30.08.2007

C'était le 3 juillet : "RMI : stratégies comparées d'insertion Paris / Hauts-de-Seine + la piste du chèque "fruits et légumes""

Selon le quotidien "20 minutes", quelque 58 200 personnes sont allocataires du RMI à Paris. La Ville leur consacre 54 millions d'euros par an. Dans les Hauts-de-Seine, le budget est de 15,59 millions d'euros, au bénéfice de 28 556 personnes.

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Paris a annoncé hier une diminution du nombre d'allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI). Selon la Ville, il y aurait 4 000 allocataires de moins par rapport à 2006. Paris dit miser sur une politique de réinsertion
professionnelle spécifique pour les RMistes. Tout comme son voisin des Hauts-de-Seine. Les deux départements les plus riches de France revendiquent d'être à la pointe dans ce domaine. Si l'objectif à atteindre est le même,
la politique menée est en revanche différente. 20 Minutes dresse un comparatif des deux dispositifs.

A Paris, 4/5e du budget total est consacré à l'insertion sociale des RMistes. Cette politique comporte quatre axes : l'aide à la mobilité, un service santé composé de médecins et de psychologues, la création d'un fonds
d'initiatives pour des demandes de financement individualisé, et le logement. Pour le volet professionnel, les RMistes sont suivis par les services départementaux, avec l'aide d'associations et autour des forums de l'emploi organisés par la Ville. La capitale expérimente aussi le suivi de RMistes par des entreprises privées : des contrats avec dix sociétés spécialisées dans le placement ont été signés. Sur les 1 600 RMistes suivis,
le taux de retour à l'emploi s'élève à 57 %, dont 37 % ont un emploi durable, un CDD de plus de six mois ou un CDI.

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Dans les Hauts-de-Seine, ce recours au privé pour le reclassement des allocataires est la priorité du conseil général. Depuis l'année dernière, Ingeus, une société australienne spécialisée dans le reclassement, est en
charge des allocataires du RMI depuis plus de deux ans. Trois sites ont ouvert à Asnières, Antony et Nanterre. Chaque allocataire rencontre un conseiller une fois par semaine. Après le retour à l'emploi, Ingeus continue
à suivre la personne pendant un an. Sur les 2 000 signataires de la charte d'accompagnement, plus de 600 ont retrouvé du travail, dont une centaine en CDI. Et pour les allocataires depuis moins de deux ans, des tuteurs ont été mis en place."

La question de la (sur)vie des citoyens dans cette situation passe également par des politiques plus volontaristes au niveau local. Un complément de RMI-parisien pourrait être ainsi envisagé mais l'effet de seuil est important pour dépasser le seuil de pauvreté, la moitié du salaire médian. Certains Etats ont opté de manière trés efficace en faveur d'un chèque "fruits et légumes" : les personnes en minima sociaux cumulent aussi les désordres alimentaires les plus importants avec les conséquences sanitaires qu'on sait (obésité...). Loin d'être une mesure de "charité", il s'agit de répondre rapidement et efficacement aux effets de la misère sociale. C'est à la mesure d'une collectivité locale. C'est l'inaction, même assortie de beaux discours, qui cause dans ce domaine des ravages.