29.11.2008

Solutions du NPA : pièges à c...?

A l’heure où Robert Hue prend le large du PCF, quelque chose nous dit que la tentative de Jean-Luc Mélenchon de constituer un équivalent de Die-Linke en France n’est pas encore rendue.

On regardera davantage du côté du NPA pour entrevoir l’esquisse du « projet » proposé par la gauche dite radicale.

Car, au delà d’une parfaite maîtrise du système médiatique du leader de cette nouvelle formation, que doit on attendre sur le fond de cette initiative ?

Quand on regarde du côté du site très léché du NPA, on reste un peu sur sa faim. En dehors des appels « à faire converger le mécontentement » dont on notera le souci systématique de leur donner un écho médiatique, quelques articles de « fond » seulement.

Dont un, à la une du site justement, assez caricatural d’une certaine pensée paresseuse mais surtout prétentieuse dans ses analyses et, la plupart du temps, vaine en termes de propositions.

Ainsi, dans son long article sur « la crise et les réponses à y apporter », un responsable du bureau national de la LCR assène les très classiques «… il n’y a pas de situation sans issue pour le capitalisme … jusqu’à ce qu’il y ait son renversement » et autres « crise systémique ». Tout cela est accompagné d’analyses qui ne sont pas dénuées de pertinence : que ce soit sur la diminution de la part des salaires dans la valeur ajoutée, la baisse tendancielle des investissements productifs au profit de bulles spéculatives etc.

Rien de très nouveau et on peut lire en d’autres termes des analyses plus étayées sur le sujet d’économistes Kéneysiens tels que J. Stiglitz ou le prix Nobel P. Krugman. Sauf que ces économistes là font des propositions qui font cruellement défaut à l’extrême gauche « blin bling ».

Et notre « sous commandant » du NPA de poursuivre « l’analyse » sur un autre site : « il faut un anticapitalisme pur qui pose la question du socialisme. Face à la logique des profits, il faut substituer celle des besoins sociaux. »

« Il faut ».
Il y a toujours une logique faussement enfantine aux incantations de la « gauche radicale » : elle tend à nous faire croire qu’on peut changer un système « méchant » par un autre plus « gentil ». Ce faisant, la conduite de politiques publiques , les incitations, les leviers démocratiques ne font pas partie de ses priorités. Le cœur de son argumentation porte sur la nature même d’un modèle qu’elle peine d’ailleurs à définir.

On a quelques pistes sur le site du NPA qui liste des références mettant l’accent sur « des revendications contre les déréglementations financières, les taxations des transactions financières, les paradis fiscaux, le non-paiement de la dette, le contrôle des capitaux, la levée des secrets bancaire et commercial, la nationalisation des banques sans indemnisations et leur création au niveau étatique ou para-étatique, comme la Banque du Sud appuyée sur Cuba et les régimes progressistes ».

Entendez, les grandes démocraties carcérales, corrompues voire nourries à la rente pétrolière : celles que le petit peuple est en train de lâcher contre la nouvelle bourgeoisie, comme lors des récentes municipales au Venezuela, par exemple.

Ainsi donc, ce ne sont pas les régulations qui pérennisent le « système » qui sont les solutions à creuser mais la remise en cause de la propriété privée, le contrôle « par les travailleurs », pris comme une entité homogène, sensée portée des mécontentements et des revendications qui « convergent ». Seuls ces « travailleurs » porteraient une alternative intrinsèquement meilleure : celle d’un capital approprié et piloté par eux.

Ultime objectif pour dissoudre les objectifs de profit, de rentabilité, de spéculation et leurs contradictions : il suffit de changer les propriétaires !!

Cela a le mérite de nous éviter le détail et le l’efficacité d’un programme de TF1. C’est dans le contenu de cette pensée binaire qu’il faut peut être trouver les causes du succès de l’alibi « de gauche » à un corps social et un système médiatique en quêtes de repères.

04.07.2008

Au sujet des prétendues révélations sur Besancenot...

A un journaliste qui me demandait récemment mes sources sur un post concernant un leader d’un parti d’extrême gauche (celui qui est prétendument conseillé par un ponte de la com’ de la place), je me souvenais de la règle numéro 1 de la déontologie : ne jamais rien révéler à ce niveau.

Et puis quoi. Il ne s’agit pas de diffamation : rien de honteux à se faire aider, en effet.

Pas plus qu’être le gendre de l’ancien chef de ce parti ou ancien attaché parlementaire au parlement européen. Rumeurs que tout cela.

Juste un peu décadré par rapport à l’image si « jeune et cool », naturelle , du facteur de Neuilly.

Justement., un pote d’un cabinet de com’ de la place faisait l’autre jour sa langue de pute sur le même sujet en me questionnant . Dialogues.

- As-tu remarqué son attitude devant les caméras ? Cette manière si « habitée » de mettre les mains dans les poches, toujours une chemise ouverte, portée sur un Jean…
- Bein quoi, tu te balades jamais comme cela, toi ?
- Bein si. Mais moi, si j’étais candidat à la présidentielle, je me dirais que pour être en phase avec mon électorat, ce serait une foutrement bonne idée.
- Et donc, cela ferait l’objet de conseils prodigués par de hauts communicants contre-défraiements ?
- Putain, t’es con, crois-tu qu’un responsable de ce type de formation prendrait le risque de se faire épingler sur une pratique courante « du système » qu’il dénonce ?

Sur ces entre faits, je me souvenais d’une autre discussion avec un autre élu qui me glissait à l’oreille quelques « astuces » des comptes de campagne électorale. Rien n’empêche, en effet, même si cela est interdit, qu’un prestataire payé pour des dépenses remboursables tout à fait « présentables » de charger la barque pour ne pas faire apparaître d’autres prestations non-remboursables ou que l’on ne souhaite tout simplement pas rendre publique.

Et de là, je faisais la relation entre ces deux histoires. Si quelqu’un vérifiait la liste des prestataires ayant fait l’objet de remboursements dans le cadre des comptes de campagne d’une organisation lambda, il se pourrait qu’on y trouve un début de réponse à toutes ces rumeurs non-fondées et vraiment dégueulasses de bloggueurs qui n’ont vraiment que ça à foutre.

03.07.2008

Besancenot : la réaction révolutionnaire à la libération de Betancourt

La fausse ONG déguisée en armée colombienne venue délivrée Ingrid Betancourt a trompé la vigilance des FARC en vétissant…des T-shirts du Che !

Et moi qui pensais qu’on ne trouvait plus ces ustensiles que dans les stands de la LCR ou en bonus des pochettes des mauvaises chansons du Top 50…

Je me rendais de ce pas sur le site de la LCR pour voir ce que la future organisation de la lutte anticapitaliste avec ses bras musclés en pense de cette libération. Car tromper la vigilance des FARC avec une icône de la LCR, je me dis qu’il doit bien avoir anguille sous roche.

Et là, en communiqué de presse, on a droit à une analyse stratégique de haut vol qui nous rappelle « le régime autoritaire du président Uribe » (quand même démocratiquement élu même si c’est un gros réac…) et l’inévitable couplet sur Israël dont la justice a condamné Marwan Barghouti, dirigeant palestinien.

Si cette bourgeoise de Betancourt avait dirigé une prison en assassinant des opposants ou posé des bombes à Tel-Aviv, elle aurait peut être eu droit à un communiqué rien que pour elle.

29.06.2008

Besancenot et la stratégie marketing du « NPA »

Cet après-midi, passage en boucle sur France-Info de l’annonce de la création du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Est-ce pour ne pas effrayer le chaland que la formation trotskiste a plutôt cherché à mettre en avant les initiales d’une ancienne émission branchée d’une chaîne cryptée ?

Après le passage chez Drucker, un signe supplémentaire de la stratégie marketing déclinée par ce parti d’extrême gauche, plus à l’aise pour se faire conseiller avec défraiement par un ponte de la com’ que d’accepter les dissensions dans ses rangs.

La LCR version Besancenot, c’est un peu comme ces VRP qui vous vendent avec sourire un aspirateur sans vous parler du service après-vente. Une fois signé le contrat, fini les protestations en cas de panne. Les minoritaires de la LCR en savent quelque chose : leur permanent a été licencié sans plus de forme. Un signe d’ouverture qui mériterait que « les gens venus d’horizons différents » qui s’apprêtent à intégrer le « NPA » y regardent à deux fois.

Car si, comme le dit Olivier, « dans cette nouvelle organisation, on va s’engueuler c’est normal », gaffe à ne pas se croire dans une entreprise autogérée car chez NPA, le seul chef, c’est bien lui et personne d’autres.

Les médias nous recrachent donc la dernière opération de com’ de la LCR sans plus de sens critique que pour une nouvelle pub de bagnole. Rien sur le bilan des élus de la LCR dans les collectivités locales, rien sur les acquis qu’ils ont permis d’obtenir depuis 40 ans, rien non plus sur leur projet de société.

C’est normal, c’était pas dans le dossier de presse.

Pour comprendre une telle mansuétude des médias, il suffit de se poser LA bonne question : à qui profite le crime ?

10.05.2008

Encore un peu de buzz pour Drucker et Besancenot...

Il a déjà un fan de plus, Olivier Besancenot : Michel Drucker en personne.
Le « surdoué » de la LCR (dixit Michel) a aussi invité sur le plateau de dimanche une salariée licenciée. On attend avec impatience les solutions du leader du futur « nouveau parti anticapitaliste » à son problème. Et au notre aussi. Nous n’aurons certainement pas l’occasion d’en apprécier l’efficacité car une fois les caméras éteintes, la personne invitée rejoindra l’anonymat et les cohortes composées des 200 000 personnes licenciées chaque année. Elles doivent, au mieux, se démerder avec leur conseiller ANPE, encore plus démuni qu’Olivier face à la situation, et nos bons vieux syndicats qui font ce qu’ils peuvent. Grâce à Drucker, dimanche, de nouvelles solutions anticapitalistes à mettre en oeuvre, donc.

Dans « Le Monde » daté de samedi, Ségolène Royal signe une tribune sur le RSA, plutôt à destination des sortants d’allocations sociales, et son futur financement qui vient pomper la prime pour l’emploi (PPE), plutôt au bénéfice des travailleurs pauvres.
C’est en effet une très mauvaise idée du gouvernement et on imagine ce qu’une partie des 15 milliards du « paquet fiscal » aurait été utile en ces temps de fins de mois difficiles. La droite est super forte quand même. Le déficit de l’Etat frôle les 40 milliards et elle nous a creusé le trou d’un tiers pour des dispositifs à l’efficacité proche de zéro.
Au moins Besancenot, quand il nous raconte ses trucs avec son air affligé, cela ne coûte pas un rond ! Enfin si, un peu de redevance pour France 2 pour organiser son show.

28.04.2008

Besancenot ou la fable du postier en lutte avec les salariés

Besancenot va passer chez Drucker. Et alors ?

Un début de polémique traverse même la LCR, le «parti d’Olivier».
La presse bourgeoise s’affole, le « Libé » du jour évoque la pipolisation de l’icône révolutionnaire.


Pourquoi ?
Besancenot fustige le capitalisme inhumain.
Besancenot compatissant, n’est jamais en reste avec les grévistes de la faim, les sans papiers, les Mac-Do... Jamais très loin des caméras, très compatissantes avec lui aussi, d’ailleurs, les caméras.

Car c’est là le paradoxe de la LCR qui n’existe pas par les politiques publiques : ses réalisations tendent vers zéro et ce, depuis l’infini des temps. Qui peut citer une seule conquête sociale depuis quarante ans dont la LCR soit à l’origine ? Il n’y en a pas. Et pourtant, elle existe bien sur le champ électoral la « gauche anticapitaliste » : ses scores sont proches de 5% depuis deux présidentielles.

Comment?
Parce que la LCR est marckétée comme un yaourt au Bifidus actif, c’est du tout bon pour TF1 et les marchands de bonnes histoires. Celle de l’apparatchik bien marié, formé aux techniques de la communication au Parlement européen. Pardon, celle du facteur toujours sur son vélo passant du populaire Drucker aux plateaux-de-travailleurs-en-lutte-mettez-vous-derrière-vas-y-cadre-moi-ça coco-Olivier-reste au-milieu.

Cette stratégie de la tête de gondole procède d’une maîtrise parfaite des techniques des médias. Toujours en recherche d’une fable, d’idées pas trop compliquées, suffisamment binaires pour ne pas avoir à faire son travail de journaliste.
Cette logique est celle de l’offre, celle qui est faite aux médias.

Elle répond aussi à une demande : celle d’un électorat, déboussolé, déclassé qui ne trouve pas d’interlocuteur probant du côté de la gauche réformiste.

Répond-t-elle aux exigences de la révolution ?
Peut-être.
A celles des travailleurs ?
Certainement pas.

A celles de Drucker…assurément.

04.08.2007

Le 5 avril : "De la mythologie Besancenot…au projet de la gauche pseudo-radicale"

Ce qui est assez affligeant dans ce zapping envoyé par un copain de la LCR, c’est de constater que même « Olivier le facteur » et son équipe de campagne s’accommodent bien du reportage TF1 à la mode gnan-gnan. Et d’ailleurs, quand le présentateur termine par un « en tous les cas, des collègues bien sympathiques… », il s’est affublé de ce sourire avec lequel il fait aussi ses commentaires sur Cécilia et Nicolas..



Qu’il s’agisse de Besancenot ou de tout autre candidat-e, cette immixtion de la vie privée dans le champ politique illustre le mieux ce vide médiatique à la sauce Pernaud. Il est quand même dommage que le porteur de « l’alter-politique » joue à ce point des mêmes ficelles que les candidats « du système ». Il le fait même avec une habileté rare, ce qui le classe davantage dans la catégorie des « petits filous » de la politique qui sans cesse essaient de vous sous-tirer de la compassion pour attirer votre sympathie électorale.

Pour tout vous dire, je ne crois pas davantage à Besancenot gentil facteur (mais aussi « bien marié », habitant un grand appartement dans le 18°, ayant effectué ses classes d’apparatchik au parlement européen comme tout bon apparatchik qui se respecte..) qu’aux sermons d’Yves Salesse quand il nous assène de sa maison de Lubéron « qu’un autre monde est possible » qu’aux petites faiblesses d’une verte pro-Bové quand elle se déplace de colloques en forums sociaux dans les business class d’Air-France.

Cette gauche-là, jouant de bons sentiments et de la culpabilisation de l’adversaire mou « soc-dém »me fait même prodigieusement chier depuis bien longtemps. J’en parle en connaissance de cause car repenti des comités Juquin dés les avoirs quittés. Après avoir constaté aussi le grand écart permanent entre le dire et le faire de cette oligarchie de la gauche pseudo-radicale.

Sur le fond (car toutes ces remarques plus haut qui ne s’adressent pas aux militants de base et autres camarades sincères), je suis quand même consterné de la faiblesse de la critique de la gauche radicale et du projet qu’elle esquisse. D’abord, parce qu’elle évite soigneusement (contrairement à nous, bons cons de Verts) à se frotter aux responsabilités gouvernementales ou même locales.

Déjà, ça calme un peu au niveau de la pertinence de la critique radicââââle.

Le projet radical-fastoche et ultra-universitaire en trois parties reste le même depuis au moins trois décennies. Il est à la sauce « on va redéplacer la valeur ajoutée en faveur des salariés » et au piment « y’a qu’à prendre sur les dividendes des actionnaires ». Avec une ligne sur l’écologie à la fin parce que ça fait genre.

Bien sûr, tout le monde est d’accord sur les intentions.

« Bouh les vilains méchant du patronat, on va vous reprendre tout cela avec la grève des travailleurs ».

Non, mais sans déconner, après avoir planté le projet de constitution européenne (l’Europe libérale gna gna gna), vous pensez le faire comment le grand plan en économie ouverte ?

Bein ouais, ça plait peut-être pas mais on est en économie réelle et pas dans le modèle Chavez.

Par exemple, il eut été possible d’imposer un impôt sur les sociétés au niveau européen. Il eut fallu une étape supplémentaire d’intégration qui est aujourd’hui plantée pour pas mal de temps.

Aussi, quand j’entends Besancenot nous parler comme plan B de la recomposition de Buffet à Mélenchon, je me dis qu’avec des amis comme cela, on a vraiment pas besoin d’ennemis.

17.04.2007

Voynet : la pédagogie sans la démagogie

Point de vue perso, la candidate des Verts n’est jamais aussi convaincante que lorsqu’elle parle de la transversalité de l’écologie, à l’intersection des problèmes sociaux et environnementaux.

Dominique Voynet n’est pas dans le « Y’à qu’à, faut qu’on… ».

Elle s’appuie sur les politiques publiques impulsées par les Verts dans les régions tout en faisant des propositions concrètes pour les dépasser.

Quand elle cause nucléaire, elle pointe les risques-insollubles- de la gestion des déchets et du danger géo-stratégique, grande question tabou pour le gouvernement.

Mais elle va plus loin en proposant un plan sur le logement social et la qualité environnementale (une bonne isolation !) qui est aussi la qualité sociale pour ceux qui les habitent. Et la meilleur manière pour baisser drastiquement les émissions de GES.


Promettre +30% pour tout le monde, ce n’est pas seulement la facilité de ceux qui ne veulent pas se fader les responsabilités. C’est faire clairement son beurre avec les déconvenues du peuple.

Avec Ségolène qui assure jour après jour sa place au second tour, le vote Vert, c’est faire le choix du « plus et mieux » à gauche pour l’après élection.

C’est la valeur ajoutée pour nos politiques publiques. Le choix de la radicalité efficace.




post scriptum : au moment où l'effroyable massacre dans une université américaine est largement commenté sur les ondes, l'occasion de nous interesser de prés les prochaines semaines aux prochaines primaires démocrates. Le documentaire de M. Moore "bowling for columbine" n'annonce-t-il pas une tragédie en série? Est-ce précurseur d'un mouvement de violence que les sociétés européennes pourraient elles aussi connaitre en écho?