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31.07.2007
Michel Serrault
20:36 Publié dans Médias, Perso | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : serrault, depardieu, buffet froid, hommage
statistiques
20:21 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : statistique, animation, calcul, 3 D
Devoirs de vacances : carte scolaire, choix des parents et mixité sociale Quelle perception de la mixité sociale ? (I)
Quand nous parlons de mixité sociale, nous avons affaire en fait à une convergence, une présence simultanée, un empilement de mixités. Dans les établissements scolaires, la pluralité d’origines ethniques et culturelles va de pair avec la mixité sociale, et avec l’hétérogénéité des résultats scolaires.

Où est-ce que le bât blesse le plus, chez les parents d’élèves ? Un parent fait l’analyse suivante : « Qu’est-ce que les parents reprochent à ce collège ? Ce n’est pas que les élèves sont noirs, c’est qu’ils sont pauvres. » Un autre dit : « Je voudrais que mon fils se retrouve avec des enfants qui lui ressemblent davantage. » Par une sorte d’inversion de raisonnement, il peut être reproché à un collège d’avoir trop peu de mixité sociale et ethnique, c’est-à-dire qu’on n’y trouve pas assez de blancs des classes moyennes. Il y a des interrogations sur « la violence ». Et pratiquement toujours, les soucis des parents s’expriment par rapport aux « résultats » qu’est censé apporter l’établissement. Dans ce raisonnement, l’hétérogénéité, ou la mixité, gêne ou compromet ces résultats.
D’où une première question : est-ce que le regard des parents est porté sur le fait ethnique, ou sur autre chose, à savoir la condition socio-économique, le comportement ou les performances scolaires ? Ou inversement, est-ce que le souci des résultats scolaires masquerait un rejet de la mixité sociale ? Quelles sont les attitudes des parents dans une telle situation, qu’est-ce qu’elles pourraient ou devraient être ? Pour essayer de découvrir des éléments de réponse, je relaterai quelques expériences vécues dans les conseils locaux de parents d’élèves auxquels j’ai participé depuis dix ans.
Marguerite MORLEY (*)
L’auteur de cette contribution est militante de la FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves) dans les établissements fréquentés par ses enfants qui sont scolarisés dans deux collèges différents, l’un en réseau d’éducation prioritaire (REP), l’autre hors REP ; actuellement secrétaire de l’Union locale FCPE pour le onzième arrondissement de Paris.
Ville-Ecole-Intégration Enjeux, hors série n° 6, décembre 2002
07:00 Publié dans Municipales Paris 2008, Politique, politiques publiques, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : école, mixité sociale, carte scolaire
29.07.2007
Rudy Ricciotti, architecte : «J’affirme une culture de combat pour convertir le malheur en bonheur» ou comment faire bon usage de la liberté d'expression
Pas tendre avec les Verts...
«J’affirme une culturede combat pour convertir le malheur en bonheur»
Rudy Ricciotti, véritable ingénieur-bâtisseur, conçoit la pratique architecturale comme un acte républicain. Il dénonce le politiquement correct et la bureaucratie. Défenseur de la mémoire des lieux, il revendique ses origines sans régionalisme, son Sud étant terre de migrations et de voyages.
Par ANNE-MARIE FEVRE
LIBERATION: samedi 28 juillet 2007
Quand vous avez reçu en janvier le Grand prix national de l’architectur 2006, vous avez lu un pamphlet virulent, HQE (pour «haute qualité environnementale»), où vous vilipendez la «fourrure verte, futur opium de l’urbain». Une provocation, en plein pacte écologique consensuel ?

La HQE est une impensée politique. Elle permet toutes les manipulations mentales, pour créer de nouveaux pouvoirs sur le dos de l’environnement, et le martyriser autrement. Tout le monde veut faire des bénéfices avec ce nouveau commerce. Chauffage, ventilation, climatisation réactivent le penchant naturel de l’industrie du bâtiment pour le mercantilisme consumériste. La HQE génère une surconsommation de matériaux et de volumes dont les conséquences vont être diaboliques pour l’environnement et l’enlaidissement du pays. La fourrure verte, c’est l’eldorado de l’arnaque. ll faut être violent face à cette nouvelle dictature de la pensée. Tout le monde a peur du soleil, alors que l’on peut avec 40 mètres de baies vitrées accumuler l’énergie solaire sans «double peau de mes deux», nouvelle religion environnementale. Cela devient obscène d’ouvrir les fenêtres, pour moi, c’est un acte révolutionnaire. Il faut retrouver des gestes simples, et réduire cette emphase technologique. Car, il faudra réparer ! Je prône une monomatière, la peau et les os, une architecture aux pieds nus, mais qui soit corporelle, sensuelle. Et je me bats pour la réduction du coût de l’architecture. A Aix-en-Provence, le Centre chorégraphique revient à 1 300 euros le mètre carré, la bibliothèque universitaire des Grands-Moulins de Paris-VII, à 980 euros le mètre carré.
Ce pamphlet est évidemment provocateur. Face à ce slogan barbare de «HQE» je reprends la formule de l’architecte Jean Guervilly : «Le H, j’en prends de temps en temps, le Q autant que je peux, mais pour le E, j’hésite». Mais c’est un combat très sérieux.
Vous dénoncez aussi la démocratie participative ?
Je ne veux pas passer pour un républicain pur et dur, mais j’ai envie de dire aux associations : «Vous n’avez pas tous les droits. Ne vous substituez pas aux élus !» Est-ce que Bertrand Delanoë est encore patron de sa ville ? Les Verts - ou les «Khmers verts», comme les a baptisés le critique Philippe Trétiack - sont devenus réactionnaires. Ils ne voient que des graminées dans des jardinières. ll faut arrêter de tergiverser, je veux des gens responsables. L’architecture est un témoin du vivant, du réel. On bâtit la Cité ensemble, il faut accumuler des énergies, pas la réduction des énergies. J’ai concouru pour la cité du design à Saint-Etienne, et c’est Finn Geipel qui a gagné. J’ai pourtant eu le soutien des associations patrimoniales, car je proposais de ne pas détruire l’ancienne manufacture en jouant avec la mémoire souterraine du lieu. Le maire, Michel Thiollière, a pris sa décision politique, il a tranché pour une platine climatique, il a fait son boulot, et moi le mien. C’est pourquoi ce pamphlet HQE lui est amicalement adressé.
Mais on ne peut pas tout accepter, notamment de ceux qui n’aiment ni l’art contemporain ni la danse contemporaine ni la poésie. Aux Grands-Moulins de Paris-VII, j’ai fait restaurer un tag magnifique. C’est une tronche polychrome incroyable, avec beaucoup de savoir-faire. Je l’ai fait inventorier comme un morceau d’histoire, telle une datation du lieu et dans la logique archéologique du bâtiment que j’ai défendue. Il y a des gens à la bibliothèque qui le trouvent obscène, voire nazi ! Les béotiens n’ont pas tous les droits. Si avec la concertation, c’est le niveau le plus médiocre du débat qui s’impose, je résisterai.
D’Aix à Paris, chaque projet est une bataille ?
Même quand je perds, je gagne. J’en ai perdu des batailles, à Marseille, pour la gare maritime, c’était un projet radical qui célébrait l’onirisme du port perdu. Je préfère un échec brillant à une gloire médiocre. La bataille est fondamentalement onirique, c’est de l’énergie, de la multitude, du toucher. Ce n’est pas un combat impérialiste, ce n’est pas prendre le pouvoir, ni le fric, c’est la célébration du vivant, c’est le combat des idées. Le combat est vertical, rugueux, comme mon architecture, je suis plus proche de la verticalité que de l’horizontalité, qui est lisse. Le lisse, c’est la violence.
Nous sommes dans le Pavillon noir à Aix-en-Provence, justement si vertical ?
Il est vertical, mais violent et doux. Je l’ai bâti pour le chorégraphe Angelin Preljocaj, j’ai dit que c’était son portrait, la gueule d’Angelin, sec, osseux, tendu. Simple, anti-sismique, incliné, en tension, le bâtiment joue sur la limite. Car c’est un centre chorégraphique, et comme la danse, il provoque les limites de la physicalité. Il est brut, en béton noir, c’est un engagement, un bâtiment solitaire qui a dû s’imposer dans un contexte urbain accablant, pompier, sucré et postmoderne. Il y a eu des polémiques dans la région. Ici, la maire Maryse Joissains-Masini ne s’est pas dégonflée, elle a assumé ce bâtiment.
C’est évidemment une allégorie à la violence, comme l’a été le stadium de Vitrolles en 1994, aujourd’hui abandonné, où je jouais avec le béton, le rouge et le noir. Lui aussi est d’apparence brutale, mais il livre de la tendresse par ses ombres portées sur le monde. C’est son allure frontale qui est d’abord visible, mais la visibilité d’un bâtiment ne suffit pas, c’est l’ombre portée qui compte. S’il n’y a pas d’ombre, c’est inquiétant.
Un de vos autres engagements, c’est le béton ?
Le béton, c’est une tradition française, on a inventé tous les ciments, les bétons. J’aime cette mémoire sociale là, ce savoir-faire entrepreneurial. On continue d’inventer tellement de bétons, légers, fibreux, boisés chez Lafarge. Et le béton serait fasciste, tandis que le verre transparent serait plus démocratique ? Je suis convaincu qu’il faut travailler sur des structures béton, car c’est écologique. Le béton est inscrit dans une chaîne de production courte, donc d’économie de transports. On n’a pas besoin d’aller polluer les mines africaines. Le béton est home-made, il a besoin de gens, de mains, de charpentiers, de boisiers, dans un compagnonnage et une logique transversale. On n’est pas architecte tout seul, mais avec les autres ; c’est comme dans un tableau de bataille où il y a des archers, des fantassins qui embrassent toute la scène, qui donnent la lumière à ce panorama. Mes projets sont de plus en plus complexes, ils impliquent des métiers, des partenariats, des ingénieurs. Et que tout le monde soit tiré vers le haut.
Partout, vous défendez la mémoire d’un lieu ?
Ce n’est pas névrotique ni franchouillard de dire que l’on partage le sol avec des gens, on doit pouvoir débattre de l’identité. Il faut revenir à la notion de contexte d’une commande, refonder un territoire donné qui est économique, juridique, social, culturel. Avec la globalisation, à force de dire que l’identité n’existe plus, nous irons vers un nivellement par le bas. Si je me bats, c’est que j’ai peur de toutes ces horreurs plastiques partout, peur que l’on perde la mémoire.
Le Mucem de Marseille [musée national des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, ndlr], le Palais des festivals de Venise, l’agrandissement du Louvre, ou le centre national chorégraphique d’Aix-en-Provence, ont en commun l’idée de croyance et la difficulté d’être. Cette nécessaire croyance qui permet de croire encore au contexte et à sa physicalité la plus concrète. Par voie de conséquence, l’écriture de l’architecture est toujours confrontée à toutes les difficultés car il faut faire. toujours. L’utopie est absurde, elle ne fait plus sens, seule la transformation du réel est critique et révolutionnaire, cette transformation du réel produit du travail et la culture du travail produit la cohésion sociale, il faut commencer par là si l’architecte veut rencontrer la question politique.
Du musée des civilisations à Marseille au Louvre, vous travaillez surtout pour l’Etat ?
Et c’est un honneur. J’aime l’idée de l’ordre institutionnel, et j’en veux à ceux qui créent de la bureaucratie et jettent un discrédit sur le fonctionnement de l’Etat. Il faut réhabiliter la parole des politiques, face aux intellectuels, aux architectes morts de trouille, leurs mots autoplaçants, la liquidité de leur pensée. J’affirme une culture de combat, pour convertir le malheur en bonheur, comme le proposait l’architecte et ami disparu, Jacques Hondelatte. L’architecture doit être un outil bienveillant. Je continue à me battre contre tout ce qui réduit l’énergie créatrice, c’est-à-dire la surrèglementation. Et ce n’est pas poujadiste, c’est contemporain. Comme l’architecte Patrick Bouchain, il faut instrumentaliser les systèmes, il est très malin lui pour contourner les réglementations afin d’aller au bout de son projet, moi, je ne contourne pas par principe.
Comment réengager socialement l’architecture ?
Il faut réformer en profondeur, notamment par rapport aux bailleurs de logements sociaux qui disposent de capitaux colossaux alors qu’ils produisent avec l’argent des autres. Les logements sociaux devraient pouvoir être vendus, comme en Espagne, au bout de vingt ans aux locataires. Il faut surtout éviter la monoactivité, et revoir le statut des logements collectifs, que les rez-de-chaussée soient dévolus à de jeunes entreprises, à des artisans, des métiers, pour recréer de la densité, de l’échange. Il faut fabriquer du foncier, des droits à bâtir. Pourquoi n’arrive-t-on pas à réformer cela ? Je ne prône pas l’ultralibéralisme, mais il faut donner de l’air en réinventant la densité.
Vous êtes un fils de maçon d’origine italienne installé à Bandol, vous vous revendiquez «sudiste» ?
Il ne s’agit pas d’une d’affirmation sudiste impérialiste, ni régionaliste, j’évoque toujours «les Suds», un territoire méditerranéen de migrations. On ne se revendique pas du Sud par extrait de naissance, mais par un extrait de voyage, par conviction. Je ne suis pas régionaliste, au contraire, les plus grands ennemis du Sud sont au sud. Moi-même, j’ai été révélé par Paris. C’est peut-être un complexe, mais j’ai la conviction que le Sud souffre plus, qu’il disparaît plus vite, qu’il a moins la capacité de résister, que le massacre du littoral est irréversible. C’est pourquoi dans le pamphlet Blitzkrieg, en 2005, j’ai écrit qu’il fallait bombarder, comme dans un film baroque de Zeffirelli, cette armée de lotissements mais sans toucher à la mer. En Bretagne ou à Bordeaux, ils ont fait de belles choses. ll y a dans ce Sud-là de la France une culture de la collaboration.
Vous n’avez que le mot «chair» de l’architecture à la bouche ! Et le virtuel ?
J’exècre le cybermonde, le virtuel. Evidemment pas l’outil, j’ai un site et on produit des images numériques. Pour un projet, je travaille d’abord avec des mots, je suis un lacanien de l’architecture. Je crois à la réalité physique de la matière, à la frontalité, comme le peintre, c’est face à un tableau vertical que l’on rencontre la question du pouvoir. Le virtuel met de la distance, je rejette toute célébration de la distance car elle ne crée aucune distinction. Aujourd’hui, on peut énoncer une parole sans preuve, j’élève le cognitif au rang de la doctrine. De même que je déteste l’éloge du banal, on a le droit d’esthétiser le monde, et les idées sont un chantier ouvert où tout le monde a sa place. Il a d’abord fallu être porteur d’eau, puis tailleur de pierre, avant de bâtir une cathédrale comme celle de Chartres. Plus on monte dans la cathédrale, plus on découvre les contorsions du réel, l’animalité des chiens aux sexes brandis qui deviennent subversifs par rapport à l’ordre de la religion. Plus on monte, plus on s’éloigne de l’horizon christique pour aller vers le diable.
07:15 Publié dans Environnement, Médias, Politique, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : architecture, ville, urbanisme, écologie, démocratie participative, Ricciotti
28.07.2007
La semaine américaine : "Les républicains à l'assaut de la Maison-Blanche"
Par Laura Huyghe, analyste en formation en Études en politiques appliquées, Département d'histoire et de sciences politiques, Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke
Aux États-Unis, la course présidentielle s'annonce exceptionnellement ouverte. Pour la première fois depuis 1952, ni le président, ni le vice-président ne sont candidats. George W. Bush est inéligible pour un troisième mandat présidentiel. De son côté, Dick Cheney, atteint de problèmes cardiaques, a fait savoir qu'il ne briguerait pas la Maison-Blanche. L'absence de leader stimule les ambitions, aussi bien dans le camp démocrate que dans le camp républicain. Néanmoins, la droite chrétienne américaine, toujours à la recherche de son candidat idéal, fait preuve de peu d'enthousiasme face aux candidats républicains en lice.
Un extrait du « daily show », emission caustique commentant le premier débat entre les prétendants. On oserait même pas imaginer cela en France…
Duel acharné entre le «héros du Vietnam» et le «héros du 11 septembre»
Personnalité républicaine de premier plan, l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, se présente comme l'un des favoris dans la course à l'investiture américaine d'après les sondages du Time Magazine (1). Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001, cet homme charismatique est considéré comme le « maire de l'Amérique » (2). L'instauration d'une politique sécuritaire « tolérance zéro » (3) ayant encouragé la diminution de la criminalité et la prospérité économique de la ville de New York, jouent également en sa faveur.
Toutefois, l'épreuve des primaires présidentielles républicaines n'est pas encore passée. Et bien que Giuliani ait promis de nommer des juges conservateurs à la Cour suprême, ce qui pourrait renverser la jurisprudence de 1973 favorable à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), certains électeurs républicains désapprouvent son libéralisme prononcé sur les questions de société. En effet, la droite religieuse et l'aile conservatrice conçoivent difficilement de voter en faveur d'un candidat deux fois divorcé, favorable à l'avortement, aux droits des homosexuels et au contrôle des armes à feu (4). De toute évidence, le « héros du 11 septembre » (5) ne se présente pas comme le champion des valeurs conservatrices chères à la droite chrétienne. Il demeure néanmoins l'un des plus sérieux prétendants républicains à l'élection présidentielle américaine de 2008.
Candidat malheureux à l'élection de 2000 face à George W. Bush, le sénateur républicain de l'Arizona, John McCain, est aussi un des principaux candidats à l'investiture de son parti pour l'élection de 2008. Cet ancien pilote de chasse, héros du Vietnam où il fut prisonnier pendant cinq ans, est probablement l'adversaire le plus sérieux de Rudolph Giuliani (6). Favorable à la peine de mort et à l'envoi de renforts en Irak, il est aussi apprécié des républicains pour son opposition à l'avortement et au contrôle des armes à feu (7). De plus, ses escarmouches fréquentes avec l'administration du président Bush donnent de lui l'image d'un candidat indépendant, ce qui pourrait lui permettre de se présenter comme « un républicain pour le changement »(8).
Néanmoins, ce vétéran de 70 ans a quelque peu perdu son aura après avoir voté au Sénat en faveur de la recherche sur les cellules d'embryons. Il s'est également opposé à l'idée d'amender la Constitution pour interdire les mariages gays. McCain est aussi à l'origine d'une loi sur le financement électoral ayant considérablement réduit l'influence des lobbies chrétiens. Autre handicap : il n'a pas hésité à taxer les chrétiens conservateurs d'intolérance, lors de sa première campagne en 2000(9). Finalement, s'il devait être élu à la Maison-Blanche, John McCain deviendrait, à 72 ans, le plus vieux président des États-Unis au moment de son entrée en fonction. L'influent sénateur républicain demeure toutefois un des prétendants les plus populaires pour la future élection présidentielle.
Des candidats pour la droite chrétienne ?
Derrière les deux principaux candidats à l'investiture, les aspirants potentiels se bousculent aux portes de la Maison-Blanche. On ne compte pas moins de dix candidats sur la ligne de départ des républicains, dont l'ancien gouverneur de Californie Jim Gilmore, l'homme d'affaires John H. Cox et le représentant du Texas, Ron Paul. Parmi eux, l'ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, et le sénateur du Kansas, Sam Brownback, semblent les plus à même de rallier la droite religieuse.
Mitt Romney courtise assidûment la droite religieuse, s'efforçant de faire oublier son passé de gouverneur libéral. En effet, cet ancien défenseur de l'avortement libre y est aujourd'hui hostile, tout comme il l'est pour la recherche sur les cellules souches. Il s'est aussi opposé au mariage gay, pourtant admis par les tribunaux de son État (10). Toujours est-il que face aux deux divorcés que sont Giuliani et McCain, le gouverneur Romney fait figure de modèle avec son épouse Ann et leurs cinq enfants. Il défend ardemment les valeurs morales sur lesquelles ses principaux rivaux, le sénateur McCain et l'ex-maire de New York, Rudolph Giuliani, semblent à priori moins à l'aise. D'autre part, cet homme d'affaires de 59 ans est loué pour ses qualités de gestionnaire politique et économique. Il a sauvé les Jeux Olympiques d'hiver de 2002 à Salt Lake City et permis le redressement économique de l'État du Massachusetts. Membre de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Mormon), Romney accuse, malgré tout, un sérieux handicap aux yeux de la droite chrétienne, cette confession étant assimilée à une secte par un grand nombre de protestants évangéliques (11).
Par conséquent, Sam Brownback apparaît comme un rival potentiellement dangereux pour le trio de tête, Giuliani, McCain et Mitt Romney. Ce sénateur encore méconnu gagne en popularité en mettant de l'avant un discours « humaniste » (12), tant apprécié par l'aile conservatrice du Parti républicain. Il s'est converti au catholicisme en 2002 et se présente comme un fervent « défenseur de la vie » (13). Il est apprécié pour son opposition au mariage gay et à l'avortement qu'il qualifie d'« holocauste» (14). Dans ce sens, Brownback encourage les restrictions en matière de recherche sur les cellules souches et défend l'institution du mariage. Ce père de famille de 51 ans prône également un retour aux valeurs familiales et à la culture américaine traditionnelle. En tant qu'homme de foi, il encourage les actions humanitaires et souhaite que les États-Unis s'engagent à mettre fin aux atrocités perpétrées sur le continent africain, notamment au Soudan (15). Ses prises de position pourraient lui valoir le soutien inconditionnel de la droite religieuse, maintenant il reste à voir si cela lui permettra de passer avec succès les primaires présidentielles.
Les chiffres dansent...
Lors d'un scrutin organisé par la Conservative Political Action Conference (CPAC) le 3 mars 2007, Romney est donné favori avec 21 % des 1705 votes de ces militants conservateurs. L'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, obtient la seconde place avec 17 % alors que Sam Brownback est troisième avec 15 % des voix. Pour finir, John McCain se voit attribuer la quatrième place avec 12 % des votes. Ces sondages très approximatifs en début de campagne, en disent long sur le désarroi d'une partie de l'électorat conservateur. À dix mois du début des primaires, les candidats républicains ont, en effet, encore beaucoup à faire pour convaincre les franges les plus sceptiques de la droite catholique américaine (16).
Références:
(1) VON DREHLE, David, Why Is Rudy Smiling?, [en ligne], http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1... (page consultée le 2 avril 2007)
(2) WELLS, Matt, « America's mayor » reflects, [en ligne], http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/2250320.stm, (page consultée le 2 avril 2007)
(3) Op.cit.
(4) TURLIN, Jean-Louis, Après la mairie de New York, Giuliani vise la Maison-Blanche, Le Figaro, 7 février 2007, p.3
(5) GELIE, Philippe, John McCain en lice pour la Maison-Blanche, Le Figaro, 2 mars 2007, p.2
(6) UNITED STATES SENATE, U.S Senator John McCain, [en ligne], http://mccain.senate.gov/, (page consultée le 1 avril 2007)
(7) ASSOCIATED PRESS, Republican presidential candidate McCain says law that legalized abortion should be overturned, [en ligne], http://www.iht.com/articles/ap/2007/02/19/america/... (page consultée le 2 avril 2007)
(8) AUBERT, Fabrice, Présidentielle américaine 2008 : le point, [en ligne], http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques/0,,3346893... (page consultée le 2 avril 2007)
(9) KNOWLTON, Brian, ?Republican Says Bush Panders To the 'Agents of Intolerance' : McCain Takes Aim At Religious Right?, Herald Tribune, 29 février 2000, p.4
(10) WEBER, David, Romney Wants Gay-Marriage Ban on Mass. Ballot, [en ligne], http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/artic... (page consultée le 2 avril 2007)
(11) TURLIN, Jean-Louis, Mitt Romney, le premier mormon candidat à la Maison-Blanche, Le Figaro, 14 février 2007, p.4
(12) SIEGEL, Robert, Sen. Sam Brownback's Politics of Faith, [en ligne], http://www.npr.org/templates/story/story.php?story... (page consultée le 3 avril 2007)
(13) ALLEN GREENE, Richard, 2008 election: Main contenders, [en ligne], http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/5006788.stm#brownback, (page consultée le 1 avril 2007)
(14) F.WILL, George, Brownback's Plans for 2008, [en ligne], http://www.msnbc.msn.com/id/8017004/site/newsweek/page/2/, (page consultée le 1 avril 2007)
(15) UNITED STATES SENATOR, Sam Brownback, [en ligne], http://brownback.senate.gov/, (page consultée le 1 avril 2007)
(16) D. SHEAR, Michael, Romney Wins Conservatives' Straw Poll, [en ligne], http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/artic... (page consultée le 2 avril 2007)
07:30 Publié dans Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : républicain, primaire, investiture, élection, usa
27.07.2007
Primaires présidentielles aux USA : Le débat CNN-You tube reflète la diversité des solutions démocrates
Le repli Irakien et l’intervention au Darfour au cœur des enjeux présidentiels. Obama est un candidat majeur qui s'est opposé à l'intervention en Irak dés le début. Richardson est un ancien ambassadeur des Etats-Unis
Pas assez « noir » ?, pas assez « femme » ? Les candidats Clinton et Obama répondent à la la sempiternelle question et élèvent le débat vers des considérations qui ringardisent nos "débats" hexagonaux
Vers une « sécurité sociale universelle » et un salaire minimum ? Dans un contexte où 37 millions d'américains sont exclus de toute assistance et où le président Bush avance la mauvaise idée de la privatisation à des assurances privées de la couverture sociale générale déjà bien réduite par rapport à ce que nous connaissons
Les candidats Richardson et Biden s’engagent en faveur de la petite enfance et critiquent l’insuffisance du programme éducatif « no left behind » qualifié de farce
Les candidat-es répondent à la question « envoyez-vous vos enfants dans des écoles publiques ou privées » ?
Edwards envoit ses 4 enfants à l'école publique, réponses variables des autres candidat-es
Des propositions pour lutter contre le réchauffement climatique et la relation avec le conflit Irakien…le sénateur Edwards se prononce en défaveur de l’énergie nucléaire tandis que les candidats Clinton et Obama ne l’excluent pas du « mix énergétique »
Dieu et les armes…Edwards et Obama pour une séparation de l’église et de l’Etat et pourtant...
Croyances et mariage Gay…ou union civile, Edwards évoque sa croyance pour justifier ses fortes réserves personnelles concernant l'union de personnes de même sexe. Contradiction. Les autres candidat-es s'entendent globalement sur un contrat d'union civile
Question d’humour, question personnelle pour terminer…
Une qualité et un défaut sur la personne située juste à leur gauche, sur ce plateau.
Un professeur qui les a marqué : Obama évoque une enseignante qui vit aujourd'hui au Kenya, hommage au professeur qui lui a donné l'envie d'apprendre l'anglais. Le rêve américain par l'exemple...
00:40 Publié dans Médias, Politique, politiques publiques, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : you tube, cnn, démocrate, usa, sécurité sociale, gay, guerre
26.07.2007
La semaine américaine : "Focus sur les primaires des démocrates aux USA : la campagne du sénateur John Edwards" (26/06)
La priorité affirmée en faveur des 37 millions de pauvres est un moyen de proposer une assurance santé « universelle », encore tabou aux USA, pays de l’assurance privée. Mais le sénateur Edwards s’appuie sur cette proposition pour développer un axe de sa campagne plus global en faveur des familles. Il aborde notamment fréquemment la famille monoparentale. Le modèle « femme seule élevant un enfant » rime souvent avec travail mal payé et existence frôlant les seuils de pauvreté. John Edward’s est à l’initiative de « College for everyone », fondé sur la prise en charge de frais dans les premières années de lycées, développé dans son Etat rural (la Caroline du nord) en 2005 et qu’il souhaite maintenant généraliser au niveau fédéral.
« Millions of students leave college with crushing levels of debt. More than half of college aid comes in the form of loans. Over the next decade, the cost of college will deny college to 2 million high school graduates. John Edwards believes we must bring college within reach for every young person. In the fall of 2005, he launched a program called College for Everyone in a rural county in Eastern North Carolina, which pays for tuition and books for high school students who agree to work part-time during their first year at a public college.
Edwards has proposed making the program available nationwide so every student who is willing to work hard has the chance to pursue a higher education. Research has shown that the first year of college is the most difficult one, where additional student aid can make the greatest difference."
Son approche de la santé privilégie l’accès aux soins de la frange de la population qui en est écartée. Nous ne sommes pas encore à la prise en compte des conséquences de l’environnement sur la santé, cela n’est pas explicitement dit. Le sénateur Edwards prône notamment une évaluation des médicaments au niveau national et l'accélération de la mise sur le marché des "génériques", favoriser les « meilleures pratiques » et un plan d’embauche d’infirmières.
Son discours sur les nouvelles énergies ferait rosir un candidat socialiste à l’élection présidentielle quand il ne ferait pas encore ricaner un conseiller général. Plan solaire, éolien, économies d’énergie…le sénateur Edawrds est un des candidat de son parti mettant le plus avant cette thématique. J. Edwards s'engage également à ratifier les accords de Kyoto.
La campagne des primaires nécessite la mobilisation de fonds en volumes inégalés pour cette présidentielle 2008. A l’initiative des étudiants qui supportent Edward’s, un clip de la campagne dur le thème « Nous sommes le peuple » (We the people) est remixé avec des interventions de citoyens reprenant ce slogan. Une manière de montrer que l’intervention en Irak se fait sans le soutien populaire.
John Edwards est crédité de la position de troisième ou quatrième favori des candidats démocrates à l'investiture de leur parti derrière Albert Gore, Barak Obama et Hillary Clinton. Des cambistes ont même créée un indicateur de probabilité d'obtenir cette investure uniquement construit sur les anticipations d'internautes. De l'art de consacrer les comportements de mimétisme en véritable science politique...

© NewsFutures
07:25 Publié dans Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : primaire usa, collège for everyone, edward, campagne, marketing, politique démocrate
25.07.2007
Blague belge : Yves Leterme, probable futur premier ministre, en connait une bonne
15:40 Publié dans Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : belgique, lanterne, gaffe, premier ministre
Selon le réseau "sortir du nucléaire", s'appuyant sur une note confidentielle d'EDF, "les centrales nucléaires EDF ne sont pas adaptées au risque sismique français"
EXCLUSIF : le Réseau "Sortir du nucléaire" publie des documents confidentiels, issus d'EDF, sur le risque sismique qui menace les centrales nucléaires françaises.
A LIRE SUR :
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=seismes2&page=index

1) Des documents édifiants dont le premier est estampillé "Figure confidentielle. A ne transmettre à l'extérieur d'EDF sous aucun prétexte". Le Réseau "Sortir du nucléaire" estime que rien ne doit être caché aux citoyens et rend publiques ces données, précédées de commentaires et décryptages.
2) Un autre document interne à EDF qui montre la mise en place du lobbying pour enterrer les données qui remettent en cause la tenue des réacteurs en cas de séisme. Extraits :
- " Il faut mobiliser stratégiquement au dessus des experts pour lever la contrainte "
- " Il faut trouver une échappatoire à cette menace "
- " Des menaces très importantes apparaissent notamment sur les réacteurs de Bugey et de Fessenheim "
- " Il faut défendre une position ferme d’industriel "
3) Un troisième document de 9 pages dans lequel on peut voir en particulier:
- un tableau qui montre le coût total (1,9 milliard d'euros) des travaux qu'il faudrait faire... mais qu'EDF refuse de mettre en oeuvre
- l'aveu que certains travaux sont techniquement impossibles à réaliser
(... au cas où EDF aurait finalement accepté de les financer)
4) Et enfin, un dernier document mis à jour grâce aux révélations faites par le Réseau "Sortir du nucléaire", qui montre comment EDF a falsifié des données sismiques.
12:30 Publié dans Economie, Energie, entreprises, Environnement, Médias, politiques publiques, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : edf, nucléaire, sortir du nucléaire, risque sismique
La semaine américaine : "Primaires démocrates américaines : le sénateur Obama créée la surprise dans la course de fond" (04/07)
Depuis la parution de ce billet, l'hebdomadaire "NEWSWEEK" faisait sa une sur ce surprenant candidat. A la fois charistmatique et sachant ne pas jouer des grosses ficelles ethniques, il s'impose sur des propositions de fond : système de santé universel, priorité à la scolarisation, retrait des troupes américaines de l'Irak (seul prétendant à la maison blanche s'étant déclaré dés le départ à une intervention dans ce pays). Nous reviendrons sur les arguments des démocrates dans cette campagne.
Lu sur : http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/
"La course à l’argent n’est pas aussi importante que celle aux votes, mais force est d’admettre que Barack Obama vient d’accomplir un exploit remarquable : au cours du trimestre écoulé, le sénateur de l’Illinois a récolté 32 millions de dollars, une somme record pour un candidat à l’investiture démocrate pour la Maison-Blanche. Depuis le début de l’année, il a reçu des dons en provenance de plus de 258 000 individus, un total exceptionnel à ce stade-ci.

Hillary Clinton, qui comptait engranger 27 millions de dollars au cours du trimestre écoulé, devance toujours Obama dans les sondages nationaux. Son principal adversaire démocrate ne s’est pas moins appuyé sur sa performance dans le financement de campagne pour évoquer le début d’un mouvement qui va transformer l’Amérique.
«Nous avons maintenant des centaines de milliers d’Américains prêts à exiger un sytème de santé universel, une indépendance énergétique et la fin de la guerre en Irak, a dit Obama dans un communiqué. De tels mouvements sont capables de changer la politique politicienne à Washington marquée par les intérêts privés, et de transformer notre pays, et ce n’est que le début.»
(Photo AP)
07:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, primaire, démocrate, usa


