04.06.2009
Bayrou et la grosse ficelle
Il y a des actes qui signent la grandeur des politiques. Ce soir, dans le débat qui l’oppose à Dany Cohn Bendit, François Bayrou a tiré une vieille ficelle qui le place dans une catégorie mineure. Une grosse ficelle : celle qui lui a été glissée entre deux fiches par un ancien conseiller en communication du Front national ? Toujours est il que le patron du Modem s'est senti bien moins à l'aise dans son rôle de procureur qu'il ne le laisse entrevoir. Dans ces quelques minutes d'échanges, on a surtout vu un François Bayrou piégé par ses propres propos. N'est-ce pas cette distance qu'il lui a manqué dont il reproche à Nicolas Sarkozy de ne pas faire preuve dans l'exercice de son pouvoir?
Une faute commise par le leader centriste qui devrait le poursuivre...
Hier, au Zénith, les têtes de liste d’Europe Ecologie se retrouvaient au milieu de 3000 personnes, chauffées à blanc. Eva Joly émanait d’une densité rare. Sans emphase, elle dit avec une petite voix ce qu’elle a vu et ce à quoi elle croit. Le poids des firmes sur des gouvernements corrompus, l’inadéquation de l’action de la justice. DCB partageait sa vision sur les relations internationales en abordant de front deux sujets brûlants. L’entrée à terme de la Turquie dans une Europe qui hésite, le conflit sans fin israélo-palestinien. L’Europe est peut-être la seule communauté de destin, le vaste territoire du métissage, où les citoyen-nes de toutes confessions, athées ou agnostiques, peuvent vivre en paix. C’est le sens de la laïcité, maintes fois rappelé dans ce rassemblement.
Mais l’Europe, cela n’est pas une macro-France : un espace où notre « modèle » serait dupliqué. L’ex-Europe de l’Est est la plus rétive à la notion d’action publique. La France a un taux de dépenses publiques de près de 15 à 20 points supérieur à certains pays récemment intégrés. Aussi, le parlement est tiraillé entre des conceptions du « laisser faire » et d’autres, que nous ne sommes pas si nombreux que cela à partager…en dehors de nos frontières.
L’Europe, un espace du compromis et de progrès pour le plus grand nombre ? Pas facile à vendre en plein creux de la crise où les gouvernements se rangent derrière « la mondialisation » ou leur inaction pour mieux condamner Bruxelles, la lointaine.
L’Europe un levier pour lutter contre les changements climatiques, la flexibilité partout et la sécurité (sociale) nulle part ? A l’heure où des morceaux de nous s’enfoncent dans le marasme le plus sombre comme dans le nord de la France, frappé par l’hécatombe sociale ou plus loin, comme en Lituanie, pas facile de mobiliser les foules sur un projet d’espoir.
Aussi, quand il se trouve des politiciens aguerris peu regardant sur les moyens pour arriver à leur fin, qu’espérer à trois jours de l’élection ?
Que les citoyens soient moins dupes que ce que prétendent les conseillers en communication.
20:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europeéennes, élection, débat, polémique



Commentaires
j'aime bien ce billet...
Ecrit par : julie | 05.06.2009
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