30.05.2008

Visages de l'Islam

Ce reportage est assez représentatif d’une évolution vers un « islam de marché » de régimes qui s’accommodent aussi bien d’un libéralisme pur et dur (pas à la Delanoë…) et de mœurs régressives. Mœurs régressives, c’est à dire l’assignation de la femme à une position inférieure à celle de l’homme, par exemple. En France, la tentative de représentation d’un islam est en échec sur fond de lutte d’influence. Elle est en rupture avec les attentes de nombreux musulmans comme le montre ce reportage. Certains musulmans renoncent à leur foi, comme ici en Grande-Bretagne, parfois avec difficultés. Cependant, comme le révélait l'enquête du Cevipof, pour une grande majorité de musulmans français, qu'ils soient hommes ou femmes, la religion n'est pas un facteur de retrait de la vie française ou d'isolement communautaire. Seul un tiers d'entre eux estime qu'un croyant doit suivre les principes coraniques même si ceux-ci s'opposent à la loi française. Et une écrasante majorité (80 %) considère le mot laïcité comme " très " ou " assez positif "

11.05.2008

L'Islam dans la presse en ce moment

Il y a quelques articles sur l’Islam ces jours-çi. Un dans le « Washington Post » qui constate avec raison le manque d’aménagements que nécessiterait un traitement un peu pragmatique des pratiques religieuses en prison dans le domaine alimentaire. Etonnant pour ce quotidien de référence : aucune remarque sur une des causes du déficit d’imams pour accompagner les prisonniers. La question de la formation dont elle sait qu’elle est problématique pour le « clergé musulman » n’est qu’à peine esquissée. Un autre article d’un quotidien d’Arabie saoudite, publié par « Courrier International », relate le vrai « bonheur » d’un imam saoudien de retour de son périple en France. Il évoque le financement par Monsieur Dassault d’un lieu de culte sur sa commune. On y apprend qu’un autre homme d’affaire « de droite » aurait ainsi bénéficié des votes de la communauté pour le bon traitement qu’il aurait accordé à la question religieuse. Il faut vraiment lire la presse libre d’un grand pays démocratique pour être informé…car du côté du journal « Le Monde », c’est encore embryonnaire. Dans un article du 10 mai sur « la famille musulmane » en rendez-vous annuel de l’organisation radicale UOIF, la journaliste relate sans contre champ un discours que ne renierait pas une Christine Boutin. A l’inverse des trop rares enquêtes qui valident la sécularisation des pratiques dans un contexte de conservatisme des mœurs des musulmans de France. Pas tous croyants également, il faut le rappeler.

11.10.2007

Islam et modernité

b4e46bd555bdcd350f322c41a7b72e26.jpgLes musulmans accusent un retard préjudiciable à un aggiornamento de la pensée religieuse dans quatre grands domaines

08.08.2007

L'islam intégriste, l'islam libéral et la "mauvaise conscience occidentale"

Il y a peu de temps le brillant orientaliste Bernard Lewis a publié une histoire courte décrivant le déclin du monde islamique et ayant pour titre “Qu’est ce qui a mal tourné ?”. Aussi étonnant que cela puisse être, de nombreuses voix “progressistes” en Occident se sont élevées pour la dénoncer. Ces voix ne tenaient pas compte du fait que Mr Lewis disait implicitement que la situation avait été meilleure auparavant et pourrait s’améliorer dans. Mais il est clair aujourd’hui que la situation n’est pas bonne dans le monde islamique. Les femmes sont lapidées à mort et subissent l’ablation du clitoris. Les homosexuels sont pendus sous le regard approbateur des partisans de la Shariah, le code légal de l’Islam. Les sunnites et les shiites s’entredéchirent tous les jours en Irak. Les mères Palestiniennes enseignent à leurs enfants de 3 ans le monde idéal du martyr. On peut comprendre que les tenants de l’orthodoxie musulmane puissent rejeter ces accusations, mais on comprend moins que les “prêtres non-Musulmans” du Siècle des Lumières se précipitent pour les absoudre. Ces progressistes donnent comme argument la nécessité d’aller à la racine des problèmes. D’accord. Le terrorisme est la manifestation d’un malaise et n’est pas le malaise lui-même. Mais les racines du terrorisme ne sont pas celles auxquelles pensent ces progressistes. Je suis un ancien membre de la Jamea’h al Islamyah, un groupe dirigé par Ayman al Zawahiri, n°2 d’al Qaeda. Je peux vous garantir que l’enseignement inhumain de l’idéologie islamiste peut transformer un esprit ouvert en un terroriste. Et on ne peut combattre le terrorisme musulman sans aller aux racines idéologiques de l’Islam radical. Et la principale racine de la terreur a comme nom le “salafisme”, une version ultra-conservatrice et violente de la religion (1). Il est vital de comprendre que le courant traditionnel et même principal de l’enseignement islamique accepte et encourage la violence. Ainsi la Shariah permet le meurtre des apostats, la frappe des femmes pour les discipliner, le prosélytisme des non-Musulmans et leur conversion par la guerre ou leur protection comme dhimmis, citoyens inférieurs. Notre loi islamique exhorte tout croyant à exterminer les Juifs, avant la Fin des Jours. Le silence assourdissant de la majorité des Musulmans devant ces pratiques barbares est le témoignage évident qu’il y a une erreur à la base.Le monde islamique est vraiment dans une situation difficile. On n’a pas d’interprétation du Coran rigoureuse sur le plan théologique qui puisse clairement défier les abus de la Shariah. Ainsi une branche tolérante de l’Islam comme le soufisme ne fournit pas la base théologique essentielle qui puisse annuler les proclamations cruelles du groupe salafiste. Ainsi depuis plus de 20 ans j’essaie de développer une théologie rigoureuse de l’Islam qui enseigne la paix. Cependant, il est ironique et décourageant de constater que des intellectuels Occidentaux non-Musulmans - qui soi-disant soutiennent les droits de l’homme - sont devenus des obstacles à la réforme de l’Islam. L’”islamiquement correct” en Occident est devenu un mur contre la critique d’une Shariah inhumaine. Ces Occidentaux trouvent des excuses au terrorisme islamique comme la pauvreté, le colonialisme, la discrimination ou la création d’Israël. Alors quelle incitation les Musulmans ont-ils pour demander la réforme, alors que des Occidentaux dits “progressistes” ouvrent la voie d’un Islam barbare ? Si le problème n’est pas la croyance religieuse comme ceux-ci le disent, alors pourquoi les Chrétiens qui vivent en milieu arabo-musulman, dans les mêmes conditions que les Musulmans ne se livrent pas à des campagnes de terreur à grande échelle ? De même, des politiciens et des Universitaires Occidentaux ont adopté le refrain que l’extrémisme islamique serait né du conflit israélo-arabe. Cette analyse ne convainc aucun esprit rationnel : le meurtre de 150 000 innocents en Algérie ou l’assassinat de centaines de bouddhistes en Thailande, ou la violence inouïe entre shiites et sunnites en Irak ont-ils un rapport quelconque avec le conflit israélo-arabe ? (2) Les féministes occidentales se battent chez elles pour un salaire égal à celui des hommes et pour des chances égales. Sous prétexte de relativisme culturel, ces même féministes ne s’inquiètent pas du fait que les femmes dans le monde islamique sont battues, exécutées ou mutilées sur le plan génital, ne peuvent pas voter, conduire une voiture ou s’habiller comme il leur plaît. La tendance à l’autocensure des Occidentaux dans leurs critiques empêche la réforme de l’Islam. Les Américains manifestent contre la guerre en Irak, mais s’abstiennent de le faire quand des terroristes enlèvent des innocents et les décapitent. Ainsi après les attentas de Madrid, des millions de citoyens espagnols ont manifesté contre l’ETA. Quand ils ont réalisé leur méprise et que des Musulmans étaient derrière cette terreur, les manifestations ont cessé. Cette attitude envoie un message d’encouragement aux Islamistes radicaux afin qu’ils persévèrent dans la violence. L’apaisement des Occidentaux à l’égard des communautés musulmanes a exacerbé le problème. Pendant la période de 4 mois qui a suivi la publication des caricatures de Mahomet dans un magazine danois, on n’a pas assisté à des manifestations de Musulmans. Après les excuses du magazine danois, des émeutes ont éclaté dans le monde entier. Les excuses ont été perçues come une faiblesse et une concession par les Islamistes. Pire que tout peut-être, est le sentiment anti-américain. Ce ressentiment est si profondément ancré dans l’identité individuelle qu’il a mené, consciemment ou non, de nombreux Occidentaux à soutenir moralement les ennemis de l’Amérique. Ces gens doivent comprendre que l’Islam radical est essentiellement anti-libéral, totalitaire et qu’il signifie la mort de toutes les valeurs occidentales. Les droits de l’Homme et la dignité dont nous bénéficions en Amérique ou ailleurs ne sont pas acquis. Le dialogue inter-religieux avec les Musulmans n’a rien donné. On devrait exiger des organisations et des érudits musulmans qu’ils dénoncent sans ambiguïté le salafisme et la violence dans les mosquées, les écoles et les médias. On ne doit plus considéré comme “modéré” tout Musulman qui ne dénonce pas haut et fort les décrets inhumains de la Shariah. Tout cela rend notre travail plus difficile, nous autres Musulmans de la réforme. Quand les Occidentaux font des excuses “politiquement correctes” aux Islamistes, cela met en danger nos vies, en tout cas cela nous bâillonne. La Tolérance ne signifie pas accepter des atrocités sous le prétexte de “relativisme” culturel. Il est grand temps dans le monde libre de voir la réalité du salafisme en face, sinon c’est la réalité de l’Islam radical qui nous fera face. Tawfik Hamid. Note de la traduction (1) Le salafisme est une doctrine de l’Islam qui se réfère à l’enseignement des premiers califes, premiers parents de l’Islam (salaf), doctrine pure et dure. Elle est pratiquée notamment en Arabie saoudite, sous le nom de “wahabisme” depuis que la tribu al Saoud gouverne le pays (2) Et le Darfour ? 300 000 Noirs Musulmans assassinés par des Arabes moins noirs Musulmans dans un génocide du gouvernement soudanais utilisant les auxiliaires “janjawid” pour la basse besogne de nettoyage de la région. Il y a aujourd’hui 2,5 millions de réfugiés, soit avec les morts 50% de la population du Darfour