16.05.2008
Une trilogie Française : Fadela, 34 ans...
Fadela fait des ménages. C’est sa profession.
Cela commence à 4h45 dans un immeuble d’assurance à la Défense. Cela implique qu’elle se lève vers 3 heures.
Fadela dit qu’elle a de la chance par rapport à ses collègues. Son trois pièces est en bout de ligne de RER, à « seulement » 45 minutes de son premier lieu d’embauche.
Puis elle embraye à 6h dans une chaîne de salle de sport, à côté de Nation. Avec un peu d’avance sur son heure, elle pique parfois un somme de 10 minutes à même le sol, juste à côté des douches des vestiaires femme.
7h15. Fin de sa première journée. Elle croise les premiers clients du gymnase. Il y en a un qui est gentil. Il lui dit toujours bonjour en arrivant. Elle refile chez elle, voit défiler Paname du train. Elle aime bien cela. 8h. Elle arrive juste pour lever ses trois enfants quand ils prennent la classe à 9 heures. .Sinon, c’est sa voisine qui s’en occupe ou sa sœur, c’est selon.Toilettes.
10 heures. Les courses, en voiture puis direction l’hypermarché de son agglomération, pour un mi-temps. Fin d’après-midi : là, elle va chercher systématiquement sa progéniture. Le collège est excentré, il faut reprendre la bagnole qui commence à rendre l’âme. Goûter. Pas d’aide pour les devoirs : Fadela s’est arrêtée au primaire. C’est le plus grand qui s’occupe des autres.
Difficile de tenir ces trois-là. Vers 19 heures, Fadela pique déjà du nez. Demain, c’est rebelote. Coucher à 20h30 au plus. Le petit reste souvent devant la télé. Il doit dormir dans la même chambre que sa sœur plus âgée d’un an. Disputes fréquentes. Difficultés pour se concentrer à l’école. Le plus grand, Karim, va chez ses copains. Il a promis de rentrer avant le coucher de sa mère. L’adolescence arrive. Les emmerdes aussi. Il sait qu’il est « pas comme les autres ». Déjà, le boulot de sa mère, mais là, on lui a déjà fait la gueule dans les boîtes du coin pour son stage de fin de troisième.
La fin du mois arrive, c’est pas dommage.
Salaire net, 950 Euros à tout casser. Les allocs n’arrivent pas à 45O Euros au total. C’est pratiquement tout côté recettes. Pas droit aux APL. L’année de la base de calcul, les revenus de Fadela étaient justes au-dessus du plafond. Fadela dit qu’elle n’est pas à plaindre, qu’« il y a plus malheureux »..
Dés le 2 du mois, il faut en sortir 700 pour le loyer sec, rajouter les charges.
A peu prés 100 Euros par semaine pour la bouffe. Trois bricoles. Ne pas s’écarter. Souvent des pâtes, une fois pare semaine de la viande, jamais de fruits, très peu de légumes. Ce mois-ci, ça ne va pas passer. Il va falloir choisir entre la bagnole et la facture d’électricité. Putain de convecteurs. Le mois prochain, on éteindra tout après le lever des drôles. Impossible de renoncer au RER ou c’est la fin. Or, il faut penser à changer les chaussures de la petite, régler la note de la cantine, avancer la piscine…
Il va falloir arrêter le Mac-Do le samedi.
11:40 Publié dans classé X , Culture , Social , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : racisme, vie chère, transport, smic, temps de travail, vie dure, classe sociale
07.03.2008
Dimanche prochain, le 9 mars, en votant pour les Verts du onzième : vous en aurez pour votre bulletin!!
Vous êtes déjà prés d’un millier à avoir visionné nos films sur le onzième arrondissement de Paris. Une trilogie pour préciser l’utilité du Vote Vert au premier tour, le dimanche 9 mars. Des films pour aller plus loin ensuite sur le Site Municipales Verts 11e
Premier film, les bilans. Du réaménagement de la place Voltaire aux jardins de la cité Prost et de Saint Bernard, l’action des Verts a marqué notre arrondissement (le plus dense de Paris) dans le sens d’un nouveau partage de l’espace public. Mieux circuler et de manière plus propre, créer des espaces de respiration : c’est bien pour l’environnement, c’est bon pour tous !
Les élus Verts sont proches de vous au quotidien : ce n’est pas que des mots !
Au niveau culturel, en soutenant l’espace social et culturel original qu’est « la Petite Rockette », en créant des emplois avec la régie de quartier, sur l’Ilot Breguet en proposant un éco-quartier pour redynamiser Bréguet Sabin-Chemin Vert
Les projets des Verts s’appuient sur des réalisations solides et un financement durable : nous faisons le choix du parler vrai !
Pour créer des logements accessibles Boulevard de Charonne ou réhabiliter nos places comme Nation et République : avec le vote Vert le 9 mars, vous en aurez pour votre bulletin !
Dimanche, c'est le premier tour : le tour des idées : vous déciderez du poids de l’écologie sur les six prochaines années.
Le second tour, c’est le tour de la majorité. Avec nous, pas de surprise, c’est la gauche et les Verts rassemblés qui porteront les changements sur la prochaine mandature.
00:05 Publié dans Culture , Economie , Energie , entreprises , Environnement , Municipales Paris 2008 , Politique , politiques publiques , Social , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipale, paris, 11°, politique, bourcart, pasquet, projets
06.07.2007
Redifs estivales : "La photo extraordinaire de Sarkozy" (26/01)
Si vous avez l’occasion d’avoir en main le Libé de ce jour, vous y verrez une photo rare, en page 13.
On y croise le candidat UMP, en visite de campagne, dans une usine de casserole de l’Aisne, en Picardie. La photographie est partagée en deux par une barrière blanche qui part du fond de la photo et sur laquelle a dû s’appuyer son auteur. Sur la partie droite de la photo, le candidat, de profil, son bras droit tendu en arrière. Il a saisi le poignet d’un ouvrier, en retrait. Il le tient. Le poignet seulement. Le regard du candidat est ailleurs, son sourire fermé aussi d’ailleurs. Il est déjà parti. A bonne distance, de l’autre côté de la barrière, deux salariés, en bleu de travail, la vingtaine, statiques. Le plus à droite, tenu par Sarkozy, légèrement voûté, un sourire figé, le regard en direction du ministre, tombe dans le vide. Son collègue, juste à ses côtés, plus à gauche sur la photo, un peu rondouillard, se tient les mains derrière le dos. Il se pince légèrement les lèvres, son regard est oblique comme lorsqu’on est gêné de croiser les yeux de quelqu’un que l’on craint. Il voudrait ne pas être là, il essaie de s’effacer. Ils ne sont pas de la même classe. En arrière plan, côté Sarkozy, une grappe de journalistes. Au moins trois perches, un photographe en action fait le contre champ de ce plan, un autre, bien derrière le candidat, fait presque dos aux ouvriers. Il anticipe les mouvements du candidat.
A quelques kilomètres de là, à Laon, les élu-es écologistes sont venus débattre avec les habitants de cette cité en naufrage. Il est question d’agenda 21, de transports, de logements, d’isolation. Le Front national a failli passer aux dernières municipales.
16:40 Publié dans Culture , Politique , Social , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, sarkozy, présidentielle, ouvrier, média, classe sociale
04.05.2007
J-2 avant la fin de mai 68, profitez-en : "Nicolas chausse du deux"
Suites du débat N. Sarkozy – S. Royal
Le nucléaire ne couvre que 17% de l'énergie consommée en France
Suite aux chiffres erronés annoncés lors de leur débat par M Sarkozy et Mme Royal, le Réseau "Sortir du nucléaire" tient à rappeler quelques données fondamentales :
Le nucléaire représente 78% de l'ELECTRICITE produite en France, mais il ne couvre finalement que 17% de l'ENERGIE consommée dans l'hexagone. Le nucléaire représente d'ailleurs à peine 2% de l'énergie consommée sur la planète, ce qui en fait une énergie marginale (bien que le risque nucléaire soit, lui, maximal).
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Le chiffre de 50% avancé par M. Sarkozy ne correspond tout simplement à rien. Il s'est d'ailleurs aussi lourdement trompé en confondant les générations de réacteurs.(*)
Le chiffre de 17% avancé par Mme Royal correspond à la part du nucléaire dans l'énergie consommée en France et non dans la production d'électricité.
Le trio pétrole/gaz/charbon couvre environ de 70% de l'énergie consommée en France (pétrole 45%, gaz 21%, charbon 4%).
Contrairement à ce qui est souvent dit, le nucléaire ne représente finalement qu'une petite part de l'énergie consommée en France car il ne peut répondre qu'à des besoins précis et limités.
C'est pour cela que la facture énergétique française (sans même compter la facture nucléaire) a doublé en 3 ans : le nucléaire ne protège pas la France de l'envolée du prix de l'énergie... mais il fait par contre courir un véritable risque à l'ensemble du pays (en cas d'accident nucléaire)
De plus, la facture nucléaire s'annonce elle aussi très lourde (démantèlement des installations, gestion des déchets) : plusieurs centaines de milliards d'euros.
En résumé, le nucléaire est une énergie trop marginale pour pouvoir protéger la France de la montée du prix de l'énergie, et le nucléaire s'avère finalement une très mauvaise affaire financière pour la France.
(*) N. Sarkozy a également confondu la 3ème et la 4ème génération de réacteurs nucléaires.
Cette incompétence est d’autant plus surprenante que c'est M. Sarkozy, lorsqu'il était ministre de l'économie en 2005, qui a lancé le projet EPR, dit de 3ème génération, que M Sarkozy croit être de 4ème génération.
13:15 Publié dans Culture , Liberté d'expression , Médias | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, sarkozy, nucléaire
J-2 avant la fin de mai 68, profitez-en : "ta mère à poil sur second life"
Reporters sans frontières devient la première organisation internationale de défense des droits de l'homme à ouvrir un bureau dans Second life. Inauguré le 3 mai, à l'occasion de la 17e Journée internationale de la liberté de la presse, les visiteurs peuvent y trouver des informations relatives à l'organisation et à la situation de la liberté de la presse dans le monde ainsi que les dernières campagnes de sensibilisation. lls peuvent également découvrir, les portraits des 34 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde.
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Pour trouver le bureau de l'organisation, il suffit de taper "Reporters sans frontières" dans le moteur de recherche Second life.
07:10 Publié dans Culture , Liberté d'expression , Médias , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : second life, reporter sans frontière, mai 68
31.03.2007
La culture pour renouer avec le contrat républicain
Comment dépasser les faux clivages entre Culture avec un grand C et les cultures avec des petits c minuscules ? Dominique Voynet donne quelques pistes de politiques publiques. Dépassant la question du « 1% » comme minimum vital culturel, elle prône les politiques culturelles comme vecteur de dépassement de « sa » culture et de métissage entre elles. En un temps où l’assignation « à sa communauté », à son lieu de vie, à sa supposée « culture d’origine » voire à une identité réduite à la nation ou au religieux devient un risque majeur, n’est-ce pas là une voie pour renouer avec le contrat républicain ?
Clin d’œil de mon bled, visite éclair de la piscine de Bègles, très beau monument art déco, construit à la grande époque (révolue) du communisme municipal. Lieu de plaisir et d’hygiène fermé en 1995, reconstruit selon des critères écolos. Il me souvient quand j’étais « drôle » (petit) y aller le dimanche. Les salles de bains étaient fantastiques. On vous donnait une serviette de couleur qui indiquait le créneau horaire auquel vous aviez droit. Quand les rouges croisaient les jaunes, les premiers devaient laisser la place. Ca sentait bon le savon et cela était un peu de luxe pour les prolos. Une bonne politique publique, quoi…
Et Voynet qui peut pas s’empécher de vanner Mamère. Ouaf ouaf….
13:10 Publié dans Culture , Environnement , politiques publiques , Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, Bègle, piscine, écolo, Mamère, Voynet, métissage
29.03.2007
Affaire "Charlie hebdo" : Nicolas Sarkozy, candidat inconsistant et versatile
Le procès de « Charlie hebdo » est une occasion supplémentaire de constater les revirements du ministre candidat de l’intérieur.
A force de confondre laïcité avec "liberté de culte" et "musulman" avec "maghrébin", il finit par réduire une partie de notre population à une "communauté" qui serait mue uniquement par des moteurs religieux et, qui plus est, régressifs. Si la laïcité ne se doit de reconnaître aucune religion en particulier, elle ne doit effectivement en mépriser aucune. Plutôt que de s'entourer de vrais penseurs de l'Islam (= érudits, critiques, modérés et respectueux de la laïcité), M Sarkozy n'a pas hésité à jouer avec le feu dans ce domaine, comme dans d'autres d'ailleurs, en créant le CFCM. Valorisant ainsi, d’un côté, une instance empêtrée dans des luttes de pouvoir, méprisant, de l’autre, « le citoyen-racaille » dans la cité.
Les premières victimes de l'intégrisme sont les musulmans eux-mêmes et l’on a tort de sous-estimer leur lutte en faveur de ce qu'on peut appeler la modernité qui n'a rien d' « occidentale », comme les tenants d’un méprisant relativisme voudraient nous le faire croire.
Cette modernité qui, d’une certaine manière, celle qu’a connu l’Islam dans le passé, est aujourd’hui défendue, parfois au prix de leur vie, par de nombreuses femmes, des militants, des gays, des syndicalistes. Des citoyens, avant tout, issus de ce que Gille Kepel appelle le "monde arabo-musulman".
Dans cette affaire instrumentée par des religieux bien mal inspirés, pas un mot sur les morts consécutifs aux exactions de groupes extrémistes (+ambassades brûlée...) qui ne défendent en rien leur peuple mais seulement leur pré carré à contre-sens de l'histoire : la leur!
Les citoyen-nes qui connaissent dans notre pays des discriminations sont pris dans l'étau du racisme ordinaire et de la tentative d'insrumentalisation de milieux régressifs qui, ici, les méprisent en ignorant leur existence sociale et, là-bas, oppriment leurs « frères ».
Militant anti-raciste et écologiste, soucieux de la liberté d'expression pas seulement dans mon pays, j'ai signé l'appel en faveur de "Charlie" ainsi que Dominique Voynet.
La demande de relaxe du procureur a été suivie par le jugement définitif et c'est une bonne chose pour la démocratie et la liberté d'expression.
22:52 Publié dans Culture , Droits de l'homme , Liberté d'expression , Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : CFCM, laïcité, Sarkozy, Charlie hebdo, modernité, musulman, intégrisme
12.02.2007
"Charlie", les bigots et la vie...
"Enfin quoi, on ne peut pas demander à des caricatures et à un journalsatirico-politique de faire dans la dentelle, dans le consensus, dans le "s'il vous plait, on ne voudrait surtout choquer personne". Les caricatures sont justement faites pour ça : pour provoquer, pour choquer et pour faire rire de choses graves, sérieuses (ou considérées comme telles). Comme, par exemple : les gens qui crèvent de faim, les accidents nucléaires, les femmes battues, le sida, les ventes d'armes, les enfants soldats...
Alors quand ce journal se moque des bigots de tout poil (à croix, à kipa, à turban ou à méditation transcendantale) ou des fanatiques violents, faut pas trop jouer aux hypocrites en lui disant "d'habitude on est d'accord mais là non, vous allez trop loin".
Une caricature, c'est justement ça qu'elle doit faire : aller trop loin, repousser les limites du "politiquement correct" pour nous faire réfléchir.
Je ne veux pas dire par là qu'un journal ne doit pas avoir de limite : il y a celles des faits et de l'histoire, celles du respect de la vie privée et des personnes humaines, celles de la déontologie journalistique, celles du
dessinateur lui-même etc. Et dans le cas qui nous intéresse, celui de Charlie Hebdo, aucune de ces limites n'a été franchie."
Florence, militante écologiste.
14:00 Publié dans Culture , Droits de l'homme , Liberté d'expression , Politique , Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Charlie, Sarkozy, laïcité, carricatures, éthique, la vie, religions
30.01.2007
Oui, mais...à propos de Redeker
Rien n’a été plus insupportable que ces deux mots accolés, qui ont souvent caractérisé le « soutien » de certains au professeur Robert Redeker.
La manière dont chacun de nous a réagi, en public et en privé, à cette incroyable affaire de menace de mort envers un homme qui avait simplement écrit un article dans un journal, est grandement révélatrice des valeurs qui nous structurent.
Ne parlons pas de ceux qui l’ont condamné, voyant en lui un « raciste » ou on ne sait quel qualificatif infamant et définitif. Non, ceux-là, maintenant, nous les connaissons bien : ils ont joint leur voix pour condamner la publication des caricatures de Mahomet au Danemark, puis leur republication dans France-Soir et Charlie Hebdo, ils font des procès en islamophobie à tout démocrate osant remettre en question telle ou telle pratique mortifère attribuée à tord ou à raison à l’Islam. Ce sont les complices des criminels, ils participent à l’hallali.
Ne parlons pas non plus de ceux qui, conscients du problème, conscients de l’agression concertée des groupes islamistes envers les sociétés démocratiques, choisissent la lâcheté. Tels ces députés qui proposent une loi contre la critique des religions ou le blasphème. Ou ceux qui expliquent doctement que ce n’est pas le moment, que ce n’est pas malin de « jeter de l’huile sur le feu ». Mais, alors, c’est quand le moment d’exercer sa liberté d’expression ? C’est quand le moment de combattre les totalitarismes ?
Parlons plutôt de celles et ceux qui ont choisi le « soutien critique », ceux qui ont été choqués par le contenu du texte publié dans « Le Figaro », mais qui sont sincèrement attachés à la liberté de conscience, et choqués tout autant par les menaces dont M. Redeker est l’objet. Ceux du « Oui, mais… ».
Car c’est à eux que s’adresse aujourd’hui notre association.
Notre pédagogie ? Expliquer, comme pour les caricatures, que la liberté d’expression n’a d’intérêt que lorsque les idées exprimées suscitent le débat, que lorsqu’elles ne sont pas consensuelles et qu’elles sont en possibilité de choquer. Et que rien, absolument rien, ne peut justifier une menace quelconque contre l’auteur d’une pensée, fut-elle dissidente. Vous n’approuvez pas le contenu. Et alors ? Ne faudrait-il garder en vie que les auteurs avec lesquels nous serions pleinement d’accord ? Belle idée de la démocratie !
Notre association, LEA, « Laïcité Ecologie Association », s’est donné pour but de se battre pour la laïcité, la liberté de conscience et l’égalité des droits, notamment parmi les militantes et les militants Verts. Et ça tombe bien, ces notions font partie des fondamentaux des Verts.
Et pourtant, certains, minoritaires mais parfois influents, en ont une interprétation très personnelle.
Ainsi, nous avons ceux pour qui « les Musulmans », comme ça, en bloc, sont les nouveaux damnés de la Terre, intouchables quoi qu’ils fassent. Outre que c’est une position raciste et essentialiste, c’est surtout très stupide, et bien loin de la complexité dont généralement nous nous réclamons. Comment, dès lors, soutenir, comme à Lyon, une jeune femme qui avait fait le choix de vivre avec un « non musulman » et qui pour cette raison a été tondue et battue par son père et son frère ? Comment alors soutenir l’auteur d’un texte s’en prenant directement au Coran, et menacé de mort pour cette raison ? Cette confusion dans la hiérarchie des valeurs conduit fatalement à « respecter » le bourreau et à se désolidariser de la victime.
Notre travail, depuis plus de deux ans, a consisté à rappeler ces évidences : respecter les personnes, bien évidemment, mais pas les dogmes ; être solidaire des victimes, partout et toujours, et condamner les bourreaux, d’où qu’ils viennent ; soutenir la revendication pour l’égalité des droits, considérer qu’il n’existe qu’une seule humanité, indivisible, et combattre le relativisme culturel, la concurrence victimaire…
Notre combat interne chez les Verts a été récompensé par l’adoption, lors de notre congrès de décembre 2006, d’une motion clairement laïque.
Et pourtant, la formule laconique « le combat continue » est bien de mise.
Quelques écologistes nous accusent de jacobinisme alors même qu’ils soutiennent de fait une forme de jacobinisme bien dangereux : une vision islamiste et unique du monde.
Au contraire, nous opposons au multiculturalisme les mêmes valeurs qu’au jacobinisme : l’universalisme et la liberté de conscience. Ce faisant, nous avons également clarifié notre position régionaliste, laquelle doit refuser la revendication identitaire, ce « nationalisme régional », qui appartient à la catégorie des « identités meurtrières ». Par contre, nous avons développé l’idée de transculturalisme : protection de la diversité culturelle, comme facteur d’enrichissement, et refus absolu de la diversité des droits !
Sachant que l’actualité nous démontre tous les jours que les principes démocratiques sont indépassables, toute faiblesse dans leur défense conduit inévitablement au développement de notre ennemi commun : le totalitarisme.
Car enfin, comment peut-on être écologiste et « couvrir » des pratiques innommables : violences faites aux femmes, aux homosexuelLEs, aux intellectuelLEs ? Quel projet d’autonomie peut-on poursuivre lorsqu’on est assignéE à une communauté, à vie ? Et comment peut-on se dédouaner de notre responsabilité politique si on n’apporte pas notre soutien à celles et ceux qui en ont le plus besoin ? L’écologie politique, telle que nous la concevons, est un humanisme. Elle a un besoin absolu de la solidarité entre les personnes.
Alors, comment peut-on être écologiste et récuser l’universalisme ? Les Verts se sont créés à partir d’une vision planétaire, globale et universelle, à partir des principes fondateurs de démocratie, d’égalité des sexes et de droits identiques pour tous les humains. Comment pourrions-nous soutenir que les êtres humains sont la propriété de cultures ou de religions ? Au contraire, nous soutenons que la liberté de choix est première, et que
l’autonomie de l’individu est notre idéal. Une personne libre est aussi une personne éduquée, habituée au débat, acceptant et recherchant la contradiction, celle-là même qui lui permettra de faire un pas vers l’autre, vers plus de compréhension, plus d’empathie, plus d’humanisme.
C’est en cela que nous avons un grand besoin, entre autres, de Robert Redeker.
Laîcité-écologie-association (LEA)
http://laicite-ecologie.org
20:00 Publié dans Culture , Droits de l'homme , Liberté d'expression , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laïcité, liberté d'expression, religions, femmes, homosexuels, communautarisme, choix
13.01.2007
Des tentes du canal Saint-Martin au loft politique
Il y a trois jours vers 5 heures du mat’ et à l'instant, ce vendredi vers minuit, petite échappée du côté du canal Saint-martin, à quelques pas de mon domicile. Paroles et poignées de mains échangées. Un public divers mêlant les situations –sociales, médicales, psychologiques- les plus hétérogènes.
On aurait tort de relativiser la situation par la douceur du temps ou le fait que les autorités n'aient pas procédé à une évacuation manu militari. Tout aussi bien que l’opposition entre ces « naufragés du plus rien » et les trois millions de citoyen-nes en "mal logement", comme on dit dans les articles, est factice.
Des bains douches installés à Oberkampf ou du relogement difficilement durable, le sentiment du même échec de notre système social qu'on présente souvent en modèle. A leur côté, parfois, des citoyen-nes qui connaissent les plus grandes difficultés à se loger et viennent manifester leur solidarité autant que cela soit possible. Autre versant de la montagne de notre incapacité à assumer un droit fondamental aussi…élémentaire.
Comment a-t-on pu- à force d’observatoires et de prévisions- laisser se gangrener une telle situation. A plusieurs égards, l’effort à fournir par la République est d’une ampleur équivalent à celui qu’elle a su déployer il y a une cinquantaine d’années pour les centaines de milliers de Français issus de l’exode rural.
Quelques échos de notre société bien intégrée maintenant. A partir de lundi, vous me retrouverez sur le site d’informations culturelles fluctuat.net dans « partis de campagne » en compagnie d’une demi-douzaine d’autres de proches ou de militants de formations politiques.
Ce « loft » devrait avoir pour vocation de stimuler le débat hors des appareils…sans langue de bois ?
Espérons que la mienne ne sera pas contrariée par le désagrément de partager ma brosse à dents avec la militante du Front national…
00:30 Publié dans Culture , Economie , Logement , Social , Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : canal saint-martin, SDF, tentes, mal-logement, loft, politique, débat


