28.06.2009
Populaire
Monsieur l’épicier indique les primeurs à consommer le plus rapidement possible et souligne les variations de prix intervenues à cause de l’inflation . Il donne connaissance à sa cliente des nouveaux produits rares. Il aime à être au fait des nouveautés dont elle fait rarement l’acquisition.
Par quel tour de passe-passe celle-ci arrive-t-elle à déposer dans le cendrier de l’entrée la pièce de cinq Francs qui récompense la course ? Est ce dans le laps de temps qui sépare notre passage dans sa cuisine pour lui faire signer la facture et le moment où elle nous fait ses politesses en nous raccompagnant sur le seuil de la porte ?
Cette fois, le mystère n’aura pas lieu. Dehors, je demande à mon Père si c’est lié au fait que nous avons livré avec un jour de retard.
- Celui qui court le plus vite !
Nous rentrons au pas de course jusqu’au passage clouté qui fait face au commerce familial. Il fait nuit. Un spectacle fascinant a scotché des centaines de badots devant quelques vitrines de marchands de téléviseurs. Jamais je n'avais ressenti tel émerveillement. En reprenant le RER jusqu'à Brétigny, j'imaginais les passagers dans de drôles de rôles.
14:54 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jackson, thriller, métro
27.06.2009
Et si on allait en voile intégral à la Gay Pride ?
Il s'appelle Vahid Kiani Motlagh. Il est iranien, gay, menacé d'être pendu dans son pays, mais la France s'apprête à le renvoyer chez lui. Il traversait notre pays pour rejoindre la Belgique, où il voulait se marier avec l'homme qu'il aime. Mais la France l'a arrêté, mis en centre de rétention et s'apprête à faire de lui l'un de ces numéros expulsés dont on tire un bilan politique satisfait.
En Iran, il se fera sans doute arrêter. Par des bassidji, des gardiens de la révolution ou de simples policiers. On l'accusera de viol et de "sodomie", et on le pendra. C'est la coutume dans un pays dont le président, Mahmoud Ahmadinejad, refuse de reconnaître qu'il existe des homosexuels... mais veut bien les tuer quand même. Un ennemi parmi les autres, les opposants politiques, les esprits libres, les journalistes, les femmes qui ne veulent pas se soumettre et porter le voile.
On le pendra comme on a tiré sur Neda, cette étudiante de 27 ans qui voulait simplement "plus de libertés". Pour éliminer toute opposition, toute résistance. Le voile de Neda, le sang qui coule sur ses yeux, la corde qui attend Vahid, ce sont les signes d'un monde en lutte. Pour l'émancipation.
Pendant ce temps, sur les trottoirs de France, des Samia ou des Marie-Christine ont choisi leur camp. Celui de la lutte contre l'émancipation. Elles prennent le voile intégral pour rester "pures", se protéger du monde extérieur (tous les autres). Elles ne comprennent pas que leurs grandes capes noires choquent. Elles, ce qui les choque, c'est le manque de pudeur, "tous ces pédés dans la rue" et ces "femmes qui ne se marient pas". Elles sont nées en France, sont allées à l'école, elles ne manquent ni d'éducation ni d'intégration. Elles sont françaises et elles ont choisi librement... l'aliénation. Pour faire plaisir à l'homme qu'elles aiment ou par fierté. Pour montrer qu'elles sont plus pieuses que les autres. Leur voile n'est dans aucun Coran. C'est un uniforme politique encouragé depuis l'Arabie saoudite. Il est censé être plus pudique. Avec lui, pourtant, on ne voit qu'elles. Elles le portent comme on entre dans une secte, avec la foi aveugle des convertis. Mais les groupes salafistes qui leur suggèrent ce choix, eux, sont dans une démarche politique. Comment ne pas s'interroger sur le message qu'ils envoient à travers le corps des femmes ?
Si nous vivions dans un monde où le Ku Klux Klan avait pris le pouvoir aux Etats-Unis et pendait des Noirs... que penserions-nous si des Français se mettaient à porter leur cagoule blanche pour faire leurs courses ? Le fait qu'ils soient consentants suffirait-il à nous rassurer ? Suffit-il de déguiser son sectarisme politique en religion pour que tout soit permis dans l'espace public ?
Ce sont toutes ces questions qui vont ressurgir à l'occasion du débat qui s'ouvre. Elles sont passionnelles. Et pourtant, il faudra mener celui-ci avec sang-froid. En s'écoutant. Les femmes portant le voile intégral diront leur vérité. Elles devront aussi entendre l'effet produit par leur choix en société. Chaque mot de travers sera guetté par les incendiaires pour propager soit le rejet de l'islam soit l'uniforme du martyr. Entre les deux, la Commission va devoir tâtonner. Peut-on convoquer la laïcité pour réglementer le port vestimentaire d'adultes dans la rue ? Au risque de lui rendre un bien mauvais service et d'amalgamer ce débat avec celui sur les signes religieux à l'école ? Peut-on invoquer la protection de la "dignité de la femme" ? Dans ce cas, il faudrait interdire tellement de choses sur la voie publique... Pourquoi ne pas se contenter d'exiger que tout le monde, sans exception, accepte de s'identifier pour des raisons de vivre-ensemble et de sécurité ? Faut-il renoncer à cette exigence pour ne pas ouvrir une brèche ? Le débat tranchera.
Mais ne nous y trompons pas. On ne fera pas changer d'avis Samia ou Marie-Christine. Par contre, on peut sauver Vahid. En lui accordant l'asile politique au lieu de l'expulser.
Caroline Fourest, Le Monde.
14:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pride, marche, iran, voile
23.06.2009
Jeunesse : abandon national sans repêchage local
« Sous la carrosserie égalitaire de notre République, c’est une forme aristocratique inavouée qui fait tourner le moteur ». Cette conclusion du dernier bouquin de Baudelot et Establet (1) fait écho aux analyses plus anciennes de Bourdieu sur la reproduction sociale. Elle est malheureusement toujours d’actualité. L’école française est trop et trop tôt sélective. De ce fait, elle est comparativement moins démocratique que dans d’autres pays. Elle est de moins en moins un facteur d’ascension sociale sans produire l’élite massive qu’attendent ses promoteurs. Les politiques locales manquent de rectifier le tir.
12% des élèves en dessous d’un niveau de lecture fonctionnelle, 10% d’enfants qui sortent chaque année sans diplôme alors que les enquêtes internationales démontrent la corrélation entre une école démocratique, de masse, et l’émergence d’élites nombreuses. Preuve en est les exemples de l’Australie, du Canada, de la Finlande, de la Corée du Sud qui ne pratiquent pas la différenciation des élèves (maintien en tronc commun) tout en enregistrant un impact du milieu social des élèves le moins fort sur leur performance. Quant à l’égalité entre le volume de l’élite et son importance inversement proportionnelle à l’échec scolaire, elle est globalement vérifiée.
Dans cet ouvrage clair et précis, l’analyse des données Pisa croisées avec l’étude des revenus des pays révèle que c’est dans les pays riches où les inégalités sociales sont les plus faibles que les écarts entre élèves forts et faibles sont les moins prononcés : moins une société compte de pauvres et meilleurs sont ses résultats.
Nous sommes tous-tes égaux-ales mais si vous appartenez à une catégorie populaire ou moyenne, cela sera très dur pour vous et plus encore si vous habitez un pays de grandes inégalités. L’appartenance à une classe sociale en France est deux fois plus aggravante sur le rendement de l’apprentissage que dans certains pays cités. Pire encore : le milieu socio-économique de l’établissement de la scolarisation détermine plus encore les trajectoires que la seule appartenance socio-économique individuelle des élèves.
Alors, bien entendu, on touche là à des questions qui vont de la dynamique de la répartition des richesses à l’insuffisance des politiques redistributives jusqu’à la carte scolaire. Ce délitement du lien républicain est le fait essentiel de l’insuffisance des politiques sociales mais aussi éducatives, dés les toutes premières années d’apprentissage. On peut dire « c’est la faute au gouvernement », fermer les yeux et passer son chemin jusqu’à l’alternance.
Mobilisations et inspiration européenne.
Si les organisations syndicales redoutent les velléités de détricoter l’enseignement en maternelles, la valorisation des« jardins d’enfants » en alternative aux crèches est une régression dans cette pèriode-déterminante-de la pré-scolarisation. Des expériences dans les pays nordiques révèlent l’intérêt de l’accueil des tous petits dés leur première année (2) dans des structures professionnelles et gratuites. Les conséquences y sont aussi favorables pour les femmes, notamment de catégories populaires, leur taux d’emploi. Les collectivités locales y jouent un rôle pas seulement au niveau du financement : développement des filières de formation, politiques d’insertion et de formation professionnelle liés à la jeunesse.
Les politiques locales de la jeunesse en insuffisance.
Localement, en Ile de France par exemple, il n’existe toujours pas d’école publique d’auxiliaire de puériculture et les candidat-es sont condamné-es aux écoles privées payantes. Le développement de l’activité de proximité dans ce secteur, un potentiel de 80 000 emplois selon les études du Sénat trouve ainsi un goulet d’étranglement. Au niveau de l’apprentissage, compétence des régions, on sait désormais avec les études du Cereq que les filières tertiaires sont trop souvent subies après des résultats scolaires décevants lors de la préadolescence. Elles sont à faible valeur ajoutée en termes de salaire et d’emploi. Autre exemple : les politiques de formation professionnelle, elles aussi de compétences régionales, sont pointées par la Cour des comptes (3) comme manquant les publics les moins formés ou ceux celles souhaitant opérer « un parcours de la seconde chance ». Les politiques d’alphabétisation contractualisés entre l’Etat et les Régions, les efforts d’apprentissage vis-à-vis des publics qui ont désappris la lecture et le calcul ne donnent pas les résultats escomptés.
Il n’y a pas de doute : s’il faut réparer la carrosserie républicaine, le moteur monarchique doit être changé. A contre-courant d’évolutions nationales néfastes, les politiques régionales peuvent y contribuer. Cela demande de changer de braquet.
(1) L’élitisme républicain. Ed. La république des idées.
(2) Lire le billet à ce sujet sur ce blog du 25 mai 2009.
(3) « La formation professionnelle tout au long de la vie », rapport de la Cour des comptes, Octobre 2008.
15:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : formation, éducation, jeunesse
21.06.2009
Premiers signes de reprise sur l'avenue Parmentier
Baromètre économique et social du XIe arrondissement, l’avenue Parmentier présenterait les signes avancés d’une sortie de crise. Selon les observateurs, « de quoi démentir les prévisions les plus optimistes des instituts de conjoncture ».
La fleuriste du numéro 133 entrevoit le bout du tunnel : « c’est pas compliqué, les Reine Marguerite me restent sur les bras alors que les commandes plus fiou-fiou affluent… ». Le patron du restau-sashimi attenant, M. Wong, annonce une rupture de stock sur le poisson frais. « C’est de la folie : les menus brochettes à 7,50€ ne font plus recette. Dés le début du mois, les gens viennent claquer leur paie dans les assortiments-sushi à 8,10€ ». Seuls quelques consommateurs à la sensibilité écologiste, « de plus en plus nombreux sur l’arrondissement » déplore M Wang, demandent à ce qu’on ne leur serve pas de thon rouge, en voie de disparition. Plus bas, la pharmacienne de l’angle, côté pair, a été obligée de repasser commande de crèmes anti-âge au détriment de l’étalage de concombre du Proxi-market qui avait trouvé là depuis quelques temps un débouché inespéré. Au 115, le patron de « La Fauvette » est intarissable sur ces nouveaux riches du samedi qui n’hésitent pas à accompagner leur couscous à 11€ d’une carafe de rouge de la maison et d’un dessert. « Ca devient indécent », commente un habitué. « Des patrons-voyous de boîtes de com’ dévalisent le réfrigérateur de la mousse au chocolat »… dont tous les prévisionnistes annoncent une hausse de 30 centimes dans les prochaines semaines.
Les frémissements de la reprise ont déjà fait leurs premières victimes. Les mobylettes de livraison de la chaîne de pizza de l’angle s’amoncèlent sur le trottoir avec la bienveillance policière. « Plus de pizzes à livrer en periode de reprise, c'est moins de place sur le trottoir » nous déclare un policier chargé de signaler l’enlèvement des bicyclettes.
Vent de panique à la Mairie d’arrondissement. Avec la prospérité retrouvée, la petite délinquance recule. Les achats massifs de caméras chargées de la vidéosurveillance embarrassent jusqu’aux proches du Maire, muets sur le sujet. « On est obligé de les transformer en lampes de bureaux en attendant mieux… ». Il se dit qu’un conseil de quartier préparerait un vœu pour les compiler sur la place Voltaire. De quoi recycler en audace artistique ces acquisitions coûteuses. « Et si on les accrochait aux palmes des prochains palmiers ? »…vent de fronde sur l’Est parisien.
11:54 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voltaire, parmentier, bloche
18.06.2009
"Think tanks" : des outils pour demain (3)
Toutes les victoires politiques sont précédées d'une refondation idéologique : la révolution Thatcherienne, la résurgence de la pensée démocrate Clintonienne, la domination Blairiste du début des années 2000...rien de tel pour la gauche française, écartée du pouvoir depuis bientôt une décennie.
Selon une majorité d'observateurs, les centres de recherche français sont trop peu nombreux, trop pauvres ou trop enfermés dans le giron de l’Etat ce qui pénalise leur influence européenne. La spécificité française, identifiée comme telle en Europe , vient du conformisme des élites, de leurs origines (sociales, d’études…) et de leur manière de penser, fortement empreinte de « l’élitisme républicain » jacobin (1).
Par ailleurs, les vrais centres de recherche français souffrent d’un manque de connexion avec les centres de décision ce qui reflète la méfiance récurrente de l’Etat et de l’administration française vis-à-vis de la société civile. L’université française est pauvre et rétive à ce rôle d’influence tandis que les entreprises, jusqu’à récemment faiblement incitées au soutien à la recherche indépendante se sont peu investies dans le secteur.
Exemple de conséquences de cette bataille d’influence : en juin 2000, à l’époque des « négociations » entre les 15 sur la fiscalité de l’épargne. Quand la France défendait le prélèvement à la source pour décourager les fraudeurs d’expatrier leur argent, les britanniques ont financé des « think tanks » qui ont produit un « papier » pesant le « pour et le contre » et ont conclu « en toute objectivité » à un système alternatif « d’échanges d’informations, plus efficace », d’autant qu’il n’entrerait pas en conflit avec le secret bancaire de la Suisse, alliée dans cette circonstance à la Grande-Bretagne. Ils ont eu gain de cause.
Les lignes de force bougent timidement. En France, les fondations qui ne financent pas des « think tanks » mais sont elle mêmes « think tanks ». Proches des partis de droite telles que la Fondation pour l’Innovation Politique (FIP) ou l’Institut Montaigne, elles sont offensives mais en phase avec le « mainstream » des « think tanks » européens. Proches des partis de gauche telles que la Fondation Jean Jaurès ou plus récemment Terra Nova (PS) ou Gabriel-Péri (présidée par Robert Hue), elles sont encore balbutiantes. Côté gauche radicale, on peut constater que la Fondation Copernic ne publie que deux à trois notes par an, disponibles sur son site. Quelques initiatives privées telles que Notre europe ou la République des idées publient et font de la recherche mais ont peu l’écoute des décideurs.
(1) « Think Tanks Accross the Nation, a comparative approach », étude publiée en 1998 qui souligne notamment le poids des personnels politiques français et des cabinets relativement endogames (ENA…)
13:48 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : think tank, idées, histoire, bruxelles, france...
17.06.2009
"Think tank" : les pionniers à Bruxelles (2)...
Nombre de « laboratoires à idées » se sont installés à Bruxelles et peinent à renverser cette situation d'omniprésence de centres anglo-saxons. D’autant que relativement peu d’entre eux font de la recherche et lancent de nouvelles idées :
- Quelques « pionniers » tels que le Center for European Politics Studies (CEPS) qui ont proposé dès la fin des années 80 les grandes lignes de ce qu’allait devenir l’Union économique et monétaire
- Le paradoxe est que les « think tanks » les plus influents sont presque tous d’origine britannique, pays qui, de par sa relation spécifique avec les Etats-Unis, a développé le plus une aversion vis-à-vis d’une intégration trop poussée
- Il a fallu attendre 2005 pour qu’on voit apparaître à Bruxelles des centres de recherche ouverts à l’influence d’autres pays européens. Bruegel (Brussels European and Global Economic Laboratory), dirigé par le français Jean-Pisany-Ferry, est né d’une initiative franco-allemande et d’obédience sociale-démocrate. Quant à l’Ifri, centre français, il dispose d’une déclinaison européenne (Eur-ifri). Ces deux « labos à idées » travaillent sur « le modèle social européen ».
- Ailleurs, en Europe, l’Allemagne a une place particulière : l’Etat et les lâenders financent des centres de recherche dont une multitude est spécialisée et certains sont proches des partis politiques (pour les Verts : le Heinrich boll stiftung doté d'un budget de plus de 40 millions d'euros!). Les plus connus sont néerladais telle la fondation Cicéro qui étudie surtout les relations internationales. En Belgique, la fondation écolo Etopia (budget inférieur à 1 m€) est structurée sur une base proche de sa cousine allemande
22:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : think tank, idées, histoire, bruxelles
15.06.2009
De l'émergence des "think tanks"...
« Ce que vous faites dans le gouvernement, c’est dépenser le capital intellectuel que vous avez amassé en dehors du gouvernement »-Cette citation est d'Henri Kissinger qui est tout sauf un ignorant des choses du pouvoir...
Les "centres de recherche" autrement appelés "think tank" sont, selon la définition donnée par Wikipédia, "des institutions de droit privé, regroupant des experts, plus ou moins spécialisés, émettant des idées dans le domaine des sciences sociales, disposant d'une capacité d'analyse et de réflexion interne et visant à faire des propositions de politique publique".
Dans quelles circonstances se sont ils développés?
Ils sont historiquement nés pour faire avancer une idée jugée essentielle par les milieux intellectuels, mais que les décideurs politiques n’avaient pas encore perçue clairement :
- Le plus ancien « think tank » recensé, la Fabian Society, a été créé en Grande-Bretagne en 1884 pour favoriser le changement social après la révolution industrielle. Sa première étude paraît en 1889, à la suite des manifestations des ouvrières de l’industrie des allumettes. En 1900, la Fabian Society se joint aux syndicats pour fonder le parti travailliste qui influence directement la création du premier système social en 1911
- Après la seconde guerre mondiale, le concept de « think tank » se développe rapidement en relation avec la volonté américaine de rompre avec l’isolationnisme de Washington : création en 1946 de la Rand Corporation, directement financée par le Département de la défense, et particulièrement novateur pour l'époque dans l'utilisation des méthodes dites quantitatives.
- La troisième vague de création de « think tanks » a lieu après les chocs pétroliers des années 1970, se font plus spécialisés et défendent des points de vue particuliers. On parle alors de la naissance des « advocacy tanks » qui ne sont plus les réservoirs de pensée mais d’arguments , leur développement tient davantage aux clivages politiques. Il en est ainsi de la très conservatrice Heritage Foundation, créée en 1973.
- La quatrième vague de création de « think tanks » aux Etats-Unis et en Europe s’est produite dans les années 90, après la chute de Berlin , dans un contexte où la puissance des pays occidentaux s’établit dans un environnement mouvant et de nouveaux acteurs émergents (Chine…). L’effondrement des régimes communistes a provoqué une vague de création dans les ex-pays de l’Est : ces think tanks ont fortement influencé l’agenda des privatisations, etc.
La période actuelle est aussi marquée par une internationalisation croissante des « centres de recherche » : les « think tanks » spécialistes de l’UE sont ainsi passés d’une dizaine fin des années 80 a plus d’une cinquantaine aujourd’hui.
Jusqu'à une periode récente, l’absence de poids lourds européen a laissé le champ à des structures telles que la Transantlantic Policy Network (TPN) ou Aspan France, réseau associant chefs d’entreprises, députés américains et européens ainsi que des représentants de l’administration américaine pour véhiculer « la pensée unique » qui fait souvent autorité à Bruxelles.
Pourquoi cette absence de structure "alternative" à ce courant dominant qui façonne souvent "l'intérêt commun de l'Europe"?
A suivre...
23:44 Publié dans politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : think tank, idées, histoire
05.06.2009
Spot officiel Europe Ecologie
19:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spot, campagne, officiel
04.06.2009
Bayrou et la grosse ficelle
Il y a des actes qui signent la grandeur des politiques. Ce soir, dans le débat qui l’oppose à Dany Cohn Bendit, François Bayrou a tiré une vieille ficelle qui le place dans une catégorie mineure. Une grosse ficelle : celle qui lui a été glissée entre deux fiches par un ancien conseiller en communication du Front national ? Toujours est il que le patron du Modem s'est senti bien moins à l'aise dans son rôle de procureur qu'il ne le laisse entrevoir. Dans ces quelques minutes d'échanges, on a surtout vu un François Bayrou piégé par ses propres propos. N'est-ce pas cette distance qu'il lui a manqué dont il reproche à Nicolas Sarkozy de ne pas faire preuve dans l'exercice de son pouvoir?
Une faute commise par le leader centriste qui devrait le poursuivre...
Hier, au Zénith, les têtes de liste d’Europe Ecologie se retrouvaient au milieu de 3000 personnes, chauffées à blanc. Eva Joly émanait d’une densité rare. Sans emphase, elle dit avec une petite voix ce qu’elle a vu et ce à quoi elle croit. Le poids des firmes sur des gouvernements corrompus, l’inadéquation de l’action de la justice. DCB partageait sa vision sur les relations internationales en abordant de front deux sujets brûlants. L’entrée à terme de la Turquie dans une Europe qui hésite, le conflit sans fin israélo-palestinien. L’Europe est peut-être la seule communauté de destin, le vaste territoire du métissage, où les citoyen-nes de toutes confessions, athées ou agnostiques, peuvent vivre en paix. C’est le sens de la laïcité, maintes fois rappelé dans ce rassemblement.
Mais l’Europe, cela n’est pas une macro-France : un espace où notre « modèle » serait dupliqué. L’ex-Europe de l’Est est la plus rétive à la notion d’action publique. La France a un taux de dépenses publiques de près de 15 à 20 points supérieur à certains pays récemment intégrés. Aussi, le parlement est tiraillé entre des conceptions du « laisser faire » et d’autres, que nous ne sommes pas si nombreux que cela à partager…en dehors de nos frontières.
L’Europe, un espace du compromis et de progrès pour le plus grand nombre ? Pas facile à vendre en plein creux de la crise où les gouvernements se rangent derrière « la mondialisation » ou leur inaction pour mieux condamner Bruxelles, la lointaine.
L’Europe un levier pour lutter contre les changements climatiques, la flexibilité partout et la sécurité (sociale) nulle part ? A l’heure où des morceaux de nous s’enfoncent dans le marasme le plus sombre comme dans le nord de la France, frappé par l’hécatombe sociale ou plus loin, comme en Lituanie, pas facile de mobiliser les foules sur un projet d’espoir.
Aussi, quand il se trouve des politiciens aguerris peu regardant sur les moyens pour arriver à leur fin, qu’espérer à trois jours de l’élection ?
Que les citoyens soient moins dupes que ce que prétendent les conseillers en communication.
20:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europeéennes, élection, débat, polémique
01.06.2009
Relax : Denise et Jean-Jacques go to L'Ile-Saint-Denis
Jean-Jacques et Denise : deux écolos. Jean Jacques et Denise, c’est comme Adam et Eve, Coca et Pepsi, Ringo et Sheila, Sylvie et Johnny, Eva et Dany, Saillor et Lula. Je ne me souviens plus bien quand on s’est rencontré la première fois. C’était quand ? Pendant les municipales ? Un peu avant. De ces rencontres improbables. Dans ce monde endogame qui compartimente, cloisonne, range dans les cases, ils ont pris une masse pour péter ce pourquoi on se retrouve un peu con juste après avoir demandé : « et toi, tu fais quoi ? ». Intermittents du spectacle, permanents de nos happenings : Jean-Jacques et Denise arrivent pile poil avec le bon matos, à la bonne heure et à la bonne humeur...et nous sauvent des naufrages.
Alors, quand depuis plus d’un an, leur recherche de local s’éternise, on se dit que le prix de l’immobilier va avoir raison de nos artisans de la culture. Contraints au grand départ parce que la grande ville repousse toujours plus loin ceux qui souhaitent produire de nouveaux artistes dès lors qu’ils souhaitent un peu de place et font un peu de bruit le soir. Notre cité s’aseptise. Une guitare dans un bar : on porte plainte pour tapage. Une initiative hors des murs assermentés : des heures pour obtenir les autorisations. Un lieu qui se libère : trop de risques pour assurer le 30€ le mètre carré. Aussi, quand Lionel et Luis ont posé le dernier micro-onde, quand Agnès a poussé la dernière plante verte dans le camion du déménagement, je suis parti faire une course. Un peu triste.
Monsieur Bourgain. Monsieur le Maire de l’Ile St Denis, vous allez accueillir Jean-Jacques et Denise. Deux pépites. Prenez-en bien soin. Dans ce Paris engoncé, vous voudrez bien nous les prêter de temps en temps. Sachez en tirer le meilleur parti comme ils ont tiré le meilleur de nous-mêmes pendant ces mois.
Quelqu'un a demandé l'autre soir à la petite Rokette :
-Mais comment ils se sont connus, au fait ces deux-là ?
C'était juste avant une face B Disco...
Oui, c’est comme çaaaaaaaaa…….
Jean-Jacques et Denis quittent Paname pour l’Ile St Denis. Ils pourront ainsi développer dans de meilleurs conditions leur activité de production d’artistes.
18:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ile saint denis, culture, paris



