20.07.2009
Fenêtre sur cour rue Goncourt
Température d'automne mais ambiance estivale de l'autre côté de ma fenêtre.
Une voisine prend sa douche du soir chaque fois que je pianote mon ordinateur. La case éclairée à côté, c’est un papy qui laisse tout ouvert. Même en temps polaire, il doit bien aérer de quoi faire passer la température de son logement dans la zone du zéro degré.
Dans ma rue, ce petit monde animé vit au rythme de l'actualité.
Tout en bas, au pied de mon immeuble, trois personnes sans domicile fixe ont bercé le quartier toute la soirée au rythme d’une compilation de Michael Jackson. On entend les fenêtres s’entre ouvrir. Accoudée à la sienne, la voisine de la douche me sourit. Allongé sur un canapé avec un bouquin, ma tête doit dépasser de la fenêtre du salon, ouverte aux curieux de la rue.
« She was more like a beauty queen from a movie scene
I said dont mind, but what do you mean I am the one
Who will dance on the floor in the round… »
Le vieux monsieur saute sur son balcon à des sonorités de quand j’étais presque pas né. Celle-ci doit lui rappeler sa trentaine bien tassée. Est-elle partie ? Presque 40 ans qu’il l’attend là…
"Oh baby give me one more chance
(show you that I love you)
Won't you please let me
(back in your heart)
Oh darlin' I was blind to let you go
(let you go baby)
But now since I see you in his arms
(I want you back)
Yes I do now
(I want you back)
Ooh ooh baby
(I want you back)
Ya ya ya ya
(I want you back)
Na na na na"
Ah buh buh buh buh…
Cet après midi, le roi de la Pop a encore fédéré une bonne partie de la rue Goncourt et réveillé pas mal de souvenirs.
00:51 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, jackson, goncourt
12.07.2009
Définition du travail des enfants
Le travail des enfants est la participation de personnes mineures à des activités à finalité économique et s’apparentant plus ou moins fortement à l’exercice d’une profession par un adulte.
Au niveau international, l’Organisation internationale du travail (OIT)1 le définit en comparant l’âge à la pénibilité de la tâche, du moins pour les enfants de plus de douze ans.
Concert à l'Olympia des Jackson 5 le novembre 1972. Le père était dans la salle.
01:38 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jackson, enfance
11.07.2009
L'ascenseur social
Chaque fois qu’elle m’offrait le parafeur et son profil gauche, Madame Clément ouvrait une brèche dans l’espace temps. 9 642 jours plus tôt, je quittais Carolyn dont le contour du visage se confondait avec celui de ma secrétaire. Chaque matin, en arrivant chez « Capricorne », je tentais de masquer à mon entourage le feu intérieur que déclenchait la bande son de l’ascenseur. Le gardien de notre immeuble avait vissé à tout jamais « Pretty young thing » qui dégueulait de la montée de 9h02.
Sur ces mêmes rythmes accélérés par Quincy Jones, Carolyn me disait adieu le jour de mon vingt troisième anniversaire. Elle me plantait sur un quai de métro pour filer vers une carrière trop rapide. Deux hivers plus tôt, nous nous étions rencontrés sur ce même petit chef d’œuvre, sorti des haut parleurs saturés d’un bus en partance vers une station de ski familiale. Quelques présentations plus tard, nous envisagions des fiançailles sur ces notes de feu Michael : c’était « notre » chanson à tout jamais.
Et puis…
Le matin de la mort du Dieu de la Pop, des touches de l’ascenseur de la tour Capricorne semblaient manquer. La musique avait disparu et le silence suscitait à mes collègues comme à moi un sentiment proche de la gêne. Cloîtrés dans notre cage ascendante, on devinait au travers des parois le sifflet de notre gardien. La mélodie de 9h02 perçait comme un souvenir d’un ami défunt à qui on n’avait fini par ne plus faire attention.
Les parafeurs de Madame Clément se firent de plus en plus lourd et je dû me résoudre à la licencier.
05:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jackson, jeunesse, carrière
28.06.2009
Populaire
Monsieur l’épicier indique les primeurs à consommer le plus rapidement possible et souligne les variations de prix intervenues à cause de l’inflation . Il donne connaissance à sa cliente des nouveaux produits rares. Il aime à être au fait des nouveautés dont elle fait rarement l’acquisition.
Par quel tour de passe-passe celle-ci arrive-t-elle à déposer dans le cendrier de l’entrée la pièce de cinq Francs qui récompense la course ? Est ce dans le laps de temps qui sépare notre passage dans sa cuisine pour lui faire signer la facture et le moment où elle nous fait ses politesses en nous raccompagnant sur le seuil de la porte ?
Cette fois, le mystère n’aura pas lieu. Dehors, je demande à mon Père si c’est lié au fait que nous avons livré avec un jour de retard.
- Celui qui court le plus vite !
Nous rentrons au pas de course jusqu’au passage clouté qui fait face au commerce familial. Il fait nuit. Un spectacle fascinant a scotché des centaines de badots devant quelques vitrines de marchands de téléviseurs. Jamais je n'avais ressenti tel émerveillement. En reprenant le RER jusqu'à Brétigny, j'imaginais les passagers dans de drôles de rôles.
14:54 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jackson, thriller, métro



