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10.09.2008
Une rentrée pas très classe
par Luc Chatel - Témoignage chretien du 2.09.2008, à nouveau en parution
Mardi 2 septembre, sur France Inter, un homme politique menait la charge contre l’une des récentes mesures du gouvernement : la création du fichier Edvige, visant à recenser des informations sur tout ce que le pays compte de responsables associatifs, politiques et syndicaux. Qui occupait ce rôle d’opposant vigoureux à Nicolas Sarkozy ? François Hollande ? Martine Aubry ? Ségolène Royal ? Que nenni. François Bayrou, l’infatigable troisième homme. La veille sur RMC, Vincent Peillon, l’une des figures du renouveau générationnel au PS, s’emportait avec vigueur contre des responsables politiques « malfaisants ». Parlait-il de ses opposants politiques ? De Brice Hortefeux ou de Xavier Darcos ? Que nenni, de ses petits camarades Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis. Ces deux interventions résument à elles seules l’état du débat politique en France en cette rentrée 2008. Et surtout l’état calamiteux de la gauche Les universités d’été successives avaient déjà dressé un tableau peu rassurant. La plus intéressante a sans doute été celle des Verts, qui sont arrivés à sortir de leurs luttes intestines pour annoncer une possible large liste d’union aux Européennes, autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové et les amis de Nicolas Hulot. Sympathique, certes, mais quelles garanties aurons-nous que ce « coup » aura des prolongements dans le fonctionnement et le comportement politiques des Verts ? Assez peu, à vrai dire. Les élections européennes ont souvent été pour eux le moment du sursaut, avant de replonger dans des discours inaudibles.
Olivier Besancenot, lui, a au moins le mérite de la clarté. Attirant de plus en plus de monde sur son projet de Nouveau Parti Anticapitaliste, il crée la surprise à gauche. Mais au service de quel discours ? S’il y a du renouveau dans son auditoire, ses concepts restent datés, notamment sur les questions écologiques et internationales. Ses interventions récentes sur l’Afghanistan et la Géorgie n’ont pas marqué grand monde. Le PCF, de son côté, nous annonce qu’il veut « penser le changement ». Se donnera-t-il les moyens d’ouvrir véritablement le débat en interne ? Quant au PS, censé être la principale force d’opposition, autour duquel la gauche devrait s’organiser, il ne nuit pour l’instant qu’à lui-même. À sa survie et au moral de ses troupes. Triste rentrée.
14:22 Publié dans Politique, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rentrée, politique, gauche



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