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16.07.2008

Eolien marin : l'exemple du projet des Deux Côtes

Ce film de présentation du plus grand parc éolien britannique (1) du leader mondial de la technologie laisse entrevoir les moyens de produire 21% de notre électricité à partir d’énergies renouvelables en 2010 au lieu de 15% aujourd’hui…



A défaut de stratégie convaincante, les pouvoirs publics pourraient compter sur l’initiative d’un nombre croissant d’opérateurs de ce type pour atteindre cet objectif. A l’instar de « La compagnie du vent », filiale d’Electrabel (2), qui propose de contribuer à atteindre les 13500 mégawatts supplémentaires de puissance éolienne installée d’ici 2010 dont 1000 pour la France (3) sous forme d’éoliennes marines.

Pourquoi en mer?
Parce que les capacités sont plus fortes que sur terre, les vents plus réguliers et que la France dispose de larges façades maritimes bien ventées.

Le projet des Deux Côtes pourrait bien faire date et rendre une Région comme la Picardie (1,8 millions d’habitants) quasi-autonome d’un point de vue énergétique.

Ce projet de parc éolien situé à 14 Kms des côtes serait d’une puissance de 705 mégawatts (4) et composé de 141 éoliennes de 80 mètres de haut, espacées de 630 mètres et de 5 mégawatts chacune : soit la consommation annuelle d’électricité d’environ 900 000 personnes.

Mais l’intérêt du projet semble dépasser l’enjeu énergétique : les expériences de parcs de ce type révèlent que « l’effet récif artificiel » participe au développement de la ressource halieutique. En outre, la taxe spécifique aux éoliennes en mer (5) devrait représenter environ 8 millions d’euros, versés pour moitié aux intercommunalités concernées et d’autres part en faveur d’un fonds national pour les activités maritimes de pêche et de plaisance. Le développement économique local induit est aussi significatif. L’investissement lié à ce projet approcherait 1,4 milliard d’euros avec une valeur ajoutée au trois quarts nationale et régionale. Une quarantaine de personnels permanents sur 20 ans au titre de la maintenance et près de 2800 emplois seraient créés pour les phases d’ingénierie, de fabrication et de pose.

Les points de blocage actuels sont liés à une question de droit d’occupation… des sols à laquelle le représentant de l’Etat pourrait donner une issue positive dans les prochaines semaines. Mais il y a aussi les pêcheurs, touchés par la hausse des carburants et dont une frange s’obstine à vouloir revenir vers une pêche sans avenir, affranchie de tous quotas.

Il reste la question de la place des autorités publiques. Là où la filière nucléaire a fait l’objet en son temps d’un soutien massif en fonds propres, le développement de l’éolien doit compter uniquement sur les tarifs de rachat par EDF. A noter que l’opérateur national tente de combler tardivement son retard de production énergie renouvelable par croissance externe.


(1) North Hoyle a été construit en 2003 : ce parc est constitué de 30 éoliennes de 2 mégawatts chacune
(2) Groupe Suez : 140 000 collaborateurs, chiffre d’affaires de 44,3 milliards d’euros en 2006 réalisé à 89% en Europe et en Amérique du Nord
(3) A ce jour, la France ne compte que 1800 mégawatts de puissance éolienne installée
(4) 1 mégawatt = 1 million de Watts
(5) Loi de finance 30 décembre 2005, article 76

Commentaires

Bonjour
1-Si les éoliennes en mer représentent un fort potentiel, vous ne pouvez affirmer que "la puissance installée correspond à la consommation de 900 000 personnes"; celà laisse croire que les éoliennes fonctionnent à 100% tout le temps, ce qui est tout à fait inexact. Quand il n'y a pas ou trop de vent, il faut de l'énergie de substitution : nucléaire ou thermique, ce qui se passe pour 70 à 95% du temps (selon les mois, les heures jour-nuit etc...)
2- La prétendue manne qui rentre dans les recettes de l'intercommunalité est en fait payée par chacun d'entre nous, soit par l'impot soit dans notre facture EDF.
3- Nos Maires sont dans une situation très difficile car ils leur est quasiment impossible (vis à vis de leurs électeurs) de refuser de tels montants de recettes qui, en plus, sont garanties pour 15 voire 20 ans !
Conclusion "pas trop de vent autour des éoliennes" : je soutiens l'initiative de V Giscard d'Estaing qui demande une sorte de moratoire pour que le France se dote d'une stratégie/politique éoliennes et que l'on arrète de "miter" nos paysages et maintenant la mer...

Ecrit par : duboullay | 17.07.2008

Bonjour,
En réponse à Duboullay
1-Une éolienne ne fonctionne certes pas 100% du temps.
Mais elle fournit de l'électricité 90% du temps, mais pas à la puissance nominale.
Si on ramène son temps de fonctionnement à un temps à pleine puissance, on obtient bien un équivalent temps entre 30-40%. Il faut parfois de l'énergie de substitution, mais les prévisions météo permettent d'anticiper et de prévoir la production éolienne.
2- La CRE publie régulièrement une étude sur la CSPE, qui impacte peu les français, et sert surtout de soutien à la cogénération, ainsi que de fonds pour le tarif social de l'électricité.
3-Lors des dernières municipales, tous les maires qui avaient un projet éolien sur leur commune ont abordé le sujet. Si leurs électeurs étaient contre le projet, le maire, ou le candidat soutenant le projet, n'était pas (ré)élu.

Je suis d'accord que nous avons de très beaux paysages en France, mais une éolienne est démontable en fin d'exploitation. Le paysage, façonné par l'homme et son agriculture intensive, retrouvera dans 20 ans son aspect actuel.

Cordialement

Ecrit par : pasager | 17.07.2008

Ce qui est amusant, c'est que l'argument du rendement éloien n'est jamais posé sur le dossier nucléaire. On sait trés bien que des centrales nucléaires ont besoin du relais de centrales thermiques classiques (et polluantes) en raison de leur fonctionnement au délà de seuls pics...

Le bilan carbone global du nucléaire a été fait (et publié sur ce blog si je me souviens bien) : il est loin d'être neutre!!

Ecrit par : éole | 17.07.2008

D'accord avec Eole. On pourrait faire un copié-collé des arguments de Duboullay sur le nucléaire ou le charbon !

Quant à la mention de la protection des paysages, je suis toujours stupéfait de voir que certains sont vents debouts (ha ha ha) contre les éoliennes au nom de la protection des paysages, mais que la construction de lignes à haute tension pour amener l'électricité (avec de très fortes déperditions...) de la centrale nucléaire au lieu de consommation, ne dérange que rarement.

Ça doit être parce que les centrales au bord de la mer, comme Paluel en Haute-Normandie ou celle de Flamanville dans la Manche sont totalement intégrées au paysage, en l'occurrence grâce au creusement dans la falaise !

Ecrit par : Antoine Parodi | 18.07.2008

Un sondage réalisé par l'ademe montre au contraire que l'implantation d'éoliennes est même un facteur...d'attraction touristique pour deux tiers des sondés!!

Ecrit par : merciyapadequoi | 18.07.2008

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