29.09.2008

Gauche et crise financière : un malaise apparent

Quand on regarde causer Obama dans le téléviseur, l’impression qu’un individu rencontre l’histoire nous traverse. Autant Royal… Il y a comme un léger décalage entre la gauche de gouvernement et le pékin de base. Il suffit de considérer l’avènement de la crise financière, il y a maintenant 18 mois, et les réactions des leaders de l’opposition pour déplorer une sorte de contre temps. C'est en février 2007 que les défauts de paiements sur les crédits hypothécaires se sont multipliés et ont provoqué les premières déstabilisations d'établissements bancaires. Nous sommes à une étape d’une crise ancienne qui s’aggrave et précipite l’économie monde dans sa chute. Là où Obama met en lumière dans son dernier débat les responsabilités et apporte des réponses, Ségolène Royal… Non, rien…

24.05.2008

Politique et autres peaux de bananes

Dans cette entreprise de gosses s’agrippant à ce vieux tramway de Lisbonne du quartier populaire de l’Alfama, je voyais quelques ressemblances avec cette petite gauche qui se cherche un peu partout, tentant de faire dévier un peu de sa route le train social-démocrate. En vain. Jusqu’à maintenant et depuis mes premiers engagements il y a maintenant vingt ans, que de tentatives avortées et d’intuitions déjouées par les résultats électoraux. Les Verts ont, malgré tout, traduit dans leur participation dans les institutions cette intention. Insuffisant pour faire rêver. Coincés entre le grand frère gestionnaire et une gauche radicale nourrie au déclassement d’une frange croissante du corps social, le parti écologiste est à un tournant de son histoire. L’échéance européenne en dira l’issue. De ma balade dans l’Alafama, je retenais la mutation perceptible de ce quartier : la « gentrification » aura, tôt ou tard, raison de le résistance tenace du petit peuple des faubourgs. A l’instar de Paris où la ressemblance de classe gagne jusque dans les files d’attente de la poste de la rue des Goncourt. Du coup, les prémisses de l’affrontement Royal/Delanoê me laissaient dans un état de vague indifférence. Je trouvais dans l’autobiographie de Rupert Everett (1) une attitude potentiellement féconde pour l’avenir. Au delà des demi-dieux et des quarts de célébrités que nous propose le paysage médiatique, la lucidité caustique et distanciée de cet acteur nous indique que, si elle n’est pas un chemin direct vers la réussite, elle est dans la vérité. Temps maussade ce jour. Cortège des enseignants éclairé entre Bastille et Répu. (1) « Tapis rouges et autres peaux de bananes », éd. K & B.

01.11.2007

"Moderniser la gauche" selon Les Gracques

Publié par : LE MONDE Le : 22.06.07 | ****************************** De l'analyse de la situation politique française que nous avions présentée voilà trois mois, sous le nom collectif des Gracques, que reste-t-il ? Nous disions ceci : en présentant un projet économique et social archaïque, ayant plus de dix ans de retard sur ses homologues allemand, britannique ou scandinave, le Parti socialiste s'est considérablement affaibli dans la course à la présidence. Sur le plan strict de l'arithmétique électorale, sans alliance avec François Bayrou, le déclin du Parti communiste et de l'extrême gauche condamnait la candidate du PS à la défaite. On connaît la suite : la gauche a fait, au second tour de la présidentielle, son score le plus bas depuis 1965 -exception faite des élections de 1969 et de 2002, où elle n'avait pas franchi le premier tour. medium_j0149014.jpg Mais il aura suffi que le gouvernement cafouille sur la TVA sociale, que les électeurs de la majorité se démobilisent devant une victoire trop annoncée et que ceux de l'opposition se rendent aux urnes afin d'exprimer leur crainte d'une trop forte concentration des pouvoirs pour que les législatives tempèrent cette évolution : large majorité pour l'UMP et ses alliés, pas de raz-de-marée, et un PS dont le nombre de députés s'accroît sensiblement. Quelles leçons tirer de cette série d'élections perdues ? Nicolas Sarkozy aura, à l'Assemblée nationale, les moyens de gouverner. Mais l'opposition a des électeurs et des élus, elle existe toujours et pourra se faire entendre. Reste à savoir ce qu'elle aura à dire. Or le risque est grand du statu quo. La tentation d'en rester là existe en effet au PS, renforcée par le score des législatives - si inespéré que certains paraissent oublier qu'il s'agit d'une défaite - et par les contraintes du calendrier. Ce statu quo pourrait s'accompagner, une fois de plus, d'un maximalisme de façade. Le PS ne serait alors certainement pas le fer de lance d'une gauche rénovée, capable de proposer au pays une méthode crédible pour réconcilier développement économique et justice sociale. Nous irions vers un parti rétréci à son coeur de clientèle, camouflant ses divisions et attendant l'alternance pour le coup d'après : c'est-à-dire exactement la situation déprimante que l'on connaît depuis des années. Le contraste entre le PS et la droite ne pourrait alors pas être plus frappant. Depuis 2002, la droite française a mené une rénovation en profondeur de son idéologie, de ses thèmes, de son appareil politique, de son leadership. A gauche, nous avons assisté au contraire à la sanctuarisation d'une "union" née au milieu des années 1970, ne correspondant plus aux réalités politiques actuelles et dont personne ne veut plus, hors les gardiens du temple. Les idées, quant à elles, restent celles de la fin des années 1980, à peine toilettées. Côté organisation politique, les batailles d'appareil ont pris le pas sur l'ambition de moderniser le pays et de répondre aux besoins des couches sociales populaires. Quant au leadership, sa crise retentissante aura marqué tant la gestion du parti que la campagne. La tétanie actuelle du PS est telle qu'il risquerait de se faire prendre la thématique réformatrice de gauche par le centre, et d'assister à l'élargissement idéologique de la nouvelle majorité jusqu'à ses frontières. Or la démocratie a besoin d'une opposition intelligente et crédible, prête à prendre la relève en ayant intégré la complexité sociale et les réalités du monde actuel. Une autre voie est possible. Parce que nous appartenons à la société civile, que nous sommes indépendants des partis et rétifs au caporalisme intellectuel qu'ils imposent, il nous est facile de dire la chose suivante : nous sommes favorables aux réformes justes, d'où qu'elles viennent ; et résolus à soutenir la critique juste, pourvu qu'elle soit constructive. Car, pour critiquer, encore faut-il proposer une alternative forte. Nous avons pris la parole en envoyant sur les roses la fameuse discipline militante qui aurait dû nous inciter à nous taire et à assister silencieux à une nouvelle défaite. Nous continuerons dans cette voie de liberté. Nous ne voulons plus attendre patiemment que la Rue de Solférino se réveille, ni nous contenter de bricolages idéologiques hier pseudo-marxisants, demain néopopulistes. La gauche - c'est là que nous sommes et là que nous restons - doit se doter d'un projet modernisateur, en phase avec ses homologues européens. Il faut pour cela que chacun "s'y colle". En agrégeant toutes les bonnes volontés qui en ont assez de la paresse intellectuelle et refusent un populisme antieuropéen, étatique et dirigiste, avec lequel il n'y a pas de terrain d'entente possible, mais seulement des défaites assurées. medium_j0309629.5.jpg Après le temps des élections, vient donc celui de la refondation. Nous avons décidé de contribuer, modestement, à ce débat. Nous présenterons d'ici peu un manifeste démocrate, social et européen. Nous le discuterons avec toutes les forces - individus, associations, syndicats, dirigeants et élus de différentes formations - partageant les valeurs et les principes de la gauche modernisatrice. Nous souhaitons contribuer ainsi à un courant très large de réformateurs dans les domaines du social, de la santé, de l'enseignement et de la recherche, de la justice, de la culture, pour constituer le pôle avancé, libre et indépendant qui défendra une certaine idée de la gauche moderne. Nous voulons aussi poser avec force les questions nouvelles apparues pendant cette campagne : celles des valeurs, de l'identité, de la responsabilité. Réunis dans le cadre d'une association, nous publierons, organiserons réunions et colloques, échangerons sur Internet avec le plus grand nombre de ceux qui ont souhaité participer à notre démarche. A gauche, la vieille société politique est en panne ; c'est donc à la société civile de courir devant elle : pour ce qui nous concerne, c'est parti ! Les Gracques est le nom collectif choisi par un groupe d'anciens collaborateurs du président de la République François Mitterrand et des gouvernements des premiers ministres Michel Rocard, Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin. Ils sont intervenus dans la campagne présidentielle ("Le Monde" du 2 avril). Les Gracques Article paru dans l'édition du 23.06.07.

22.06.2007

Chaude ambiance au parti socialiste : la décomposition avant la recomposition?

Les « ajustements » ont commencé. Ségolène Royal revient sur un certain nombre d’orientations que les socialistes lui ont "imposé" pendant cette campagne. C’est Laurent Fabius qui en prend ici pour son grade au sujet du SMIC…

Claude Bartolone, proche de Laurent Fabius justement, n’y va pas par quatre chemins. "Amateurisme" de la campagne et loupage dés la fin janvier 2007, selon lui. Retard à l’allumage et manque de consistance de Ségolène Royal, pointe-t-il, dans son bouquin à sortir…tout en reconnaissant un atout quasi « télévangélique » de l’égérie socialiste. Derniers soldes avant de passer aux choses sérieuses?

03.05.2007

Royal monte au filet, Sarkozy en fond de cours

Alors que des commentateurs de salon prennent un air avisé pour fustiger « les emportements de Madame Royal », il faut rappeler que le débat présidentiel n’est ni un colloque sur les changements climatiques ni le grand oral de l’ENA. La bonne morale bourgeoise a beaucoup moins sa place dans l’esprit populaire que dans les locaux de certaines rédactions. medium_j0202109.jpg Sur le fond, madame Royal a marqué des points sur la cohérence de son programme économique. Son contradicteur soulignait la dimension profondément conservatrice de son propos : concernant la suppression des droits de mutation qui va surtout concerner les gros héritages, il illustre de manière particulière sa conception de la « valeur travail », réduite à des heures supplémentaires « gratuites pour chacun » et surtout coûteuses pour tous. Quand la candidate de la gauche fait œuvre de construction en matière de service public de la petite enfance ou de baisse des effectifs dans les classes dites « ZEP », monsieur Sarkozy tente vainement de trouver l’équivalent en emplois de fonctionnaires supprimés des 68 milliards de baisse de prélèvements obligatoires qu’il propose. La potion du candidat de l’UMP est connue sur la délinquance. Elle n’est pas magique si on en croit les statistiques officielles concernant la hausse des violences aux personnes. C’est un aspect de son bilan qu’il a escamoté avec un réel calme en effet. La partie concernant l’énergie certainement été un peu confuse pour tout le monde. Ségolène Royal s’est tout de même engagée sur la dénucléarisation de notre pays quand Nicolas Sarkozy confond la part du nucléaire dans l’électricité (plus de 80%) et dans l’énergie (inférieure à 20%) ce qui sape les fondements de son argumentaire.. Le traitement des questions internationales a permis de souligner une nouvelle fois la position atlantiste et de repli du candidat conservateur quand la candidate de la gauche fait preuve d’un réel courage en prônant la relance du chantier européen et la poursuite du processus lié à l’intégration de la Turquie que monsieur Sarkozy semblait ignorer. Mais puisque le débat fait rage sur le comportement des deux candidat-Es à la fonction présidentielle, que peut-on réellement tirer d’une telle confrontation ? medium_j0309602.4.jpg Que monsieur Sarkozy a davantage la capacité de feindre une maîtrise de sa personne qu’on ne l’imagine ? Que madame Royal sait faire preuve d’une empathie et d’une capacité d’indignation qu’on pensait évaporée après que la gauche fut convertie à la réal-poltique ?? L’image construite par les médias depuis de nombreux mois était soumise à l’épreuve des faits. Entre les certitudes supposées d’un candidat cherchant de longs moments l’approbation des journalistes, la détermination de la candidate de la gauche éclairait sous un angle nouveau cette force intérieure qui forge la responsabilité d’Etat. Post scriptum : Le Rexecode est en effet un institut de conjoncture émanant du MEDEF.

02.05.2007

Doc’ gynéco n’est pas André Malraux

Chère Ségolène, Qu’est ce que tu nous as bien fait rire hier soir avec ce coup de latte ! La ligne de tramway (merci qui ?) longeant le parc Montsouris avait même été stoppée pour l’occasion, débordée par une foule compacte et rieuse. Cette fin de journée aux abords du stade Charletty a été mémorable. Même la secrétaire nationale des Verts que je poussais contre la grille est passée de justesse, aidée par une police assez inquiète de l’affluence. medium_j0309629.3.jpg Je suis resté avec peut être 20 000 personnes dehors à t’écouter. Assis sur l’herbe de la ligne de Tram. Je peux te l’avouer maintenant. Mais je ne suis pas un de tes fan du tout début. Ton truc sur la démocratie participative jusqu’en janvier m’a même fait un peu flipper : on aurait dit un plan échafaudé par les Verts qui se pète toujours la gueule à la fin. Mais là, il faut bien dire que depuis une quinzaine de jours, ton discours se fait plus précis et même assez pointu concernant tes priorités sur la formation. Est-ce la présence des Méda et autres Piketty qui font basculer même quelques potes à moi qui ont voté Bayrou et Besancenot au premier tour ? Ta personnalité est beaucoup moins fragile que les médias ont bien voulu nous le dire. Du coup, ton concurrent, lui, laisse apparaître une étonnante brisure : il a du mal à se présider lui-même on dirait. Autant Clavier ressemble de plus en plus à lui, autant je trouve que le petit Nicolas colle à « l’esprit » de ces people dont on voudrait croire qu’ils ne viennent pas solliciter une baisse d’impôt. Ah, il y en a un qui m’a définitivement convaincu de t’apporter mon bulletin dimanche. C’est Séguéla. Il va voter sarkozy. C’est quand même un signe, ça. Aussi, hier, on s’est mis à y croire. Il y a même une mamie à côté de moi qui a versé sa larme au son de la chanson de Delpech. « Mais que Marianne était jolie Quand ell' marchait dans les rues de Paris En chantant à pleine voix Ça ira ça ira... toute la vie… » Alors, ce soir, t’inquiète. Je suis sur que l’autre va péter un câble. Ou il va faire celui qui se maîtrise mais t t t. Vertement, Jean-marc Post-scriptum : je te laisse une petite demande pour mes copains verts qui aimeraient bien un petit groupe à l’assemblée nationale. Ils sont un peu brouillons mais bon, ils bossent quand même et tu pourras compter sur eux.

30.04.2007

Que sont les voix vertes devenues?

Un sondage CSA sortie des urnes sur 5009 personnes venant de voter au premier tour explique comment Dominique Voynet a pu faire un score si faible par rapport au score de Noël Mamère en 2002. Sur 100 personnes ayant voté Mamère en 2002: - 20 % ont voté Voynet - 49 % ont voté Royal - 14 % ont voté Bayrou, soit presque autant que Bové (9%) et Besancenot (8%) réunis. Dominique Voynet, parmi les candidats de gauche, est celle qui a le moins gardé l'électorat de 2002 : Laguiller a gardé 28 % de son électorat de 2002 (29 % pour Royal), Besancenot 34 % (41 % pour Royal) ; Buffet a gardé 67 % de l'électorat de Hue (18 % pour Royal). Cela illustre la volatilité de l’électorat Vert et le poids moins important que prévu du vote ultra-gauche qui perd en nombre de voix et en valeur relative depuis 2002. medium_j0315598.6.jpg Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions définitives. Les législatives viendront (in) valider les hypothèses suivantes : - un vote conjoncturel de « vote utile » à gauche, phénomène réversible sur les séquences suivantes (municipales…) - une évolution plus structurelle du corps électoral « réformiste » avec une vraie concurrence à prévoir entre les futurs « démocrates » et les socialistes aux conséquences lourdes évoquées par divers commentateurs (cassure du PS…). Cette seconde hypothèse devrait impacter beaucoup plus le (re)positionnement des Verts.

28.04.2007

Un étonnant débat entre Ségolène Royal et François Bayrou

Un peu étonnant ce débat Royal/Bayrou ce matin sur BFM-TV. Est-ce le cheap de la déco qui lui donnait un savant goût de lieu alternatif ? La prod’ a du jeter à la hâte sur la table une vielle nappe de mariage où trônaient deux verres de champ’. On frissonnait à l’idée qu’une minute à l’autre, un car de police débarqua pour coffrer nos deux complices jouant au « je t’aime, moi non plus ». En tous cas, on imaginait de l’autre côté de la lucarne un Sarkozy plus furax que jamais. Constatant les réelles convergences sur l’Etat impartial, la réforme des institutions, la question des quartiers… Les échanges ont mis en exergue de vraies divergences sur les questions économiques mais davantage sur le timing et la méthode. François Bayrou semblait découvrir la nature très « deuxième gauche » du compromis social de Madame Royal, en distance avec la position de son parti. La candidate de la gauche actait, parfois un peu hâtivement, tout consensus entre eux deux, provoquant les sourires de la salle. Force est de constater que Ségolène Royal fait preuve d’une empathie qui tranche sérieusement avec la position d’attaque et de défensive permanente du candidat de l’UMP. Ségolène Royal a été beaucoup plus claire sur la question énergétique, François Bayrou « ne voyant pas » comment s’affranchir du dogme nucléaire. Même Al Gore indiquait en fin de son film les scénarios éco-compatibles avec les objectifs de Kyoto. On écoutera davantage sur ce sujet le débat des primaires des démocrates…américains. La question énergétique est étroitement liée au conflit avec l’Irak et aucun candidat de ce parti n’évoque la relance d’un nucléaire dépendant de ressources d’uranium limitées et d’une exploitation dangereuse. PS : la réaction démagogique à ce débat de Nicolas Sarkozy, dans une usine, met l'accent sur le fait que ce candidat inscrit la communication en finalité absolue de son action politique. Et cette manière de sortir "des clients", de se servir d'eux pour pointer les autres...

27.04.2007

Avantage à Ségolène Royal

La dynamique des premiers jours de la campagne de second tour est nettement en faveur de Ségolène Royal. Et c’est de son fait. Elle a su engranger habilement les soutiens des autres candidatures de gauche du premier tour en amorçant une ouverture au centre sans faire "la danse du ventre". Les thématiques mises en avant par Madame Royal sont nettement sociales et c’est bienvenue de la part d’une candidate de gauche. Elle sait également valoriser son « excellence environnementale » en allant à l’essentiel : moratoire sur les OGM, débat sur le nucléaire, plan massif sur l’isolation, investissement dans les énergies renouvelables en créant des emplois non délocalisables. Bref, ses électeurs Verts du premier tour peuvent s’y retrouver. Côté Sarkozy, sur l’environnement, c’est à pleurer. Un taux de TVA réduit sur le « HQE », c’est-à-dire une part infime du 1% du renouvellement du patrimoine annuel. Ils n’ont pas beaucoup bossé le sujet les Sarkozy’s.

On souhaiterait un peu plus de courage sur la question des sans papiers que demande une analyse lucide de la situation. Ségolène propose le « cas par cas ». Nicolas Sarkozy verse carrément dans la démagogie en faisant le parallèle entre le nombre d’enfants africains en Afrique et ceux potentiellement à scolariser en France. Un peu comme si les migrants traversaient les frontières pour les mêmes raisons et dans les mêmes conditions que son pote Johnny. Ségolène Royal se démarque également de son concurrent qui ne peut s’empêcher de placer des catégories « la CGT… » contre le reste de la France. La méthode est toujours la même : il isole un problème, cible un public « avec des avantages » et tire à vue. Sur l’image du « guetteur en bas de l’immeuble » qui décourage celui (dans le même immeuble) qui se lève tôt le matin. Fastoche à comprendre le monde selon Sarkozy. Hier soir, Nicolas Sarkozy a aussi proposé le retour au « capitalisme familial ». Comme si les exemples récents (Smoby…) ne montraient pas que les logiques économiques ne dépassaient pas les questions de constitution de l’actionnariat… Sa solution de TVA supplémentaire sans hausse des salaires nets ouvre un nouveau risque de baisse du « reste à vivre » des ménages. Il est revenu sur son idée de ne pas imposer et détaxer les heures sups en détricotant les 35 heures. Coût faramineux et danger sur l’emploi concentré de cette manière sur moins de salariés disent nombre d’économistes. Pas ceux du REXECODE, cités par Nicolas Sarkozy, institut émanant de milieux patronaux. Sur la santé, assez stupéfait sur la potion miracle de « la franchise de quelques euros par an » pour limiter les dépenses de santé. Hum. Nicolas Sarkozy a fait un laïus sur l’opposition entre le « faire mourir » et le « laisser mourir » qui mériterait d’être développé pour éviter les parallèles douteux. Sur les questions internationales, c’est assez vite plié pour l’UMP. On « s’indigne », on se dit « préoccupé » on fera remarquer que, on renvoie « à la société civile en Iran ». Démerdez vous, quoi. J’attends le coup de fil de Bush. Et puis bon, « l’élection c’est pas tout »…un relativisme bon teint là où sa concurrente se fait plus interventionniste. Sur le Darfour notamment ainsi que sur la question nucléaire en Iran. Chez les Sarko, on renvoie le chantier européen à quelques modifications législatives « pour élire un président de l’Europe » là où Ségolène prend le vrai risque de remettre à plat le chantier de la constitution européenne.

25.04.2007

politique, internet, sexe and rock'n roll

Une leçon de cette campagne en matière de com’internet, c’est que les sites officiels des partis ont pris un sacré coup de vieux. Rarement le net politique aura été aussi drôle, inventif, créatif…politique ! Tentant de parodier laborieusement les « initiatives citoyennes », comme on dit dans le verbiage politicien, la communication partisane, elle, rame à mord.

En exemples de réussites, on pense bien sur à presidentielle.net à politic-show et, plus généraliste, à fluctuat.net. Parfois, des bandes de potes à ne plus compter leur temps et leur argent, à produire du discours politique comme la télévision n’est plus capable d’en faire. Des tentatives avortées de faire s’affronter des candidat-es en débats contradictoires, écrasées sur le mur du politiquement correct. Infranchissable. Qui rabote tout et surtout, les aspérités. Il ne faut plus défendre l’indéfendable mais faire du faussement impertinent et du « plus grand dénominateur commun ». La stratégie et la part de marché ont raison du débat démocratique. L’autre enseignement, c’est l’incapacité des principaux prétendant-es à produire une vision globale. Condamnés à (sur) réagir aux propos de la concurrence voire à l’attaquer sur son propre terrain. C’est là une évolution majeure de la politique de ces dernières années et un risque pour ce second tour : Coca versus Pepsi. Ou l’inverse. Cette pratique là fait des ravages dans tous les partis. Les cadres sont mus de plus en plus par les répercussions de leurs actes dans ce qu’ils pensent être les « gros médias » que les conséquences dans la vie réelle. Du coup, le positionnement est plus important que la position elle même. medium_j0178945.3.jpg La vision personnelle, ce qui fait que le politique englobe les attentes de les citoyens mais les dépasse en même temps, se confond aujourd’hui avec les affaires intimes. Cécilia et le facteur, acteurs consentants et mis en scène en prime time. Ils ont fait leurs premières victimes. La politique étrangère et les affaires européennes, rangées dans le tiroir des inconnus aux bataillons de la campagne. L’autre effet collatéral est l’effacement du bon vieux clivage droite/gauche au profit d’effets de styles et de discours sur la méthode. Le « j’ai changé » et les « désirs d’avenir » supplantent progressivement les affrontements sur le pouvoir de l'actionnaire et la feuille de paie. Et pourtant, ils n’ont pas pris une ride. Le paradigme écologique peut renouveler la donne mais c’était difficile dans ces conditions. On aura vu en dernière semaine la tentative de Ségolène de rectifier le tir. Tentative tardive de reprendre la main sur une campagne conduite par des communicants qui ignorent la caissière de supermarché à 980 euros nets par mois. En lieu de quoi, on a eu droit à des considérations plus secondaires pour l’électorat de gauche sur le drapeau, répondant en écho ou par mimétisme aux saillies sur l’identité nationale. On a aussi eu droit au « vote utile », comme si piquer les voies au petit cousin vert était la priorité par rapport à rassembler celles barrées chez Bayrou. medium_j0182769.jpg Les partis vivent une grave crise. En partie parce qu’ils sont peuplés, comme le disait Rocard, « des ratés de leur profession ». On peut faire de la politique comme on fait du mauvais théâtre. Chaque mercredi de la semaine pour voir autre chose ou se changer les idées. Les vocations s’étiolent au rythme de la réunionite et des batailles internes pour accéder aux postes. Il y a 25 ans, comment aurait-on traité la question de la peine de mort dans un tel contexte ? « Laisses tomber coco, tu vas perdre 5 points chez les hommes de plus de 55 ans… »