de ce service
Cordialement
Christophe Hénocq
Ecrit par : Hénocq Christophe | 15.08.2007
On ne saurait compter les services publics qui ne sont devenus publics qu'après avoir atteint leur maturité dans le privé : premiers trains, premiers trams, barrages hydro-électriques, courrier, égoûts, tunnels..depuis 2 siècles et cela n'émeut personne. Dans l'autre sens, c'est plus rare, mais toujours suspect aux yeux des beaux esprits.
Que Velib, service d'utilité publique, soit né de la créativité et de l'audace économique du privé ne me choque pas. Quoique dans un pays où 40% de la population totale est nourrie par le secteur public, quand même...
Ecrit par : patrick Jourdan | 20.08.2007
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