05.08.2007

Devoirs de vacances : carte scolaire, choix des parents et mixité sociale Etats d’âmes militantes (VI)

Ici, l’association de parents d’élèves peut avoir son utilité, en aidant à passer de l’information, non pas tant vers les familles (puisque c’est le devoir de l’établissement de le faire), mais dans l’autre sens : les réactions des
parents vers l’établissement. Mais l’association de parents d’élèves ne sera crédible dans ce rôle que si l’établissement est prêt à l’écouter, et si l’association est prête à insister si l’établissement ne l’écoute pas.
Pour gagner la confiance des parents et des familles, il y a un autre facteur de mixité qui fait défaut, la mixité ethnique du corps enseignant.

L’absence d’enseignants d’origine maghrébine est un phénomène étonnant et préoccupant, au regard de l’importance de la population d’origine maghrébine en France, du niveau d’études de ceux qui ont aujourd’hui
25-30 ans, de la détermination de réussir manifestée par des jeunes femmes maghrébines et africaines – mais elles ne semblent pas vouloir devenir enseignantes. Il y a donc un problème de recrutement à
l’Éducation nationale, qui reflète la non-intégration, voire la discrimination, qui mine la société française.

Pour s’opposer aux phénomènes de rejet, nous avons plusieurs leviers : qualité de l’enseignement, qualité de la communication et de l’écoute, qualité de l’intégration. Une association de parents d’élèves peut faire des choses : si nous connaissons assez bien notre rôle en tant que groupe de pression pour les moyens, d’autres rôles sont moins rodés. Un premier pas, évident, est d’être présent : cela veut dire que les parents FCPE devraient être les premiers à donner leur confiance à des établissements réputés difficiles. C’est cette présence qu’il faut développer.

Si nous pouvons assurer les représentations formelles, aux conseils d’école, aux conseils de classe, aux conseils d’administration, c’est bien. Nous souhaitons y ajouter des instances moins formelles, plus participatives, plus conviviales, et plus contradictoires, permettant des expressions diverses. L’association de parents d’élèves est un facteur d’influence, qui cherchera à peser dans la balance, par des exigences petites et grandes. Par solidarité et pour bâtir un système éducatif non pas unique mais pluriel, qui agisse positivement pour tous.
Cet article est le fruit de mes propres réflexions, et ne prétend pas représenter une position officielle de l’union locale ou de la FCPE de Paris.


Marguerite MORLEY (*)
L’auteur de cette contribution est militante de la FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves) dans les établissements fréquentés par ses enfants qui sont scolarisés dans deux collèges différents, l’un en réseau d’éducation prioritaire (REP), l’autre hors REP ; actuellement secrétaire de l’Union locale FCPE pour le onzième arrondissement de Paris.
Ville-Ecole-Intégration Enjeux, hors série n° 6, décembre 2002

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