30.08.2009

Transports collectifs en IDF en bout de course

« Faut vraiment qu’on se sorte les doigts du cul » (la phrase du jour).
C’est en substance la saillie d’un élu régional issu de la majorité, sous-couvert du respect du « OFF ».

De quoi s’agit-il exactement ? La Région a repris depuis quelques mois la pleine autorité du Syndicat des Transports d’Ile de France (STIF) qui est l’autorité régulatrice des transports collectifs d’un cinquième de la population française. Cet organisme propose un « plan de mobilisation » qui vise à combler des retards d’investissements accumulés depuis plusieurs années.

Ainsi, doivent êtres réalisés « en urgence » le prolongement de la ligne 14 pour désengorger la ligne 13. Celle-ci par exemple dépasse les 100% d’utilisation et sature autant qu’un wagon à bestiaux aux heures d’abattoirs. Les lignes C et D du RER manquent de trajets directs, certains trains sont aussi attractifs que des halls de l’ANPE : sièges élimés jusqu’à y voir les rails au travers, propreté et ponctualité plus que limites, etc.


Plus globalement, le réseau d’IDF n’est pas en manque de perspectives : il fait même l’objet d’un plan global à échéance…2020. Prolongement de lignes existantes (la 11, la E), mise en réseau multimodale, « accélération » de la Tangentielle nord…

Le problème n’est pas le plan qui liste des « urgences » et souligne la nécessité « d’accélérer » mais davantage, le manque de moyens pour le mettre en oeuvre. En question sous-jacente le « qui paye » sur fond de débat franco-français sur les différents niveaux de collectivité. Notre balkanisation politico administrative ne simplifie pas le développement de tels chantiers. Car en filigrane des discussions sur le trajet du contournement de la capitale par exemple, c’est toutes les politiques d’aménagements qui sont en négociation entre les collectivités intervenantes, parfois dans les mêmes domaines : urbanisme, logement, zonage…

Or, nous savons que toutes ces politiques périphériques au transport participent de l’équilibre du projet. La ville de Shanghai s’est ainsi dotée d’un plan de transports collectifs de 30 milliards d’euros financé en partie par une taxation des plus values foncières à venir. Le plan du STIF est de l’ordre de 20 milliards, à partager entre les Départements, l’Etat, des ressources nouvelles à créer et la Région. Les prévisions de crédits de la Région IDF sur 2009 seraient dans l’épure des 600 millions d’euros habituels, soit le tiers de l’effort annuel nécessaire à fournir d’ici à dizaine d’années pour sortir des cartons le chantier le plus fortement créateur d’utilité et d’emplois de la décennie.

L'amélioration des conditions de transport ne passera pas seulement pas un prolongement des réseaux. Avec moins de 40% des déplacements liés au travail, en prolongeant les tuyaux, de fait, on créée une nouvelle demande. "C'est une logique qui s'autoalimente", m'expliquait Ludovic Bu, animateur d'une association de mobilités alternatives (1). Rentrant d'un forum sur le sujet organisé lors des Journées d'Eté des Verts-Europe-Ecologie, nous discutions dans notre TGV de la nécessité de reposer le problème sous l'angle de l'inflechissement des comportements.



A quand un crédit d'impôt pour favoriser le logement des nouveaux résidents à moins de 5 kms de leur lieu de travail par exemple? Et l'on se mettait à imaginer une petite case à cocher, juste à côté de celle pour la redevance, pour que fiscalité écologique rime avec efficacité et justice sociale...

(1) Voiture & co (http://www.voitureandco.com) est une association pour les mobilités alternatives : conseil personnalisé sur les mobilités,
formations aux transports en commun (particulièrement pour les personnes en insertion) et au vélo (prise en main du vélo, découverte de la ville en vélo), location de vélos et VAE (Vélos à assistance électrique), Transport micro-collectif, covoiturage de proximité diurne et comme
solution de mobilité nocturne (après des événements festifs).Pour en savoir plus, le blog de Ludovic : http://www.ludovicbu.com.

27.08.2009

"La cause survit, l'espoir demeure et le rêve ne mourra jamais"

Dernier discours de Ted Kennedy, lors de la convention démocrate de Denver, en soutien à Barack Obama.

25.08.2009

Le Floreal fait de la résistance

A deux pas de chez moi, le « Floréal ».

Un café encore popu dans ce Belleville à cheval sur trois arrondissements de l'est parisien qui se bobo-îse à grande vitesse.

Ici, c’est encore « ambiance Dédé ». Le patron distribue sur son zinc immense des bières à l’hectolitre. Un coin fait aussi tabac. Mais la clientèle vient beaucoup pour les jeux, gratouille et autres « morpion ». Le matin, j’y prends parfois le kawa avant de me taper la gare du Nord et mes 3h30 de trajet quasi quotidien. L’atmosphère y était déjà enfumée à cette heure matinale avant l'interdiction. Des écrans en plasma donnent les résultats du tiercé, passent l’info en boucle ou des clips du genre :


Le cadre avec enfants, poussé par la spéculation immobilière, se déplace en meute vers les sources foncières de l’est de la capitale. Les loyers y sont encore (un peu) moins chers. Au rythme des vacances d’appartements, la substitution de populations s’opère. Chassant un peu plus chaque jour les ouvriers, petits employés, vieux et jeunes sans le sou et autres artistes vers la première, seconde, troisième couronne…

Cette « gentrification » est presque palpable. Dans mon immeuble, la cohabitation entre le popu qui parle fort et le bobo qui chuchote se fait progressivement en faveur d’un calme endogame. Juste en bas, un autre café « Dédé » a fait place à un bar branchouille avec dj.

Le Floréal fait de la résistance.

Il est fort, ce patron.

17.08.2009

La Région Picardie élargit son crédit gratuit écologique aux systèmes de chauffage

Le Conseil Régional de Picardie enregistre une accélération de la diffusion de ses prêts à taux zéro en faveur de l'isolation des logements : le cap des 3 000 prêts est aujourd'hui dépassé. Avec l'élargissement de la gamme de son « Picardie Avantage » aux chaudières à bois, à certaines pompes à chaleur il a également augmenté les montants plafond : jusqu'à 15 000 euros à 0%. De quoi faciliter le retour sur investissement et rendre plus accessible socialement ces équipements écolos.

Qu'est ce qu'une pompe à chaleur?
Ce sont ces gros appareils pas toujours gracieux et ressemblant à des clims, pompant de l’air frais à l’extérieur (ou dans le sol) pour restituer, en comprimant les calories qu’il contient, de l’air chaud dans votre intérieur.


Ce procédé est d’un rendement calorique et écologique très bon : leur bilan énergétique est particulièrement performant. Pour 1 calorie dépensée, l’énergie thermique restituée peu atteindre les 4 !

Le problème, c’est que ces équipements marchaient jusqu’à maintenant pour le neuf : les « caloporteurs » (les canaux qui portent le liquide transportant la chaleur) n’élevaient la température qu’à 35 à 40°c environ. Insuffisant pour les radiateurs anciens.

Selon le mensuel « Enjeux-Les Echos », le centre de recherche EDF Les Renardières a développé une PAC haute performance montant à 60°c environ. Le rendement est de 1 à 3, tout à fait respectable et utilisable prochainement pour l’ancien.

Un fabricant spécialisé est sur le coup.

Avec une bonne isolation, une pompe à chaleur pour un logement de 100m2 = 3/4 de gaz à effet de serre en moins = facture d'énergie /4 !!

Point de luxe à l'heure où l'Insee révèle que le cout de l'énergie s'est accru de 15% en seulement une année.

05.08.2009

Suppression de la taxe professionnelle : changements majeurs pour les Régions

Quelques mois après l'annonce du Président de la République et à la veille des élections régionales, le projet de suppression de la taxe professionnelle (TP) se précise.

Elle serait désormais dénommée "cotisation économique territoriale".

La réforme maintiendrait la taxe foncière sur les emprises, autrement dénommée "cotisation sociale d'activité".
Cette taxe serait découplée de la cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée, qui existe déjà actuellement (1), mais dont l'assiette serait élargie.

En l'état, le texte ne définit ni les seuils d'imposition ni les taux pas plus que les capacités de modulation pour les collectivités.

Cette réforme s'accompagne d'une nouvelle répartition des impôts locaux, ainsi que des transferts et compensations versés par l'Etat (2).

Pas beaucoup de changements du côté des communes et des structures intercommunales qui conserveraient l'essentiel des quatre "vieilles", impôts sur les ménages et les entreprises.

Les départements perdraient leur part de taxe d'habitation et de foncier non bâti réservés aux communes pour ne garder que le foncier bâti des entreprises.

Changements majeurs pour les Régions à la veille d'échéances électorales. Elles tireraient pour l'essentiel leurs recettes fiscales directes du nouvel impôt économique.

Cette réforme aurait aussi pour effet de mettre fin aux 10,8 milliards de dégrèvements fiscaux accordés par l'Etat aux entreprises, qui devront être compensés par des dotations sur lesquelles les collectivités n'ont pas de prise.


Quel impact sur l'autonomie financière des Régions?

Le rapport produit pour l'Assemblée nationale précise que "ramené au taux d’autonomie financière pour l’exercice 2005 des régions, cet apport de dotations en substitution de ressources fiscales porterait le ratio à 41,7 %", c'est-à-dire exactement au niveau du ratio plancher de 2003.

Du point de vue de la dynamique que les régions pourraient attendre des nouvelles recettes fiscales, "la mission constate que la CVA devrait évoluer de la même manière que le PIB en tendance longue, soit en moyenne +3,6 % par an en valeur depuis 1991".

En clair, l'autonomie financière des Régions va diminuer à un niveau plancher, du point de vue constitutionnel.

Le Foncier Bâti sur les ménages disparaitrait du produit fiscal régional et sera concentré sur les structures de "proximité" (infra-régionales).

Pour l'instant, c'est le flou sur les possibilités de modulations de ce nouvel impôt qui constituera l'essentiel des ressources fiscales directes des Régions. D'ores et déjà, on sait que leur autonomie financière sera amputée et donc, leurs marges de manoeuvre.

A budget constant pour les Régions, le projet de réforme du gouvernement les contraint avant même toute nouvelle dépense et pour chaque point d'autonomie financière perdu, à mobiliser de nouveaux financements.

En effet, l'évolution des dotations étant désormais calée sur l'inflation, une perte immédiate pour les Régions peut être évaluée sur la différence entre la progression "naturelle" des bases de "l'ancienne TP", soit 3,6% par an en moyenne et la hausse des prix qui est, elle, trés inférieure (3).

En glissement sur un mandat : une dizaine de points de fiscalité à retrouver?


(1) d'un montant de 1,5 %, elle concerne les entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 7,6 millions d'euros
(2) A lire dans "Libé" de ce jour
(3) Estimation pour chaque point d'autonomie perdu, variable selon les Régions

Huitième étage

Au moment où j’ai vu la porte de l’ascenseur se refermer, j’ai compris d’où venait cette appréhension. Il était encore tôt dans la matinée et je n’étais pas encore totalement remis des excès de la veille. Quand j’ai entendu son corps précipité du huitième se fracasser dans un bruit court et sourd, je me suis dit que j’aurais dû me coucher plus tôt. Dans l’affolement général, je suis allé à la machine à café, vaguement consterné. Tous les employés n’étaient pas arrivés au bureau et les plus tardifs baissaient la tête en croisant mon regard. Coupables. Les pompiers,affairés à récupérer les morceaux, ont bien mobilisé deux étages jusqu’à l’heure du déjeuner. Je me suis dit que j’aurais pu franchir la porte avant lui et me retrouver à sa place. D’une certaine façon, il m’avait encore rendu service sans être déplaisant comme à son habitude. Depuis la mort de mes parents, je ne cessais de me dire que ce genre de choses ne pouvait m’arriver. Invincible. Je compatissais avec les autres cadres de l’entreprise et nous convenions de repousser notre rendez-vous par nécessité.

Le numéro 1 m’avait invité à ce conseil d’administration pour accompagner mon supérieur. De l’autre côté de la Seine, le cabinet Capricorne décidait de sa survie dans une ultime réorganisation de son « top management ». L’organigramme s’était dégarni d’une de ces case de manière assez inattendue et il ne fallu pas quarante huit heures pour que les appétits gazouillent bruillament, sortis de ventres déjà trop bien nourris. Je me souviens des rêves pornographiques qui ont suivi les jours suivant, toujours dans des atmosphères sombres, mettant en scène la soumission feinte de mes collègues. On m’avait demandé de remplacer au pieds levé ce directeur disparu dans d’improbables circonstances et de dire, à sa place, l’exposé que j’avais donné à faire à un autre la veille de l’accident. Le thème était suffisamment du domaine stratégique pour que je puisse en finaliser la rédaction de quelques considérations personnelles. Cet enchaînement ne pouvait me conduire à me plaindre.

Dans le taxi qui me rendait à la maison mère, la radio crachait ce vieux tube que j’ai tout de suite reconnu…


De l'autre côté de la vitre un peu teintée, les grévistes de ma boite se rapprochaient et je la relevais presque totalement. Ils se déhanchaient dans ce rythme binaire entrecoupé de cuivres si caractéristiques de la French disco. Cela leur donnait une fière allure et pour tout dire, une certaine classe. J’appuyais quand même sur le bouton « baisser un peu la vitre » de sorte que je pouvais pincer le tract de circonstance en échangeant furtivement un sourire obligé. On ne connaissait pas à cette heure les raisons du crash du groupe mais le fait qu’un des responsables potentiels s’en alla d’une manière tragique avait, d’une certaine manière, rassuré tout le monde. J’avais demandé à ma secrétaire en prévision de suites de bien verrouiller le bureau du regretté directeur et de ne surtout rien toucher.

La grille du groupe Capricorne se refermait sous les vociférations.

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