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29.08.2008
Le changement selon Obama : discours d'acceptance de Denver
Son «acceptance speech» ne restera sans doute pas comme son plus éloquent. C’était voulu.
A ceux qui l’attaquent sur le certain flou entourant le concept de changement, Obama a répondu: «laissez-moi l’épeler».
Le changement, c’est donc «de diminuer les impôts pour les petites entreprises et ne plus récompenser les multinationales qui délocalisent». C’est «réduire les impôts pour 95% des familles ouvrières», «10 ans pour ne plus être dépendant du pétrole étranger» et «150 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables» et «une couverture maladie abordable pour tous et une égalité salariale entre hommes et femmes».
Ce plan «ambitieux coûte de l’argent», mais Obama a a chiffré chaque cents et fera en sorte «que chaque groupe corporate exploitant les lacunes du système ne passe plus au travers» et il promet qu’il ira «dans chaque ligne du budget gouvernement» pour limiter les dépenses inutiles. Et d’affirmer, «on ne peut pas répondre aux challenges du 21e siècle avec une bureaucratie du 20e».
10:00 Publié dans Médias, Politique, politiques publiques, Primaires US-2008, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, élections, us, mc cain
Les démocrates présentent l'image d'une famille unie
Une campagne électorale, c’est une rencontre. C’est une banalité de le dire. Pour en avoir fait une sur la période récente, cette rencontre est parfois difficile. Faire en sorte que son message fasse sens suppose une longue maturation politique bien loin du catalogue de « mesures « dans lequel versent nombre de formations politiques. Alors, quand le fond rejoint la forme, cela donne…la convention des démocrates à Denver.
L’apparition « surprise « de Barack Obama à la fin du discours de son VP Joe Biden est de la grande mise en scène. Mais elle répond à un ressort profondément populaire : celui de la fête et de la communion.
Il faudra aussi que je vous raconte un jour l'immaturité que j'ai pu constater lors des primaires d'un petit parti Français au regard de la grande classe d'Hillary Clinton interrompant le "roll call", le décompte des délégués par Etats. Elle appelle à une nomination du candidat démocrate par simple acclamation...
Juile Connan suit pour le Figaro cet événement. A quelques heures du discours d’intronisation d’Obama, l’atmosphère est électrique.
« (…) il m’a fallu près d’une heure trente pour rentrer dans le stade, alors que c’est seulement à 2 km…
La plupart des gros axes sont fermés et les navettes mises à disposition de la presse sont obligées de faire des détours impossibles, pour nous déposer devant une queue interminable sous un soleil de plomb avant de rentrer… et le discours d’Obama est seulement dans 7 heures…
Mais j’arrêterai ici ma complainte. Juste avant l’entrée du stade, les billets se vendent au marché noir comme pour un concert de Madonna ou des Rolling Stones… Une fois un l’intérieur, les rangs se remplissent tels des essaims d’abeilles et les esprits s’électrisent.
Tout le monde se fait prendre en photo pour immortaliser ce qu’ils espèrent être une page de l’histoire. Joe Biden, colistier d’Obama vient de faire une courte apparition sur la scène et Michelle Obama s’est offert un petit bain de foule dans les tout premiers rangs… A suivre… »
00:50 Publié dans Médias, Politique, Primaires US-2008, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obama, élections, us, mc cain
28.08.2008
La convention démocrate tente de mettre sur orbite son candidat
Michelle Obama, devenue très populaire par son parcours atypique en tant que directrice d’hôpital apporte la chaleur qu’on dit parfois manquer au candidat démocrate. Mais l’intervention très attendue de cette première journée de la convention fut celle du sénateur Kennedy, figure emblématique de l’aile gauche du parti et soutien d’Obama. Justice sociale et atteinte d’une « nouvelle frontière »…« et une nouvelle fois la lune »…
L’intervention du sénateur Clinton, fédératrice et appelant à l’unité des démocrates fut également très applaudie et a contenu les thèmes chers de l’ex-candidate à la primaire : protection sociale, droits des femmes…
La sénatrice cite l’exemple de rencontres représentatives d’une américaine frappée par les maux sociaux : une femme atteinte d’un cancer sans couverture sociale livrée à elle même et martele la nécessité de jeter les fondements d’une assurance universelle.
Joe Biden, 65 ans, candidat à la Vice-Présidence, fils d'un vendeur de voitures de Pennsylvanie. Il est devenu sénateur du Delaware et président de la commission des Affaires étrangères et apparaît comme le colistier idéal pour un présidentiable réputé novice en matière internationale, et encore mal aimé par l'Amérique profonde.
01:14 Publié dans Politique, politiques publiques, Primaires US-2008, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : convention, denver, obama, démocrate
27.08.2008
TIPP : piège à décentralisation
Aprés l'annonce du Pdt Chirac en Janvier 2006, le transfert de la TIPP compenserait -en recettes- aux régions ces fameux « transferts financiers» liés à la décentralisation.
Une nouvelle occasion ratée de réformer la fiscalité locale. Et une fenêtre pour réduire son déficit… Car au-delà des effets d’annonces du gouvernement, on voit bien l’occasion qu’il a de transférer à terme davantage de charges aux collectivités qu’il ne leur accordera de recettes en compensation.
Cette contrepartie donc, c’est la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP). Elle porte sur la consommation domestique de carburant. Annoncée à grands coups de klaxon, elle serait plus intelligente que la controversée (et condamnée à disparaître ?) Taxe Professionnelle (TP). Ce n'est pourtant pas si sûr…
Plus dynamique ? Certainement pas.
Pérenne ? Assurément non.
Il s’agit en réalité d’opérer une nouvelle répartition de l’impôt entre les contribuables, en défaveur des ménages, et ce, pour alléger la facture payée par les entreprises.
Le postulat qui soutient cette idée, c’est bien entendu la lutte contre les délocalisations. Une manière pour le gouvernement d’acheter à bon marché une image de défenseur de l’emploi, « écrasé par les taxes ». Or, toutes les études sur ce type de mesure générale montrent qu’il n’y a pas de corrélation entre le niveau de pression fiscale et l’implantation d’entreprise sur un territoire. Dans sa décision de s’implanter, la qualité des infrastructures en matière de transports collectifs ou d’enseignement est bien plus déterminante pour un entrepreneur.
Venons-en à la rhétorique développée par le gouvernement, relative à la compensation des charges décentralisées aux collectivités « à l’Euro près ». Ce principe constitutionnel repose sur un pari : celui de la dynamique de cette nouvelle base fiscale transférée aux collectivités. Or, l’évolution de la consommation domestique de carburant est faible depuis plusieurs années. On ne peut que s’en réjouir en tant qu'écologiste, soucieux de limiter le changement climatique. Mais force est de constater que le législateur intéresse désormais financièrement la région au développement de la consommation de carburant, plaçant ainsi la collectivité dans un évident conflit d’intérêt. Effet de serre contre fiscalité : voilà l’étrange « deal » dans lequel le gouvernement enferme les élus locaux.
Il reste la question de la pérennité de cette ressource, fondée sur un bien dont nous approchons du plafond de production. Son rendement potentiel est irrémédiablement décroissant l'attribution d'une part de TIPP aux régions annonce des difficultés pour les investissements des régions. On peut estimer qu’un simple décalage de quatre points entre la masse des dépenses transférées et les ressources de la TIPP qui vont revenir au 26 régions génèrera à horizon 2010 un manque à gagner de 700 Millions d’Euros pour ces collectivités.
Nous voilà donc placés dans l’éventualité de la suppression d’un impôt sur le patrimoine des entreprises compensé par une taxe sur les ménages. Il s’agit d’un « bout » de tarif d’essence déconcentré aux régions (1 à deux centimes sur le litre en réalité) et en partie actionnable selon le bon vouloir du gouvernement.
Une ressource dont le rendement va progressivement stagner avant de décroître. On eût espéré au moins qu’une remise à plat de la fiscalité locale s’accompagnerait d’une spécialisation des interventions des collectivités. Mais voilà encore un chantier raté à défaut d’avoir été mené.
Il ne reste, sur fond de Livre Bleu de l’UMP sur les régions de gauche, qu’un vague discours pompier sur « l’irresponsabilité fiscale des régions »…
Les auteurs : Arnaud Caron, Vice-Président (Les Verts) du Conseil régional de Picardie, en charge des finances, de la planification et Jean-Marc Pasquet, rédacteur en chef de la revue « Idées Vertes ».
09:20 Publié dans Fiscalité, politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tipp, consomation d'essence, décentralisation, Raffarin, transferts de compétences, impôts locaux, conflit d'intérêt
26.08.2008
Les acteurs financiers s'inquiètent également du réchauffement climatique
"Inventer de nouvelles techniques qui réduisent les émissions de CO2 et développer les technologies existantes sont au coeur des efforts pour contenir le réchauffement climatique", souligne Morgan Stanley...
09:15 Publié dans Médias, politiques publiques, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : énergie, gaz à effet de serre, isolation, thermique, logement, plan climat
24.08.2008
Tawfik Hamid, ancien militant intégriste islamiste, témoigne : "le terrorisme n'a rien à voir avec la pauvreté ou le manque d'éducation"
Extrait "histoires de mémoire » du 22 juillet 2007, à retrouver sur http://www.histoiresdememoire.org
Un interview de TAWFIK HAMID
"Les ardeurs concupiscentes des martyrs [musulmans]" November 5th, 2006 par Michael Coren National Post, 3 novembre 2006
Le Dr Tawfik Hamid ne dit pas aux gens où il habite. Ni la rue, ni le lieu,ni même le pays. C'est plus sûr. Il ne se déplace librement que grâce aux témoignages d'officiers de renseignement très haut placés.
Ce médecin, auteur et activiste a été un membre de l'Al-Gama' al-Islamiyya (« le groupe islamique ») égyptien, une organisation terroriste interdite.
Il a été instruit par Ayman al-Zawahiri, le djihadiste barbu qui apparaît dans les vidéos de Ben Laden pour annoncer que la violence islamique ne cessera que lorsque nous serons tous musulmans.
L'homme est désarmant de gentillesse et de courtoisie. Mais il est fermement décidé à dire à une certaine Amérique trop satisfaite d'elle même ce qu'il sait sur l'impérialisme fondamentaliste musulman.
« Oui, l'impérialisme », me dit-il. « L'expansion délibérée et déterminé de l'Islam militant et sa tentative de triompher non seulement dans le monde islamique, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. Idéologie pure. Les terroristes musulmans assassinent et massacrent non pas à cause de ce qu'ils ont subi, mais à cause de ce qu'ils croient. »
Hamid a été plongé dans le message du djihadisme pendant ses études de médecine, au Caire, et se dévoua alors à cette cause. Son groupe commença à se réunir dans une petite pièce. Puis dans une plus grande. Puis dans une mosquée réservée aux adeptes d'al-Zawahiri. Lorsque Hamid quitta le mouvement, ses membres intimidaient les étudiants hostiles à leurs idées.
Il a aujourd'hui 45 ans. Il a eu de nombreuses années pour réfléchir aux raisons pour lesquelles il était prêt à mourir et à tuer au nom de sa religion. « La première chose à comprendre est que cela n'a rien absolument rien à voir avec la pauvreté ou le manque d'éducation », dit-il. « Je viens d'une famille de la classe moyenne et mes parents n'étaient pas religieux. Pratiquement personne dans le mouvement, à l'université, ne venait d'un milieu différent du mien. »
« J'ai entendu cette absurdité à propos de la pauvreté tant de fois dans la bouche d'apologistes occidentaux de l'Islam - la plupart d'entre eux non musulmans, d'ailleurs. Il y a des millions de pauvres et de nécessiteux qui soutiennent passivement le terrorisme, mais la majorité des tueurs sont aisés, privilégiés, bien éduqués et libres.
S'il s'agissait d'une question de pauvreté, pourquoi les attentats-suicide commis en Palestine sont-ils le fait de Musulmans de la classe moyenne, et jamais de Chrétiens démunis ? »
Son analyse est fascinante. Les Musulmans fondamentalistes croient, selon lui, que la richesse pétrolière de l'Arabie Saoudite est un don de Dieu et que l'influence saoudienne est donc voulue par Allah.
Ainsi, la variante extrémiste de l'Islam sunnite répandue par le royaume dans le reste du monde musulman est considérée non pas comme une des interprétations de la religion parmi d'autres, mais comme la seule correcte.
L'expansion de l'Islam violent et régressif aurait commencé à la fin des années 1970 et pourrait être précisément mise en liaison avec l'influence financière croissante de l'Arabie Saoudite.
« Nous n'avons pas affaire ici à un culte marginal », poursuit-il. «L'Islam salafiste est la version dominante de la religion et elle est enseignée dans la quasi-totalité des universités islamiques du monde. Elle est puritaine, extrémiste et affirme, en effet, que les femmes peuvent être battues, les apostats exécutés et les Juifs traités de porcs et de singes. »
Il s'adosse à son siège, prend une profonde inspiration et passe à un autre thème, dont il commence par dire qu'il est trop rarement abordé : « Les Nord-Américains sont trop pudibonds pour discuter du moteur sexuel pourtant évident dans la motivation des attentats-suicide.
S'ils se penchaient sur la société islamique contemporaine, ils comprendraient la tension purement sexuelle des Musulmans sunnites.
Regardez les chiffres des attentats-suicide à la bombe - très peu viennent du monde chiite. Du terrorisme, des violences, oui, mais pas de suicides. Ceux-ci sont en très large majorité commis par des Sunnites. Dans le monde chiite, il y a des mariages que l'on dit temporaires, entre une heure et 95 ans.
Cela leur permet d'apaiser leurs frustrations sexuelles. »
« L'Islam condamne le sexe hors-mariage et la masturbation, comme la tradition chrétienne. Mais l'Islam promet aussi l'extase sexuelle illimitée au paradis, avec de magnifiques vierges, à ceux qui donne leur vie pour la foi. Il ne faut pas sous-estimer cette passion aveuglante et son influence sur ceux qui acceptent le fondamentalisme. »
Il marque une pause. « Je le sais. J'étais l'un de ceux qui l'acceptaient.
Cette explication partielle choque plus par sa banalité que par son horreur.
Le meurtre de masse commis par luxure. Mais on ne peut nier que les lettres écrites par les bombes humaines s'attardent souvent sur les vierges et les plaisirs sexuels qui les attendent.
« L'aspect sexuel n'est bien sûr qu'une partie de l'ensemble. Mais je peux vous dire ce qui n'en fait certainement pas partie. Israël n'en fait pas partie. Ni l'Iraq, ni l'Afghanistan. Ce ne sont que des prétextes. Les fondamentalistes musulmans algériens ont assassiné 150.000 autres Musulmans algériens, parfois en égorgeant des enfants devant les yeux de leurs parents. Allez-vous me dire sérieusement que c'était à cause des agissements d'Israël avec les Palestiniens ou de la politique étrangère américaine ?"
Il est exaspéré, visiblement furieux devant ce qu'il considère comme l'idiotie volontaire de l'Occident. « Cessez donc de vous demander ce que vous avez fait de mal! Cessez ! Ils vous massacrent comme des agneaux et vous vous obstinez dans votre introspection. Vous critiquez votre histoire, vos institutions, vos églises.
Pourquoi ne pouvez-vous pas réaliser que cela n'a rien à voir avec ce que vous avez fait - c'est simplement ce qu'ils veulent. »
Puis il s'en va - il ne peut pas révéler où. Une voix réduite au silence dans son pays et trop souvent ignorée par ceux qui préfèrent des révisions accommodantes à des vérités dérangeantes. Le plus tragique est que Tawfik Hamid y est presque habitué.
06:20 Publié dans Liberté d'expression, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islamisme, terrorisme, motivation, sexe
23.08.2008
campagne d'Amnesty international
10:40 Publié dans Liberté d'expression, Médias, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : amnesty, campagne, droits de l'homme
22.08.2008
A l'approche des journées d'été de leur parti, les refondateurs Verts appellent à une "Nouvelle Donne Ecologiste"
Nouvelle Donne Ecologiste !
Les résultats des municipales, dans lesquels la gauche et les Verts trouvent une satisfaction, ne doivent pas masquer le manque de propositions du camp progressiste.
Les Verts peuvent trouver dans l’échéance européenne le réconfort d’une grande alliance des écologistes. Une échéance électorale implique d’accepter et d’assumer dans le temps le jeu des clivages et des alliances politiques. Nos candidatEs se doivent d’être des candidatEs qui acceptent ce jeu. Nous constatons que seul Dany Cohn-Bendit l’assume pleinement aux côtés des Verts à ce jour.
Mais les Verts ne peuvent se satisfaire à long terme de cette perspective en sous-traitant la refondation de leur corpus idéologique. L’urgence est d’abord de reconstruire un rapport de force conséquent.
Pour cela, les Verts doivent reformuler une proposition politique en phase avec les défis écologiques et sociaux de notre temps et, au delà, une perspective pour chaque individu et la collectivité sans laquelle le pacte républicain se délite.
Ce texte est notre contribution à cette démarche véritablement « refondatrice » de notre parti.
L’écologie, c’est le primat du politique
Dans un contexte économique bouleversé par l’émergence de nouveaux acteurs continentaux (Chine, Inde…), la démonstration est faite du caractère non reproductible de nos modes de consommation et de production. Cette prise de conscience peut nous donner des raisons d'espérer, mieux encore : de proposer une nouvelle donne écologique. Par exemple, la construction d’un avenir énergétique doit à la fois permettre de relever les défis planétaires et d'en tirer parti pour vivre mieux et plus solidairement.
Face à la tentation du repli sur soi, c’est en investissant, en innovant et en réformant les outils de discussion et de négociation avec lesquels les pouvoirs publics peuvent agir que nous changerons le réel.
L’écologie ne se soumet pas au diktat de l’immédiateté.
Si nous nous réjouissons que la nécessité d’un développement durable a franchi les frontières des partis politiques pour être portée par un nombre croissant d’acteurs, nous gardons à l’esprit que l’action publique est celle qui cristallise et favorise les compromis sociaux. Elle a le primat de la vision stratégique et vise à changer d’échelle la volonté collective. L’innovation en terme de développement durable ne peut être laissée aux seuls investisseurs privés, la puissance publique doit contribuer à la mise en oeuvre des alternatives nécessaires, via la recherche, ainsi que par le biais des collectivités territoriales.
Si les écologistes doivent se situer à gauche, c’est précisément parce qu’ils-elles entendent que la politique prime sur l’économie et non l’inverse. Les Verts doivent porter les politiques alliant humanisme et sobriété. L’économie des ressources est une dynamique pour le corps social. Nous sommes porteurs d’un nouveau mode de « développement à bas niveau de carbone » : c’est celui que nous voulons et que nous pouvons mettre en oeuvre !
Notre parti intègre l’universalisme parmi ses valeurs. Reconnaissant que tous les êtres humains « naissent libres et égaux en droit », les membres de notre Parti sont des laïcs conséquents. Ils-elles doivent être capables de parler avec touTEs et de s’adresser à touTEs, artistes, ouvrierEs, salariéEs précaires, chefEs d’entreprises, chercheur-se-s etc. Ils-elles doivent aussi nouer un dialogue constructif avec toutes les forces sociales, qu’elles soient associatives, politiques, confessionnelles ou athées, économiques, syndicales…
Cette démarche implique que nous remettions d’abord en route la « machine à penser ». La création d’un think tank, véritable Cercle de réflexion, à la bonne distance du parti, doit être d’utilité générale. A visée opérationnelle, il s’adresse à nos militantEs, nos éluEs mais il doit être également un outil destiné à influencer l’agenda des décideur-se-s..
Notre communication doit avoir pour but de susciter l'adhésion à nos analyses et propositions. Pour cela, sans être une plainte, ni une crainte, l'écologie que nous prônons doit être positive, propositionnelle, capable de s'inscrire dans des mouvements d'opinion fédérateurs, pédagogique sans être réductrice.
Les écologistes agissent localement. Ils-elles doivent redonner la primauté à l’exemple : à partir du logement, de l’alimentation, du cadre de vie, des déplacements, de la santé, de la culture… les Verts pourraient davantage impliquer des couches importantes de la population.
Il nous faut également accepter de développer des adhésions de sympathie et de proximité, plus que de militantisme. La sociologie des Verts doit se rapprocher davantage de celle de la société. Et pour cela, le parti doit se caler sur ses rythmes.
L’autonomie comme outil, sans le dogme
L’écologie politique a besoin d’un parti autonome, qui rassemble touTEs les écologistes, assumant des différences de sensibilités tout en assurant une cohérence. Mais l’autonomie n’est pas l’isolement. Pour pouvoir mettre en oeuvre nos propositions de politiques publiques, il faut chercher des alliances en fonction des enjeux et des réponses à leur apporter.
En notre sein, un nouveau fédéralisme responsable doit tirer les leçons des échecs passés. Nos décisions nationales seront d’autant mieux mises en œuvre qu’elles auront remis au premier plan nos échelons locaux.
L’autonomie politique des Verts peut s’exprimer dans les scrutins comportant une dose de proportionnelle. Cette autonomie doit porter ce qui fait notre distinction, mais doit aussi être couplée d’un appel sans équivoque à la constitution après le scrutin d'une coalition collective pour faire changer les choses: c’est le défi des élections européennes, dans une tendance actuelle où les sociétés nationales et les partis invitent au repli sur soi. Mais il est nécessaire de passer à une autre stratégie tant que seront maintenus les scrutins uninominaux à deux tours qui nous éliminent de la vie politique. Pour cela, il faut envisager au niveau national la constitution d’une coalition qui prépare en amont les élections législatives, sans fermer la porte au dialogue avec ceux-celles qui sont susceptibles de s’y inscrire.
Les Verts sont arrivés à une période charnière. Pour briser ce « plafond de verre » atteint lors des élections législatives sans tomber dans le statut de parti local et urbain, il s’agit à présent de reconstituer un parti politique écologiste autonome, en phase avec la société.
La période qui s’ouvre doit nous être propice pour refonder notre parti qui aspire à transformer la société ici et maintenant à partir des réalités, avec les politiques publiques.
Ce texte est porté par une dizaine de référent-es régionaux.
21:10 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, les verts, rénovateur, refondateur
21.08.2008
LOST : l’écologie politique est-elle dans les choux ?
Retour sur un trés bon dossier de la semaine du 24/05....2007.
Télérama, c'est pas que de la télé...
L’écologie politique est-elle dans les choux ?
Plus le sort de la planète inquiète l’opinion, moins les écologistes récoltent de suffrages aux élections… La faute à qui ?
Ils ont dansé tout un été. Juillet 2006, le jeune secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, a convaincu ses camarades querelleurs de « s’ouvrir à José Bové, Corinne Lepage, Nicolas Hulot ». Sur la même ligne, Jean-Luc Bennahmias, député européen proche de Daniel Cohn-Bendit, voit déjà la candidate tout juste choisie pour la présidentielle, Dominique Voynet, porter le mouvement « au-dessus des 5 % », mais surtout poser les bases d’une « refondation » de la famille écologiste. Et aux derniers jours du mois d’août, à Coutances, en Normandie, à quelques encablures de Flamanville et de la future centrale EPR, huit cents militants Verts, toutes générations et tous courants confondus, écoutent un Nicolas Hulot – jusqu’alors ennemi médiatique numéro 1 – placer la menace climatique au-dessus du danger nucléaire, et une Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement d’Alain Juppé, énumérer « les actes de régression écologique depuis cinq ans ». José Bové, lui, a boudé.
Le 7 septembre, un sondage CSA crédite encore une éventuelle candidature Hulot de 7 % d’intentions de vote, tandis que Dominique Voynet et Corinne Lepage obtiendraient 2 % chacune, soit un total de 11 % ! Trois jours plus tard, c’est au tour de Corinne Lepage d’inviter Hulot et Voynet aux journées d’été de son mouvement Cap 21 et de prôner la création d’un « grand espace politique écolo-sociétal ». Plus rien ne semble arrêter le réchauffement de la planète écolo. Bientôt, les 10 % d’intentions de vote autour d’une candidature Hulot vont affoler les états-majors des grands partis.
Dimanche 22 avril 2007, 20 heures, résultats du premier tour. Dominique Voynet, seule et unique candidate écolo, 1,57 %. Retour à la case départ, il y a trente-trois ans, celle de « l’ancêtre » René Dumont, qui avait obtenu 1,30 % en 1974. Effacés les scores de Noël Mamère en 2002 (5,25 %, auxquels il fallait ajouter le 1,88 % de Corinne Lepage). Où sont passées les voix écolos ? Pas chez Corinne Lepage : le 12 mars, elle s’est ralliée à François Bayrou. Pas chez Nicolas Hulot : il a lui aussi décidé de ne pas se présenter, après que la quasi-totalité des candidats eurent signé son Pacte écologique. Chez Ségolène Royal ? Cette explication du « vote utile » fuse de partout, et notamment de la gauche radicale des Verts, qui accuse Dominique Voynet d’avoir joué « les supplétifs du PS ». Vieux refrain.
Une chose est sûre : pour ce qui est de Corinne Lepage et de Nicolas Hulot, l’avenir de l’écologie reste devant eux. En faisant le choix de Bayrou, la première peut se voir créditée du bon score de ce dernier, d’autant qu’elle est à l’origine de sa conversion écologique : « Grâce à moi, il a modifié son programme sur les OGM, l’EPR, les énergies renouvelables... Et il a convaincu, puisque 18 % des électeurs des Verts ont voté pour lui. » Forte de cette certitude, de la déroute des Verts et de « la conviction que Sarkozy n’a aucune sensibilité écologique », Corinne Lepage vient de lancer un appel à « une refondation de l’écologie politique » qu’ont signé ses affidés mais aussi une cinquantaine de Verts, des associatifs et des scientifiques.
Quant à Nicolas Hulot, accusé de toutes parts d’avoir parasité la campagne des Verts, il a beau jeu de s’en défendre : « Depuis un an et demi, dans tous les sondages, l’écologie est à 1,5 %. Je n’ose imaginer à quoi aurait ressemblé cette campagne si nous ne l’avions pas perturbée avec le Pacte écologique ! » Hulot reste bien décidé à camper sur le terrain associatif : « Non que je méprise l’action politique, bien au contraire, mais elle pourra d’autant mieux se déployer que nous, les associations, nous mobiliserons la société. » Hulot déplore que « les seuls qui [lui] ont reproché d’avoir ramené à l’écologie des gens qui s’en étaient éloignés sont les écologistes politiques. Ils devraient s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils ne remportent pas une plus grande adhésion »…
Justement, ils s’interrogent. Du moins ceux qui prônent un retour aux « fondamentaux » de l’écologie et qu’on appelle, chez les Verts, les « environnementalistes », quasiment un gros mot pour l’aile anticapitaliste radicale, campée aux avant-postes des combats sociaux. Parmi les environnementalistes, l’ex-_secrétaire général Yann Wehrling, doux idéaliste qui rêvait de réunir toutes les composantes de l’écologie sous un même toit. « Comme José Bové n’est pas venu et que nous n’avions plus qu’Hulot et Lepage comme invités, on m’a accusé de faire dériver le parti à droite. » D’autres quittent carrément les Verts. Le départ de Jean-Luc Bennahmias – qui rejoint François Bayrou – a fait l’effet d’un séisme : « Je ne crée pas une scission. Simplement, je n’en peux plus de ce parti, aux valeurs idéologiques certes sympathiques, mais qui n’est plus en phase avec les millions de personnes auxquelles il s’adresse. Par exemple, je suis en accord avec le discours ouvert sur l’immigration, mais cela ne peut être au cœur des problématiques écolos. Et accuser aujourd’hui Nicolas Hulot, en qui se reconnaissent des associations comme Green_peace ou le WWF, de l’échec des Verts, c’est faire preuve d’aveuglement. »
Mais comment en est-on arrivé là ? « La faute aux structures ! » constate tout d’abord Bennahmias. Un rapide survol des statuts des Verts, sur leur site Internet, offre un tableau édifiant. Tout tourne autour d’un Conseil national interrégional – CNIR –, sorte de « Parlement », dont l’intitulé trahit un mélange bizarre de jacobinisme (« national ») et de girondinisme (« interrégional »).
Ses membres, essentiellement élus à la proportionnelle par les organisations régionales des Verts, élisent à leur tour un collège exécutif de quinze membres « révocables à tout moment ». Le CNIR et cet exécutif ne font qu’appliquer les décisions d’une assemblée fédérale, « instance souveraine du mouvement », qui se réunit tous les deux ans. « Pour corser le tout, on vient de donner un statut d’observateur du CNIR aux secrétaires régionaux et on a créé un bureau de liaison entre le CNIR et l’exécutif… » Le résultat d’une telle usine à gaz, c’est la fameuse guerre des courants, immortalisée par Les Guignols. Elle fait des dégâts. Ainsi, en janvier 2003, à Nantes, après le double échec de la gauche à la présidentielle et aux législatives, l’assemblée a mis en minorité le courant Voynet, qui prônait depuis 1995 une politique d’alliance avec les socialistes. Et les Verts se sont choisis un certain Gilles Lemaire comme secrétaire général. Sur leur site, on peut encore trouver, datée de septembre 2004, une intervention du camarade Lemaire, interminable catalogue à la Prévert dans lequel, sans un mot pour l’écologie, il s’inquiète de la situation dans le Caucase, condamne Israël, rend hommage aux deux inspecteurs du travail assassinés, dénonce le plan Borloo de cohésion sociale… Et pendant ce temps-là, la terre chauffe.
Certes, en décembre 2006, les écolos se sont débarrassés de Gilles Lemaire. Lequel est parti rejoindre José Bové. Et Dominique Voynet a « recentré ». Mais la polémique continue de faire rage, car les environnementalistes, eux, ont aussi été écartés au profit d’une équipe qui continue à mettre le social au même niveau que l’environnement. Cette orientation, Dominique Voynet l’assume : « L’écologie est un projet révolutionnaire, d’émancipation collec_tive, qui bouleverse tout. Si l’on ne change pas les rapports de force, on aura des tramways à l’intérieur des villes mais des rocades autoroutières à l’extérieur, des gens qui trient leurs déchets mais toujours autant d’incinérateurs. Je refuse que les Verts soient vus comme des hédonistes de catégories socio-professionnelles supérieures qui se payent juste le luxe de manger bio et d’isoler leur logement. » Cependant, Voynet reconnaît l’échec de sa stratégie d’alliance avec le Parti socialiste pour les élections nationales : « Peut-être vaudrait-il mieux n’avoir pas de députés qu’en avoir cinq ou six au prix d’une coopération humiliante avec les socialistes. »
Car tous les écolos, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche, en conviennent : on ne peut pas compter sur les grands partis pour faire avancer la cause écologique. « Il y a des scientistes terribles au PS », dit Corinne Lepage, à qui fait écho Bennahmias : « Quand les écolos ne sont pas là, au nom de l’emploi, on justifie tout, autoroutes, aéroports… » Mais si tous reconnaissent la nécessité d’un parti écologique, les Verts ne démordent pas de leur ancrage à gauche : « On ne peut pas faire _comme si tout se valait, comme si les liens structurels entre les milieux d’affaires et la droite n’existaient pas, _persiste Voynet. Quand Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, les majors de l’eau et des déchets, vont fêter la victoire de Sarkozy, ça disqualifie la démarche du Pacte écologique. »
A cela, Hulot répond avec pragmatisme : « Quand Sarkozy s’engage sur le fait que “l’impératif écologique doit être le principe déterminant de l’action publique”, je n’ai pas la naïveté d’y croire. Je sais qu’il y a dans son camp des gens non seulement sceptiques, mais cyniques sur ces enjeux. Mais il y a aussi une Nathalie Kosciusko-Morizet. Juppé, Barnier ont fait du chemin. Le Grenelle de l’environnement prévu pour septembre, il faut y aller, car on ne peut pas se permettre le luxe de perdre cinq ans. » Dans la société civile, parmi les scientifiques, ce pragmatisme gagne du terrain : Jean Jouzel, climatologue qui avait appelé à voter Ségolène Royal, « n’imagine pas un instant que la droite ne fera rien pour l’écologie. Les politiques n’ignorent plus la recherche scientifique. En trois ans, tout a changé, y compris l’attitude des industriels ».
Ancrés dans une idée de transformation radicale, les Verts, eux, ont du mal à admettre que la société ait bougé, que leurs idées aient gagné du terrain. Pour Voynet, « seulement 5 à 10 % de la population peut admettre la remise en cause de notre sys_tème économique ». Amère, elle n’en constate pas moins l’échec des Verts : « Je me retrouve à défendre une direction dont je ne fais plus partie, et qui m’a criminalisée parce que j’ai cherché à composer avec les socialistes. J’ai toujours voulu réduire le fossé entre notre petit parti imparfait et le peuple de l’écologie. Au _niveau national, une intelligentsia bavarde, narcissique et gauchiste _occupe beaucoup de place, alors que sur le terrain les militants ont de grandes qualités. » Elle rêve de créer avec cette nouvelle génération « une diaspora de l’écologie », syndicats, presse, télé… Et remettre sur les rails ce parti « coupé de sa base sociale et inadapté à l’ampleur des défis ».
Alors faut-il croire à la prédiction de Corinne Lepage, selon laquelle un parti écologiste, « peu importe lequel », sera majoritaire dans le premier quart du siècle, parce que « c’est une question de survie » ? .
Vincent Remy
Télérama n° 2992 - 19 Mai 2007
11:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : refondation, recomposition, les verts
20.08.2008
« Gomorra » ou l’Italie anthropophage
La « Cité des Hommes » révèle une vision des Favelas en prise avec la guerre des gangs bien loin des clichés qu’on y associe souvent.
Mais c’est « Gomorra », grand prix du 61e festival de Cannes, le film italien relatant la mise en pièce de la République dans la région de Naples qui attire fortement l’attention. Parce que l’Italie est une démocratie de l’Union, bien sur. Qu’elle se doit à ce titre de porter les valeurs de la liberté. En son sein, la Camorra napolitaine est responsable d’un mort tous les trois jours, faisant régner un véritable régime de terreur sur des quartiers entiers : rackets, intimidation, mise hors la loi de l’état de droit pour finir…par assassiner ses propres enfants comme un lent suicide.
La mise en scène de Matteo Garrone, nerveuse, ressemble au documentaire sous forme de puzzle. Au travers de destins perdus ou fauchés, cette interprétation cinématographique du roman du trentenaire Roberto Saviano nous fait vivre de l’intérieur la dérive de l’état Italien. Désormais encadré par des policiers, l’auteur nous fait le récit de l’effondrement d’une démocratie d’Europe, dépecée par la mafia, délaissée par ses institutions, corrompue par ses élites.
Traitant de la complexité des problèmes : de l’impasse d’un modèle économique jusqu’à la stratégie des individus, cernés par la menace jusque dans leurs propres familles, ce film est d’une intensité rare.
Après coup, on ne peut que songer à l’impossibilité du cinéma français de produire ce genre d’œuvre. Engoncé dans ses endogamies nombrilistes et oscillant le plus souvent entre films marginaux et grandes comédies secondaires.
03:35 Publié dans Liberté d'expression, Médias, Politique, politiques publiques, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gomorra, camorra, naples, mafia, italie


