04.08.2007
Devoirs de vacances : carte scolaire, choix des parents et mixité sociale / Pistes d’action, l’exemple du onzième arrondissement de Paris (V)
J’entends des voix, y compris des voix militantes, qui disent que l’on ne peut pas défendre le collège unique, parce qu’il ne propose rien pour les élèves en difficulté. Que, si les bons élèves s’en sortent toujours, les
élèves médiocres et faibles ne se rattraperont pas. Est-ce un appel pour un retour à l’orientation avant le lycée ? Est-ce un appel pour des classes de niveau ? C’est en tout cas un appel pour une prise en compte de ce questionnement.

Qu’est-ce que le collège peut faire pour ces élèves-là ? Des heures de soutien ? Des CLIN ? Les quantités comme la qualité de l’enseignement sont du ressort de l’Éducation nationale. Nous nous battons pour avoir des professeurs remplaçants, pour avoir le grec ancien, même en ZEP. On peut débattre de l’utilité du grec, voire de l’allemand première langue, parce que ces matières n’attireront pas beaucoup d’élèves. S’il y a des parents qui en veulent, c’est d’abord parce que c’est dans la norme des collèges, du moins à Paris, et parce que ce sont traditionnellement des matières qui marquent un désir d’exigence, de réussite scolaire.
Si nous n’avons pas ces matières-là, il en faut d’autres, qui soient également porteuses d’un élan, d’accomplissement. Mais au-delà, quelle est l’action des parents, des militants ? Premièrement, nous voulons pouvoir présenter des parents délégués pour chaque classe. Ici, la difficulté est de trouver des parents volontaires : c’est un problème de recrutement à la FCPE, un problème de représentativité de l’association de parents d’élèves. Il est clair que la FCPE a une représentativité faible, dans des établissements où la participation aux élections des représentants des parents est basse, où peu de parents ont le profil sociologique des adhérents FCPE, où les parents ne veulent ou ne peuvent se mettre en avant pour dire leur fait, leurs désirs, leurs idées.
Avec les parents délégués, la première tâche est de travailler à améliorer la communication : réunions et comptes rendus sont le minimum, mais d’une efficacité extrêmement réduite. Comment toucher davantage de
parents ? Ce qui nous manque, c’est aussi de la mixité sociale et ethnique dans l’association de parents.
De la non-participation des familles au choix de l’établissement découle, en partie, la non-participation à la vie de l’établissement. On peut aussi remarquer que, parfois, même quand il y a des choix, les élèves font le choix de ne pas participer : il y en a qui ne vont pas en cours de soutien, ou qui ne vont pas en cours du tout. Devant cette désaffection, une multiplicité de choix ne suffira pas. Il faut que les établissements gagnent, ou regagnent, la confiance des familles.
Marguerite MORLEY (*)
L’auteur de cette contribution est militante de la FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves) dans les établissements fréquentés par ses enfants qui sont scolarisés dans deux collèges différents, l’un en réseau d’éducation prioritaire (REP), l’autre hors REP ; actuellement secrétaire de l’Union locale FCPE pour le onzième arrondissement de Paris.
Ville-Ecole-Intégration Enjeux, hors série n° 6, décembre 2002
12:47 Publié dans Municipales Paris 2008, Politique, politiques publiques, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : école, mixité sociale, carte scolaire, fcpe




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