20.07.2009
Fenêtre sur cour rue Goncourt
Température d'automne mais ambiance estivale de l'autre côté de ma fenêtre.
Une voisine prend sa douche du soir chaque fois que je pianote mon ordinateur. La case éclairée à côté, c’est un papy qui laisse tout ouvert. Même en temps polaire, il doit bien aérer de quoi faire passer la température de son logement dans la zone du zéro degré.
Dans ma rue, ce petit monde animé vit au rythme de l'actualité.
Tout en bas, au pied de mon immeuble, trois personnes sans domicile fixe ont bercé le quartier toute la soirée au rythme d’une compilation de Michael Jackson. On entend les fenêtres s’entre ouvrir. Accoudée à la sienne, la voisine de la douche me sourit. Allongé sur un canapé avec un bouquin, ma tête doit dépasser de la fenêtre du salon, ouverte aux curieux de la rue.
« She was more like a beauty queen from a movie scene
I said dont mind, but what do you mean I am the one
Who will dance on the floor in the round… »
Le vieux monsieur saute sur son balcon à des sonorités de quand j’étais presque pas né. Celle-ci doit lui rappeler sa trentaine bien tassée. Est-elle partie ? Presque 40 ans qu’il l’attend là…
"Oh baby give me one more chance
(show you that I love you)
Won't you please let me
(back in your heart)
Oh darlin' I was blind to let you go
(let you go baby)
But now since I see you in his arms
(I want you back)
Yes I do now
(I want you back)
Ooh ooh baby
(I want you back)
Ya ya ya ya
(I want you back)
Na na na na"
Ah buh buh buh buh…
Cet après midi, le roi de la Pop a encore fédéré une bonne partie de la rue Goncourt et réveillé pas mal de souvenirs.
00:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, jackson, goncourt
18.07.2009
Californie en faillite : coupures budgétaires dans les écoles
Jeudi 16 juillet, le conseil d'administration de l'Université de Californie, privé de 813 millions de dollars de fonds publics, a adopté, à l'unanimité moins une voix, un plan de congés sans solde affectant 140 000 professeurs et administrateurs, dont les salaires seront ainsi réduits de 4 % à 10 %.
Les coupes menaçant le secteur de l'éducation sont au cœur des négociations actuelles entre le gouverneur et le Congrès. Arnold Schwarzenegger veut suspendre l'application de la Proposition 98, une mesure votée en 1988 par les électeurs californiens garantissant un niveau minimum de financement à toutes les écoles publiques. Mais le puissant syndicat d'enseignants (California Teachers Association, qui représente 340 000 éducateurs) a réagi avec un spot publicitaire mordant : "Dites au gouverneur que nous n'avons pas oublié sa promesse de protéger nos écoles." Informations publiées dans le quotidien "Le monde" de ce jour.
14:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : californie, faillite, école
14.07.2009
Horizon couvert pour la formation professionnelle
La formation professionnelle mobilise environ 2% du PIB dans une perspective de « la formation tout au long de la vie », telle que redéfinie par les Etats européens lors du Conseil de Lisbonne en 2000.
Le rapport de la Cour des Comptes d’Octobre 2008 consacré à ce sujet avait pointé « l’insuffisance mutualisation des fonds collectés par les entreprises » en concluant au « un cloisonnement des dispositifs, aggravé par une faible coordination » entre Etat et les Régions dont cette compétence est de droit commun depuis 2004.
De fait, les bénéficiaires sont renvoyés vers l’Etat (pour l’enseignement professionnel initial), les Régions et les entreprises (pour l’apprentissage), les entreprises et les branches (pour les périodes d’activité salariée) et de nouveau les Régions et le service public de l’emploi en cas de recherche d’emploi. Peu de possibilités dans ce contexte pour construire des parcours individualisés. Ce sont les publics les moins formés ou les moins qualifiés qui en font les frais. L’exemple de l’échec relatif d’un dispositif pourtant prometteur tel que la VAE est le reflet de ces dysfonctionnements.
Pour remédier à la faiblesse de l’action de formation vis à vis des chômeurs et des moins qualifiés, les partenaires sociaux ont débloqué fin 2008 prés de 360 millions d’€ en avec un objectif de passer à 900 millions fin 2009 dans un fonds de « sécurisation des parcours professionnels ». Objectif de cet accord : former 500 000 salariés peu qualifiés et 200 000 chômeurs supplémentaires en concentrant l'utilisation des fonds de la formation pro sur ces publics prioritaires.
Ce faisant, l’Etat poursuit son double désengagement au détriment :
- des partenaires sociaux, en diminuant son effort de formation, divisé par plus de 4 en moins de vingt ans,
- des Régions, sur la période récente (2006/2007). En leur transférant les crédits destinés à l’AFPA, celles ci réalisent désormais plus de la moitié des 600 000 stages réalisés chaque année.
Les parlementaires ont pris du retard en 2009 pour traiter ce sujet épineux en temps de crise accrue. Avec la disparition annoncée de la taxe professionnelle en 2010, les Régions pourraient se trouver en difficultés pour faire face à cette compétence essentielle qui mobilise prés du quart de leur budget (1)
(1) Moyenne métropolitaine, CA 2007 : 22% des dépenses régionales sont consacrées à la formation professionnelle et l'apprentissage.
20:16 Publié dans Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : formation, apprentissage, région
12.07.2009
Définition du travail des enfants
Le travail des enfants est la participation de personnes mineures à des activités à finalité économique et s’apparentant plus ou moins fortement à l’exercice d’une profession par un adulte.
Au niveau international, l’Organisation internationale du travail (OIT)1 le définit en comparant l’âge à la pénibilité de la tâche, du moins pour les enfants de plus de douze ans.
Concert à l'Olympia des Jackson 5 le novembre 1972. Le père était dans la salle.
01:38 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jackson, enfance
11.07.2009
L'ascenseur social
Chaque fois qu’elle m’offrait le parafeur et son profil gauche, Madame Clément ouvrait une brèche dans l’espace temps. 9 642 jours plus tôt, je quittais Carolyn dont le contour du visage se confondait avec celui de ma secrétaire. Chaque matin, en arrivant chez « Capricorne », je tentais de masquer à mon entourage le feu intérieur que déclenchait la bande son de l’ascenseur. Le gardien de notre immeuble avait vissé à tout jamais « Pretty young thing » qui dégueulait de la montée de 9h02.
Sur ces mêmes rythmes accélérés par Quincy Jones, Carolyn me disait adieu le jour de mon vingt troisième anniversaire. Elle me plantait sur un quai de métro pour filer vers une carrière trop rapide. Deux hivers plus tôt, nous nous étions rencontrés sur ce même petit chef d’œuvre, sorti des haut parleurs saturés d’un bus en partance vers une station de ski familiale. Quelques présentations plus tard, nous envisagions des fiançailles sur ces notes de feu Michael : c’était « notre » chanson à tout jamais.
Et puis…
Le matin de la mort du Dieu de la Pop, des touches de l’ascenseur de la tour Capricorne semblaient manquer. La musique avait disparu et le silence suscitait à mes collègues comme à moi un sentiment proche de la gêne. Cloîtrés dans notre cage ascendante, on devinait au travers des parois le sifflet de notre gardien. La mélodie de 9h02 perçait comme un souvenir d’un ami défunt à qui on n’avait fini par ne plus faire attention.
Les parafeurs de Madame Clément se firent de plus en plus lourd et je dû me résoudre à la licencier.
05:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jackson, jeunesse, carrière
09.07.2009
A la bibliothèque
De souvenir d’enfant, je n’ai jamais vu mes parents avoir une autre lecture que celle du quotidien d’informations locales. Aucune bibliothèque avant que mon frère aîné atteigne l’âge du collège. Le premier dictionnaire familial a bien fait ses quinze ans avant « qu’il ne soit fatigué » et donc remplaçable.
Et pourtant, l’impensable fut possible.
Miraculeux. L’aîné se mit à engloutir tous les classiques de la littérature. Aussi déplacé qu’une progéniture de notaire montra quelque frénésie à s’y entendre sur la mécanique du moteur à combustion, du fraisage ou du placage.
Nous assistions des Dimanches entiers à cette incongruité littéraire fruit de nulle part en s’interrogeant sur ce divin appétit. Nous n’en trouvions aucune explication.
12:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, livre



