26.10.2008

Gauche : an zéro

« La CGT, ils gueulent mais ils sont toujours du bon côté. A La CFDT, c’est un peu mou du genou mais ils finissent par pencher avec nous. Chez FO, par contre, c’est souvent du côté du patron ». C’est quasiment en ces termes que mon père, ouvrier-tourneur-fraiseur m’a donné mes premières leçons de géostratégie politique. Quelques années encore, avant de lire les Bourdieu, Marx et autres Crozier, mes fondamentaux sur la gauche et la droite se consolidaient à coups de fictions majeures qui marquèrent leur temps.



Depuis, les années Mitterrand, amendées Tapie puis révisées Sarkozy ont perturbé mon catéchisme que je croyais à toute épreuve. Alors que la gauche s’abstenait sur le RSA, la réforme la moins honteuse de ce gouvernement, elle approuvait dans la foulée le Grenelle de l’environnement. Le fallait-il ? On peut en douter car après avoir écarté de son champ d’application les cultures OGM et le nucléaire, la loi « assouplie » les normes d’isolation des logements chauffés aux convecteurs, l’article 9 fait sauter le plafonnement de la capacité routière globale de la France. Elle devient une possibilité de refaire des routes et des autoroutes « pour des raisons d’engorgement, de sécurité ou d’intérêt local ». Pour n’importe quelle raison, donc.

Bien sûr, on peut aussi plaider « le point d’appui » que cette loi constitue pour l’approuver. Trois députés écologistes se sont abstenus.

On retiendra surtout que dans cette période de crise intense, les positions incertaines de la gauche reflètent une panne générale de la pensée progressiste. Entre le camp du mouvement et l’activisme du Président, on ne perçoit qu’un vague dialogue sans contenu.


22.08.2008

A l'approche des journées d'été de leur parti, les refondateurs Verts appellent à une "Nouvelle Donne Ecologiste"

Nouvelle Donne Ecologiste !

Les résultats des municipales, dans lesquels la gauche et les Verts trouvent une satisfaction, ne doivent pas masquer le manque de propositions du camp progressiste.

Les Verts peuvent trouver dans l’échéance européenne le réconfort d’une grande alliance des écologistes. Une échéance électorale implique d’accepter et d’assumer dans le temps le jeu des clivages et des alliances politiques. Nos candidatEs se doivent d’être des candidatEs qui acceptent ce jeu. Nous constatons que seul Dany Cohn-Bendit l’assume pleinement aux côtés des Verts à ce jour.

Mais les Verts ne peuvent se satisfaire à long terme de cette perspective en sous-traitant la refondation de leur corpus idéologique. L’urgence est d’abord de reconstruire un rapport de force conséquent.

Pour cela, les Verts doivent reformuler une proposition politique en phase avec les défis écologiques et sociaux de notre temps et, au delà, une perspective pour chaque individu et la collectivité sans laquelle le pacte républicain se délite.

Ce texte est notre contribution à cette démarche véritablement « refondatrice » de notre parti.



L’écologie, c’est le primat du politique

Dans un contexte économique bouleversé par l’émergence de nouveaux acteurs continentaux (Chine, Inde…), la démonstration est faite du caractère non reproductible de nos modes de consommation et de production. Cette prise de conscience peut nous donner des raisons d'espérer, mieux encore : de proposer une nouvelle donne écologique. Par exemple, la construction d’un avenir énergétique doit à la fois permettre de relever les défis planétaires et d'en tirer parti pour vivre mieux et plus solidairement.

Face à la tentation du repli sur soi, c’est en investissant, en innovant et en réformant les outils de discussion et de négociation avec lesquels les pouvoirs publics peuvent agir que nous changerons le réel.

L’écologie ne se soumet pas au diktat de l’immédiateté.


Si nous nous réjouissons que la nécessité d’un développement durable a franchi les frontières des partis politiques pour être portée par un nombre croissant d’acteurs, nous gardons à l’esprit que l’action publique est celle qui cristallise et favorise les compromis sociaux. Elle a le primat de la vision stratégique et vise à changer d’échelle la volonté collective. L’innovation en terme de développement durable ne peut être laissée aux seuls investisseurs privés, la puissance publique doit contribuer à la mise en oeuvre des alternatives nécessaires, via la recherche, ainsi que par le biais des collectivités territoriales.

Si les écologistes doivent se situer à gauche, c’est précisément parce qu’ils-elles entendent que la politique prime sur l’économie et non l’inverse. Les Verts doivent porter les politiques alliant humanisme et sobriété. L’économie des ressources est une dynamique pour le corps social. Nous sommes porteurs d’un nouveau mode de « développement à bas niveau de carbone » : c’est celui que nous voulons et que nous pouvons mettre en oeuvre !

Notre parti intègre l’universalisme parmi ses valeurs. Reconnaissant que tous les êtres humains « naissent libres et égaux en droit », les membres de notre Parti sont des laïcs conséquents. Ils-elles doivent être capables de parler avec touTEs et de s’adresser à touTEs, artistes, ouvrierEs, salariéEs précaires, chefEs d’entreprises, chercheur-se-s etc. Ils-elles doivent aussi nouer un dialogue constructif avec toutes les forces sociales, qu’elles soient associatives, politiques, confessionnelles ou athées, économiques, syndicales…

Cette démarche implique que nous remettions d’abord en route la « machine à penser ». La création d’un think tank, véritable Cercle de réflexion, à la bonne distance du parti, doit être d’utilité générale. A visée opérationnelle, il s’adresse à nos militantEs, nos éluEs mais il doit être également un outil destiné à influencer l’agenda des décideur-se-s..

Notre communication doit avoir pour but de susciter l'adhésion à nos analyses et propositions. Pour cela, sans être une plainte, ni une crainte, l'écologie que nous prônons doit être positive, propositionnelle, capable de s'inscrire dans des mouvements d'opinion fédérateurs, pédagogique sans être réductrice.

Les écologistes agissent localement. Ils-elles doivent redonner la primauté à l’exemple : à partir du logement, de l’alimentation, du cadre de vie, des déplacements, de la santé, de la culture… les Verts pourraient davantage impliquer des couches importantes de la population.

Il nous faut également accepter de développer des adhésions de sympathie et de proximité, plus que de militantisme. La sociologie des Verts doit se rapprocher davantage de celle de la société. Et pour cela, le parti doit se caler sur ses rythmes.

L’autonomie comme outil, sans le dogme

L’écologie politique a besoin d’un parti autonome, qui rassemble touTEs les écologistes, assumant des différences de sensibilités tout en assurant une cohérence. Mais l’autonomie n’est pas l’isolement. Pour pouvoir mettre en oeuvre nos propositions de politiques publiques, il faut chercher des alliances en fonction des enjeux et des réponses à leur apporter.

En notre sein, un nouveau fédéralisme responsable doit tirer les leçons des échecs passés. Nos décisions nationales seront d’autant mieux mises en œuvre qu’elles auront remis au premier plan nos échelons locaux.

L’autonomie politique des Verts peut s’exprimer dans les scrutins comportant une dose de proportionnelle. Cette autonomie doit porter ce qui fait notre distinction, mais doit aussi être couplée d’un appel sans équivoque à la constitution après le scrutin d'une coalition collective pour faire changer les choses: c’est le défi des élections européennes, dans une tendance actuelle où les sociétés nationales et les partis invitent au repli sur soi. Mais il est nécessaire de passer à une autre stratégie tant que seront maintenus les scrutins uninominaux à deux tours qui nous éliminent de la vie politique. Pour cela, il faut envisager au niveau national la constitution d’une coalition qui prépare en amont les élections législatives, sans fermer la porte au dialogue avec ceux-celles qui sont susceptibles de s’y inscrire.


Les Verts sont arrivés à une période charnière. Pour briser ce « plafond de verre » atteint lors des élections législatives sans tomber dans le statut de parti local et urbain, il s’agit à présent de reconstituer un parti politique écologiste autonome, en phase avec la société.

La période qui s’ouvre doit nous être propice pour refonder notre parti qui aspire à transformer la société ici et maintenant à partir des réalités, avec les politiques publiques.

Ce texte est porté par une dizaine de référent-es régionaux.

21.08.2008

LOST : l’écologie politique est-elle dans les choux ?

Retour sur un trés bon dossier de la semaine du 24/05....2007.

Télérama, c'est pas que de la télé...

L’écologie politique est-elle dans les choux ?


Plus le sort de la planète inquiète l’opinion, moins les écologistes récoltent de suffrages aux élections… La faute à qui ?

Ils ont dansé tout un été. Juillet 2006, le jeune secrétaire national des Verts, Yann Wehrling, a convaincu ses camarades querelleurs de « s’ouvrir à José Bové, Corinne Lepage, Nicolas Hulot ». Sur la même ligne, Jean-Luc Bennahmias, député européen proche de Daniel Cohn-Bendit, voit déjà la candidate tout juste choisie pour la présidentielle, Dominique Voynet, porter le mouvement « au-dessus des 5 % », mais surtout poser les bases d’une « refondation » de la famille écologiste. Et aux derniers jours du mois d’août, à Coutances, en Normandie, à quelques encablures de Flamanville et de la future centrale EPR, huit cents militants Verts, toutes générations et tous courants confondus, écoutent un Nicolas Hulot – jusqu’alors ennemi médiatique numéro 1 – placer la menace climatique au-dessus du danger nucléaire, et une Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement d’Alain Juppé, énumérer « les actes de régression écologique depuis cinq ans ». José Bové, lui, a boudé.

Le 7 septembre, un sondage CSA crédite encore une éventuelle candidature Hulot de 7 % d’intentions de vote, tandis que Dominique Voynet et Corinne Lepage obtiendraient 2 % chacune, soit un total de 11 % ! Trois jours plus tard, c’est au tour de Corinne Lepage d’inviter Hulot et Voynet aux journées d’été de son mouvement Cap 21 et de prôner la création d’un « grand espace politique écolo-sociétal ». Plus rien ne semble arrêter le réchauffement de la planète écolo. Bientôt, les 10 % d’intentions de vote autour d’une candidature Hulot vont affoler les états-majors des grands partis.

Dimanche 22 avril 2007, 20 heures, résultats du premier tour. Dominique Voynet, seule et unique candidate écolo, 1,57 %. Retour à la case départ, il y a trente-trois ans, celle de « l’ancêtre » René Dumont, qui avait obtenu 1,30 % en 1974. Effacés les scores de Noël Mamère en 2002 (5,25 %, auxquels il fallait ajouter le 1,88 % de Corinne Lepage). Où sont passées les voix écolos ? Pas chez Corinne Lepage : le 12 mars, elle s’est ralliée à François Bayrou. Pas chez Nicolas Hulot : il a lui aussi décidé de ne pas se présenter, après que la quasi-totalité des candidats eurent signé son Pacte écologique. Chez Ségolène Royal ? Cette explication du « vote utile » fuse de partout, et notamment de la gauche radicale des Verts, qui accuse Dominique Voynet d’avoir joué « les supplétifs du PS ». Vieux refrain.

Une chose est sûre : pour ce qui est de Corinne Lepage et de Nicolas Hulot, l’avenir de l’écologie reste devant eux. En faisant le choix de Bayrou, la première peut se voir créditée du bon score de ce dernier, d’autant qu’elle est à l’origine de sa conversion écologique : « Grâce à moi, il a modifié son programme sur les OGM, l’EPR, les énergies renouvelables... Et il a convaincu, puisque 18 % des électeurs des Verts ont voté pour lui. » Forte de cette certitude, de la déroute des Verts et de « la conviction que Sarkozy n’a aucune sensibilité écologique », Corinne Lepage vient de lancer un appel à « une refondation de l’écologie politique » qu’ont signé ses affidés mais aussi une cinquantaine de Verts, des associatifs et des scientifiques.

Quant à Nicolas Hulot, accusé de toutes parts d’avoir parasité la campagne des Verts, il a beau jeu de s’en défendre : « Depuis un an et demi, dans tous les sondages, l’écologie est à 1,5 %. Je n’ose imaginer à quoi aurait ressemblé cette campagne si nous ne l’avions pas perturbée avec le Pacte écologique ! » Hulot reste bien décidé à camper sur le terrain associatif : « Non que je méprise l’action politique, bien au contraire, mais elle pourra d’autant mieux se déployer que nous, les associations, nous mobiliserons la société. » Hulot déplore que « les seuls qui [lui] ont reproché d’avoir ramené à l’écologie des gens qui s’en étaient éloignés sont les écologistes politiques. Ils devraient s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils ne remportent pas une plus grande adhésion »…

Justement, ils s’interrogent. Du moins ceux qui prônent un retour aux « fondamentaux » de l’écologie et qu’on appelle, chez les Verts, les « environnementalistes », quasiment un gros mot pour l’aile anticapitaliste radicale, campée aux avant-postes des combats sociaux. Parmi les environnementalistes, l’ex-_secrétaire général Yann Wehrling, doux idéaliste qui rêvait de réunir toutes les composantes de l’écologie sous un même toit. « Comme José Bové n’est pas venu et que nous n’avions plus qu’Hulot et Lepage comme invités, on m’a accusé de faire dériver le parti à droite. » D’autres quittent carrément les Verts. Le départ de Jean-Luc Bennahmias – qui rejoint François Bayrou – a fait l’effet d’un séisme : « Je ne crée pas une scission. Simplement, je n’en peux plus de ce parti, aux valeurs idéologiques certes sympathiques, mais qui n’est plus en phase avec les millions de personnes auxquelles il s’adresse. Par exemple, je suis en accord avec le discours ouvert sur l’immigration, mais cela ne peut être au cœur des problématiques écolos. Et accuser aujourd’hui Nicolas Hulot, en qui se reconnaissent des associations comme Green_peace ou le WWF, de l’échec des Verts, c’est faire preuve d’aveuglement. »

Mais comment en est-on arrivé là ? « La faute aux structures ! » constate tout d’abord Bennahmias. Un rapide survol des statuts des Verts, sur leur site Internet, offre un tableau édifiant. Tout tourne autour d’un Conseil national interrégional – CNIR –, sorte de « Parlement », dont l’intitulé trahit un mélange bizarre de jacobinisme (« national ») et de girondinisme (« interrégional »).

Ses membres, essentiellement élus à la proportionnelle par les organisations régionales des Verts, élisent à leur tour un collège exécutif de quinze membres « révocables à tout moment ». Le CNIR et cet exécutif ne font qu’appliquer les décisions d’une assemblée fédérale, « instance souveraine du mouvement », qui se réunit tous les deux ans. « Pour corser le tout, on vient de donner un statut d’observateur du CNIR aux secrétaires régionaux et on a créé un bureau de liaison entre le CNIR et l’exécutif… » Le résultat d’une telle usine à gaz, c’est la fameuse guerre des courants, immortalisée par Les Guignols. Elle fait des dégâts. Ainsi, en janvier 2003, à Nantes, après le double échec de la gauche à la présidentielle et aux législatives, l’assemblée a mis en minorité le courant Voynet, qui prônait depuis 1995 une politique d’alliance avec les socialistes. Et les Verts se sont choisis un certain Gilles Lemaire comme secrétaire général. Sur leur site, on peut encore trouver, datée de septembre 2004, une intervention du camarade Lemaire, interminable catalogue à la Prévert dans lequel, sans un mot pour l’écologie, il s’inquiète de la situation dans le Caucase, condamne Israël, rend hommage aux deux inspecteurs du travail assassinés, dénonce le plan Borloo de cohésion sociale… Et pendant ce temps-là, la terre chauffe.


Certes, en décembre 2006, les écolos se sont débarrassés de Gilles Lemaire. Lequel est parti rejoindre José Bové. Et Dominique Voynet a « recentré ». Mais la polémique continue de faire rage, car les environnementalistes, eux, ont aussi été écartés au profit d’une équipe qui continue à mettre le social au même niveau que l’environnement. Cette orientation, Dominique Voynet l’assume : « L’écologie est un projet révolutionnaire, d’émancipation collec_tive, qui bouleverse tout. Si l’on ne change pas les rapports de force, on aura des tramways à l’intérieur des villes mais des rocades autoroutières à l’extérieur, des gens qui trient leurs déchets mais toujours autant d’incinérateurs. Je refuse que les Verts soient vus comme des hédonistes de catégories socio-professionnelles supérieures qui se payent juste le luxe de manger bio et d’isoler leur logement. » Cependant, Voynet reconnaît l’échec de sa stratégie d’alliance avec le Parti socialiste pour les élections nationales : « Peut-être vaudrait-il mieux n’avoir pas de députés qu’en avoir cinq ou six au prix d’une coopération humiliante avec les socialistes. »

Car tous les écolos, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche, en conviennent : on ne peut pas compter sur les grands partis pour faire avancer la cause écologique. « Il y a des scientistes terribles au PS », dit Corinne Lepage, à qui fait écho Bennahmias : « Quand les écolos ne sont pas là, au nom de l’emploi, on justifie tout, autoroutes, aéroports… » Mais si tous reconnaissent la nécessité d’un parti écologique, les Verts ne démordent pas de leur ancrage à gauche : « On ne peut pas faire _comme si tout se valait, comme si les liens structurels entre les milieux d’affaires et la droite n’existaient pas, _persiste Voynet. Quand Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, les majors de l’eau et des déchets, vont fêter la victoire de Sarkozy, ça disqualifie la démarche du Pacte écologique. »

A cela, Hulot répond avec pragmatisme : « Quand Sarkozy s’engage sur le fait que “l’impératif écologique doit être le principe déterminant de l’action publique”, je n’ai pas la naïveté d’y croire. Je sais qu’il y a dans son camp des gens non seulement sceptiques, mais cyniques sur ces enjeux. Mais il y a aussi une Nathalie Kosciusko-Morizet. Juppé, Barnier ont fait du chemin. Le Grenelle de l’environnement prévu pour septembre, il faut y aller, car on ne peut pas se permettre le luxe de perdre cinq ans. » Dans la société civile, parmi les scientifiques, ce pragmatisme gagne du terrain : Jean Jouzel, climatologue qui avait appelé à voter Ségolène Royal, « n’imagine pas un instant que la droite ne fera rien pour l’écologie. Les politiques n’ignorent plus la recherche scientifique. En trois ans, tout a changé, y compris l’attitude des industriels ».

Ancrés dans une idée de transformation radicale, les Verts, eux, ont du mal à admettre que la société ait bougé, que leurs idées aient gagné du terrain. Pour Voynet, « seulement 5 à 10 % de la population peut admettre la remise en cause de notre sys_tème économique ». Amère, elle n’en constate pas moins l’échec des Verts : « Je me retrouve à défendre une direction dont je ne fais plus partie, et qui m’a criminalisée parce que j’ai cherché à composer avec les socialistes. J’ai toujours voulu réduire le fossé entre notre petit parti imparfait et le peuple de l’écologie. Au _niveau national, une intelligentsia bavarde, narcissique et gauchiste _occupe beaucoup de place, alors que sur le terrain les militants ont de grandes qualités. » Elle rêve de créer avec cette nouvelle génération « une diaspora de l’écologie », syndicats, presse, télé… Et remettre sur les rails ce parti « coupé de sa base sociale et inadapté à l’ampleur des défis ».

Alors faut-il croire à la prédiction de Corinne Lepage, selon laquelle un parti écologiste, « peu importe lequel », sera majoritaire dans le premier quart du siècle, parce que « c’est une question de survie » ? .
Vincent Remy

Télérama n° 2992 - 19 Mai 2007

10.08.2008

My Velib is very rich!

Velib is a very big révolution in the city.

Vidéo de campagne des Greens de Londres.

Vidéo de De Funès en campagne contre Fantomas.

15.07.2008

Les critiques sur Vélib : commentaires et propositions

Parmi les critiques portées sur l’expérience Velib, il est interessant d'en relire certaines, toujours d'actualité un an aprés le démarrage de l'expérience. Reprochant le partenariat avec Decaux. Dans vos commentaires récents (1), P. souligne cependant :

« La constance, dans les opposants à Decaux, je dis à Decaux plutôt qu'à Vélib, car si la mairie de Paris avait elle même mis en place et financé le système, il n'y aurait pas la même virulence dans les critiques, c'est l'absence de contre proposition. Je suis personnellement de l'avis que "quelque chose plutôt que rien" est mieux que "rien" ».

Autre tonalité, celle de Patrick Jourdain. Il rappelait justement « On ne saurait compter les services publics qui ne sont devenus publics qu'après avoir atteint leur maturité dans le privé : premiers trains, premiers trams, barrages hydro-électriques, courrier, égouts, tunnels..depuis 2 siècles et cela n'émeut personne. Dans l'autre sens, c'est plus rare, mais toujours suspect aux yeux des beaux esprits. »

Cela fait partie des proposition des Verts à terme, afin d'améliorer notamment la logistique trop souvent déficiente. C'est une proposition en débat sur le Site Municipales Verts 11e


Une critique argumentée de l'identité visuelle de Velib, plus proche du neu neu, inventée par le beauf d'un chef de service de la ville?



On cherchera les vraies limites dans les remarques de Franck, relatant sur ce blog sa vie de banlieusard :

« J'habite à Drancy, et je prends ma voiture pour aller à Aulnay prendre le RER. C'est la gare la plus proche ? Non, la plus proche est celle de Drancy, mais à Aulnay :

1 - il y a un parking sécurisé pour garer sa voiture (39 euros par mois quand même...)
2 - tous les trains, ou presque, s'arrêtent à Aulnay, contre un tous les quart-d'heure à Drancy

Qu'est-ce qui me ferait, aujourd'hui, abandonner la voiture pour le vélo pour aller à la gare ?
Un parking à vélo sécurisé chez moi (ça, à la limite, c'est plutôt faisable aujourd'hui) et surtout, surtout, un parking sécurisé au RER de Drancy. L'idéal ? Un système Velib', qui fasse que je me moque des questions de sécurité.

A ce stade, on le voit, je n'ai que faire que le système soit le même qu'à Paris intra-muros, puisque ce dont j'ai besoin, ce n'est pas d'un vélo pour aller sur Paris, mais d'un moyen pour aller à la gare qui me mènera sur Paris. Ce faisant, je n'utilise pas ma voiture, je ne suis pas pour autant tributaire des transports en commun (bus) pour aller chercher mon RER. »

C’est là une incitation forte à ce que le syndicat des transports d’Ile de France (STIF), récemment rentré dans le giron du conseil régional, prenne cette question à bras le corps.

Etendre Velib à la banlieue ?

Davantage favoriser les alternatives modales train/vélo/pieds…

Et dans les modalités, aucune obligation à ce qu'une ville de banlieue ait le même prestataire que Paris. Franck, toujours, pointe à l’horizon les difficultés en cas de multiplication de partenaires sans obligation de connexion entre les réseaux des villes :

« On peut imaginer que, demain, un système de type Velib' soit mis en place à Bagnolet par Decaux, et donc connecté avec celui de Paris, mais à Montreuil par Clearchannel, et donc connectable ni avec Paris, ni avec Bagnolet. (…) Drancy met en place Velib-Decaux, mais aucune des villes voisines. Avec mon Velib-Drancy, je ne peux pas me garer à Aulnay pour prendre mon RER, pas plus qu'aller à la Préfecture de Bobigny. Il ne me reste plus qu'à me faufiler dans une sortie d'autoroute pour prendre la piste de l'Ourcq et aller sur Paris. Génial. »

Il met un bémol à sa critique en rappelant que « le vélo, en tant que moyen de transport (et non de loisirs) n'est de toutes façons utilisé que localement pour l'essentiel. Qu'il ne soit pas interconnecté avec le Velib'Paris n'est pas le drame du siècle. »

Des conséquences du morcellement administratif Français…

Le débat continue sur le Site Municipales Verts 11e

Pour terminer, quelques entreprises commencent à encourager l’usage du vélo…électrique, à l’instar de cette banque totalement indépendante de ce blog


(1) Les commentaires figurant dans cet article ont été postés sur ce blog depuis julllet 2007, date de lancement de l'opération.

12.04.2008

Wherling, Voynet et les nouilles

Yann Wehrling, l’ancien secrétaire national des Verts passé au MoDem, s’est récemment pris une taule aux municipales de Strasbourg. Forcément, il réfléchit à un plan B. Ce serait un truc avec des gens de gauche, de droite, tout ça quoi. Enfin, de ceux qui réfléchissent à l’écologie par-delà les clivages et patati et patata.

Et un truc pas politicien pour deux sous. Non. Quelque chose pour les idées, la vraie écologie. Quelque chose pour les européennes parce que là, il faut bien reconnaître que la concurrence va être rude. Avec Cohn Bendit et Bové qui pourraient se voir proposer de bonnes places par les Verts, les déçus du MoDem s’accrochent à une hypothétique recomposition du centre.

Sauf que Bayrou l’a déjà dit et répété : son objectif, c’est lui. Tant pis pour la construction d’une force qui passe par des alliances. En souhaitant maintenir un espace autonome de la droite et de la gauche, camps auxquels il pourrait s’affronter lors d’un second tour de présidentielle, il condamne nombre de ses cadres à une non élection à perpétuité.

Vu cette contrainte systémique, les déçus des municipales du MoDem commencent à flipper, lorgnent vers les anciens amis du « nouveau centre » voire souhaitent ressusciter l’ancienne UDF.

Du coup, il y a plein de Yann Wehrling qui se retrouvent orphelins. Des comme lui, les partis en charrient des tonnes.Des « ouh là là on en va pas parler de ce problème ça va fâcher tout le monde », des « ouille ouille ouille c’est compliqué ce sujet ça ne va pas rapporter des voix »…

Bref, des militants élevés au plus petit dénominateur commun, imposés par les élections internes qui nivellent les débats et gomment les dissensus.

Je me souviens d’un déjeuner un peu animé avec Dominique Voynet qui feignait de me soutenir que Yann était le mieux placé de notre courant pour nous représenter au secrétariat national. Dominique a toujours eu le chic pour s’entourer. La preuve, « l’ectoplasme » comme les mauvaises langues –nombreuses dans mon parti- l’appelaient, avait su trouver un soutien tombé à point nommé. A la veille des présidentielles, la candidate fraîchement investie par son parti souhaitait ne pas faire trop de vague à l’approche du congrès.

Je trouve les mauvaises langues de notre parti la dent dure. Le sobriquet de « la nouille » était de loin le plus qualifiant pour notre feu secrétaire.

31.03.2008

-Je me souviens de ce jeune homme de 17 ans qui était venu me voir... (G. Sarre évoquant sa première rencontre avec P. Bloche, nouveau Maire du 11e)

Ce fut la seule surprise de cette cérémonie d’intronisation du nouveau Maire du 11e arrondissement par George Sarre, son prédécesseur. La foule venue nombreuse dans la trop petite salle du conseil municipal fit silence au moment de la confidence . La seule aspérité de cet après-midi de samedi. On se prenait à imaginer le parcours qui avait conduit nos deux édiles à croiser puis à décroiser leurs chemins ces trente dernières années.



Quelques minutes d’un discours d’investiture, un rappel des engagements et la salle saluait l’heureuse initiative de soutenir symboliquement le combat des Tibétains. Quelques instants auparavant, les futurs adjoints découvraient leur délégation. Une manière d’éviter les conflits que déteste Patrick Bloche ? Au fond de la salle, des militants du MRC applaudissaient une des leur, réinvestie dans sa délégation aux métiers d’art. Les Verts, avec Khedidja Bourcart, poursuivront le travail impulsé par Michèle Priser, ancienne adjointe à l’économie solidaire et à l’emploi. Le Modem se drapait dans la « vérité » de l’amant éconduit. Lundi, les collaborateurs de la Mairie découvriront leur sort issu du Mercato post-électoral.

Trois heures plus tôt, Place de la République, un défilé joyeux et de toutes les régions : celui des personnes handicapées, valides et leurs accompagnants à l’initiative du collectif « Ni pauvre, ni soumis ». En France, le montant de l’allocation adulte handicapé (AAH) versé à plus de 800 000 personnes s’élève à 626 euros. Soit 200 euros de moins que le seuil de pauvreté.

24.03.2008

-Je t’emmerde ! (Dominique Voynet à Jean-Pierre Brard, la phrase du jour)

Voilà une assertion qui atteste de la véracité de l’article de « Libé » sur la nouvelle édile de Montreuil.



On aurait tort de voir dans la seule absence de la droite au second tour les raisons profondes de la victoire de Dominique Voynet. L’analyse de la participation du second tour valide la thèse de la mobilisation accrue dans les quartiers populaires au détriment de Jean-Pierre Brard, l’élu du mandat de trop.
Dominique Voynet capitalise une implantation des Verts et des scores qui reflètent depuis pas mal d’années maintenant le changement progressif de la sociologie de l’ancienne « petite couronne rouge ». Mais bien au-delà, elle a su incarner la réponse aux changements des aspirations populaires que les socialistes ont longtemps laissé au frère communiste moribond.

Il reste que Dominique Voynet est aujourd’hui attendue au tournant davantage sur sa capacité à gouverner une cité de plus de 100 000 habitants.

Pour les Verts, cette victoire aura valeur d’exemple. On ne saurait encore faire la part des choses sur leurs réactions mi figue mi-raisin qui ont accompagné le résultat de dimanche dernier. Entre soubresauts liés à la récente contre performance présidentielle, vaines polémiques liées à son possible cumul de sa fonction de Maire avec son mandat de sénateur, on décèlera, plus certainement, les signes d’une crainte de revoir dans le jeu du parti une de leur figure historique qui entretient depuis longtemps avec eux cette relation si particulière.

05.03.2008

La question des tours à Paris en débat

A l'initiative des Verts de Paris, cet échange entre Yves Contassot, Denis Baupin (adjoints au Maire de Paris) et Florence Lamblin, candidate des Verts sur le 13° arrondissement et par ailleurs urbaniste apporte des éléments sur le fond.


La question des tours à Paris (d'ailleurs limitée à 50 mètres de haut pour les logements dans le programme de Bertrand Delanöe) doit être considérée sous l'angle de la relation avec sa banlieue.

Déjà dense, Paris pourrait simplement déplacer l'emploi par de nouvelles tours de bureau au détriment de sa périphérie. Le PLU prévoit d'ailleurs de construire 4 millions de mètres carré supplémentaire de bureau sans qu'on se demande si cela se ferait au détriment du logement par ailleurs...

Sur l'aspect logement, la consommation d'espace à la périphérie des tours et le coût énergétique croissant qui se répercutent sur les charges des habitant-es contredisent les arguments des défenseurs de nouvelles tours à Paris.

Réponse à la pénurie du logement?

JEU : si, comme Bertrand Delanoë le propose, nous construisons des tours de logements de 50 mètres, soit 3 étages de plus que ce que les batiments de grande hauteur permettent actuellement (37 mètres), combien faudra-t-il de tours à Paris pour répondre à la demande de prés de 100 000 logements?

01.03.2008

Une petite baisse de moral? Ecoutez Mesdames de Panafieu, Tissot et monsieur Pagès sur le onzième


Ceci dit, ce n'est pas aussi drole qu'un discours d'Olivier Pagès lors d'une convention de l'UDF-Modem. Il évoque le 11e, un arrondissement "riche de sa diversité". Et il précise un peu plus loin : "...ce nouveau défi qui est le passage de l'ère industrielle à l'ère post-moderne...()...nous devons produire mieux plutot que produire plus, en clair, nous devons penser mieux."
Et de poursuivre : "les idéologies d'hier ne sont pas les solutions de demain".

L'intégral disponible sur Daily motion :



D'autres extraits d'un texte fondateur de "l'écologie populaire" signé en septembre 2006 par Monsieur Alvaro, ancien soutien de José Bové, passé lui aussi au Modem 11e. Il est aujourd'hui cinquième sur la liste du parti de François Bayrou sur cet arrondissement.

Et pourquoi?
Bein, pour le fond, tiens!
Militants du Modem, accrochez-vous, quelques têtes de chapitres du texte soutenu récemment par votre nouveau leader maximo :

- "Le risque d'une dérive social-libérale, voire centriste, est présent..."
- "Parce que la transformation sociale ne se fera qu'avec la participation des classes populaires..."
- "Faire émerger une gauche anti-libérale, anti-productiviste..."

L'intégralité de ce texte sur : http://alphavert.net/article.php3?id_article=415
On vous prévient, ca tranche avec Mme de Sarnez, vous n'allez pas être déçu de la diversité etc.

M. Alvajo s'est illustré dimanche dernier sur le marché Richard Lenoir dans un grand numéro sur le mode "les Verts, vous cherchez les places...".


Pffffffffffffffff.

Le duo Pagès-Alvaro, le binome qu'il nous faut.

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