17.08.2009

La Région Picardie élargit son crédit gratuit écologique aux systèmes de chauffage

Le Conseil Régional de Picardie enregistre une accélération de la diffusion de ses prêts à taux zéro en faveur de l'isolation des logements : le cap des 3 000 prêts est aujourd'hui dépassé. Avec l'élargissement de la gamme de son « Picardie Avantage » aux chaudières à bois, à certaines pompes à chaleur il a également augmenté les montants plafond : jusqu'à 15 000 euros à 0%. De quoi faciliter le retour sur investissement et rendre plus accessible socialement ces équipements écolos.

Qu'est ce qu'une pompe à chaleur?
Ce sont ces gros appareils pas toujours gracieux et ressemblant à des clims, pompant de l’air frais à l’extérieur (ou dans le sol) pour restituer, en comprimant les calories qu’il contient, de l’air chaud dans votre intérieur.


Ce procédé est d’un rendement calorique et écologique très bon : leur bilan énergétique est particulièrement performant. Pour 1 calorie dépensée, l’énergie thermique restituée peu atteindre les 4 !

Le problème, c’est que ces équipements marchaient jusqu’à maintenant pour le neuf : les « caloporteurs » (les canaux qui portent le liquide transportant la chaleur) n’élevaient la température qu’à 35 à 40°c environ. Insuffisant pour les radiateurs anciens.

Selon le mensuel « Enjeux-Les Echos », le centre de recherche EDF Les Renardières a développé une PAC haute performance montant à 60°c environ. Le rendement est de 1 à 3, tout à fait respectable et utilisable prochainement pour l’ancien.

Un fabricant spécialisé est sur le coup.

Avec une bonne isolation, une pompe à chaleur pour un logement de 100m2 = 3/4 de gaz à effet de serre en moins = facture d'énergie /4 !!

Point de luxe à l'heure où l'Insee révèle que le cout de l'énergie s'est accru de 15% en seulement une année.

29.03.2009

Obama va-t-il autoriser la relance du nucléaire?

Parmi les pistes de diminution des gaz à effet de serre (GES), le nucléaire semble vivre son nouvel âge d’or : 439 réacteurs nucléaires sont en activité dans le monde et désormais, l’essentiel du développement est porté par des pays « émergents » (Chine, Inde, Russie). Les nouvelles capacités à mettre en œuvre d’ici 2020 pourraient atteindre 130GW, soit une centaine de réacteurs supplémentaires. D’ici 2030, le rythme de construction serait, selon l’IFRI, d’une dizaine de réacteurs par an.

Aux Etats-Unis où aucun réacteur n'a été construit depuis la catastrophe de "Three mile island" (1) en 1979, les pressions sont croissantes pour pousser l'administration Obama dans un plan de relance. Après que le président Barack Obama eut exclu au budget de construire un site d'enfouissement de déchets dans les montagnes du Nevada (ouest), on sait que Steven Chu, le secrétaire à l'énergie, y est favorable. 17 groupes se sont d'ores et déjà portés candidats pour construire 30 réacteurs, soit 3 réacteurs tous les deux ans à partir de 2016.

La compétitivité vis à vis du gaz et davantage encore du charbon est sujette à caution : les prévisions des coûts de production de l’électricité (OCDE/AIE-AEN) sont très différentes selon les hypothèses retenues de démantèlement en fin de vie et le stockage des déchets. Le bilan global du nucléaire en CO2 serait sensiblement proche du gaz selon les calculs de l’Ademe : le parc nucléaire français est ainsi inadapté aux contraintes de la demande résidentielle ce qui suppose le support de centrales thermiques classiques.

Malgré ce constat, de nombreux Etats et investisseurs parient sur un mouvement de relance.

Quelles contraintes s’opposent à ce mouvement ?

Contraintes de rareté et de prix de la ressource de base.

Si la productivité des réacteurs continue de s’améliorer, la rareté relative de l’uranium ne laisse à ce jour entrevoir de perspectives d’exploitation au-delà de quelques décennies. Les capacités d’extraction et de recyclage sont limitées de sorte que l’offre est aujourd’hui très inférieure à la demande. Le prix spot de l’uranium a d’ores et déjà été multiplié par 10 en trois ans.

Contraintes d’offre.

Les capacités de production (métallurgiques) ont été amputées cette dernière décennie : trois entreprises disposent en réalité des capacités pour construire les cuves en France, Japon et Russie. Le capital humain a lui aussi été obéré par la « pause » des années 90.

Contraintes de financement.

Les pays de l’OCDE qui développent des contrats long terme ou les pays de monopoles (Inde, Russie) disposent davantage de leviers pour le développement nucléaire que les pays émergents où l’Etat manque de moyens ou ceux dont l’atomicité des acteurs est le résultat de marchés concurrentiels (USA, GB). Aux Etats-Unis, le financement des chantiers étudiés (6 à 8 milliards de dollars de dollars par centrale) nécessite des prêts fédéraux, dont l'enveloppe vient d'être réduite au budget, passant de 50 à 18,5 milliards.

Contraintes d’exploitation.

Elles sont principalement liées à la question ô combien épineuse de la gestion des déchets. Si des solutions de confinement existent mais reste en suspens la durée. En outre, le stockage géologique soulève le problème de la réversibilité à horizon de plusieurs milliers d’années dans un temps où la recherche sur la transformation des déchets sur des durées courtes n’a pas abouti. Aux Etats-Unis toujours, tout le monde ne voit pas d'un bon oeil l'accroissement du parc actuel de 104 centrales. "Il n'est pas concevable que nous continuions de produire des déchets nucléaires sans savoir ce que l'on va en faire", vient de déclarer à l'AFP Steve Wing, professeur à l'université North Carolina-Chapel Hill.

Contraintes géopolitiques, enfin !

Le régime de non prolifération installé dans les années 60 a vécu. Viennent en témoignage de cette nouvelle donne l’essai nucléaire de la Corée du Nord en octobre 2006 et la quête de l’Iran d’enrichissement de l’uranium malgré les réprimandes du Conseil de sécurité des Nations unies. La résolution 1540 adoptée le 28 avril 2004 prévoit des dispositifs de contrôle, d’assistance énergétique et de sanctions.

Elle est confrontée au bon vouloir de dirigeants peu ouverts au droit international et décidés à changer les équilibres de puissance régionale.


(1) Le film américain "Le syndrome chinois" dont l'extrait ci dessus est tiré eut beaucoup de retentissements puisqu'il sortit... 15 jours à peine avant l'accident de la centrale de Three Mile Island.

26.08.2008

Les acteurs financiers s'inquiètent également du réchauffement climatique


"Inventer de nouvelles techniques qui réduisent les émissions de CO2 et développer les technologies existantes sont au coeur des efforts pour contenir le réchauffement climatique", souligne Morgan Stanley...


19.07.2008

L'électricité nucléaire : mode de chauffage le moins polluant ?

Les réacteurs nucléaires, en sous régime par rapport à l'utilisation de notre parc résidentiel, ne sont pas en phase avec l'électricité nécessaire pour nos convecteurs les jours d'hiver. EDF doit alors allumer des centrales thermiques -polluantes- en complément.

Or il faut 3,5 fois plus de fioul, de gaz ou de charbon pour alimenter une centrale qui chauffera un logement à l'électricité que si le logement était directement équipé d'une chaudière brûlant ce même fioul ou gaz. Donc 3,5 fois plus de CO2 émis. Le rendement des centrales électriques nucléaires ou thermiques est ainsi proche de 33% sans compter les pertes dans les lignes électriques, soit environ 11%.

L'Ademe a publié en 2005 une note différentiant le contenu en CO2 de chaque kilowattheure électrique.
,

Selon les usages faits de l'électricité, il en ressort que chaque kWh électrique consommé en période de chauffage produit 180g de CO2 et jusqu'à 260g les années à hiver froid, cette pollution par contribution à l'effet de serre étant bien évidemment à ajouter à la question des déchets nucléaires.

A titre de comparaison un kWh de chauffage émet :

* 200 g de CO2 s'il est produit par une chaudière gaz
* 280 g de CO2 s'il est produit par une chaudière fioul
* 900 g de CO2 s'il était produit par une seule centrale thermique au charbon alimentant un convecteur électrique

Le contenu en CO2 de l'énergie nucléaire est donc loin d'être nul!

D'après les prévisions de l'ADEME (cf note de débat sur les ENR

page 41), la contribution CO2 d'un kilowattheure électrique pour le chauffage passera à 300 grammes en 2010.

Rappelons que le chauffage électrique est interdit au Danemark et que dans certains cantons suisses, il n'est autorisé que si le promoteur immobilier réussit à démontrer qu'il ne peut pas utiliser un autre mode de chauffage.

En savoir plus sur le site wwf.fr


source : http://www.ideesmaison.com/Le-chauffage-les-differentes.html

16.07.2008

Eolien marin : l'exemple du projet des Deux Côtes

Ce film de présentation du plus grand parc éolien britannique (1) du leader mondial de la technologie laisse entrevoir les moyens de produire 21% de notre électricité à partir d’énergies renouvelables en 2010 au lieu de 15% aujourd’hui…



A défaut de stratégie convaincante, les pouvoirs publics pourraient compter sur l’initiative d’un nombre croissant d’opérateurs de ce type pour atteindre cet objectif. A l’instar de « La compagnie du vent », filiale d’Electrabel (2), qui propose de contribuer à atteindre les 13500 mégawatts supplémentaires de puissance éolienne installée d’ici 2010 dont 1000 pour la France (3) sous forme d’éoliennes marines.

Pourquoi en mer?
Parce que les capacités sont plus fortes que sur terre, les vents plus réguliers et que la France dispose de larges façades maritimes bien ventées.

Le projet des Deux Côtes pourrait bien faire date et rendre une Région comme la Picardie (1,8 millions d’habitants) quasi-autonome d’un point de vue énergétique.

Ce projet de parc éolien situé à 14 Kms des côtes serait d’une puissance de 705 mégawatts (4) et composé de 141 éoliennes de 80 mètres de haut, espacées de 630 mètres et de 5 mégawatts chacune : soit la consommation annuelle d’électricité d’environ 900 000 personnes.

Mais l’intérêt du projet semble dépasser l’enjeu énergétique : les expériences de parcs de ce type révèlent que « l’effet récif artificiel » participe au développement de la ressource halieutique. En outre, la taxe spécifique aux éoliennes en mer (5) devrait représenter environ 8 millions d’euros, versés pour moitié aux intercommunalités concernées et d’autres part en faveur d’un fonds national pour les activités maritimes de pêche et de plaisance. Le développement économique local induit est aussi significatif. L’investissement lié à ce projet approcherait 1,4 milliard d’euros avec une valeur ajoutée au trois quarts nationale et régionale. Une quarantaine de personnels permanents sur 20 ans au titre de la maintenance et près de 2800 emplois seraient créés pour les phases d’ingénierie, de fabrication et de pose.

Les points de blocage actuels sont liés à une question de droit d’occupation… des sols à laquelle le représentant de l’Etat pourrait donner une issue positive dans les prochaines semaines. Mais il y a aussi les pêcheurs, touchés par la hausse des carburants et dont une frange s’obstine à vouloir revenir vers une pêche sans avenir, affranchie de tous quotas.

Il reste la question de la place des autorités publiques. Là où la filière nucléaire a fait l’objet en son temps d’un soutien massif en fonds propres, le développement de l’éolien doit compter uniquement sur les tarifs de rachat par EDF. A noter que l’opérateur national tente de combler tardivement son retard de production énergie renouvelable par croissance externe.


(1) North Hoyle a été construit en 2003 : ce parc est constitué de 30 éoliennes de 2 mégawatts chacune
(2) Groupe Suez : 140 000 collaborateurs, chiffre d’affaires de 44,3 milliards d’euros en 2006 réalisé à 89% en Europe et en Amérique du Nord
(3) A ce jour, la France ne compte que 1800 mégawatts de puissance éolienne installée
(4) 1 mégawatt = 1 million de Watts
(5) Loi de finance 30 décembre 2005, article 76

26.02.2008

Plan climat parisien : mode d'emploi ou comment passer aux actes!

Ce mercredi soir, à 19 heures, nous organisons un débat sur le plan climat dont vous trouverez les détails dans le Site Municipales Verts 11e. Cela se passe au "Café la Fauvette", métro Goncourt, 115 avenue Parmentier. C'est en présence d'Yves Contassot, adjoint Vert à l'environnement.

Intervention d'Yves au Conseil de Paris : le "plan climat", il faut maintenant passer aux actes.


La Ville espère réduire en 2020 par rapport à 2004 de 30% les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique du parc municipal (véhicules, bâtiments publics, HLM, etc.).

Plus globalement, l'objectif est fixé à 25% de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le résidentiel tertiaire et résidentiel, principale source de hausse de GES (gaz à effet de serre) sur ces 10 dernières années. L’engagement retenu dans le plan est ainsi plus contraignant que les objectifs européens (20%).

Comment y arriver ?

En développant des politiques publiques sur les principales sources et de hausse des GES depuis de nombreuses années. Les transports et le logement.

Pour les immeubles, l’objectif affiché est clairement de « cibler le stock ».Toutes les constructions neuves doivent respecter la norme thermique de 2005, soit 50 KWh par an au m2 pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Ces constructions représentent seulement 1% du patrimoine en moyenne, renouvelé chaque année. Et moins encore sur Paris.

Le « stock », ce sont les bâtiments anciens à rénover, c’est à dire le cœur de l’enjeu des GES. L’objectif à atteindre serait de 80 KWh dans un plan comprenant une rénovation thermique de 3.000 équipements publics.

Mais pour les 85% du bâti à Paris qui date d'avant 1975, le "plan climat" propose un "plan Marshall" de rénovation d'ici à 2020 traitant :

- un quart du parc social, soit 55.000 logements en commençant par les plus "énergivores" (1)

- pour les 100.000 immeubles privés qui devraient être réhabilités d'ici à 2050, il est proposé des aides aux copropriétés pour un diagnostic énergétique et des travaux d'isolation subventionnés. (2)

L’objectif actuel est de subventionner 300 immeubles en 3 ans dans le cadre d’un projet d’intérêt général, soumis aux copropriétés, combinant conseil, aide au diagnostic thermique et subventionnement des travaux.

Mais d’ores et déjà se pose la question des leviers financiers (3) pour accélérer l’effort en matière d’isolation. Les trois quart des crédits d’impôts consentis à l’échelle nationale en matière énergétique concernent le renouvelable et, pour une frange minoritaire, l’efficacité énergétique.

C'est un des enjeu de cette campagne. Quand on me demande ce qui nous distingue sur le sujet avec les camarades de la liste du PS, je réponds qu'on partage les mêmes préoccupations. Al Gore nous a beaucoup aidé à ce niveau.

Par contre, dés qu'il s'agit de décliner le "plan climat" en dispositifs de politiques publiques assortis de vrais moyens, cela coince.

Nous pourrions mettre à disposition un "crédit gratuit de 100 000 euros par immeubles" pour remplacer la chaudière (dans le parc social = 25% de baisses de charges), isoler voire développer le solaire pour de l'eau chaude sanitaire.

C'est bien pour l'environnement, c'est bon pour les factures. Et bien, les camarades socialistes, ils répondent souvent "qu'il faut étudier les partenariats", "trouver les bons mécanismes". OK, on est d'accord sur la méthode. Mais pour atteindre un objectif, il faut se donner des marges de manoeuvre et changer d'échelle nos politiques.

Chaque vote pour les Vert le dimanche 9 mars, un coup de pouce supplémentaire pour mettre en oeuvre plus rapidement le plan climat!


(1) sur un total de 220.000 logements sociaux. Le gain serait de 220.000 tonnes équivalent C02.

(2) D’autres mesures sont préconisés dans le plan tel que le recours au chauffage urbain et au gaz collectif. La ville dispose déjà d’un solide réseau de chaleur sur lequel elle peut s’appuyer pour connecter les plus gros consommateurs : administration, établissements scolaires, hopitaux…

(3) lire dans la rubrique ou le tag "énergie" les articles sur le sujet relatant les expériences des crédits bonifiés mis en oeuvre par des conseils régionaux : NPDC, Picardie...
Les "nouveaux outils financiers" pour financer l'efficacité énergétique ont fait l'objet d'un atelier aux dernières assises de l'énergie de Grenoble que j'ai eu le plaisir de co-animer avec Arnaud Caron, Vice-Pdt en charge des finances et de la planification de la région Picardie.

26.10.2007

Plan climat : quelques positions du PS parisien

Donc, là, on nous explique que la fondation Clinton vient se renseigner sur ce que met en œuvre la Mairie de Paris dans le cadre du plan climat.

Un plan d’isolation sur 100 écoles (sur 650), les plus énergétivores. 30 ans après le premier choc pétrolier, on réinvente l’eau chaude.

Le pire, c’est que c’est un document de propagande électorale du PS et qu’on sent qu’ils sont super contents de nous l’annoncer, expert à l’appui. On mesure l’ampleur du chantier sur le bâti ancien, 100 000 immeubles à Paris, sur lesquels il conviendrait d’agir.

On n’est pas rendu.

17.10.2007

Scandale au Grenelle de l'environnement

Les bouteilles d'eau étaient en plastique.

Le problème avec le « Grenelle de l’environnement », c’est qu’il va bien falloir acter à un moment donné un catalogue de dispositifs. Mais, quand bien même il ressemblerait à celui de « la redoute », ce sera loin d’être suffisant. Car là où achoppent le plus souvent les politiques écologiques, c’est sur les outils de leur mise en œuvre.



Combien de bonnes intentions resteront ainsi dans les placards faute de relais suffisants?
Sur l’autel du formalisme juridique, combien de politiques locales crèvent après leur transformation en vœux voire après leur passage en délibération ?

Ci dessous, une réalisation intéressante en matière d’ « éco-quartier » à Paris. Moins de 50 kwh par m2 de consommation énergétique, c’est un objectif ambitieux pour du logement social. Pour massifier les expériences d’efficacité énergétique, le plan climat (1) récemment adopté par la Ville de Paris prévoit de la rénovation sur de l’ancien, particulièrement consommateur d’énergie. Il faudra trouver les dispositifs (2) pour inciter financièrement les ménages et les co-propriétés afin que les travaux ne riment pas avec hausse de loyers.

(1) Lire le billet du 22 septembre
(2) Lire les billets des 9 avril, 22 mai et 28 juin concernant plus de détails sur le prêt « Picardie avantage isolation », lancé à l’initiative du conseil régional.

10.10.2007

Les candidats républicains et démocrates dévoilent leurs projets en matière d'énergie

Les candidats démocrates s’engagent tous sur des objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) : 80% d’ici 2050. Bill Richardson, ancien secrétaire d’Etat à l’environnement de Bill Clinton propose un objectif de 90% et met en avant son expérience en tant que gouverneur du nouveau-mexique.
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Le « mix » des solutions est sensiblement le même pour les favoris de la primaire démocrate : investissement dans les énergies renouvelables et efficacité énergétique. Les Etats-Unis subissent en effet un retard conséquent en matière d’isolation de leur habitat traditionnel, la maison en bois et, du fait de l’étalement urbain, sont « addict to oil ».

Si le développement des moteurs hybrides et d’un système proche des certificats blanc (1) sont aussi des solutions mises en avant par ces candidats, la question du nucléaire distingue nettement le sénateur Edwards.

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Contrairement à ces concurrents, il se montre opposé à un plan nucléaire de nouvelle génération.

Côté républicain, le gouverneur de Californie fait cavalier seul en matière de lutte contre les GES. Seul le sénateur Mac Cain, candidat aux primaires, a pris des engagements à ce niveau.

Les politiques des Etats et des villes ont déjà pris les devant en matière de GES (2) et pallient pour l’instant à un déficit d’intervention fédéral. A lire également ce jour dans le supplément du « Monde », « la société américaine avance plus vite que sa classe politique ».




"Our generation must be the one that says, 'we must halt global warming.' Our generation must be the one that says 'yes' to renewable fuels and ends forever our dependence on foreign oil. And our generation must be the one that builds the new energy economy. It won't be easy, but it is time to ask the American people to be patriotic about something other than war." – John Edwards


(1) Lire notamment sur ce site les articles des 13 et 18 mai 2007 sur cette question
(2) "La ville de San Francisco construit sa stratégie énergétique à tâtons", article du 16 mai republié le 23 juillet 2007

21.09.2007

La ville de Paris soumet au débat son "plan climat"

Avec son futur "plan climat" qui doit être examiné par les élus parisiens début octobre, la Ville de Paris se veut "exemplaire sur son patrimoine". A l’initiative des Verts, porté par Yves Contassot, ce plan affiche un certain nombre d’ambitions.

La Ville espère réduire en 2020 par rapport à 2004 de 30% les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique du parc municipal (véhicules, bâtiments publics, HLM, etc.).

Plus globalement, l'objectif est fixé à 25% de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le résidentiel tertiaire et résidentiel, principale source de hausse de GES (gaz à effet de serre) sur ces 10 dernières années. L’engagement retenu dans le plan est ainsi plus contraignant que les objectifs européens (20%).

Comment y arriver ?

En développant des politiques publiques sur les principales sources et de hausse des GES depuis de nombreuses années. Les transports et le logement.

Sur le plan du patrimoine, l’objectif affiché est clairement de « cibler le stock »..


Toutes les constructions neuves doivent respecter la norme thermique de 2005, soit 50 KWh par an au m2 pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Ces constructions représentent seulement 1% du patrimoine en moyenne, renouvelé chaque année. Et moins encore sur Paris.

Le « stock », ce sont les bâtiments anciens à rénover, c’est à dire le cœur de l’enjeu des GES. L’objectif à atteindre serait de 80 KWh dans un plan comprenant une rénovation thermique de 3.000 équipements publics.

Mais pour les 85% du bâti à Paris qui date d'avant 1975, le "plan climat" propose un "plan Marshall" de rénovation d'ici à 2020 traitant :

- un quart du parc social, soit 55.000 logements en commençant par les plus "énergivores" (1)

- pour les 100.000 immeubles privés qui devraient être réhabilités d'ici à 2050, il est proposé des aides aux copropriétés pour un diagnostic énergétique et des travaux d'isolation subventionnés. (2)


Ce plan va être envoyé dans les conseils d'arrondissement, avant d'être débattu en commission (comprenant la majorité et l’opposition) et éventuellement amendé, puis soumis aux élus parisiens les ler et 2 octobre.

Comment faire œuvre utile pour ce plan ?
En évaluant une cible pertinente à atteindre sur le bâti ancien qui soit à la hauteur des enjeux du « facteur 4 » ?. (3)

Quelle pourrait être cette cible ?
Si on prend comme objectif les 100 000 immeubles privés amenés à être réhabilités d’ici 2050, le traitement d’une proportion de 75% d’entre eux serait déjà une belle performance.

L’objectif actuel est de subventionner 300 immeubles en 3 ans dans le cadre d’un processus dit « PIG », projet d’intérêt général, soumis aux copropriétés, combinant conseil, aide au diagnostic thermique et subventionnement des travaux.

Le travail qui s’amorce dans les arrondissements permettra de décliner et d’affirmer l’ambition du plan climat sur son volet patrimoine.

Mais d’ores et déjà se pose la question des leviers financiers (4) pour accélérer l’effort en matière d’isolation. Les trois quart des crédits d’impôts consentis à l’échelle nationale en matière énergétique concernent le renouvelable et, pour une frange minoritaire, l’efficacité énergétique.

Au niveau parisien, la réflexion et les débats dans les arrondissements et au conseil de Paris pourraient également permettre d'adosser à ce plan un chiffrage et une enveloppe budgétaire pluriannuelle.

(1) sur un total de 220.000 logements sociaux. Le gain serait de 220.000 tonnes équivalent C02.

(2) D’autres mesures sont préconisés dans le plan tel que le recours au chauffage urbain et au gaz collectif. La ville dispose déjà d’un solide réseau de chaleur sur lequel elle peut s’appuyer pour connecter les plus gros consommateurs : administration, établissements scolaires, hopitaux…

(3) l'objectif du groupe de travail constitué autour de l’objectif du « facteur 4 » était d'étudier les pistes crédibles capables de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici 2050.

(4) lire dans la rubrique ou le tag "énergie" les articles sur le sujet relatant les expériences des crédits bonifiés mis en oeuvre par des conseils régionaux : NPDC, Picardie...
Les "nouveaux outils financiers" pour financer l'efficacité énergétique ont fait l'objet d'un atelier aux dernières assises de l'énergie de Grenoble que j'ai eu le plaisir de co-animer avec Arnaud Caron, Vice-Pdt en charge des finances et de la planification de la région Picardie.

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