31.07.2008

Femmes précaires, seules en ville...

Un soir, sur France 2, un docu pas banal, réalisé par Marcel et Julien Trillat, coproduit par France 2 et la région Aquitaine.

Portraits d'une ouvrière agricole déclassée, une femme de ménage qui court quelques heures de boulot entre plusieurs supermarchés, des caissières notées en fin de mois sur la base du nombre de "merci monsieur, merci madame" ratés...

Des moments de repos, des courses au supermarché, de quoi dépenser, les bons mois, les 200 ou 300 euros qui restent une fois déduit le loyer, les charges de l'appart' ou du pavillon.

Des gamins qui "dégustent", la langue hésitante, le vocabulaire approximatif, des résultats scolaires ni bons ni mauvais.

Une beurette adolescente, à la diction impeccable, pour elle, c'est double ration. Déjà, le délit de sale gueule pour trouver un stage, pas toujours insidieux. Genre : "euuh, vous êtes bien mais on en a déjà comme vous...".


Pour elle, la licence pro accessible en se saignant, l'école de commerce inaccessible, la prépa trop chère, le parcours trop long pour être financièrement supportable.

Pas de quoi affoler la France télévisuelle. Après la grippe aviaire, les émeutes, on a zappé sur la femme du président, le délit d'initié d'EADS.

Cette moitié de France qui vit entre 400 et 1 400 Euros par mois n'est pas une priorité des programmes de télé et du discours politique. Cette France du "non" et des fins de mois difficiles n'interesse pas les élites politiques endogames.

Un "mix" de mesures fiscales pour les CSP+++ et quelques miettes pour les "classes dangereuses" à la sauce militaire et à l'arrière gout de zone franche, voilà la belle perspective!

Il y a à peu prés deux ans, Eric Maurin décrivait dans son "ghetto français" (éd Seuil, la rép. des idées) les phénomènes de déchirements de la société qui traversent TOUTE la société et pas seulement ses franges.

Une société hantée par le déclassement, son environnement social immédiat, qui contourne les politiques publiques, les cartes scolaires, le quartier qui craint moins que le voisinage "moins bien que soi", qui choisit "ses
voisins et les enfants de ses voisins".

On le voit bien, la mixité sociale peut entrer par la porte des politiques publiques, ce sont les individus qui la fuient par les fenêtres.

Des choix subtils qui se déclinent jusqu'au pâté de maison. Des choix individuels sur lesquels se brisent les politiques territoriales, trop dispersées, trop aveugles aux stratégies d'évitement des citoyens, trop
impuissantes aux mouvements dans les quartiers. Du moins, pour ceux qui peuvent en bouger. C'est un fait, ces politiques s'avèrent impuissantes même si elles ont peut être évitées le pire.

26.07.2008

Enérgies renouvelables : Al Gore appelle les USA à une nouvelle ruée vers l'or

Dans un discours prononcé jeudi 17 juillet 2008 à Washington DC, l’ancien vice-président Al Gore a exhorté son pays à sortir de la triple crise économique, énergétique et climatique en se fixant l’objectif de produire 100% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 10 ans seulement.

Quelques jours plus tard, le 22, Andy Grove (ancien CEO d’Intel) appelait à la mise en oeuvre d’une « task force » pour convertir en 4 ans près de 10 millions de véhicules en « hybrides » (les plus gros).

En quelques mois seulement, tellement de choses se sont passées là-bas que les Américains semblent prêts pour une évolution majeure après l’élection présidentielle à venir.

Le but manifeste du discours d’Al Gore était de déclarer que les USA peuvent à la fois se débarrasser du pétrole, réduire énormément leurs émissions de gaz à effet de serre et enfin relancer l’économie américaine et notamment l’industrie automobile.

Que cet objectif soit accessible dans les délais qu’il fixe est discutable, car comme pour le projet « Apollo » qu’il cite à plusieurs reprises, la faisabilité d’une entreprise inédite dépend essentiellement des moyens consacrés à sa réalisation. On parle de fournir 3000 TWh/an avec de nouveaux équipements (solaires et éoliens pour la plus grande partie) en 10 ans...

Que cet objectif soit réalisable sur une plus longue durée (en 15-20 ans par exemple) et qu’il faille commencer maintenant fait de moins en moins de doute pour beaucoup d’observateurs de l’état de santé de l’économie américaine...

Les éléments économiques d’abord : les USA vont dépenser entre 600 et 700 milliards de $ en 2008 pour leurs achats d’hydrocarbures (environ 130 Mtep de gaz naturel et surtout 620 Mt de pétrole essentiellement (70%) englouties dans les transports) et ce gigantesque transfert financier en direction de pays ayant des besoins sans rapport avec leurs rentrées financières est perçu comme une menace pour beaucoup de voir les joyaux de l’économie américaine passer entre des mains étrangères.

La persistance d’un baril à plus de 100 $ dans les années à venir ne fait plus de doute pour beaucoup et les craintes du « peak oil » et de prix allant du côté des 200 ou 300 $ à échéance de quelques années est un élément majeur de toute réflexion sur les politiques énergétiques à venir. Une hémorragie d’une telle ampleur peut difficilement être supportable au long cours.

Ce n’est pas un hasard si les investissements dans les énergies renouvelables connaissent une évolution remarquable (étant passés de 100 G$ en 2006 à 150 G$ en 2007) et si de nombreux projets de par le monde (le projet éolien de Gordon Brown récemment) sont annoncés.

Les élements politiques : le niveau de vulnérabilité de l’économie américaine aux importations énergétiques est devenu un problème de sécurité nationale majeur (l’invasion de l’Irak n’y est pas étranger) et le seul coût de l’opération en Irak aurait pu couvrir l’essentiel du projet soutenu par Gore (estimé entre 1500 et 3000 G$).

Enfin des éléments techniques, comme les évolutions récentes dans le domaine du solaire avec des unités de fabrication en PV (Nanosolar vient d’ouvrir une unité de film mince (1 $/Wc, 14,5% de rendement) à San Francisco d’un GW/an de capacité mais capable de bien plus si nécessaire), comme en thermosolaire (Ausra vient d’ouvrir une unité capable de produire 0,7 GW de panneaux par an à Las Vegas avec une unité construite en quelques mois seulement) qui pourraient facilement être multipliées aux USA si un engagement fort était pris par le pouvoir politique fédéral (de nombreux Etats à lire la presse semblent eux décidés à franchir le pas).

Il en est de même côté batteries pour véhicules électriques et/ou hybrides avec un potentiel bouleversement sur ce secteur si les performances des « supercondensateurs » sur le point d’être commercialisés à grande échelle (la saga EEStor tient en haleine tous les spécialistes du marché ) sont à la hauteur des annonces.

Il y a en fait suffisamment de concepts de stockage électrique à venir pour estimer peu probable un goulot d’étranglement de ce côté-ci par manque de matières premières, par exemple le prix était récemment encore annoncé comme un obstacle majeur que l’effet d’échelle et les nouvelles techniques peuvent largement gommer (voire les aides publiques si on envisage les bénéfices pour les USA de récupérer une bonne part de leur indépendance énergétique).

On peut donc penser que dans les grandes lignes le plan de Gore est réalisable et que seul un obstacle du côté du futur occupant de la Maison Blanche pourrait l’interdire.

Tous les décideurs savent aujourd’hui qu’il faudrait sept fois la surface agricole des USA en cultures de maïs (via la filière éthanol) pour abreuver le parc automobile et qu’une véritable solution ne peut venir de là.

Même si le prochain président ne souscrivait pas à ce plan, le développement des énergies renouvelables est assuré au niveau des Etats dont beaucoup (Texas et Californie par exemple) ont des politiques volontaristes qui vont faire changer l’éolien et le solaire d’échelle. De nombreux Etats richement dotés (Colorado, Arizona, Montana, Nevada, Sud Dakota,etc.) entrevoient la perspective d’une renaissance via une nouvelle ruée vers l’or qui rapporterait des rentrées fiscales substancielles et attirerait des industries indispensables et, plan fédéral ou non, ont déjà des projets importants (le Dakota du sud par exemple).

Les USA sont pratiquement dans une situation où ils sont le dos au mur, avec un ralentissement économique sérieux, un endettement majeur, une suprématie contestée dans tous les domaines (sauf le militaire) et une attitude dans la lutte contre les changements climatiques qui n’est plus soutenable.

Al Gore vient simplement de pointer un doigt vers une solution qui résoudrait une large partie de ces problèmes.

Les USA ne vont pas se laisser massacrer sans réagir et la décroissance n’est pas dans les options qu’ils peuvent envisager...

Quelque chose va se passer là-bas, c’est inévitable...

Un article de MarcoB12 publié sur le site d'Agoravox jeudi 24 juillet 2008.

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19.07.2008

L'électricité nucléaire : mode de chauffage le moins polluant ?

Les réacteurs nucléaires, en sous régime par rapport à l'utilisation de notre parc résidentiel, ne sont pas en phase avec l'électricité nécessaire pour nos convecteurs les jours d'hiver. EDF doit alors allumer des centrales thermiques -polluantes- en complément.

Or il faut 3,5 fois plus de fioul, de gaz ou de charbon pour alimenter une centrale qui chauffera un logement à l'électricité que si le logement était directement équipé d'une chaudière brûlant ce même fioul ou gaz. Donc 3,5 fois plus de CO2 émis. Le rendement des centrales électriques nucléaires ou thermiques est ainsi proche de 33% sans compter les pertes dans les lignes électriques, soit environ 11%.

L'Ademe a publié en 2005 une note différentiant le contenu en CO2 de chaque kilowattheure électrique.
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Selon les usages faits de l'électricité, il en ressort que chaque kWh électrique consommé en période de chauffage produit 180g de CO2 et jusqu'à 260g les années à hiver froid, cette pollution par contribution à l'effet de serre étant bien évidemment à ajouter à la question des déchets nucléaires.

A titre de comparaison un kWh de chauffage émet :

* 200 g de CO2 s'il est produit par une chaudière gaz
* 280 g de CO2 s'il est produit par une chaudière fioul
* 900 g de CO2 s'il était produit par une seule centrale thermique au charbon alimentant un convecteur électrique

Le contenu en CO2 de l'énergie nucléaire est donc loin d'être nul!

D'après les prévisions de l'ADEME (cf note de débat sur les ENR

page 41), la contribution CO2 d'un kilowattheure électrique pour le chauffage passera à 300 grammes en 2010.

Rappelons que le chauffage électrique est interdit au Danemark et que dans certains cantons suisses, il n'est autorisé que si le promoteur immobilier réussit à démontrer qu'il ne peut pas utiliser un autre mode de chauffage.

En savoir plus sur le site wwf.fr


source : http://www.ideesmaison.com/Le-chauffage-les-differentes.html

16.07.2008

Eolien marin : l'exemple du projet des Deux Côtes

Ce film de présentation du plus grand parc éolien britannique (1) du leader mondial de la technologie laisse entrevoir les moyens de produire 21% de notre électricité à partir d’énergies renouvelables en 2010 au lieu de 15% aujourd’hui…



A défaut de stratégie convaincante, les pouvoirs publics pourraient compter sur l’initiative d’un nombre croissant d’opérateurs de ce type pour atteindre cet objectif. A l’instar de « La compagnie du vent », filiale d’Electrabel (2), qui propose de contribuer à atteindre les 13500 mégawatts supplémentaires de puissance éolienne installée d’ici 2010 dont 1000 pour la France (3) sous forme d’éoliennes marines.

Pourquoi en mer?
Parce que les capacités sont plus fortes que sur terre, les vents plus réguliers et que la France dispose de larges façades maritimes bien ventées.

Le projet des Deux Côtes pourrait bien faire date et rendre une Région comme la Picardie (1,8 millions d’habitants) quasi-autonome d’un point de vue énergétique.

Ce projet de parc éolien situé à 14 Kms des côtes serait d’une puissance de 705 mégawatts (4) et composé de 141 éoliennes de 80 mètres de haut, espacées de 630 mètres et de 5 mégawatts chacune : soit la consommation annuelle d’électricité d’environ 900 000 personnes.

Mais l’intérêt du projet semble dépasser l’enjeu énergétique : les expériences de parcs de ce type révèlent que « l’effet récif artificiel » participe au développement de la ressource halieutique. En outre, la taxe spécifique aux éoliennes en mer (5) devrait représenter environ 8 millions d’euros, versés pour moitié aux intercommunalités concernées et d’autres part en faveur d’un fonds national pour les activités maritimes de pêche et de plaisance. Le développement économique local induit est aussi significatif. L’investissement lié à ce projet approcherait 1,4 milliard d’euros avec une valeur ajoutée au trois quarts nationale et régionale. Une quarantaine de personnels permanents sur 20 ans au titre de la maintenance et près de 2800 emplois seraient créés pour les phases d’ingénierie, de fabrication et de pose.

Les points de blocage actuels sont liés à une question de droit d’occupation… des sols à laquelle le représentant de l’Etat pourrait donner une issue positive dans les prochaines semaines. Mais il y a aussi les pêcheurs, touchés par la hausse des carburants et dont une frange s’obstine à vouloir revenir vers une pêche sans avenir, affranchie de tous quotas.

Il reste la question de la place des autorités publiques. Là où la filière nucléaire a fait l’objet en son temps d’un soutien massif en fonds propres, le développement de l’éolien doit compter uniquement sur les tarifs de rachat par EDF. A noter que l’opérateur national tente de combler tardivement son retard de production énergie renouvelable par croissance externe.


(1) North Hoyle a été construit en 2003 : ce parc est constitué de 30 éoliennes de 2 mégawatts chacune
(2) Groupe Suez : 140 000 collaborateurs, chiffre d’affaires de 44,3 milliards d’euros en 2006 réalisé à 89% en Europe et en Amérique du Nord
(3) A ce jour, la France ne compte que 1800 mégawatts de puissance éolienne installée
(4) 1 mégawatt = 1 million de Watts
(5) Loi de finance 30 décembre 2005, article 76

15.07.2008

Le sénateur Obama propose un redéploiement des troupes d'Irak

"Comme le président Bush et le sénateur John McCain auraient dû s'en rendre compte, le front central de la guerre contre le terrorisme n'est pas l'Irak, et ça ne l'a jamais été".

"La base Al-Qaïda est en train de s'étendre au Pakistan, probablement pas plus loin de son ancien sanctuaire afghan qu'un trajet de train entre Washington et Philadelphie", ajoute-t-il, soulignant que "s'il y un nouvel attentat contre notre patrie, cela viendra probablement de la même région où le 11-Septembre avait été préparé. Et pourtant aujourd'hui nous avons cinq fois plus de militaires en Irak qu'en Afghanistan". "Cette guerre en Irak pèse sur notre sécurité, notre statut dans le monde, notre armée, notre économie et les ressources qu'il nous faut pour faire face aux défis du 21e siècle", affirme le sénateur de l'Illinois.

Sources : AFP + campagne Obama (clip)

Les critiques sur Vélib : commentaires et propositions

Parmi les critiques portées sur l’expérience Velib, il est interessant d'en relire certaines, toujours d'actualité un an aprés le démarrage de l'expérience. Reprochant le partenariat avec Decaux. Dans vos commentaires récents (1), P. souligne cependant :

« La constance, dans les opposants à Decaux, je dis à Decaux plutôt qu'à Vélib, car si la mairie de Paris avait elle même mis en place et financé le système, il n'y aurait pas la même virulence dans les critiques, c'est l'absence de contre proposition. Je suis personnellement de l'avis que "quelque chose plutôt que rien" est mieux que "rien" ».

Autre tonalité, celle de Patrick Jourdain. Il rappelait justement « On ne saurait compter les services publics qui ne sont devenus publics qu'après avoir atteint leur maturité dans le privé : premiers trains, premiers trams, barrages hydro-électriques, courrier, égouts, tunnels..depuis 2 siècles et cela n'émeut personne. Dans l'autre sens, c'est plus rare, mais toujours suspect aux yeux des beaux esprits. »

Cela fait partie des proposition des Verts à terme, afin d'améliorer notamment la logistique trop souvent déficiente. C'est une proposition en débat sur le Site Municipales Verts 11e


Une critique argumentée de l'identité visuelle de Velib, plus proche du neu neu, inventée par le beauf d'un chef de service de la ville?



On cherchera les vraies limites dans les remarques de Franck, relatant sur ce blog sa vie de banlieusard :

« J'habite à Drancy, et je prends ma voiture pour aller à Aulnay prendre le RER. C'est la gare la plus proche ? Non, la plus proche est celle de Drancy, mais à Aulnay :

1 - il y a un parking sécurisé pour garer sa voiture (39 euros par mois quand même...)
2 - tous les trains, ou presque, s'arrêtent à Aulnay, contre un tous les quart-d'heure à Drancy

Qu'est-ce qui me ferait, aujourd'hui, abandonner la voiture pour le vélo pour aller à la gare ?
Un parking à vélo sécurisé chez moi (ça, à la limite, c'est plutôt faisable aujourd'hui) et surtout, surtout, un parking sécurisé au RER de Drancy. L'idéal ? Un système Velib', qui fasse que je me moque des questions de sécurité.

A ce stade, on le voit, je n'ai que faire que le système soit le même qu'à Paris intra-muros, puisque ce dont j'ai besoin, ce n'est pas d'un vélo pour aller sur Paris, mais d'un moyen pour aller à la gare qui me mènera sur Paris. Ce faisant, je n'utilise pas ma voiture, je ne suis pas pour autant tributaire des transports en commun (bus) pour aller chercher mon RER. »

C’est là une incitation forte à ce que le syndicat des transports d’Ile de France (STIF), récemment rentré dans le giron du conseil régional, prenne cette question à bras le corps.

Etendre Velib à la banlieue ?

Davantage favoriser les alternatives modales train/vélo/pieds…

Et dans les modalités, aucune obligation à ce qu'une ville de banlieue ait le même prestataire que Paris. Franck, toujours, pointe à l’horizon les difficultés en cas de multiplication de partenaires sans obligation de connexion entre les réseaux des villes :

« On peut imaginer que, demain, un système de type Velib' soit mis en place à Bagnolet par Decaux, et donc connecté avec celui de Paris, mais à Montreuil par Clearchannel, et donc connectable ni avec Paris, ni avec Bagnolet. (…) Drancy met en place Velib-Decaux, mais aucune des villes voisines. Avec mon Velib-Drancy, je ne peux pas me garer à Aulnay pour prendre mon RER, pas plus qu'aller à la Préfecture de Bobigny. Il ne me reste plus qu'à me faufiler dans une sortie d'autoroute pour prendre la piste de l'Ourcq et aller sur Paris. Génial. »

Il met un bémol à sa critique en rappelant que « le vélo, en tant que moyen de transport (et non de loisirs) n'est de toutes façons utilisé que localement pour l'essentiel. Qu'il ne soit pas interconnecté avec le Velib'Paris n'est pas le drame du siècle. »

Des conséquences du morcellement administratif Français…

Le débat continue sur le Site Municipales Verts 11e

Pour terminer, quelques entreprises commencent à encourager l’usage du vélo…électrique, à l’instar de cette banque totalement indépendante de ce blog


(1) Les commentaires figurant dans cet article ont été postés sur ce blog depuis julllet 2007, date de lancement de l'opération.

12.07.2008

Au sujet des surloyers, une bonne blague de M Castagnou (PS), maire du 14e arrondissement de Paris

Lu dans « Le monde » d’hier.
« Au terme d’une "opération vérité", lancée il y a six mois, la RIVP constate qu'environ 2 500 locataires "payent un loyer anormalement bas, eu égard à leurs revenus". »



Depuis mai, à la RIVP, seuls les revenus inférieurs à 6 500 euros mensuels (pour une famille de quatre enfants) peuvent prétendre à l'un des 12 900 appartements attribués jusqu'ici sans conditions de ressources. Mais, chaque année, sur les 51 000 appartements de la SEM - à loyers plafonnés ou pas -, seuls 2 500 se libèrent. Le renouvellement des locataires n'est donc pas pour demain.

S'il peine à mettre fin à ces "rentes de situation", M. Castagnou n'approuve pas pour autant le décret de Mme Boutin, actuellement soumis au Conseil d'Etat, qui permettrait d'augmenter les surloyers. Le patron de la SEM a calculé : un locataire de 74 m2 qui gagne 50 800 euros par an verrait son loyer passer brusquement de 451 euros à près de 1 000 euros. " Si le logement social devient aussi cher que le privé, les classes moyennes partiront en banlieue", s'inquiète-t-il. «

Une personne (pas un ménage, vous avez bien lu) qui gagne 50 800 euros par an (ça fait du 4000 euros nets) qui consacrerait ainsi 25% de son revenu pour un 74m2 à 1000 euros par mois, c’est-à dire le prix d’un 50m2 en vrai. Pas dégueu, non?

07.07.2008

Le clientélisme, une autre idée de la proximité...

Plus proches que jamais du « terrain », des éluEs demandent en vrac : la levée des quotas pour les pêcheurs, la modulation à la baisse de la taxe sur les produits pétroliers, le contrôle d’une immigration par professions et par régions…

Cette pression de la base dans les circonscriptions pousse des édiles dans des postures qui visent surtout à consolider leur réélection. Si ces positions sont censés trouver l’assentiment de certains de leurs électeurs, elles ne répondent, dans l’ordre cité, ni aux intérêts durables des pêcheurs, ni aux défis de «l’après-pétrole » et sont contestées dans leur efficacité par le rapport Mazeaud.

Pourtant, si nombre d’entre eux conviennent en privé du non-fondement de leurs votes sur le fond, ils justifient leurs comportements par la sanction de leurs électeurs-trices « trop proches », issuEs de circonscriptions « trop petites ».

Combien de députéEs se dérobent ainsi à leur rôle premier qui est de faire la loi pour tous-tes au profit de quelques-uns ?

Combien d’entre eux s’éloignent de la « proximité » en se rendant à l’étranger pour étudier des cas pratiques de la mondialisation ?

Dès lors, rejetant leur fonction de pédagogue, ils-elles trouvent dans la « commission de Bruxelles « le bouc émissaire facile des choix non assumés de politiques en manque de régulations.

Bel exemple de cette attitude, les positions exprimées par les principales motions du prochain congrès du PS qui se retrouvent sur une Europe de « projets ». Pourtant mise à mal par un défaut d’institutions (EADS, Europe de l’énergie…), cette posture joue la fonction de cache-sexe de la panne de l’Europe politique.

À défaut de relance, l’histoire continuera à s’écrire ailleurs…

24.06.2008

Le plan de l'EPAD dévoilé : un métro infernal!

Il y a un truc assez mécanique sur le jeu de simulation « Simcity ». Dés lors que vous construisez des tours, cela crée des flux de transit. Eh bien, alors que les Tours T1 et Granite sont déjà
terminées et n'attendent que d'être remplies, l'EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense) vient de présenter dans la presse de superbes maquettes des tours Signal, Phare et autres monuments au doux nom d’Hermitage qui culmineront à 300m.

Sur notre « Simcity », prochainement : 450.000 m2 de bureaux supplémentaires. Plein de nouveaux salariés. Enfin, plutôt des emplois déplacés que créées d’ailleurs. Et plein-plein-plein de nouveaux usagers des transports en commun...

Ca tombe bien, sur Simcity, il y a une fonction « budget » qui permet de construire de nouveaux transports en commun vu que les lignes actuelles sont déjà saturées.

Sauf que les caisses sont vides.

Sauf aussi qu’il aurait fallu créer des zones d’activité pour remédier au "déséquilibre Est-Ouest", respectant ainsi les conclusions du schéma directeur adopté par la Région IdF.

Mais il y a des gagnants dans l’affaire : les département des Hauts-de-Seine, les villes de Courbevoie, de Puteaux qui vont ainsi s'assurer encore 2 ou 3 juteuses décennies de taxe professionnelle et autres droits de mutation !

A l’heure où l’on parle du nécessaire décloisonnement des collectivités locales, voilà une affaire que pourront commenter les usagers du métro…dans leur intimité si particulière...

18.06.2008

Sans-papiers : le gouvernement ne répond plus

Alors que la hausse de notre population liée au solde migratoire est une des plus faible d’Europe, que seuls 2 immigrés supplémentaires pour 1000 habitants n’ont été accueillis depuis 2002 contre plus du double en moyenne chez nos voisins européens, la France persiste dans sa politique inhumaine et coûteuse vis à vis des sans papiers.

Il serait faux de dire que la politique est à ce niveau totalement figée. Depuis 2002, 132 000 régularisations en cumulé ont été effectuées. Mais cela est bien insuffisant. Ce n’est pas seulement les fédérations patronales de l’hôtellerie qui le disent (1).

Alors pourquoi ne pas réaliser une grande opération massive comme cela avait été le cas en 2007 avec 100 000 personnes concernées ?

Pas pour des raisons de fond manifestement : la grande peur de «l’appel d’air » n’a pas été validée dans les faits les années suivantes. La décision de quitter son pays est surtout liée à la situation de son pays et on gagnerait à porter aussi le débat sur ce sujet sensible.

Pour des raisons essentiellement électorales donc, le gouvernement choisit le « cas par cas » à la fois indigne pour les personnes, irrespectueux pour le droit et totalement contre productif pour les administrations qu’on accapare à des taches inutiles.

Bel exemple des conséquences de cette politique de gribouille : l’occupation du 138 de la rue du Chemin Vert par des travailleurs grévistes sans papiers regroupés en collectif. La Préfecture ne convoque qu'avec une extrême parcimonie les occupants, freinant les régularisations au motif qu’il s’agit de contrats partiels alors que ces travailleurs alignent le plus souvent des pleins temps.


(1) Selon le syndicat patronal de l’hôtellerie, les besoins liés à ce seul secteur représenteraient prés de 50 000 demandes de régularisation.

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