29.12.2008

2008…un parfum de fin du monde

La ministre en charge de la Ville a trouvé les maux du retard de la mise en œuvre de son plan sous les oripeaux d’une administration, frappée des torpeurs juridiques. L’hyper-crise, cru 2008, devrait franchement sentir le bouchon en 2009, en particulier dans les quartiers dits sensibles.

Dans cette atmosphère de fin du monde, c’est dans un habit de déporté juif que le régisseur du pathétique Dieudonné a remis un prix au négationniste Faurisson. Le clown déchu ne pouvait trouver meilleur spectateur que Le Pen, présent avec quelques autres à son dernier « show ».

C’est comme cela que l’ancien humoriste appelle ses rassemblements qu’il organise depuis qu’il a perdu succès et talent.


Est-ce le dépit, l’avidité ou la simple bêtise crasse qui l’ont conduit à cette reconversion dans le sensationnel ?
Se placer du côté de la bonne morale de « l’intelligentsia », ce serait placer cet individu du côté du peuple qui n’a pourtant rien à foutre de lui. Pas plus que des relents de son petit entourage malade qui se perd en attaques de ce type de billets dès lors qu’ils mettent en cause leur maître.

2008, c’est aussi l’année du compositeur de Pink-Floyd, le claviériste Richard Wright, auteur du légendaire « Dark side of the moon ».

Du fond de mon lit, frappé d’une gastro, vivement que ça se termine.

20.12.2008

De l'impact de la réforme des modes de scrutin...sur les politiques publiques

Avant-hier, à la une des quotidiens nationaux, les vidéos sur les conditions d’accueil indignes des migrants à Mayotte et des prisonniers à Fleury-Mérogis. L’Etat n’assure pas ses fonctions les plus élémentaires quand le Président de la République fait preuve d’un bougisme inédit sur tous les sujets.
Certes, on objectera que les difficultés financières obèrent les capacités d’investissement de la Nation. Elles sont réduites depuis quelques années à la portion congrue. Mais sommes nous en face d’un problème strictement financier ?

C’est un classique en France, les politiques publiques sont peu sensibles à l’atteinte de résultats. Pourquoi ? Parce que l’impôt direct y est faible, que les ressources de l’Etat sont prélevées plus qu’ailleurs par une recette « indolore », la TVA, et que nous avons de ce fait tous-tes développé-es une tolérance infinie à l’égard de la dépense qui n’atteint pas ses objectifs.

La pensée « de gauche » est fortement marquée par cet état de fait. On disserte plus souvent sur la hauteur des interventions, les possibilités offertes par le déficit public, qu’à la nature des dépenses ou des résultats à atteindre. De timides inflexions commencent à faire jour pour infléchir cette « culture de moyens » qui assure le primat de l’outil administratif et de la consommation des crédits sur les objectifs politiques.

Pourtant, la pensée administrative reste friande des observatoires qui constatent, des colloques qui sensibilisent et autres dispositifs qui flattent davantage les cohérences stratégiques que l’atteinte de résultats mesurés. Ainsi s’enchaînent les « mesures tests » sans débouchés à la hauteur des cibles visées…

La dernière réflexion en date sur la réforme de l’organisation territoriale risque de porter le coup de grâce aux velléités de changements qui, malgré tout, commençaient à bouger quelques lignes sur l’évaluation des politiques publiques.

La réforme des modes de scrutin pour les prochaines élections locales viserait à rapprocher l’élection de Conseillers régionaux sur une base cantonale. On connaît les conséquences de la « proximité » de l’élection des députés vis-à-vis de leurs circonscriptions. Il est souvent plus facile pour les édiles de valoriser une dépense ayant des répercussions sur « leur territoire » que celles, plus lointaines, réalisées au nom de l’intérêt général. Les clandestins de Mayotte et les prisonniers de la métropole en paient les frais.

Demain, ce pourrait être aussi le cas des Conseillers « territoriaux » dont l’élection serait ainsi « cantonalisée ». Sera-t-il encore plus facile au niveau local de financer un concours de race canine de son canton plutôt qu’un projet sur des quartiers à cheval sur plusieurs circonscriptions territoriales ?

Entre nos « étrangers de l’intérieur » et les chiens, j’en connais quelques-uns qui remuent la queue.


16.12.2008

Réaménagement de la place de la République en discussion

Théâtre Dejazet, Paris. Dans les réunions publiques de concertation, il flotte toujours une sensation de bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Hier soir, c’était à moitié vide. Après quelques données de présentation sur ce qui est devenu un vaste carrefour routier, les élu-es des trois arrondissements directement concernés marquaient davantage le terrain sur la méthode qu’ils ne s’avançaient sur le fond.

Et pour cause. Cette première réunion avait vocation à lancer une période de concertation…de trois mois. Pour un tel chantier, quelques citoyens dans la salle interpellaient la tribune sur le mode du « c’est court ! ». Au terme de cette première étape, un concours d’architecte devrait être lancé permettant de dégager quelques esquisses puis au Maire de trancher, fin 2009. Livraison 2013.

Dans la foultitude des remarques de la salle, chacun y allait de sa demande particulière. Quelques commerçants, pensant bien faire, réclamaient un parking dans un sous sol de gruyère. D’autres espéraient trouver un espace plus tranquille à l’avenir et se mettaient à imaginer une place promenade impensable aujourd’hui.

Au sortir de deux heures d’échanges, un membre de l’atelier local d’urbanisme du troisième arrondissement remarquait justement qu’entre la phase de concertation et la livraison des esquisses, il manquait l’étape d’un cahier des charges partagé, permettant aux citoyens de distinguait ce qui était possible de ce qui l’était moins, ce qui relevait de l’arbitrage de ce qui relevait de points de vue divergents.

Sur le trottoir en sortant, on peinait à imaginer ce que serait un projet ayant vocation à satisfaire « un peu tout le monde » et donc, un peu personne.

12.12.2008

France 2, "mots croisés" : Arlette, François, Arnaud et Carlos sont dans une barque

Le temps est vraiment à la dépression : j’ai tenu une heure devant la dernière ânerie d’Arlette Chabot. Elle est sympa, Arlette. Je suis sûr que tous ses assistants à France 2 lui disent que ses blagounettes et ses relances à deux balles renouvellent la politique à la télé. Pour le coup, elle recevait un super client : François Bayrou.

Le leader du Modem a bien expliqué ce qui nous taraude en période de crise : mais quelle est la place du centre dans le paysage politique français ? C’est vrai que cela méritait une première demi-heure. Une petite parenthèse sur un « crédit crise » de 1000 euros, sorte de copie de ce que Obama veut mettre en oeuvre aux Etats-Unis et on passe la seconde demi-heure.

Avec un autre invité : Arnaud Montebourg. Arnaud, il est super pragmatique. Il soutenait une alliance avec le centre quand il était avec Royal et il a changé d’avis. Maintenant, il est avec Aubry qui fait juste alliance avec le Modem au niveau local. D’ailleurs, il y a quelques années, il était pour une super révolution des institutions. Aujourd’hui, il est président de Conseil général. C’est dire à quel point la gauche fait sa mue. C’est bien lancé, là.

Avant de zapper sur une autre chaîne tellement c’est gonflant, on a eu droit à l’œil de l’expert. Alias, Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan. Il nous présente son « business plan » en nous expliquant qu’il faut « soutenir le gouvernement » sur la prime à la casse. Il n’a pas l’air très favorable à ce qu’on conditionne les aides à des développements sur les moteurs hybrides par exemple. Du coup, même en temps de crise, rien ne change. Arlette continue toujours à nous faire rire.





07.12.2008

Tchô Verts deviennent grands...

Les Verts ont tenu leur congrès dans la Ville où l’on vous dit « s’il vous plaît » quand, ailleurs, on vous répond « merci ». Serait-ce par pudeur que le parti écologiste avait choisi la capitale du Nord pour s’unir autour de la secrétaire nationale réélue, Cécile Duflot ?
Disposant d’une majorité à plus de 70%, la nouvelle direction s’engage dans une phase décisive de l’histoire de ce mouvement.



Par petites touches, les médias saluent «l’unité » retrouvée d’un parti autour d’une orientation générale soulignant la "décroissance sélective, équitable et solidaire". Elle consiste notamment à opérer une "transition économique vers une société du mieux-être" contre « une société de surconsommation ». On retrouve le cœur du message écolo, dans un contexte de crises susceptible d’attirer l’attention sur leur corpus idéologique assez radical.

Il leur faudra convaincre, au-delà de l’esquisse de redressement de ce week-end. En termes de visions et de politiques publiques. Quand la cohérence de l’action publique se perd dans le bruit de fond médiatique, leur conduite ne va pas être simple.

Il reste que la séquence qui arrive est celle de tous les risques. Le « rassemblement des écologistes » dessiné à l’occasion des élections européennes s’inscrit dans une période de troubles économiques et sociaux majeurs. L’époque est propice aux démagogies et aux solutions faciles.

Complexe, le message écologiste doit aussi gagner en lisibilité. C’est en partie le sens du travail qu’ils ont décidé d’engager sur leur projet.

Être audible sans être réducteur, populaire sans tomber dans le populisme…

Cette responsabilité semblait être à l’esprit des délégués en Congrès ce week-end dans une inhabituelle atmosphère de sérénité.


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