31.07.2008

Femmes précaires, seules en ville...

Un soir, sur France 2, un docu pas banal, réalisé par Marcel et Julien Trillat, coproduit par France 2 et la région Aquitaine.

Portraits d'une ouvrière agricole déclassée, une femme de ménage qui court quelques heures de boulot entre plusieurs supermarchés, des caissières notées en fin de mois sur la base du nombre de "merci monsieur, merci madame" ratés...

Des moments de repos, des courses au supermarché, de quoi dépenser, les bons mois, les 200 ou 300 euros qui restent une fois déduit le loyer, les charges de l'appart' ou du pavillon.

Des gamins qui "dégustent", la langue hésitante, le vocabulaire approximatif, des résultats scolaires ni bons ni mauvais.

Une beurette adolescente, à la diction impeccable, pour elle, c'est double ration. Déjà, le délit de sale gueule pour trouver un stage, pas toujours insidieux. Genre : "euuh, vous êtes bien mais on en a déjà comme vous...".


Pour elle, la licence pro accessible en se saignant, l'école de commerce inaccessible, la prépa trop chère, le parcours trop long pour être financièrement supportable.

Pas de quoi affoler la France télévisuelle. Après la grippe aviaire, les émeutes, on a zappé sur la femme du président, le délit d'initié d'EADS.

Cette moitié de France qui vit entre 400 et 1 400 Euros par mois n'est pas une priorité des programmes de télé et du discours politique. Cette France du "non" et des fins de mois difficiles n'interesse pas les élites politiques endogames.

Un "mix" de mesures fiscales pour les CSP+++ et quelques miettes pour les "classes dangereuses" à la sauce militaire et à l'arrière gout de zone franche, voilà la belle perspective!

Il y a à peu prés deux ans, Eric Maurin décrivait dans son "ghetto français" (éd Seuil, la rép. des idées) les phénomènes de déchirements de la société qui traversent TOUTE la société et pas seulement ses franges.

Une société hantée par le déclassement, son environnement social immédiat, qui contourne les politiques publiques, les cartes scolaires, le quartier qui craint moins que le voisinage "moins bien que soi", qui choisit "ses
voisins et les enfants de ses voisins".

On le voit bien, la mixité sociale peut entrer par la porte des politiques publiques, ce sont les individus qui la fuient par les fenêtres.

Des choix subtils qui se déclinent jusqu'au pâté de maison. Des choix individuels sur lesquels se brisent les politiques territoriales, trop dispersées, trop aveugles aux stratégies d'évitement des citoyens, trop
impuissantes aux mouvements dans les quartiers. Du moins, pour ceux qui peuvent en bouger. C'est un fait, ces politiques s'avèrent impuissantes même si elles ont peut être évitées le pire.

12.06.2008

La Région Picardie sur le point d'élargir la gamme de son prêt à taux zéro aux pompes à chaleur

Le Conseil Régional de Picardie enregistre une accélération de la diffusion de ses prêts à taux zéro en faveur de l'isolation des logements : le cap du millier de prêt est aujourd'hui dépassé. Il devrait élargir en septembre la gamme de son « Picardie Avantage » aux chaudières à bois et aux pompes à chaleur en augmentant les montants : jusqu'à 20 000 euros à 0%. De quoi faciliter le retour sur investissement et rendre plus accessible socialement ces équipements écolos.

Qu'est ce qu'une pompe à chaleur?
Ce sont ces gros appareils pas toujours gracieux et ressemblant à des clims, pompant de l’air frais à l’extérieur (ou dans le sol) pour restituer, en comprimant les calories qu’il contient, de l’air chaud dans votre intérieur.


Ce procédé est d’un rendement calorique et écologique très bon : leur bilan énergétique est particulièrement performant. Pour 1 calorie dépensée, l’énergie thermique restituée peu atteindre les 4 !

Le problème, c’est que ces équipements marchaient jusqu’à maintenant pour le neuf : les « caloporteurs » (les canaux qui portent le liquide transportant la chaleur) n’élevaient la température qu’à 35 à 40°c environ. Insuffisant pour les radiateurs anciens.

Selon le mensuel « Enjeux-Les Echos », le centre de recherche EDF Les Renardières a développé une PAC haute performance montant à 60°c environ. Le rendement est de 1 à 3, tout à fait respectable et utilisable prochainement pour l’ancien.

Un fabricant spécialisé serait sur le coup.

Avec une bonne isolation, une pompe à chaleur pour un logement de 100m2 = 3/4 de gaz à effet de serre en moins = facture d'énergie /4 !!

Point de luxe à l'heure où l'Insee révèle que le cout de l'énergie s'est accru de 15% en seulement une année.

06.05.2008

Baisse du chômage…alors pourquoi on fait la gueule ?

Le taux de chômage européen est tombé à un niveau jamais vu depuis vingt-cinq ans. Ce sont surtout les pays qui souffraient le plus du chômage qui sont arrivés aux résultats les plus spectaculaire. (…)

La première chose à remarquer est que si le chômage a baissé, on constate en revanche une augmentation des taux d'entrée dans le chômage. En d’autres termes, c'est surtout l’augmentation des sorties qui a permis la chute du chômage.

Deuxièmement, il y a eu une augmentation de la mobilité sur le marché de l'emploi. Cette augmentation est particulièrement sensible dans les pays qui ont connu les plus fortes baisses du chômage. Le paysage européen du marché de l'emploi semble ainsi bien différent des conditions sclérosées du début des années 1990.
(…)
Ces réformes ont créé un marché du travail à deux vitesses, concentrant le risque sur les travailleurs en CDD, avec en outre des asymétries durables dans les parcours et les carrières. On peut estimer qu’à long terme, jusqu'à un tiers des emplois relèvera de ces contrats flexibles. Ces asymétries et cette faible qualité de l’emploi sont un fort facteur de mécontentement.

Le mécontentement des Européens par rapport à leur marché de l'emploi est ainsi lié à une nouvelle distribution des risques et des gains, apparemment moins favorable. Les marchés de travail sont désormais plus « risqués », ce qui signifie une perte de bien-être pour les travailleurs qui subissent ce risque. Cela pose aussi le problème de la compensation de ce risque. C’est notamment ce qu’expriment les pressions croissantes, partout en Europe, pour un plus fort engagement de l'État en faveur des salaires.
(...)
Du point de vue de l’économie du travail, la meilleure réponse que l’on peut donner aux inquiétudes des Européens est même de décentraliser encore davantage les négociations salariales et de les rendre plus sensibles à la productivité. En effet, le risque est accru par le fait que toute transition sur le marché de l'emploi peut impliquer une importante perte de salaire. Or, les accords salariaux centralisés ont tendance à induire des ajustements automatiques. Changer d’emploi ou traverser une brève période de chômage empêche bien souvent de s’élever sur l’échelle des salaires. Une meilleure combinaison entre les risques et les gains peut alors être proposée, qui lierait de plus près les salaires à ce que l’on nomme techniquement la productivité (…) qui s’observe dans telle ou telle entreprise. Dans ces conditions, les transitions seraient plus souvent associées à un gain qu’à une perte de salaire.

En même temps, quelque chose doit être fait pour traiter le dualisme croissant en Europe entre emplois temporaires et emplois permanents.
(…)
Les gouvernements pourraient promouvoir une intégration par étapes sur le marché de l'emploi, qui introduirait progressivement de meilleures protections et éviterait ainsi la formation d'un marché duel. Les garanties de sécurité de l'emploi, sous la forme d'’indemnités obligatoire de licenciement, devraient augmenter avec l’ancienneté.

Enfin, le mécontentement des Européens semble s’expliquer par un échange (trade-off) entre la croissance de l'emploi et celle de la productivité. (…)

Il faut désormais atteindre l’autre rive : des parcours plus sûrs vers des emplois plus stables devrait être introduits, tandis que la négociation salariale serait décentralisée afin d’être liée de plus près aux gains de productivité.

Tito Boeri
Professeur d'économie à l'université Bocconi (Milan).
Fondateur et coanimateur du site La Voce. Une tribune publiée sur le site du « think-tank » Telos.

05.05.2008

Travailleurs clandestins : les bons, les brutes et les truands

Quelle étrange alliance objective que celle formée par la CGT, la LCR et… le MEDEF dans l’affaire de la régularisation des sans papiers dont ceux de la restauration, emblématiques. Dans un élan qui passerait presque humaniste, quelques voies patronales se joignent au concert d’indignation sur ces travailleurs exploités.

On en oublierait presque les coupables principaux : l’Etat qui, par ses directives à l’inspection du travail, veille à ce qu’on ferme les yeux complaisamment sur ceux qu'on voit parfois au travers de certaines fenêtres parisiennes dans des ateliers de la honte. Les directions patronales également qui couvrent, comme dans le secteur du BTP par exemple, les chargements matinaux de main d'oeuvre aux abords du périphérique.

Passés sous silence, les conditions de travail, les salaires, dans des pans entiers de notre économie.

Qui a intérêt à ce qu’on focalise l’attention sur les centaines de malheureux à qui on attribue "généreusement" le brevet de « bonne participation à l’effort économique » après des dizaines d’années parfois passées dans la clandestinité ?

Quels politiques sauront poser le débat sur la place publique dans toute sa complexité?

04.04.2008

La nature pour patron

La nature crée des chaînes alimentaires, recycle ses déchets, équilibre ses écosystèmes. Et si nos villes et nos industries s'inspiraient de ces principes ? C'est ce que proposent les partisans de l'écologie industrielle. Partout, y compris en France, des réalisations prometteuses sont en cours. Le point sur le grand défi du XXIe siècle. Ce samedi dans "Le Monde 2".






26.03.2008

Les Jeux Olympiques révélateurs d’enjeux géostratégiques

Un entretien avec le secrétaire général de Reporters Sans Frontières (RSF) par l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS)


On ne peut s'empêcher de mettre en parallèle la réponse de M. Cherki (PS) à un voeu des Verts s'opposant en Conseil de Paris au passage de la flamme olympique dans la capitale. L'adjoint au sport de Bertrand Delanoë qui se veut "serieux" indique que cela "n'est pas de sa compétence". Si c'est lui qui le dit...



Par ailleurs, excellent dossier à lire :

23.03.2008

Les candidats démocrates à l’assaut de la classe moyenne

Les effets de « l’affaire Wright » se font ressentir cette semaine dans les intentions de vote –à la baisse- des électeurs démocrates en faveur de Barack Obama. Après son discours de Philadelphie jugé par les commentateurs comme « historique », la nouvelle vague de spot TV du candidat démocrate se veut œcuménique, n’hésitant pas à valoriser des soutiens Républicains.

Pour le sénateur Obama, le véritable enjeu est celui des "employés blancs" : c'est la classe moyenne blanche qu'il doit rallier sa candidature pour faire la différence. L'intervention de John Edwards dans le débat démocrate sera d'une très grande portée car il était le candidat de cette classe moyenne blanche.
Une catégorie de la population qui est régulièrement la cible de la communication de Mme Clinton.

Les maux qui frappent la classe moyenne sont abondamment illustrés dans les médias au travers de l’exemple de la crise immobilière.

07.03.2008

Dimanche prochain, le 9 mars, en votant pour les Verts du onzième : vous en aurez pour votre bulletin!!

Vous êtes déjà prés d’un millier à avoir visionné nos films sur le onzième arrondissement de Paris. Une trilogie pour préciser l’utilité du Vote Vert au premier tour, le dimanche 9 mars. Des films pour aller plus loin ensuite sur le Site Municipales Verts 11e

Premier film, les bilans. Du réaménagement de la place Voltaire aux jardins de la cité Prost et de Saint Bernard, l’action des Verts a marqué notre arrondissement (le plus dense de Paris) dans le sens d’un nouveau partage de l’espace public. Mieux circuler et de manière plus propre, créer des espaces de respiration : c’est bien pour l’environnement, c’est bon pour tous !




Les élus Verts sont proches de vous au quotidien : ce n’est pas que des mots !
Au niveau culturel, en soutenant l’espace social et culturel original qu’est « la Petite Rockette », en créant des emplois avec la régie de quartier, sur l’Ilot Breguet en proposant un éco-quartier pour redynamiser Bréguet Sabin-Chemin Vert



Les projets des Verts s’appuient sur des réalisations solides et un financement durable : nous faisons le choix du parler vrai !
Pour créer des logements accessibles Boulevard de Charonne ou réhabiliter nos places comme Nation et République : avec le vote Vert le 9 mars, vous en aurez pour votre bulletin !

Dimanche, c'est le premier tour : le tour des idées : vous déciderez du poids de l’écologie sur les six prochaines années.
Le second tour, c’est le tour de la majorité. Avec nous, pas de surprise, c’est la gauche et les Verts rassemblés qui porteront les changements sur la prochaine mandature.

06.03.2008

Logement : droit opposable et réalité des droits, l'exemple parisien

Quelques échos dans la presse de l'adoption du budget de la Ville, plutôt favorables quant à la bataille menée par les élus verts en faveur de la politique du logement.

A l’heure où le combat conduit par « les enfants de Don Quichotte » fait la une des médias, les politiques semblent découvrir l’état de la très grande précarité dans notre pays. En filigrane, le naufrage de notre système social qui –engoncé dans des logiques de suivi admisitratif, coûteuses et inefficaces-est en échec dans l’effort de prévention et d’accompagnement réel de ces publics.


Des tendances lourdes qui frappent particulièrement la capitale doivent être également soulignées : depuis 1990 – c’est hier- la part des ouvriers dans la population s’est effondrée de 30% alors que celle des employés baissait de plus de 6%. Rien de tel au niveau national.

N’en déplaise à une large frange du monde politique qui pense consolider de cette manière leur potentiel électoral, ces populations ne se sont donc pas « évaporées » pour tout le monde. Force est de constater que l’accueil d’urgence comme la possibilité de vivre à Paris pour les classes populaires ont connu un même sort : l’abandon.

Ainsi, l’épuration sociale de notre cité s’accélère, conforte la périurbanisation des classes populaires et l’absence de prise en compte des laissés pour compte. Cette politique a un coût dont on a certainement pas fini d’en mesurer les impacts destructeurs pour l’ensemble de la région et même au délà.

La réaction tardive de l'ancien Président de la république, primo-acteur de l’éviction sociale de Paris quand il en a été le Maire pendant deux décennies, ne fait que mettre en exergue son inaction nationale dans ce domaine depuis plus de dix ans.

La volonté de mettre en œuvre « un droit opposable au logement », inspirée de l’expérience écossaise pose des problèmes dans sa mise en œuvre.

A Paris, la réponse à la question du « comment mettre en œuvre » ce nouveau droit à échéance de quelques années suppose de changer d’échelle la politique sociale du logement.

En 2000, prés de 60% des parisiens avaient des revenus inférieurs à 1500 euros environ, soit le plafond du « logement social plus » et prés de 30% au « logement plus social » encore auquel un revenu inférieur à 822 Euros par mois donne droit.

On comprend dans ces conditions que l’effort en faveur du « logement social de fait » qui recouvre à peu prés la moitié du parc de logement parisien va bien au délà de l’ampleur de l’effort de rattrapage entrepris à ce niveau par la majorité de gauche depuis 2001, soit 3000 logements sociaux construits par an.

De deux choses l’une : ou on annonce qu’on municipalise la moitié du parc de logement parisien (500 000 logements !) ou on se donne une cible « tenable » à atteindre et on met les moyens en face pour l’atteindre.

Quelle pourrait être cette cible ?

Retenons prioritairement les 45% de la population en situation de pauvreté (< 750 Euros par mois) habitant dans ce que la ville a retenu (aux moyens de critères qu’on peut contester mais ils ont le mérite de constituer une base de travail) comme « logement social de fait », c’est à dire une base plus étroite qui représente tout de même 100 000 logements comprenant 300 000 personnes, soit 14% de la population.

Sur cette base –discutable-, l’effort à fournir pour récupérer en quelque sorte dans le périmètre du logement social ces populations "éligibles de fait au logement social" serait de l’ordre de 50 000 logements : 15 années d’effort de construction au rythme actuel !

Cela passe par l'arrêt de la vente du parc privé de la ville : chaque jour, le parc social se diminue d'autant par les remises d'apprtements sur le marché qu'il s'aggrandit par l'effort porté sur le logement social. Cette politique est vaine.

Réaliser cet effort sur la prochaine mandature (soit en 5 ans) revient à tripler l’effort actuel en faveur du logement social et très social : nous devons concrètement mettre en oeuvre un plan de conventionnement de 35 000 logements sociaux supplémentaires sur la prochaine mandature. "Conventionner", c'est un contrat travaux+déductions fiscales contre loyers encadrés à l'initiative de la municipalité.

Ce plan n’excluerait en aucune manière l'effort qui doit être porté « en haut de cet échantillon » pour la frange de la population au dessus des 750 mensuels, au contraire. Il participerait à désembouteiller la chaine de la demande de logements qui représente environ 100 000 unités en stock sur la capitale.

« En bas de l’échantillon », ce sont les populations qui – à l’instar des manifestants du canal Saint-Martin- luttent sans même parfois le minimum social, devraient trouver une issue la plus urgente. D'autant que la politique à conduire sur ce maillon de la chaine ne devrait concerner que quelques milliers de personnes intra muros. Mais à ce niveau, c'est toute la politique périphérique d'accompagnement qui est à refonder, ce n'est pas le moindre chantier.

24.02.2008

Vers une assurance maladie universelle aux US?

Ces deux commentateurs s’affrontent sur une proposition phare d’Hillary Clinton : l’assurance maladie universelle. Cette mesure se heurte à une conception traditionnelle
exprimée par l’intervenant conservateur, à droite de l’écran : la « liberté » de ne pas s’assurer dans un monde où le citoyen serait sensé avoir une décision purement rationnelle.

Le plan Obama en matière d’assurance ne concernerait pas environ 15 millions d’américains.

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