05.10.2007

Immigration : 4 défénestrations en 4 semaines

La politique du ministère de l’intérieur commence à produire ses résultats.

A coups de forces de police bien voyantes, on nous fait croire à l’efficacité d’une « politique d’immigration choisie».

De quoi s’agit- il exactement ?

Pour le Président de la République, il s’agit de rompre avec le traditionnel « regroupement familial », en faveur d’une « immigration économique » sensée être mieux formée et plus en phase avec les besoins des entreprises.

Tests aux enfants de plus de 16 ans sélectionnés par ADN.

Ces mots font écho aux statistiques ethniques et à un méticuleux effort de classification de la population actuellement à l’œuvre (1). Une véritable rupture par rapport au consensus intervenu lors des lois de bioéthique en 1994 qui réservait ce type de test à la recherche médicale et à certains types de délinquance.


Dans les faits, les « quotas d’immigration » donnés aux préfets fixent un objectif de 50% "d’immigration économique", totalement irréaliste par rapport aux mouvements actuels (2). Et complètement factices : l’immigration familiale est aussi la conséquence d’une immigration économique.

De plus, « l’immigration de travail » n’est, contrairement à ce que martèle la communication gouvernementale, nullement facilitée. Un ami Syrien me disait récemment que la « carte de compétence et talents », prévue par la loi de juillet 2006, n’est pas mis à l’œuvre et le fonctionnaire qui est sensé l’attribuer dispose d’un pouvoir quasi absolu.

Bref, on va précipiter dans l’insécurité totale des dizaines de milliers de personnes supplémentaires, véritablement traquées dans leur travail et leur vie.

Pourquoi toute cela ? Pas d’issues proposées par les collectifs qui s’opposent aux expulsions ?

Précisément. Selon les données fournies par l’UE, les reconduites à la frontière ne représentent même pas d’un point de vue strictement quantitatif, une politique à la hauteur de l’importance des personnes présentes et entrantes sur le territoire (3).

Que dire de cette politique en dehors des enjeux soulevés, brutale dans ses méthodes, parfois mortelle dans ses fins, coûteuse dans ses moyens pour finalement…aboutir à des faits divers ?

La réponse est dans la question.

Dans l’immédiat, des milliers de parents d’élèves, de citoyenn-es anonymes font ce qu’ils peuvent au cas par cas. A Belleville, à Parmentier, ailleurs.


(1) On ne peut que signer d’urgence la pétition anti-test ADN à l’initiative de SOS et de « Charlie Hebdo » sur : www.touchepasamonadn.com
(2) Selon le ministère de l’intérieur, sur 187 000 titres de séjours accordés l’an dernier ; 11 000 seulement l’étaient au motif du travail et 92 400 au titre de l’immigration familiale
(3) Lire à ce propos les posts des 20 et 21 août : "L'immigration, une chance pour la France" et "Immigration : quelques pistes pour sortir des impasses actuelles"

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