31.10.2009

Petite histoire de l'hiver qui approche

De souvenir d’enfant, je n’ai jamais vu mes parents avoir une autre lecture que celle du quotidien d’informations locales. Aucune bibliothèque avant que mon frère aîné atteigne l’âge du collège. Le premier dictionnaire familial a bien fait ses quinze ans avant « qu’il ne soit fatigué » et donc remplaçable.

Fainéasses, sont les consciences « Taylorisées ».

Et pourtant, l’impensable fut possible.

Miraculeux, dès lors que l’aîné se mit à engloutir tous les classiques de la littérature. Aussi déplacé qu’une progéniture de notaire montra quelque frénésie à s’y entendre sur la mécanique du moteur à combustion, du fraisage ou du placage.

Nous assistions des Dimanches entiers à cette incongruité littéraire fruit de nulle part en s’interrogeant sur ce divin appétit. Nous n’en trouvions aucune explication.
Pour nous, la fin de la semaine était plus longue à passer, partagée entre le réconfort du labeur hebdomadaire achevé et l’inquiétude de ce temps trop libéré pour être vraiment utile.

Heureusement, les taches ménagères et tout ce qui n’a pas eu le temps d’avoir été fait dans la semaine ont raison d’une bonne partie des congés du week-end parental.

Quant aux « drôles » du quartier qui ne s’intéressent pas à la lecture, une écrasante majorité dans les environs, ils se rejoignent sur le parking de l’Eglise.

L’ennui en hiver rend les rencontres brèves et incite aux programmes télé alors que les chaleurs estivales les rendent plus imaginatives.

Les ateliers mécaniques à deux pas sont à moitié abandonnés ainsi que la maison de l’ancien gardien des logements sociaux à proximité. Les toits y sont facilement accessibles et deviennent les terrains d’atterrissage d’où on peut casser les tessons de bouteilles sur la cour en contrebas. Voire, servir de points d’appuis lorsqu’une montée d’adrénaline d’une journée à rien foutre pousse à sauter la hauteur des deux mètres du mur en brique.

20.10.2009

La suppression de la taxe professionnelle sur Novo-Ideo.org

La valse hésitation de Bercy sur les ultimes arbitrages concernant la taxe professionnelle reflète l’état des forces en présence.

Depuis 2002, près de 40 milliards d’euros d’allègements d’impôts ont été adoptés en faveur essentiellement des entreprises et des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu. 60 milliards, si on remonte à celles accordées quelques années auparavant par les ministres des finances PS.

Le déficit actuel devrait dépasser les 140 milliards, plus de 8% du PIB : 1 euro sur deux du budget de l’Etat est désormais financé par ’emprunt.

Le financement ?

Un recours accru à la dette, désormais supérieure à 80% du PIB, qui finance sur une génération des baisses d’impôts…immédiates.

Exemples de cette cascade d’allègements et de leurs répercussions : la diminution de la TVA pour les restaurateurs (3,5 milliards) a succédé au "paquet fiscal" (15 milliards) qui précède la suppression en cours de la taxe professionnelle, à venir.

Dans le projet actuel, il est prévu que la réforme de la taxe professionnelle, qui ne touchera plus les investissements, va se traduire par des allègements d’impôts de près de 12 milliards d’euros pour les entreprises en 2010, et 6 à 7 milliards d’euros en régime de croisière.

Les élu-e-s locaux, toutes tendances confondues, organisent la riposte contre une nouvelle architecture fiscale qui va modifier le financement des collectivités. A la TP qui représente 44% de leurs ressources fiscales va se substituer une "contribution économique territoriale" (CET), assise sur le foncier bâti professionnel et sur la valeur ajoutée, mais dont les collectivités ne devraient pas décider du taux : une subvention qui ne dit pas son nom. Une manière aussi de délier la relation entre les territoires et les entreprises puisque la répartition de cette cotisation serait désormais nationale. Les régions pauvres seraient les plus pénalisées par cette réforme en raison de leur fiscalité plus élevées : l’effet local du taux serait annulé.

Vent de révolte à l’Assemblée

Le députe Carrez, rapporteur du budget (UMP) propose désormais d’attribuer "une partie du nouvel impôt" sur la valeur ajoutée "à la commune et à l’intercommunalité". Les départements percevraient une part de la CSG sans pouvoir décider du taux. Les arbitrages se font en fonction du poids des groupes de pression : les communes et les départements sont en première ligne à ce niveau.

Même avec l’allègement des prélèvements de l’Etat sur les produits des taxes locales, le transfert ou la création de certaines taxes, les édiles unanimes craignent la perte d’autonomie financière attendue des collectivités.

Grandes perdantes des arbitrages en cours, les Régions qui représentent une part croissante des dépenses locales (27 milliards, soit 13% du total), dont une part majoritaire importante d’investissements, sont en disgrâce à la veille d’échéances électorales majeures.

Elles paient aussi leur faible poids relatif dans cette bataille de lobbying.

Le 20 octobre, par La rédaction

Propositions :

  • Identifier un bouquet fiscal lisible par l’opinion (revenu, bénéfice, patrimoine...) et en répartir les possibilités de modulation à l’ensemble des échelons administratifs ;
  • Simplifier la carte administrative par l’absorption des départements par les métropoles en milieu urbain ;
  • Transformer le département en super-intercommunalité élue au premier degré en milieu rural, au scrutin proportionnel