21.06.2009
Premiers signes de reprise sur l'avenue Parmentier
Baromètre économique et social du XIe arrondissement, l’avenue Parmentier présenterait les signes avancés d’une sortie de crise. Selon les observateurs, « de quoi démentir les prévisions les plus optimistes des instituts de conjoncture ».
La fleuriste du numéro 133 entrevoit le bout du tunnel : « c’est pas compliqué, les Reine Marguerite me restent sur les bras alors que les commandes plus fiou-fiou affluent… ». Le patron du restau-sashimi attenant, M. Wong, annonce une rupture de stock sur le poisson frais. « C’est de la folie : les menus brochettes à 7,50€ ne font plus recette. Dés le début du mois, les gens viennent claquer leur paie dans les assortiments-sushi à 8,10€ ». Seuls quelques consommateurs à la sensibilité écologiste, « de plus en plus nombreux sur l’arrondissement » déplore M Wang, demandent à ce qu’on ne leur serve pas de thon rouge, en voie de disparition. Plus bas, la pharmacienne de l’angle, côté pair, a été obligée de repasser commande de crèmes anti-âge au détriment de l’étalage de concombre du Proxi-market qui avait trouvé là depuis quelques temps un débouché inespéré. Au 115, le patron de « La Fauvette » est intarissable sur ces nouveaux riches du samedi qui n’hésitent pas à accompagner leur couscous à 11€ d’une carafe de rouge de la maison et d’un dessert. « Ca devient indécent », commente un habitué. « Des patrons-voyous de boîtes de com’ dévalisent le réfrigérateur de la mousse au chocolat »… dont tous les prévisionnistes annoncent une hausse de 30 centimes dans les prochaines semaines.
Les frémissements de la reprise ont déjà fait leurs premières victimes. Les mobylettes de livraison de la chaîne de pizza de l’angle s’amoncèlent sur le trottoir avec la bienveillance policière. « Plus de pizzes à livrer en periode de reprise, c'est moins de place sur le trottoir » nous déclare un policier chargé de signaler l’enlèvement des bicyclettes.
Vent de panique à la Mairie d’arrondissement. Avec la prospérité retrouvée, la petite délinquance recule. Les achats massifs de caméras chargées de la vidéosurveillance embarrassent jusqu’aux proches du Maire, muets sur le sujet. « On est obligé de les transformer en lampes de bureaux en attendant mieux… ». Il se dit qu’un conseil de quartier préparerait un vœu pour les compiler sur la place Voltaire. De quoi recycler en audace artistique ces acquisitions coûteuses. « Et si on les accrochait aux palmes des prochains palmiers ? »…vent de fronde sur l’Est parisien.
11:54 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voltaire, parmentier, bloche




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