27.06.2009

Et si on allait en voile intégral à la Gay Pride ?


Il s'appelle Vahid Kiani Motlagh. Il est iranien, gay, menacé d'être pendu dans son pays, mais la France s'apprête à le renvoyer chez lui. Il traversait notre pays pour rejoindre la Belgique, où il voulait se marier avec l'homme qu'il aime. Mais la France l'a arrêté, mis en centre de rétention et s'apprête à faire de lui l'un de ces numéros expulsés dont on tire un bilan politique satisfait.

En Iran, il se fera sans doute arrêter. Par des bassidji, des gardiens de la révolution ou de simples policiers. On l'accusera de viol et de "sodomie", et on le pendra. C'est la coutume dans un pays dont le président, Mahmoud Ahmadinejad, refuse de reconnaître qu'il existe des homosexuels... mais veut bien les tuer quand même. Un ennemi parmi les autres, les opposants politiques, les esprits libres, les journalistes, les femmes qui ne veulent pas se soumettre et porter le voile.

On le pendra comme on a tiré sur Neda, cette étudiante de 27 ans qui voulait simplement "plus de libertés". Pour éliminer toute opposition, toute résistance. Le voile de Neda, le sang qui coule sur ses yeux, la corde qui attend Vahid, ce sont les signes d'un monde en lutte. Pour l'émancipation.

Pendant ce temps, sur les trottoirs de France, des Samia ou des Marie-Christine ont choisi leur camp. Celui de la lutte contre l'émancipation. Elles prennent le voile intégral pour rester "pures", se protéger du monde extérieur (tous les autres). Elles ne comprennent pas que leurs grandes capes noires choquent. Elles, ce qui les choque, c'est le manque de pudeur, "tous ces pédés dans la rue" et ces "femmes qui ne se marient pas". Elles sont nées en France, sont allées à l'école, elles ne manquent ni d'éducation ni d'intégration. Elles sont françaises et elles ont choisi librement... l'aliénation. Pour faire plaisir à l'homme qu'elles aiment ou par fierté. Pour montrer qu'elles sont plus pieuses que les autres. Leur voile n'est dans aucun Coran. C'est un uniforme politique encouragé depuis l'Arabie saoudite. Il est censé être plus pudique. Avec lui, pourtant, on ne voit qu'elles. Elles le portent comme on entre dans une secte, avec la foi aveugle des convertis. Mais les groupes salafistes qui leur suggèrent ce choix, eux, sont dans une démarche politique. Comment ne pas s'interroger sur le message qu'ils envoient à travers le corps des femmes ?

Si nous vivions dans un monde où le Ku Klux Klan avait pris le pouvoir aux Etats-Unis et pendait des Noirs... que penserions-nous si des Français se mettaient à porter leur cagoule blanche pour faire leurs courses ? Le fait qu'ils soient consentants suffirait-il à nous rassurer ? Suffit-il de déguiser son sectarisme politique en religion pour que tout soit permis dans l'espace public ?

Ce sont toutes ces questions qui vont ressurgir à l'occasion du débat qui s'ouvre. Elles sont passionnelles. Et pourtant, il faudra mener celui-ci avec sang-froid. En s'écoutant. Les femmes portant le voile intégral diront leur vérité. Elles devront aussi entendre l'effet produit par leur choix en société. Chaque mot de travers sera guetté par les incendiaires pour propager soit le rejet de l'islam soit l'uniforme du martyr. Entre les deux, la Commission va devoir tâtonner. Peut-on convoquer la laïcité pour réglementer le port vestimentaire d'adultes dans la rue ? Au risque de lui rendre un bien mauvais service et d'amalgamer ce débat avec celui sur les signes religieux à l'école ? Peut-on invoquer la protection de la "dignité de la femme" ? Dans ce cas, il faudrait interdire tellement de choses sur la voie publique... Pourquoi ne pas se contenter d'exiger que tout le monde, sans exception, accepte de s'identifier pour des raisons de vivre-ensemble et de sécurité ? Faut-il renoncer à cette exigence pour ne pas ouvrir une brèche ? Le débat tranchera.

Mais ne nous y trompons pas. On ne fera pas changer d'avis Samia ou Marie-Christine. Par contre, on peut sauver Vahid. En lui accordant l'asile politique au lieu de l'expulser.
Caroline Fourest, Le Monde.

20.04.2009

Le dérapage annoncé du président Iranien

C'est une scène digne d'un Chaplin.
Un petit dictateur apprenti donneur de leçons ou comment faire une com' en externe dans un gant de velours pour masquer sa main de fer dans son propre pays...et son échec économique. Avec un ami comme cela, les Palestiniens n'ont vraiment pas besoin d'enemis et la lutte contre le racisme s'en serait bien passée.

"Ne transigeons pas sur la liberté de penser", par Jean-François Julliard et Robert Ménard, dans le "Monde" de ce soir. Extrait.

"Ne soyons ni dupes ni complices. Pour l'instant, le nouveau projet de déclaration finale de "Durban II" a éliminé des points de discorde. Dans ce document de 17 pages, le concept de diffamation des religions a été remplacé par la pénalisation de "l'incitation à la haine religieuse". Non seulement cette nouvelle formulation ouvre la porte à toutes sortes d'interprétations liberticides, mais en plus elle s'est faite au prix d'un marchandage sordide : il ne sera pas fait mention du refus des discriminations liées à "l'orientation sexuelle", défendu par les capitales occidentales au grand dam des pays musulmans et africains ou du Vatican. Cette concession occidentale ressemble fort à une déshonorante capitulation. Il faut se mobiliser."

Aprés la tatrufferie d'Ahmadinejad, on ne sait s'il faut souhaiter un Durban III dans les mêmes conditions...

17.08.2007

Pendaisons en Iran : pas de trêve estivale

Davantage d'informations sur le site:
http://www.iran-resist.org/

08.08.2007

Etre gay en Iran-reportage rare de la chaine CBS

Ces reportages ont été diffusés sur la chaine CBS en février 2007. Ils mettent en lumière des faits relativement peu traités par les grands médias et "relativisés" par un certain nombre d'intellectuels occidentaux. Eludant, comme au bon vieux temps du stalinisme, la question des droits de l'homme au motif d'une cause "supérieure" : la lutte contre "l'impérialisme américain et des alliés sionistes", pour aller vite.

Aux "arguments" de ces "idiots utiles", on ne peut que recommander la lecture des billets publiés ces jours çi sur ce blog.





Le 6 août :
L'Iran a fermé pour la seconde fois en moins d'un an le grand quotidien modéré du pays, Shargh, après qu'il eut publié une interview d'une poète accusée par les autorités d'être une militante homosexuelle, ont déclaré lundi des membres du journal.

La mesure contre le journal préféré des libéraux iraniens survient dans le contexte de pressions de plus en plus fortes sur la presse iranienne.

"J'ai été informé que l'organisme de surveillance de la presse avait ordonné l'interdiction, mais nous n'avons pas encore reçu de notification officielle", a déclaré à l'AFP le directeur du journal Mehdi Rahmanian.

"Nous avons publié une interview d'une femme écrivain expatriée. Ils nous ont dit que cette femme avait des problèmes de moeurs, qu'elle était homosexuelle et s'en vantait dans son blog". Mais nous l'avons interviewée en tant que poète", a dit M. Rahmanian.

Aucune confirmation officielle de la mesure n'a été obtenue auprès des autorités mais l'agence de presse Fars, citant une source informée au ministère de la Culture, a rapporté que le journal avait été frappé d'une mesure de fermeture temporaire.

"Le journal a été fermé hier soir, apparemment en raison de la publication d'une interview", a déclaré Saeed Laylaz, un éditorialiste de Sharg.

Dans son édition de samedi, Shargh (Est) avait publié sous le titre "langage féministe" une interview d'une page de Saghi Ghahreman, une femme poète iranienne vivant au Canada.

Le quotidien conservateur Kayhan s'en est pris lundi à Mme Ghahreman, la qualifiant de "contre-révolutionnaire en fuite" qui dirige "l'organisation iranienne des homosexuelles".

Shargh avait recommencé à paraître en mai après une interdiction de neuf mois pour avoir publié une caricature jugée insultante pour le président Mahmoud Ahmadinejad.

Le quotidien a publié lundi en première page des excuses, affirmant avoir donné la parole à cette femme tout en ignorant ses choix personnels. Le journal a promis qu'il "éviterait à l'avenir ce genre de personnes et leurs mouvements".

L'homoxualité est strictement interdite dans la république islamique où les homosexuels risquent la peine de mort.

En juillet, les autorités iraniennes avaient fermé un autre grand quotidien modéré Ham Mihan, deux mois et demi seulement après son autorisation à reparaître, et annulé définitivement la licence de publication du quotidien réformateur Mosharekat.

Ce journal était l'organe officiel du principal parti réformateur iranien, le Front de participation, aujourd'hui dans l'opposition. Il était dirigé par Mohammad Reza Khatami, frère de l'ex-président réformateur Mohammad Khatami.

Quelques jours après la suspension de Mosharekat, le ministre de la Culture Mohammad Hossein Safar Harandi avait dénoncé un "coup d'Etat rampant" dans la presse.

Il existe actuellement une quarantaine de quotidiens nationaux généralistes, dont la moitié sont proches des réformateurs et des modérés.

La dernière grande offensive contre la presse remonte à l'an 2000 quand le pouvoir judiciaire, qui était et reste dominé par les conservateurs, avait fermé plusieurs dizaines de publications proches des réformateurs alors au pouvoir.

 
© 2007 AFP