22.01.2008

La Roquette, mon amour : deux listes à gauche pour le onzième arrondissement de Paris

-et puis, (nous rappelle Anne de Rugy, notre adjointe Verte au transport), au moment de parler des travaux sur la fontaine de la rue de la Roquette, ils se sont lâchés sur les SDF. Donc, là, j’ai dit stop. Et les gens ont eu effectivement l’impression d’être allé trop loin.


Ca sert aussi à cela un élu : à rappeler à notre conscience que le vernis de la civilisation craque facilement.

Le maire, lui, soumet aux voix son « plan » de travaux de la rue de la Roquette. 30 présents dans la salle. Moitié pour, moitié contre.

Bon, là, c’est un mauvais exemple. Mais la démocratie locale, ça pourrait être quelque chose de bien.

Cette réunion de « concertation » réalisée à la hâte par un maire en fin de règne n’était pas franchement inintéressante. On apprend, certes, que fermer la placette Daval ou inverser le sens de la rue du Cdt Lamy déplace du trafic routier comme sur le simulateur « simcity ».

Bien.

On y croise à la tribune Patrick Bloche, leader du PS local, tête baissée sur le même dossier que le notre, remis en séance. A moins que cela ne soit sur ses courriers de l’assemblée nationale. Silencieux.

On y entend le maire, sorti, emporté par un accord avec le PS, signant la fin de son mouvement, celle d’une époque aussi.

Il y a maintenant deux projets pour la rue de la Roquette. Celui, issu du rapprochement PS-MRC, présenté à la va-vite. Ni catastrophique, ni très bien ficelé.

Il y a la démarche des Verts, esquissée notamment par Anne. Un pari qu’on pourrait tenir « comme à Nantes » ou à Bordeaux, où des choix assez radicaux sur l’espace public permettent à tous de retrouver sa place dans la cité.



Le document de « concertation » de la Mairie à la main, déambulation juste après à l’angle de la rue de Lappe. Souvenirs des premières « bitures » du provincial fraîchement débarqué à Paname. La rue de la Roquette, ma porte d’entrée à moi sur le onzième.

21.01.2008

Paris : à six semaines du premier tour, le maire du onzième arrondissement « concerte » à mort

Il faudra que les élus de la majorité de l’arrondissement de gauche qui ne sont pas de la même couleur que M Sarre s’y fassent. Pour connaître l’agenda des concertations dans les quartiers, c’est bien sur le site de la Mairie qu’il faut aller surfer.



Ce soir, la salle des fêtes de la mairie n’aura jamais aussi bien porté son nom. Les habitants de notre arrondissement se verront proposer par « la Direction de la Voirie et des Déplacements un projet global destiné à fluidifier et embellir la rue de la Roquette ».

Et pour être bien lourd, au cas ou on l’aurait pas compris, « l’information » précise : « pour que cette concertation ne soit pas un slogan, mais une réalité, (…) la municipalité du XIe associe les riverains à ses projets ».

D’après moi, le magistrat que la commission nationale va mandater pour certifier les comptes de la campagne de M Sarre devrait réintégrer cette « information » dans la catégorie « tract grossier ».

Ou alors, c’est qu’il ne saurait pas faire la différence entre la rue de la Roquette, justement, et une douce balade en ville.

Et qu’est ce qu’il nous propose le Maire de Sarre en guise de « programme ambitieux » ?

Des élargissements de trottoirs, « une rénovation de la Fontaine située au 70 rue de la Roquette »...

On ne sait si cela sera terminé avant le premier tour, le dimanche 9 mars, mais je connais au moins un chef de chantier en ce moment qui doit avoir chaud au cul.

Et surtout, le maire veut régler le problème de « bouchon » qui touche encore la rue de la Roquette, entre la rue Keller à la place Léon Blum. « Il a donc été décidé de réaménager la rue avec une seule voie de circulation, à côté de laquelle seraient créées de nombreuses places de livraison et de stationnement de courte durée ».

Donc là, vous avez bien compris que ce soir, le fonctionnaire de la direction de la voirie ne vient pas pour s’emmerder avec les habitants ou les résidents. C’est du bouclé comme sur du papier millimétré : toutes les rues faisant l’objet d’une fermeture ou d’une inversion de circulation sur la rue de la Roquette sont citées dans l’annonce de la « concertation ».

Jusqu’au changement de l’emplacement du feu à proximité de la Mairie, place Voltaire.

A la limite, ce soir, venez pour voter si vous êtes plutôt « rosiers » ou « œillets » pour les bacs à fleurs.

Il a un truc sympa le Maire. C’est quand il nous parle de « concertation » à quelques jours des élections sur un projet aussi important, il fait un peu comme le fonctionnaire dans le film « Jean de Florette ». Vous vous souvenez, celui qui est spécialiste de la circulation des eaux sous-terraines.

Il vient nous expliquer les problèmes de tuyaux et si t’es pas d’accord, c’est que soit t’es con, soit t’es contre le progrès.

Bon.Nous les Verts, on s’apprête justement à ouvrir le débat sur la question en abordant la question d’une rue à circulation réservée. Et si on en parlait sérieusement ?

Pour aller plus loin, Site Municipales Verts 11e et bientôt dans vos boites aux lettres, notre « plan vert ».

27.11.2007

Ultime tour de piste sur le "projet Bréguet" avant les municipales

- Si cela ne vous intéresse pas, il suffit de le dire…

Aux côtés de George Sarre, le Maire (MRC) du onzième arrondissement de Paris, deux élus socialistes auxquels il exhortait de faire silence avant son ultime présentation du projet de réaménagement de « l’îlot Breguet ». La dernière avant les municipales.

Entre quelques power-point en police 7, le public, moins nombreux qu’à l’accoutumée oscillait entre attention et inquiétude.

Composé de trois parcelles comportant notamment un centre de tri postal, un « hôtel d’activité », des logements sociaux et des équipements publics, le « projet » évolue peu au gré des réunions. Ou c’est pour annoncer des nouvelles études de programmation entre deux options offrant une place sensiblement différente à des équipements sportifs.

La direction de la jeunesse et des sports venait ainsi ajouter sa contribution à l’allongement de la liste de vœux, déjà bien remplie par deux ans de "concertations".

Des idées, il n’en manque pas. Les conseils de quartiers et les citoyens ont tous une vision de ce qu’il conviendrait de faire dans un arrondissement très dense dans sa partie la plus proche de l’hyper centre de la capitale. Quelques questions du public sur le bruit, la circulation, les nuisances générées.

Lecture d'un voeu d'un conseil de quartier sur le souhait d'espaces polyvalents à usage des associations.

Les élus PS tous ragaillardis par leur idée de constituer une liste face au maire sortant ne poussaient pas leur toute récente émancipation jusqu’à émettre une vision sur le projet. « L’aspect extérieur » était cependant évoqué timidement.

Hervé Morel, adjoint Vert au Maire plaidait pour un contrôle vigilant des engagements pris par La Poste, à l’initiative d’une démarche de qualité environnementale du bâtiment. Il saluait les points positifs du projet : présence d’une cinquantaine de logements sociaux (dont certains à moins de 7€ le m2) dont une moitié accordée aux salariés de cette entreprise.

Le jardin faisait l’unanimité semble-t-il tandis que Martine Cohen, représentante de l’association "ASQP" moquait les « 40 m2 de terrasse végétalisée » au sommet de l’immeuble.

Je prenais le micro à deux mains et interrogeais la cohérence d’un ensemble composé de trois lots en reprenant l’interrogation des habitants de l’îlot…prochainement concertés. Promis.

Michelle Priser, autre élue Verte en charge de l’économie solidaire me précisait en aparté l’opportunité de développer dans la partie commerciale un projet solidaire fortement distinctif. Mais rien n'est joué.

Les représentants de la mairie et de la société d’économie mixte en charge de l’aménagement (SEMAEST) redoublaient d’arguments pour nous rassurer sur la maîtrise de l’activité excluant le commerce de gros.
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On se quittait sur un vague planning.

Le correspondant du « Parisien » concluait benoîtement qu’ »il n’y avait rien de bien neuf ce soir » et nous interrogeait pour savoir si nous avions entrevu quelques informations sur le site internet de la Ville.

Un élu socialiste signalait l’anniversaire du Maire.

M Sarre ne vit pas venir le coup.

Tout le monde restait poli et poussait du menton ou levait les yeux selon les estimations de l’âge du capitaine.

Personne n’avait prévu de pot pour fêter cela.

César n’est plus maître dans Rome.

08.11.2007

Un nouvel équipement culturel dans le onzième arrondissement de Paris




Il faut toujours se réjouir de l'ouverture d'un nouvel espace dédié à la culture. La question de l'arbitrage entre un équipement « à dominante de diffusion » ou privilégiant davantage « les pratiques », non professionnelles, associatives, militantes, mérite cependant d’être posé. Non parce qu’il faudrait gérer la rareté des ressources budgétaires (1) mais parce que les lieux d’expérimentations sont de plus en plus rares.

Parce qu’il n’y a pas de culture « d’en haut » ou « de terrain », réduction facile qui permet d’écarter facilement des projets, fussent-ils balbutiants, ayant vocation à être intégré davantage dans la vie des quartiers, proches et lointains.

Pas plus qu’il ne faut laisser les espaces culturels plus « institutionnels » aux catégories sociales qui en sont les usagers les plus fréquents et se dédouaner facilement d’un travail d’accompagnement nécessaire dés l’école primaire.

Sur un autre lieu du onzième arrondissement, au squat de la rue de la Roquette, des artistes tentent l’impossible mixage entre des activités artistiques résolument tournées vers leur environnement et du logement dont certaines parties pourraient être partagées.

Un travail à la fois original, rigoureux et exigeant qui a même fait l’objet d’une auto-évaluation qu’on peine parfois à obtenir d’une MJC. Une prise en compte insuffisante de la Ville. Une incertitude lourde à la fin du premier trimestre 2008 qui pourrait se solder par une nouvelle occasion manquée.

C’est un enjeu de cette campagne municipale.


(1) L’équivalent du budget de fonctionnement de l’importance de « 20 maisons de métallos » représente moins que la baisse d’impôt décidé par M Tibéri avant de quitter ses responsabilités.

26.09.2007

Monop’Paris onzième arrondissement : faut trier !

Dans le cadre du Plan de prévention des déchets ménagers de Paris, le CICA 11 engage des actions pour "la réduction des déchets ménagers par une consommation raisonnée et responsable" .

Et pour cela, ce regroupement d’associations développe des actions pédagogiques sur les « bonnes pratiques » pour produire moins de déchets ménagers.

La direction générale de MONOPRIX a accepté de s'engager dans cette démarche pionnière en mettant dans le coup quatre magasins implantés dans et à la limite du 11ème arrondissement de Paris.

Dans chaque magasin partenaire sera installé durant le mois d’octobre un "point d'accueil" qui sera tenu de 10h30 à 18h30 par des animateurs bénévoles (associations du CICA 11, conseil de quartier, ….du 11e) et un "ambassadeur du tri et de la prévention" de la Mairie de Paris.

A noter qu’une partie des déchets à Paris est utilisée pour le chauffage en réseau urbain développé essentiellement dans les logements collectifs. Une bonne pratique…à généraliser pour la prochaine mandature ?

17.09.2007

La tecnoparade, la gauche de la gauche, le PS, l’immeuble de la rue Basfroi et la benne à ordure

Il y a des soirs comme ça, samedi, je rentre d’un long séminaire pour le boulot et, là, je tombe, les bras pleins de dossiers et de produits bio, sortant du train :

- sur un taxi refusant la course, me conseillant le métro pour je ne sais quelle raison, un autre qui me laisse tomber pour cause de techno-parade prés de « Répu ». Il aime pas ça la techno parade mon taxi pourtant c'était bien cette année : l'écologie en tête de gondole.


- un peu plus tard, juste en ouvrant la porte chez moi, sur une lettre d’invitation de la mairie du onzième m’informant d'une réunion de « concertation » à 19 heures sur le devenir de l’immeuble Basfroi. La « concertation » porte en fait sur un projet ficelé de la direction de l’urbanisme…A 19 heures, ça tombe bien, comme une majorité de parisien, mon temps de transport est supérieur à 2 heures par jour. C’est ça, la « proximité »

- juste après, pour me remonter le moral, j’entends sur France-info Besancenot et Hollande, gueuler, à la fête de l’huma, pour l’un, que sa gauche à lui voulait « renverser l’économie de marché » (1), pour l’autre, à la remorque, prôner "l’union des forces" mais on sait toujours pas sur quoi exactement…


Enfin, motif de réjouissance, une (autre) invitation dans le onzième, aux « journées de la propreté », avec possibilité de visiter une benne. A ordure.
Motivé.


(1) Pour « renverser l’économie de marche », écrire à : LCR-France. Adresse : pages jaune.

03.08.2007

Devoirs de vacances : carte scolaire, choix des parents et mixité sociale / Pistes d’action, l’exemple du onzième arrondissement de Paris (IV)

Face à l’absence de choix, les familles font quand même des choix.

La voie autorisée, c’est la demande de dérogation, bien que le rectorat ne veuille peut-être pas l’appeler ainsi. Là, on soupçonne des parents de faire des « faux » choix, de ruser, dans les langues vivantes par exemple.

Depuis peu, le rectorat et la mairie du onzième arrondissement ont voulu être très stricts en la matière, après une période d’assez grande souplesse. Et cela correspond aux demandes de l’union locale de
la FCPE, qui trouve anormal qu’il y ait des écoles primaires et maternelles qui comptent une forte proportion d’élèves hors secteur. Au bout d’un certain temps, cette pratique contribue à l’abandon de certaines
écoles.


Une autre solution adoptée a été le secteur commun, de sorte que les élèves soient répartis sur deux écoles « concurrentes ». Une autre mesure « technique » peut être d’harmoniser les secteurs des écoles et des collèges, pour permettre la continuité avec l’école primaire, et sa mixité sociale et scolaire. C’est une mesure demandée par la FCPE dans le onzième arrondissement à Paris. Mais si cette mixité sociale et scolaire n’existe déjà pas à l’école primaire ? Faut-il laisser se prolonger des structures où la mixité fait défaut ?

Autre mesure : créer des collèges plus petits pour avoir des établissements vivables et gérables. Même difficulté : dans un quartier dit « défavorisé », un petit collège peut perpétuer une concentration d’élèves dits « à problème(s) ».

La politique de rigueur dans les dérogations portera-t-elle ses fruits pour le collège ? Elle peut amener certains parents à inscrire leurs enfants, si les autres options deviennent trop difficiles. Mais à elle seule elle ne pourra pas créer une adhésion des parents. La contrainte doit être compensée et justifiée par un travail qui assure la qualité de l’enseignement et une communication meilleure avec les parents. Il est illusoire et contre-productif de vouloir réprimer le réflexe du choix.

Il reste à rendre les écoles et les collèges attractifs, pour attirer des choix positifs, plutôt que d’essayer d’endiguer des choix négatifs. Sur le plan de la communication avec les parents, tout reste à faire.

Les collèges – les associations de parents d’élèves, comme la direction et les enseignants – ne disposent pas de locaux pour recevoir les parents avec un minimum de confort et de convivialité. Les instances représentatives
(conseil de classe, conseil d’administration) ne sont que rarement les lieux de débats de fond sur l’action d’un établissement. Il n’y a pratiquement aucun moyen consacré à des supports efficaces de communication,
et le plus souvent les établissements ont recours uniquement au carnet de liaison des élèves.


Marguerite MORLEY (*)
L’auteur de cette contribution est militante de la FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves) dans les établissements fréquentés par ses enfants qui sont scolarisés dans deux collèges différents, l’un en réseau d’éducation prioritaire (REP), l’autre hors REP ; actuellement secrétaire de l’Union locale FCPE pour le onzième arrondissement de Paris.
Ville-Ecole-Intégration Enjeux, hors série n° 6, décembre 2002

24.06.2007

Paris 11 : un habitant du quartier de la roquette nous fait part de son œuvre dans le plus pur DUB stylee…