30.01.2009

Paris-Pékin

Yeux par dessus l’épaule du monsieur devant moi à la caisse de « Prisu » pour un co-lecturage du Monde. Moins de file d’attente que d’habitude à cette heure de semaine. J’ai pourtant le temps de parcourir furtivement le « plan Obama » et…l’obsession de 20 ans d’une journaliste qui titre sur « la gauche radicale à 14,5% ». C’est un vieux film qui se termine toujours de la même manière. Comme l’intégriste a besoin de sa bible, de sa torah ou de son coran, la gauche ultra a besoin de caméra pour faire le point devant les usines des ouvriers floués,  caressés par ces nouveaux prédicateurs.

De fait, l’hypothétique « unité » de ces forces se heurte à une incompatibilité liée à leur objet social. Nul objectif de conquête du pouvoir puisqu’elles n’ont pas la volonté d’infléchir les politiques publiques. Et d’ailleurs, est-il besoin de se souvenir à quelle époque remonte la dernière conquête sociale de LO et du NPA ? Qu’on ne cherche pas car il n’y en n’a pas. Pas plus que d’exigence culturelle devant une caméra de TF1.

Ce jour, la France des salarié-Es s’était inhabituellement mobilisée à l’appel de tous les syndicats. Un cortège dense qui se surprenait lui-même. Un condensé de malaise exacerbé par la crise et la brutalité d’un président.

A peine le temps de s’échapper pour se retrouver à une réunion à la mairie du 3ème arrondissement sur le réaménagement de la place de la République. Annoncée dans un premier temps comme une rencontre entre les habitant-es de trois arrondissements, on retrouvait avec un copain écolo une réunion de travail locale, fort bien animée d’ailleurs, par l’atelier local d’urbanisme du coin.

Entre les convoques qui n’arrivent pas et des retours assez concentrés sur le forum d’un site internet (1), on ne peut pas dire que la Mairie du onzième se foule à son niveau dans l’animation d’une concertation qu’elle avait pourtant annoncée avec éclat au théâtre Dejazet.

« Ca sent le cahier des charges déjà ficelé et l’agit’pour neutraliser d’éventuels emmerdeurs ».

Sur ce constat peut être visionnaire, nous nous éclipsions avec Philippe (l’écolo) pour assister quelques minutes à une fête dans la Mairie pour le nouvel an chinois. On arrivait après le buffet mais pendant un spectacle.

(1) Comme quoi, on est vite mauvaise langue, dans la foulée de ce billet, je recvais une invitation de la mairie à travailler dans un des groupe de travail qui se réuniront dans ses locaux à 19h dans la salle des Conseils de quartier (RDC, à droite lorsque vous entrez dans la cour de la mairie) : - mardi 3 février : groupe 2 - mercredi 4 février : groupe 1 - lundi 9 février : groupe 3

27.01.2009

Réflexes de classe

Les plats sont bons ou les ingrédients sont frais.
Une musique est belle, une robe jolie.
Une personne correcte est gentille ou honnête.
Une maison est simple ou grande et un vêtement habillé ou pratique.
Un film est bien.
Un beau fauteuil est en cuir.

On dit bonjour si on connaît la personne où on adresse un geste de la tête pour souhaiter un bon appétit.
On reste silencieux en public et on vient saluer la famille avant qu’elle passe à table pour Noël.
On rend service et on se fait des ami(e)s sans histoires.

On fait quelque chose et on ne reste pas tard au lit.
On s’intéresse ou on bricole.
On lit pour l’école.
On essaye de bien y travailler pour bien tourner plus tard.

Un patron est un « taulier » et engrange du pognon.
Le tennis est un sport de riche et les fleurs sont pour les filles.
Les restaurants Chinois sont peu visibles de l’extérieur et la cuisine traditionnelle est simple et sans sauce.

21.01.2009

Yeaaaaah!!!! (Obama day)

14.01.2009

Au sujet de la commission Balladur

On peut exprimer une vision territoriale en "ménageant" des identités locales historiques...
Créer une "région basque" ou une "région savoie" qui seront le creuset du développement de forces politiques localistes dont on a vu qu'elles n'ont qu'un écho limité. Ces identités existent mais elles coexistent avec d'autres formes d'appartenance et il faut bien choisir entre elles pour construire les politiques publiques.

On peut se sentir Basque, de Mont de Marsan, du pays intérieur, de son bled, mais aussi se sentir trés français et farouchement européen. On peut superposer ainsi les sentiments d'appartenance : faut il construire des échelons administratifs à tous ces niveaux?

On peut aussi "ménager" les "pays" et les "intercommunalités" actuelles qui se sont construites en partie pour de bonnes raisons et en partie pour des raisons d'opportunités ("toucher davantage de DGF").


"L'attachement" culturel, linguistique, à des valeurs sont des critères insuffisants pour légitimer une construction administrative. Il faut aussi
considérer les seuils critiques des politiques publiques. On peut se sentir trés attaché à son village par exemple et trés raisonnablement considérer que cela n'est pas, cela n'est plus, le bon échelon pour réaliser les politiques publiques. Faut il pour autant dissoudre les villages? Bien sur que non. Mais on peut envisager qu'en deça d'un certain seuil, les communes prendraient le statut d'arrondissement d'intercommunalité ou de départements quand ils sont en zone rurale, qui pourraient ainsi jouer le rôle de grosses intercos à condition qu'on change le mode de scrutin qui "cantonalise "les politiques publiques.

Une construction administrative se juge à ses résultats ; nous avons des zones de quart monde à 20 minutes de la gare du Nord : il faut réfléchir à des constructions qui facilitent les politiques publiques à des seuils qui maximisent leurs effets.

Nous pourrions avancer une construction fondée sur des binomes. le Binome commune-Interco avec une prime pour les politiques publiques sur des intercos REELLES et non plus d'opportunité. On pourrait considérer que l'interco pertinente peut être dans certains cas le département. Et privilégier dans le binome département- Région la Région pour les politiques publiques en s'organisant en ce sens : fin de la clause générale de compétence, des financements croisés, spécialiation des collectivités, en déshabillant doucement les strates de collectivités qu'on place sur un plan secondaire et faire ainsi une sorte de révolution territoriale tranquille.

Le rapport Warssmann insiste sur la nécessité de dépasser les tailles de nos régions actuelles, nécessité qui va bien au délà des questions de comparaisons européennes. Et de citer cette anomalie de la distinction entre basse normandie et haute normandie... Cela ne correspond plus aux enjeux (d'aménagement, budgétaire...) actuels.

Alors pourquoi tout cela est il difficile à organiser?
J'ai eu la réponse l'autre jour par un de mes étudiant en finance publique : le plus jeune maire de france d'un village Picard : le département fait partie du "parcours" d'un élu. C'est vous enlevez cela, vous supprimez une motivation à s'engager au niveau communal faute de pouvoir espérer de prétendre cumuler un jour une autre fonction.... C'est humain:o)

11.01.2009

Timide ouverture de l'Opéra de Paris

Dans une récente interview au quotidien « Le Monde », le directeur de l’Opéra National de Paris (ONP) se disait satisfait d’avoir réduit en peu de temps l’âge moyen des spectateurs de quelques années, autour de la quarantaine désormais. Dans le numéro de « Télérama » de cette semaine, un article sur une expérience à la Scala de Milan : 2000 places vendues à 10 euros (dont la moitié sur internet) aux jeunes de moins de 26 ans, parties en quelques heures. On imagine mal cela dans notre France toute corsetée et rétive à ce genre d’audaces.



Seule la Cour des Comptes dans son contrôle des comptes et de la gestion de l’Opéra adressait en mai 2007 un timide référé au ministre de la culture. Tout en relevant les résultats artistiques « remarquables » obtenus par les deux directeurs successifs, qu’il s’agisse de » la diversité et de la qualité des créations ou des niveaux de fréquentation par les publics », la Cour observait que ces performances avaient été obtenues au prix de déficits relativement lourds.

Bref, pas de quoi provoquer l’émoi de nos hauts fonctionnaires, plus sensibles aux équilibres budgétaires qu’à une ouverture de l’Opéra vers de nouveaux publics qui, il est vrai, ne doivent pas trop faire partie de leur entourage immédiat :o)

08.01.2009

Un message des présidents des communautés musulmane et juive de Drancy

"A l'heure où des millions de Musulmans commémore par un jour de jeûne la mémoire de Moïse en fêtant l'Achoura, d'inspiration judéo-musulmane, les communautés musulmanes et juives de Drancy, demandent avec insistance et autorité, d'un commun accord, que le conflit qui affectent les populations du Proche-Orient, ne soit pas reproduit en France, par des actes délictueux visant l'une ou l'autre des communautés. Les communautés juives et musulmanes de Drancy se désololidarisent de tout acte ou propos antisémités ou raciste qui porterait atteinte et à la cohesion nationale et au bon déroulement du dialogue inter-religieux qui s'est instauré dans leur ville et qui a permis de nombreuses avancées en quelques mois.

La communauté juive et musulmane de Drancy souhaitent au plus vite, la fin des hostilités de toute part, la fin des souffrances des populations victimes de ces violences, et le rétablissment du processus de paix à laquelle les deux communautés sont profondément attachées.
Enfin, communauté juive et musulmane de cette ville-symbôle marquée par un passé douloureux, se disent plus que jamais disposées à poursuivre leur dialogue fructueux qu'elles ont entamé avec confiance et espoir depuis que Monsieur Hassen Chalghoumi a pris ses fonction d'Imam à la Mosquée de Drancy".


Hassen Chalghoumi,
Imam de Drancy
Président de la communauté musulmane de Drancy


Jacques Abousaya
Président de la communauté juive de Drancy"

07.01.2009

L'émission de Frédéric Taddéi est encore plus chiante que celle d'Arlette Chabot

Elle a le chic ma voisine d’en face. Elle prend toujours sa douche du soir au moment où je pianote mon ordinateur. La case éclairée à côté, c’est un papy qui laisse tout ouvert. Même en temps polaire, il doit bien aérer de quoi faire passer la température de son logement dans la zone du zéro degré. De l’autre côté de ma rue, mon petit monde animé de l’immeuble d’en face tranche avec l’ennui torride des programmes télévisuels.


Hier soir, c’était plateau nocturne avec Frédéric Taddéi. On le sentait plus torturé qu’à l’accoutumée sur le ton de sa cravate bleutée, trop méticuleusement desserrée pour passer inaperçue. Serait-elle en phase avec les faisceaux rosés de cette nouvelle soirée culturelle ? Ces questionnements abyssaux devaient hanter notre animateur. Son absence entrecoupée de quelques séquences filmées tombées de l’imagination d’une équipe peut être pas totalement remise des fêtes venaient illustrer le vague thème du débat du soir.

« Comment vivre tous ensemble? »
Un commissaire à la diversité et à l’égalité des chances sans portefeuille, un photographe tombé du ciel sauvé par son humanisme, Jean-Claude Guillebaud, journaliste, presque aussi chiant qu’un édito du Monde Diplomatique. Voilà pour le plateau.

Et puis il y avait aussi la porte-parole des « Indigènes de la République » qui a joué tout le long avec notre « mauvaise conscience d’homme blanc occidental ». Il est vrai, l’époque se prête au raisonnement binaire. Au point qu’en fin du show, ne l’entend-t-on pas appeler à une manif’ pour soutenir « les rispostes sous toutes les formes du peuple palestinien ».

Traduction : le peuple palestinien ne riposte pas. Pris entre l’enclume du Hamas et le marteau de Tsahal, il tente d’organiser sa dramatique survie. Et là, on a une vague représentante d’un mouvement qui ne dit rien à personne sauf aux attachés de presse de France 3 qui appelle au meurtre en direct. Encourager les missiles du Hamas face à l’invasion de l’armée israelienne, voilà ce que le service public nous sert avant d’aller se coucher.

Frédéric Taddéi n’a pas réagi. A-t-il simplement entendu le propos ?

04.01.2009

Un autre dimanche en hiver

Christophe habite à un kilomètre du domicile familial. Tout prés de l’hyper centre de l’agglomération. Mille mètres qui séparent les deux amis dominicaux. Deux mondes.
Christophe demeure dans une belle maison bourgeoise qui tranche avec les modestes « échoppes » de la rue de Jean, posées côtes à côtes, en partant du coeur de la ville jusqu’à ses périphéries.



Les parents de cet ami de Jean occupent des professions libérales qui leur assurent des revenus relativement confortables et un statut social privilégié. De tempéraments libertaires et progressistes, pratiquant par ailleurs un naturisme estival assidu, les parents de Christophe ont envoyé leurs deux autres enfants dans le plus grand Lycée Catholique de la Ville. Celui-ci leur apporte, selon eux, "un suivi pédagogique et un soutien scolaire plus satisfaisant que dans le public".

L’après midi débute toujours par le visionnage de la série Américaine qui introduit les programmes de la journée. Les deux enfants se sont affublés des surnoms des deux héros du téléfilm policier. Leur consonance Nord-Américaine constitue la pierre angulaire des jeux de rôle qui ponctuent leur Dimanche. Les personnages se sont affinés au fur et à mesure des années de jeu.

Danny est volontiers hâbleur et débrouillard.
Brett s'y prend mieux avec les femmes, qui s’intéressent à lui, et apprécient ses goûts musicaux. Danny s’en sort mieux dans les scènes d’action même s'il a appris –grâce à une autre série Britannique- à lâcher quelques bons mots qui compensent son inculture musicale. Ses références portent davantage sur des réflexions distanciées des situations vécues par rapport à Brett dont l’aplomb en société le place de plein pied dans le réel.

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