12.09.2008
N. Sarkozy ou la bonne du curé
Il se trouve toujours une bonne âme tolérante pour accompagner la laïcité d’un qualificatif : « positive », « ouverte » ou je ne sais quoi.
Aurait-on idée de parler de liberté positive ou négative ?
Quelle arrière-pensée se cacherait derrière une expression telle que « fraternité ouverte » ?
En réalité, il n’est pas besoin de qualifier la laïcité qui n’est ni contre ni pro, ni areligieuse, elle la délimite (la religion) simplement dans le champ privé en la séparant de l’espace public et politique.
Dans le même temps, la laïcité libère la spiritualité de l’empire religieux et supprime tout privilège à quelque dogme que ce soit.
On a vu entrer par la fenêtre de plus ou moins généreux apôtres d’une laïcité « ouverte » au sujet des musulmans. Ne sont-ils pas les premiers, des millions de musulmans, croyants ou non, à subir le joug de l’immixtion religieuse dans tous les espaces de la vie des citoyens et des Etats ?
On en constate également les ravages, aux Etats-Unis, avec une offensive des néo-protestants ou de rabbins radicaux en Israël dans toutes les pores de la société.
On voit maintenant le chef de l’Etat entrer par la grande porte d’une laïcité « positive », se tenant bien de définir ce qu’il entend par une laïcité « négative ».
Bien des pays nous envient notre laïcité et encore davantage de citoyens qui n’oublient pas qu’il y a une liberté au moins aussi importante que la liberté religieuse, c’est la liberté de ne pas croire, d’être athée ou agnostique. Et une liberté plus importante encore : la liberté de conscience, précisément garantie par la laïcité. Tout court.
Allez expliquer cela à M. Sarkozy…
18:25 Publié dans Politique, politiques publiques, Social, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, pape, religion, laîcité
22.12.2007
Le président poursuit sa tournée
Sur l'écran plasma du "Floréal", c’est un peu le tournis via LCI.
Après son tour à Disney, notre président bling-bling est allé se faire voir chez le pape. Et pourquoi ? Pour casser la « laïcité à la Française », paraît-il, « épuisée ». C’est Sarko qui devrait arrêter un peu la coco parce que là, on commence vraiment à atteindre les sommets de l’au-delà.

Attaquer la laîcité, c'est assez à la mode et finalement assez attendu d'un conservateur.
C'est faire croire que la liberté est contre la liberté, l'égalité contre les inégalités, Sarkozy pour les 35 heures, ce genre de truc.
Ce qui est drôle finalement, c'est que notre président s'est trouvé des alliés dans une frange de la gauche régressive qui pense se faire pardonner d'être bourgeoise avant d'être révolutionnaire.
Comme si, aujourd'hui, la liberté religieuse était la liberté la plus menacée en France, avant même la liberté de conscience ce qui est quand même à un autre niveau.Comment se fait-il que dans un pays comme le notre on revienne ainsi par la fenêtre sur des acquis gagnés par la grande au siècle dernier?
Déjà la semaine dernière, l’édition européenne du « Time » nous rappelait que dans son classement des meilleures œuvres artistiques de l’année écoulée, rien, mais vraiment que-dale en France, ne trouvait grâce aux yeux de la rédaction de cet hebdomadaire que ce soit dans le domaine de l’architecture, de la littérature, du cinéma…
Ca commence à sentir le sapin.
Quand quelqu’un d’extérieur vous donne son regard désintéressé, ça calme tout de suite. Et c’est pas les premiers mois du "président-closer, 2 euros seulement" qui ont arrangé les choses.
Là, on est en train d'assister à l'atonie de la gauche dans un placard, laissant la place à tous les bonimenteurs.
post scriptum : Au "Time", ils ne doivent pas connaître Sheila, cf. post d’hier.
00:45 Publié dans Liberté d'expression, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, laïcité, affaire, tom cruise, prédicateur, quartier
29.03.2007
Affaire "Charlie hebdo" : Nicolas Sarkozy, candidat inconsistant et versatile
Le procès de « Charlie hebdo » est une occasion supplémentaire de constater les revirements du ministre candidat de l’intérieur.
A force de confondre laïcité avec "liberté de culte" et "musulman" avec "maghrébin", il finit par réduire une partie de notre population à une "communauté" qui serait mue uniquement par des moteurs religieux et, qui plus est, régressifs. Si la laïcité ne se doit de reconnaître aucune religion en particulier, elle ne doit effectivement en mépriser aucune. Plutôt que de s'entourer de vrais penseurs de l'Islam (= érudits, critiques, modérés et respectueux de la laïcité), M Sarkozy n'a pas hésité à jouer avec le feu dans ce domaine, comme dans d'autres d'ailleurs, en créant le CFCM. Valorisant ainsi, d’un côté, une instance empêtrée dans des luttes de pouvoir, méprisant, de l’autre, « le citoyen-racaille » dans la cité.
Les premières victimes de l'intégrisme sont les musulmans eux-mêmes et l’on a tort de sous-estimer leur lutte en faveur de ce qu'on peut appeler la modernité qui n'a rien d' « occidentale », comme les tenants d’un méprisant relativisme voudraient nous le faire croire.
Cette modernité qui, d’une certaine manière, celle qu’a connu l’Islam dans le passé, est aujourd’hui défendue, parfois au prix de leur vie, par de nombreuses femmes, des militants, des gays, des syndicalistes. Des citoyens, avant tout, issus de ce que Gille Kepel appelle le "monde arabo-musulman".
Dans cette affaire instrumentée par des religieux bien mal inspirés, pas un mot sur les morts consécutifs aux exactions de groupes extrémistes (+ambassades brûlée...) qui ne défendent en rien leur peuple mais seulement leur pré carré à contre-sens de l'histoire : la leur!
Les citoyen-nes qui connaissent dans notre pays des discriminations sont pris dans l'étau du racisme ordinaire et de la tentative d'insrumentalisation de milieux régressifs qui, ici, les méprisent en ignorant leur existence sociale et, là-bas, oppriment leurs « frères ».
Militant anti-raciste et écologiste, soucieux de la liberté d'expression pas seulement dans mon pays, j'ai signé l'appel en faveur de "Charlie" ainsi que Dominique Voynet.
La demande de relaxe du procureur a été suivie par le jugement définitif et c'est une bonne chose pour la démocratie et la liberté d'expression.
22:52 Publié dans Culture, Droits de l'homme, Liberté d'expression, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : CFCM, laïcité, Sarkozy, Charlie hebdo, modernité, musulman, intégrisme
08.03.2007
Selon Sarkozy
La face la plus inquiétante de Sarkozy est sans doute cette promotion permanente du fait religieux dans l'espace public. Loin de se contingenter à la sphère privée, le Ministre-candidat se sert de l'outil religieux comme un instrument de régulation sociale.
Déjà, un affichage avec des prédicateurs. Aujourd'hui, des négociations avec "des acteurs de terrain" qui encadrent en réalité les populations des "quartiers difficiles" par une morale religieuse régressive. Demain, leur embauche en substitution des travailleurs sociaux?
10:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, laïcité, affaire, tom cruise, prédicateur, quartier
12.02.2007
"Charlie", les bigots et la vie...
"Enfin quoi, on ne peut pas demander à des caricatures et à un journalsatirico-politique de faire dans la dentelle, dans le consensus, dans le "s'il vous plait, on ne voudrait surtout choquer personne". Les caricatures sont justement faites pour ça : pour provoquer, pour choquer et pour faire rire de choses graves, sérieuses (ou considérées comme telles). Comme, par exemple : les gens qui crèvent de faim, les accidents nucléaires, les femmes battues, le sida, les ventes d'armes, les enfants soldats...
Alors quand ce journal se moque des bigots de tout poil (à croix, à kipa, à turban ou à méditation transcendantale) ou des fanatiques violents, faut pas trop jouer aux hypocrites en lui disant "d'habitude on est d'accord mais là non, vous allez trop loin".
Une caricature, c'est justement ça qu'elle doit faire : aller trop loin, repousser les limites du "politiquement correct" pour nous faire réfléchir.
Je ne veux pas dire par là qu'un journal ne doit pas avoir de limite : il y a celles des faits et de l'histoire, celles du respect de la vie privée et des personnes humaines, celles de la déontologie journalistique, celles du
dessinateur lui-même etc. Et dans le cas qui nous intéresse, celui de Charlie Hebdo, aucune de ces limites n'a été franchie."
Florence, militante écologiste.
14:00 Publié dans Culture, Droits de l'homme, Liberté d'expression, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Charlie, Sarkozy, laïcité, carricatures, éthique, la vie, religions
30.01.2007
Oui, mais...à propos de Redeker
Rien n’a été plus insupportable que ces deux mots accolés, qui ont souvent caractérisé le « soutien » de certains au professeur Robert Redeker.
La manière dont chacun de nous a réagi, en public et en privé, à cette incroyable affaire de menace de mort envers un homme qui avait simplement écrit un article dans un journal, est grandement révélatrice des valeurs qui nous structurent.
Ne parlons pas de ceux qui l’ont condamné, voyant en lui un « raciste » ou on ne sait quel qualificatif infamant et définitif. Non, ceux-là, maintenant, nous les connaissons bien : ils ont joint leur voix pour condamner la publication des caricatures de Mahomet au Danemark, puis leur republication dans France-Soir et Charlie Hebdo, ils font des procès en islamophobie à tout démocrate osant remettre en question telle ou telle pratique mortifère attribuée à tord ou à raison à l’Islam. Ce sont les complices des criminels, ils participent à l’hallali.
Ne parlons pas non plus de ceux qui, conscients du problème, conscients de l’agression concertée des groupes islamistes envers les sociétés démocratiques, choisissent la lâcheté. Tels ces députés qui proposent une loi contre la critique des religions ou le blasphème. Ou ceux qui expliquent doctement que ce n’est pas le moment, que ce n’est pas malin de « jeter de l’huile sur le feu ». Mais, alors, c’est quand le moment d’exercer sa liberté d’expression ? C’est quand le moment de combattre les totalitarismes ?
Parlons plutôt de celles et ceux qui ont choisi le « soutien critique », ceux qui ont été choqués par le contenu du texte publié dans « Le Figaro », mais qui sont sincèrement attachés à la liberté de conscience, et choqués tout autant par les menaces dont M. Redeker est l’objet. Ceux du « Oui, mais… ».
Car c’est à eux que s’adresse aujourd’hui notre association.
Notre pédagogie ? Expliquer, comme pour les caricatures, que la liberté d’expression n’a d’intérêt que lorsque les idées exprimées suscitent le débat, que lorsqu’elles ne sont pas consensuelles et qu’elles sont en possibilité de choquer. Et que rien, absolument rien, ne peut justifier une menace quelconque contre l’auteur d’une pensée, fut-elle dissidente. Vous n’approuvez pas le contenu. Et alors ? Ne faudrait-il garder en vie que les auteurs avec lesquels nous serions pleinement d’accord ? Belle idée de la démocratie !
Notre association, LEA, « Laïcité Ecologie Association », s’est donné pour but de se battre pour la laïcité, la liberté de conscience et l’égalité des droits, notamment parmi les militantes et les militants Verts. Et ça tombe bien, ces notions font partie des fondamentaux des Verts.
Et pourtant, certains, minoritaires mais parfois influents, en ont une interprétation très personnelle.
Ainsi, nous avons ceux pour qui « les Musulmans », comme ça, en bloc, sont les nouveaux damnés de la Terre, intouchables quoi qu’ils fassent. Outre que c’est une position raciste et essentialiste, c’est surtout très stupide, et bien loin de la complexité dont généralement nous nous réclamons. Comment, dès lors, soutenir, comme à Lyon, une jeune femme qui avait fait le choix de vivre avec un « non musulman » et qui pour cette raison a été tondue et battue par son père et son frère ? Comment alors soutenir l’auteur d’un texte s’en prenant directement au Coran, et menacé de mort pour cette raison ? Cette confusion dans la hiérarchie des valeurs conduit fatalement à « respecter » le bourreau et à se désolidariser de la victime.
Notre travail, depuis plus de deux ans, a consisté à rappeler ces évidences : respecter les personnes, bien évidemment, mais pas les dogmes ; être solidaire des victimes, partout et toujours, et condamner les bourreaux, d’où qu’ils viennent ; soutenir la revendication pour l’égalité des droits, considérer qu’il n’existe qu’une seule humanité, indivisible, et combattre le relativisme culturel, la concurrence victimaire…
Notre combat interne chez les Verts a été récompensé par l’adoption, lors de notre congrès de décembre 2006, d’une motion clairement laïque.
Et pourtant, la formule laconique « le combat continue » est bien de mise.
Quelques écologistes nous accusent de jacobinisme alors même qu’ils soutiennent de fait une forme de jacobinisme bien dangereux : une vision islamiste et unique du monde.
Au contraire, nous opposons au multiculturalisme les mêmes valeurs qu’au jacobinisme : l’universalisme et la liberté de conscience. Ce faisant, nous avons également clarifié notre position régionaliste, laquelle doit refuser la revendication identitaire, ce « nationalisme régional », qui appartient à la catégorie des « identités meurtrières ». Par contre, nous avons développé l’idée de transculturalisme : protection de la diversité culturelle, comme facteur d’enrichissement, et refus absolu de la diversité des droits !
Sachant que l’actualité nous démontre tous les jours que les principes démocratiques sont indépassables, toute faiblesse dans leur défense conduit inévitablement au développement de notre ennemi commun : le totalitarisme.
Car enfin, comment peut-on être écologiste et « couvrir » des pratiques innommables : violences faites aux femmes, aux homosexuelLEs, aux intellectuelLEs ? Quel projet d’autonomie peut-on poursuivre lorsqu’on est assignéE à une communauté, à vie ? Et comment peut-on se dédouaner de notre responsabilité politique si on n’apporte pas notre soutien à celles et ceux qui en ont le plus besoin ? L’écologie politique, telle que nous la concevons, est un humanisme. Elle a un besoin absolu de la solidarité entre les personnes.
Alors, comment peut-on être écologiste et récuser l’universalisme ? Les Verts se sont créés à partir d’une vision planétaire, globale et universelle, à partir des principes fondateurs de démocratie, d’égalité des sexes et de droits identiques pour tous les humains. Comment pourrions-nous soutenir que les êtres humains sont la propriété de cultures ou de religions ? Au contraire, nous soutenons que la liberté de choix est première, et que
l’autonomie de l’individu est notre idéal. Une personne libre est aussi une personne éduquée, habituée au débat, acceptant et recherchant la contradiction, celle-là même qui lui permettra de faire un pas vers l’autre, vers plus de compréhension, plus d’empathie, plus d’humanisme.
C’est en cela que nous avons un grand besoin, entre autres, de Robert Redeker.
Laîcité-écologie-association (LEA)
http://laicite-ecologie.org
20:00 Publié dans Culture, Droits de l'homme, Liberté d'expression, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laïcité, liberté d'expression, religions, femmes, homosexuels, communautarisme, choix


