24.08.2008

Tawfik Hamid, ancien militant intégriste islamiste, témoigne : "le terrorisme n'a rien à voir avec la pauvreté ou le manque d'éducation"

Extrait "histoires de mémoire » du 22 juillet 2007, à retrouver sur http://www.histoiresdememoire.org

Un interview de TAWFIK HAMID

"Les ardeurs concupiscentes des martyrs [musulmans]" November 5th, 2006 par Michael Coren National Post, 3 novembre 2006

Le Dr Tawfik Hamid ne dit pas aux gens où il habite. Ni la rue, ni le lieu,ni même le pays. C'est plus sûr. Il ne se déplace librement que grâce aux témoignages d'officiers de renseignement très haut placés.

Ce médecin, auteur et activiste a été un membre de l'Al-Gama' al-Islamiyya (« le groupe islamique ») égyptien, une organisation terroriste interdite.

Il a été instruit par Ayman al-Zawahiri, le djihadiste barbu qui apparaît dans les vidéos de Ben Laden pour annoncer que la violence islamique ne cessera que lorsque nous serons tous musulmans.
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L'homme est désarmant de gentillesse et de courtoisie. Mais il est fermement décidé à dire à une certaine Amérique trop satisfaite d'elle même ce qu'il sait sur l'impérialisme fondamentaliste musulman.

« Oui, l'impérialisme », me dit-il. « L'expansion délibérée et déterminé de l'Islam militant et sa tentative de triompher non seulement dans le monde islamique, mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. Idéologie pure. Les terroristes musulmans assassinent et massacrent non pas à cause de ce qu'ils ont subi, mais à cause de ce qu'ils croient. »

Hamid a été plongé dans le message du djihadisme pendant ses études de médecine, au Caire, et se dévoua alors à cette cause. Son groupe commença à se réunir dans une petite pièce. Puis dans une plus grande. Puis dans une mosquée réservée aux adeptes d'al-Zawahiri. Lorsque Hamid quitta le mouvement, ses membres intimidaient les étudiants hostiles à leurs idées.

Il a aujourd'hui 45 ans. Il a eu de nombreuses années pour réfléchir aux raisons pour lesquelles il était prêt à mourir et à tuer au nom de sa religion. « La première chose à comprendre est que cela n'a rien absolument rien à voir avec la pauvreté ou le manque d'éducation », dit-il. « Je viens d'une famille de la classe moyenne et mes parents n'étaient pas religieux. Pratiquement personne dans le mouvement, à l'université, ne venait d'un milieu différent du mien. »

« J'ai entendu cette absurdité à propos de la pauvreté tant de fois dans la bouche d'apologistes occidentaux de l'Islam - la plupart d'entre eux non musulmans, d'ailleurs. Il y a des millions de pauvres et de nécessiteux qui soutiennent passivement le terrorisme, mais la majorité des tueurs sont aisés, privilégiés, bien éduqués et libres.

S'il s'agissait d'une question de pauvreté, pourquoi les attentats-suicide commis en Palestine sont-ils le fait de Musulmans de la classe moyenne, et jamais de Chrétiens démunis ? »

Son analyse est fascinante. Les Musulmans fondamentalistes croient, selon lui, que la richesse pétrolière de l'Arabie Saoudite est un don de Dieu et que l'influence saoudienne est donc voulue par Allah.

Ainsi, la variante extrémiste de l'Islam sunnite répandue par le royaume dans le reste du monde musulman est considérée non pas comme une des interprétations de la religion parmi d'autres, mais comme la seule correcte.

L'expansion de l'Islam violent et régressif aurait commencé à la fin des années 1970 et pourrait être précisément mise en liaison avec l'influence financière croissante de l'Arabie Saoudite.

« Nous n'avons pas affaire ici à un culte marginal », poursuit-il. «L'Islam salafiste est la version dominante de la religion et elle est enseignée dans la quasi-totalité des universités islamiques du monde. Elle est puritaine, extrémiste et affirme, en effet, que les femmes peuvent être battues, les apostats exécutés et les Juifs traités de porcs et de singes. »

Il s'adosse à son siège, prend une profonde inspiration et passe à un autre thème, dont il commence par dire qu'il est trop rarement abordé : « Les Nord-Américains sont trop pudibonds pour discuter du moteur sexuel pourtant évident dans la motivation des attentats-suicide.

S'ils se penchaient sur la société islamique contemporaine, ils comprendraient la tension purement sexuelle des Musulmans sunnites.

Regardez les chiffres des attentats-suicide à la bombe - très peu viennent du monde chiite. Du terrorisme, des violences, oui, mais pas de suicides. Ceux-ci sont en très large majorité commis par des Sunnites. Dans le monde chiite, il y a des mariages que l'on dit temporaires, entre une heure et 95 ans.

Cela leur permet d'apaiser leurs frustrations sexuelles. »

« L'Islam condamne le sexe hors-mariage et la masturbation, comme la tradition chrétienne. Mais l'Islam promet aussi l'extase sexuelle illimitée au paradis, avec de magnifiques vierges, à ceux qui donne leur vie pour la foi. Il ne faut pas sous-estimer cette passion aveuglante et son influence sur ceux qui acceptent le fondamentalisme. »

Il marque une pause. « Je le sais. J'étais l'un de ceux qui l'acceptaient.

Cette explication partielle choque plus par sa banalité que par son horreur.

Le meurtre de masse commis par luxure. Mais on ne peut nier que les lettres écrites par les bombes humaines s'attardent souvent sur les vierges et les plaisirs sexuels qui les attendent.f0d175bacb4d339b4f9cb0cddfff5343.jpg

« L'aspect sexuel n'est bien sûr qu'une partie de l'ensemble. Mais je peux vous dire ce qui n'en fait certainement pas partie. Israël n'en fait pas partie. Ni l'Iraq, ni l'Afghanistan. Ce ne sont que des prétextes. Les fondamentalistes musulmans algériens ont assassiné 150.000 autres Musulmans algériens, parfois en égorgeant des enfants devant les yeux de leurs parents. Allez-vous me dire sérieusement que c'était à cause des agissements d'Israël avec les Palestiniens ou de la politique étrangère américaine ?"

Il est exaspéré, visiblement furieux devant ce qu'il considère comme l'idiotie volontaire de l'Occident. « Cessez donc de vous demander ce que vous avez fait de mal! Cessez ! Ils vous massacrent comme des agneaux et vous vous obstinez dans votre introspection. Vous critiquez votre histoire, vos institutions, vos églises.

Pourquoi ne pouvez-vous pas réaliser que cela n'a rien à voir avec ce que vous avez fait - c'est simplement ce qu'ils veulent. »

Puis il s'en va - il ne peut pas révéler où. Une voix réduite au silence dans son pays et trop souvent ignorée par ceux qui préfèrent des révisions accommodantes à des vérités dérangeantes. Le plus tragique est que Tawfik Hamid y est presque habitué.

20.07.2008

Relax, it's just climate

Ne dramatisons pas le réchauffement climatique, tout n’est que question d’adaptation…





…AREVA vous l'a dit et s’engage…


08.08.2007

L'islam intégriste, l'islam libéral et la "mauvaise conscience occidentale"

Il y a peu de temps le brillant orientaliste Bernard Lewis a publié une histoire courte décrivant le déclin du monde islamique et ayant pour titre “Qu’est ce qui a mal tourné ?”. Aussi étonnant que cela puisse être, de nombreuses voix “progressistes” en Occident se sont élevées pour la dénoncer. Ces voix ne tenaient pas compte du fait que Mr Lewis disait implicitement que la situation avait été meilleure auparavant et pourrait s’améliorer dans. Mais il est clair aujourd’hui que la situation n’est pas bonne dans le monde islamique.

Les femmes sont lapidées à mort et subissent l’ablation du clitoris. Les homosexuels sont pendus sous le regard approbateur des partisans de la Shariah, le code légal de l’Islam. Les sunnites et les shiites s’entredéchirent tous les jours en Irak. Les mères Palestiniennes enseignent à leurs enfants de 3 ans le monde idéal du martyr. On peut comprendre que les tenants de l’orthodoxie musulmane puissent rejeter ces accusations, mais on comprend moins que les “prêtres non-Musulmans” du Siècle des Lumières se précipitent pour les absoudre.


Ces progressistes donnent comme argument la nécessité d’aller à la racine des problèmes. D’accord. Le terrorisme est la manifestation d’un malaise et n’est pas le malaise lui-même. Mais les racines du terrorisme ne sont pas celles auxquelles pensent ces progressistes. Je suis un ancien membre de la Jamea’h al Islamyah, un groupe dirigé par Ayman al Zawahiri, n°2 d’al Qaeda. Je peux vous garantir que l’enseignement inhumain de l’idéologie islamiste peut transformer un esprit ouvert en un terroriste. Et on ne peut combattre le terrorisme musulman sans aller aux racines idéologiques de l’Islam radical. Et la principale racine de la terreur a comme nom le “salafisme”, une version ultra-conservatrice et violente de la religion (1).

Il est vital de comprendre que le courant traditionnel et même principal de l’enseignement islamique accepte et encourage la violence. Ainsi la Shariah permet le meurtre des apostats, la frappe des femmes pour les discipliner, le prosélytisme des non-Musulmans et leur conversion par la guerre ou leur protection comme dhimmis, citoyens inférieurs. Notre loi islamique exhorte tout croyant à exterminer les Juifs, avant la Fin des Jours. Le silence assourdissant de la majorité des Musulmans devant ces pratiques barbares est le témoignage évident qu’il y a une erreur à la base.Le monde islamique est vraiment dans une situation difficile. On n’a pas d’interprétation du Coran rigoureuse sur le plan théologique qui puisse clairement défier les abus de la Shariah. Ainsi une branche tolérante de l’Islam comme le soufisme ne fournit pas la base théologique essentielle qui puisse annuler les proclamations cruelles du groupe salafiste. Ainsi depuis plus de 20 ans j’essaie de développer une théologie rigoureuse de l’Islam qui enseigne la paix.

Cependant, il est ironique et décourageant de constater que des intellectuels Occidentaux non-Musulmans - qui soi-disant soutiennent les droits de l’homme - sont devenus des obstacles à la réforme de l’Islam.

L’”islamiquement correct” en Occident est devenu un mur contre la critique d’une Shariah inhumaine. Ces Occidentaux trouvent des excuses au terrorisme islamique comme la pauvreté, le colonialisme, la discrimination ou la création d’Israël. Alors quelle incitation les Musulmans ont-ils pour demander la réforme, alors que des Occidentaux dits “progressistes” ouvrent la voie d’un Islam barbare ? Si le problème n’est pas la croyance religieuse comme ceux-ci le disent, alors pourquoi les Chrétiens qui vivent en milieu arabo-musulman, dans les mêmes conditions que les Musulmans ne se livrent pas à des campagnes de terreur à grande échelle ?

De même, des politiciens et des Universitaires Occidentaux ont adopté le refrain que l’extrémisme islamique serait né du conflit israélo-arabe. Cette analyse ne convainc aucun esprit rationnel : le meurtre de 150 000 innocents en Algérie ou l’assassinat de centaines de bouddhistes en Thailande, ou la violence inouïe entre shiites et sunnites en Irak ont-ils un rapport quelconque avec le conflit israélo-arabe ? (2)

Les féministes occidentales se battent chez elles pour un salaire égal à celui des hommes et pour des chances égales. Sous prétexte de relativisme culturel, ces même féministes ne s’inquiètent pas du fait que les femmes dans le monde islamique sont battues, exécutées ou mutilées sur le plan génital, ne peuvent pas voter, conduire une voiture ou s’habiller comme il leur plaît.

La tendance à l’autocensure des Occidentaux dans leurs critiques empêche la réforme de l’Islam. Les Américains manifestent contre la guerre en Irak, mais s’abstiennent de le faire quand des terroristes enlèvent des innocents et les décapitent. Ainsi après les attentas de Madrid, des millions de citoyens espagnols ont manifesté contre l’ETA. Quand ils ont réalisé leur méprise et que des Musulmans étaient derrière cette terreur, les manifestations ont cessé. Cette attitude envoie un message d’encouragement aux Islamistes radicaux afin qu’ils persévèrent dans la violence. L’apaisement des Occidentaux à l’égard des communautés musulmanes a exacerbé le problème.

Pendant la période de 4 mois qui a suivi la publication des caricatures de Mahomet dans un magazine danois, on n’a pas assisté à des manifestations de Musulmans. Après les excuses du magazine danois, des émeutes ont éclaté dans le monde entier. Les excuses ont été perçues come une faiblesse et une concession par les Islamistes.

Pire que tout peut-être, est le sentiment anti-américain. Ce ressentiment est si profondément ancré dans l’identité individuelle qu’il a mené, consciemment ou non, de nombreux Occidentaux à soutenir moralement les ennemis de l’Amérique. Ces gens doivent comprendre que l’Islam radical est essentiellement anti-libéral, totalitaire et qu’il signifie la mort de toutes les valeurs occidentales. Les droits de l’Homme et la dignité dont nous bénéficions en Amérique ou ailleurs ne sont pas acquis.

Le dialogue inter-religieux avec les Musulmans n’a rien donné. On devrait exiger des organisations et des érudits musulmans qu’ils dénoncent sans ambiguïté le salafisme et la violence dans les mosquées, les écoles et les médias. On ne doit plus considéré comme “modéré” tout Musulman qui ne dénonce pas haut et fort les décrets inhumains de la Shariah.

Tout cela rend notre travail plus difficile, nous autres Musulmans de la réforme. Quand les Occidentaux font des excuses “politiquement correctes” aux Islamistes, cela met en danger nos vies, en tout cas cela nous bâillonne. La Tolérance ne signifie pas accepter des atrocités sous le prétexte de “relativisme” culturel. Il est grand temps dans le monde libre de voir la réalité du salafisme en face, sinon c’est la réalité de l’Islam radical qui nous fera face.

Tawfik Hamid.
Note de la traduction


(1) Le salafisme est une doctrine de l’Islam qui se réfère à l’enseignement des premiers califes, premiers parents de l’Islam (salaf), doctrine pure et dure. Elle est pratiquée notamment en Arabie saoudite, sous le nom de “wahabisme” depuis que la tribu al Saoud gouverne le pays

(2) Et le Darfour ? 300 000 Noirs Musulmans assassinés par des Arabes moins noirs Musulmans dans un génocide du gouvernement soudanais utilisant les auxiliaires “janjawid” pour la basse besogne de nettoyage de la région. Il y a aujourd’hui 2,5 millions de réfugiés, soit avec les morts 50% de la population du Darfour