26.07.2008

Enérgies renouvelables : Al Gore appelle les USA à une nouvelle ruée vers l'or

Dans un discours prononcé jeudi 17 juillet 2008 à Washington DC, l’ancien vice-président Al Gore a exhorté son pays à sortir de la triple crise économique, énergétique et climatique en se fixant l’objectif de produire 100% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 10 ans seulement.

Quelques jours plus tard, le 22, Andy Grove (ancien CEO d’Intel) appelait à la mise en oeuvre d’une « task force » pour convertir en 4 ans près de 10 millions de véhicules en « hybrides » (les plus gros).

En quelques mois seulement, tellement de choses se sont passées là-bas que les Américains semblent prêts pour une évolution majeure après l’élection présidentielle à venir.

Le but manifeste du discours d’Al Gore était de déclarer que les USA peuvent à la fois se débarrasser du pétrole, réduire énormément leurs émissions de gaz à effet de serre et enfin relancer l’économie américaine et notamment l’industrie automobile.

Que cet objectif soit accessible dans les délais qu’il fixe est discutable, car comme pour le projet « Apollo » qu’il cite à plusieurs reprises, la faisabilité d’une entreprise inédite dépend essentiellement des moyens consacrés à sa réalisation. On parle de fournir 3000 TWh/an avec de nouveaux équipements (solaires et éoliens pour la plus grande partie) en 10 ans...

Que cet objectif soit réalisable sur une plus longue durée (en 15-20 ans par exemple) et qu’il faille commencer maintenant fait de moins en moins de doute pour beaucoup d’observateurs de l’état de santé de l’économie américaine...

Les éléments économiques d’abord : les USA vont dépenser entre 600 et 700 milliards de $ en 2008 pour leurs achats d’hydrocarbures (environ 130 Mtep de gaz naturel et surtout 620 Mt de pétrole essentiellement (70%) englouties dans les transports) et ce gigantesque transfert financier en direction de pays ayant des besoins sans rapport avec leurs rentrées financières est perçu comme une menace pour beaucoup de voir les joyaux de l’économie américaine passer entre des mains étrangères.

La persistance d’un baril à plus de 100 $ dans les années à venir ne fait plus de doute pour beaucoup et les craintes du « peak oil » et de prix allant du côté des 200 ou 300 $ à échéance de quelques années est un élément majeur de toute réflexion sur les politiques énergétiques à venir. Une hémorragie d’une telle ampleur peut difficilement être supportable au long cours.

Ce n’est pas un hasard si les investissements dans les énergies renouvelables connaissent une évolution remarquable (étant passés de 100 G$ en 2006 à 150 G$ en 2007) et si de nombreux projets de par le monde (le projet éolien de Gordon Brown récemment) sont annoncés.

Les élements politiques : le niveau de vulnérabilité de l’économie américaine aux importations énergétiques est devenu un problème de sécurité nationale majeur (l’invasion de l’Irak n’y est pas étranger) et le seul coût de l’opération en Irak aurait pu couvrir l’essentiel du projet soutenu par Gore (estimé entre 1500 et 3000 G$).

Enfin des éléments techniques, comme les évolutions récentes dans le domaine du solaire avec des unités de fabrication en PV (Nanosolar vient d’ouvrir une unité de film mince (1 $/Wc, 14,5% de rendement) à San Francisco d’un GW/an de capacité mais capable de bien plus si nécessaire), comme en thermosolaire (Ausra vient d’ouvrir une unité capable de produire 0,7 GW de panneaux par an à Las Vegas avec une unité construite en quelques mois seulement) qui pourraient facilement être multipliées aux USA si un engagement fort était pris par le pouvoir politique fédéral (de nombreux Etats à lire la presse semblent eux décidés à franchir le pas).

Il en est de même côté batteries pour véhicules électriques et/ou hybrides avec un potentiel bouleversement sur ce secteur si les performances des « supercondensateurs » sur le point d’être commercialisés à grande échelle (la saga EEStor tient en haleine tous les spécialistes du marché ) sont à la hauteur des annonces.

Il y a en fait suffisamment de concepts de stockage électrique à venir pour estimer peu probable un goulot d’étranglement de ce côté-ci par manque de matières premières, par exemple le prix était récemment encore annoncé comme un obstacle majeur que l’effet d’échelle et les nouvelles techniques peuvent largement gommer (voire les aides publiques si on envisage les bénéfices pour les USA de récupérer une bonne part de leur indépendance énergétique).

On peut donc penser que dans les grandes lignes le plan de Gore est réalisable et que seul un obstacle du côté du futur occupant de la Maison Blanche pourrait l’interdire.

Tous les décideurs savent aujourd’hui qu’il faudrait sept fois la surface agricole des USA en cultures de maïs (via la filière éthanol) pour abreuver le parc automobile et qu’une véritable solution ne peut venir de là.

Même si le prochain président ne souscrivait pas à ce plan, le développement des énergies renouvelables est assuré au niveau des Etats dont beaucoup (Texas et Californie par exemple) ont des politiques volontaristes qui vont faire changer l’éolien et le solaire d’échelle. De nombreux Etats richement dotés (Colorado, Arizona, Montana, Nevada, Sud Dakota,etc.) entrevoient la perspective d’une renaissance via une nouvelle ruée vers l’or qui rapporterait des rentrées fiscales substancielles et attirerait des industries indispensables et, plan fédéral ou non, ont déjà des projets importants (le Dakota du sud par exemple).

Les USA sont pratiquement dans une situation où ils sont le dos au mur, avec un ralentissement économique sérieux, un endettement majeur, une suprématie contestée dans tous les domaines (sauf le militaire) et une attitude dans la lutte contre les changements climatiques qui n’est plus soutenable.

Al Gore vient simplement de pointer un doigt vers une solution qui résoudrait une large partie de ces problèmes.

Les USA ne vont pas se laisser massacrer sans réagir et la décroissance n’est pas dans les options qu’ils peuvent envisager...

Quelque chose va se passer là-bas, c’est inévitable...

Un article de MarcoB12 publié sur le site d'Agoravox jeudi 24 juillet 2008.

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06.06.2008

Obama à Très Grande Vitesse

Des cous qui s’allongent, des yeux qui s’ouvrent grand, des conversations qui s’interrompent. Du VRP à la blague facile, de l’homme d’affaire qui toise le contrôleur au groupe de lycéens sifflant leur bière : la réaction est la même. Le titre en caractère gras en « une » de mon quotidien a transformé le wagon-bar du Le Mans-Paris en une petite Amérique. « Barack Obama sera le candidat des démocrates » et, d’un rien, tout ce petit monde se liguerait pour me dérober ma lecture.



En ouvrant mon courrier de la SNCF adressé aux « grands voyageurs », découverte de mon bilan carbone. 7 kilogrammes depuis le début de l’année. Alors que je pensais avoir fait 40 fois le tour de la terre, mon transport ferroviaire aura fait économiser à la planète l’équivalent de plusieurs centaines de litres d’essence. CO2 dégagé par le surplus de conversation dans le wagon-bar du TGV inclus.

On regardera attentivement la seconde moitié de la vidéo (vers la neuvième minute). Le candidat s’exprime devant une partie de ses équipes sur des sujets de fond avec une intensité rare.

02.06.2008

Clinton Vs Obama : les éléments du drame

Le frère de John F. Kennedy, l’infatigable sénateur Edward Moore Kennedy, vient de se faire hospitaliser pour une tumeur au cerveau.

Dans cette course sans fin pour l’investiture démocrate, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec une précédente primaire, en 1980, qui avait opposé le président Carter, sortant, avec le « vieux lion » : Teddy Kennedy.

Les médias en avaient fait leurs choux gras, voyant dans cet affrontement un élément du drame qui se cristallise aujourd’hui autour de l’affrontement Obama / Clinton.

On connaît la suite.



Les Américains du nord ont un certain sens de la mise en scène. Mais leurs fictions dépassent souvent de loin la qualité made in France. En particulier quand elles traitent des sujets tabous dans notre pays : la lutte pour l’accès au pouvoir.



L’excellente série « West Wing », « A la Maison Blanche », ferait l’objet d’une adaptation en cours pour nos petits écrans. Des consultants auraient été embauchés pour tisser un scénario « à la française ». Pas simple d’imaginer ce que doivent être les coulisses de l’affrontement à venir entre Royal, Delanöe et…Martine Aubry.

Un trio pour un bon drame.

22.05.2008

Un portrait de Barack Obama

Un article du "Monde" qui nous donne l'occasion de balayer plusieurs visages de Chicago, cité dont le maire démocrate actuel, Richard Dailey, trés écolo, s'est imposé à force de politiques de mixités urbaines. Un portrait complet du candidat à l'investiture démocrate, quasi certain aujourd'hui d'être désigné par sa formation.


A noter que la Ville de Chicago pourrait lancer son "vélib"...avec Jean-Claude Decaux.

03.04.2008

Les candidats démocrates s'adressent à l'amérique laborieuse

Sur le site http://fr.youtube.com/franckcellier consacré largement aux élections américaines, on trouve cette vidéo commentée d’un meeting d’Hillary Clinton. Elle s’adresse à l’Amérique ouvrière, c’est traduit en Français par ce blogueur.



Barack Obama fait de même dans ce clip diffusé dans l’Indiana.



Le concurrent Républicain, John Mac Cain, lui, axe sa campagne sur sa personnalité : à l’instar de ce spot consacré à son histoire militaire.


Sur http://cloinlamerique.over-blog.com, un post cruel sur les Etats-Unis : « Parfois, dans la télé, ils préviennent que les images qui vont suivre sont de nature à choquer les enfants et les personnes sensibles à cause de leur sauvagerie. Alors je dis pareil: "les citations qui vont suivre sont de nature à choquer les gens qui ont encore quelque chose qui bat dans leur poitrine". La première sort de la bouche d'un adjoint du maire d'Indianapolis, John Cochran: "la ville de Cincinnati vend pour 400 dollars des autorisations de mendicité et il semble que cette réglementation ait des effets positifs pour faire baisser le nombre de mendiants". La deuxième citation est encore pire car elle vient du cerveau d'une gentille dame, directrice d'une association caritative. Jennifer Hunt, dont le salaire provient directement des fonds destinés aux plus démunis, raconte donc sans sourciller: "Nous demandons à la population de réorienter sa générosité instinctive vers les associations caritatives et non dans la rue car en agissant ainsi on peut perpétuer ce style de vie". Elle fait, on l'aura compris, allusion à cette sale habitude qu'ont les pauvres de se montrer en public. Je vous avais prévenu, c'est à vomir. »
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Post scriptum
Il y a tout de même quelques motifs de réjouissance soulignés dans la revue de presse de France 24 : les journaux internationaux annoncent une défaite quasi certaine de Robert Mugabe aux élections zimbabwéenne.

23.03.2008

Les candidats démocrates à l’assaut de la classe moyenne

Les effets de « l’affaire Wright » se font ressentir cette semaine dans les intentions de vote –à la baisse- des électeurs démocrates en faveur de Barack Obama. Après son discours de Philadelphie jugé par les commentateurs comme « historique », la nouvelle vague de spot TV du candidat démocrate se veut œcuménique, n’hésitant pas à valoriser des soutiens Républicains.

Pour le sénateur Obama, le véritable enjeu est celui des "employés blancs" : c'est la classe moyenne blanche qu'il doit rallier sa candidature pour faire la différence. L'intervention de John Edwards dans le débat démocrate sera d'une très grande portée car il était le candidat de cette classe moyenne blanche.
Une catégorie de la population qui est régulièrement la cible de la communication de Mme Clinton.

Les maux qui frappent la classe moyenne sont abondamment illustrés dans les médias au travers de l’exemple de la crise immobilière.

20.03.2008

Le discours de Philadelphie du sénateur Barack Obama

Après avoir répondu de manière confuse aux critiques sur sa proximité avec le controversé révérend Wright, Barack Obama a dilapidé en quelques jours son avance sur le sénateur Clinton. Il contre attaque ici avec « son discours de Philadelphie » sur « une meilleure Union » en excellant dans son talent d’orateur. Les médias soulignent la performance de M. Obama se permettant même d’évoquer le sentiment d’injustice ressenti par certains Blancs par rapport à la politique de discrimination positive.

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EXTRAIT :
Car nous avons un choix à faire dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui engendre les divisions intercommunautaires, les conflits et le cynisme. Nous pouvons aborder le problème racial en voyeurs —comme pendant le procès d’O.J. Simpson —, sous un angle tragique – comme nous l’avons fait après Katrina – ou encore comme nourriture pour les journaux télévisés du soir. Nous pouvons exploiter la moindre bavure dans le camp d’Hillary comme preuve qu’elle joue la carte raciale, ou nous pouvons nous demander si les électeurs blancs voteront en masse pour John McCain en novembre, quel que soit son programme politique.

Oui, nous pouvons faire cela.

Mais dans ce cas, je vous garantis qu’aux prochaines élections nous trouverons un autre sujet de distraction. Et puis un autre. Et puis encore un autre. Et rien ne changera.

C’est une possibilité. Ou bien, maintenant, dans cette campagne, nous pouvons dire ensemble : « Cette fois, non ». Cette fois nous voulons parler des écoles délabrées qui dérobent leur avenir à nos enfants, les enfants noirs, les enfants blancs, les enfants asiatiques, les enfants hispaniques et les enfants amérindiens.

Cette fois nous ne voulons plus du cynisme qui nous répète que ces gosses sont incapables d'apprendre, que ces gosses qui nous ne ressemblent pas sont les problèmes de quelqu'un d'autre. Les enfants de l’Amérique ne sont pas ces gosses-là, mais ces gosses-là sont pourtant bien nos enfants, et nous ne tolérerons pas qu’ils soient laissés pour compte dans la société du vingt-et-unième siècle. Pas cette fois.

Cette fois nous voulons parler des files d’attente aux urgences peuplées de blancs, de noirs et d’hispaniques qui n’ont pas d’assurance santé, qui ne peuvent seuls s’attaquer aux groupes de pression mais qui pourront le faire si nous nous y mettons tous.

Cette fois nous voulons parler des usines qui ont fermé leurs portes et qui ont longtemps fait vivre honnêtement des hommes et des femmes de toute race, nous voulons parler de ces maisons qui sont maintenant à vendre et qui autrefois étaient les foyers d'Américains de toute religion, de toute région et de toute profession.

Cette fois nous voulons parler du fait que le vrai problème n’est pas que quelqu’un qui ne vous ressemble pas puisse vous prendre votre boulot, c’est que l’entreprise pour laquelle vous travaillez va délocaliser dans le seul but de faire du profit.

Cette fois, nous voulons parler des hommes et des femmes de toute couleur et de toute croyance qui servent ensemble, qui combattent ensemble et qui versent ensemble leur sang sous le même fier drapeau. Nous voulons parler du moyen de les ramener à la maison, venant d’une guerre qui n’aurait jamais dû être autorisée et qui n’aurait jamais dû avoir lieu, et nous voulons parler de la façon de montrer notre patriotisme en prenant soin d’eux et de leurs familles et en leur versant les allocations auxquelles ils ont droit.
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13.03.2008

L’association progressiste « MoveOn.org » s’invite dans la course à la Maison Blanche

Déjà remarquée par la diffusion d’une vidéo dénonçant la dette exorbitante des Etats-Unis laissée aux jeunes générations (extrait de ce film ici), l’association de la gauche démocrate vient de lancer un concours de spots de 30 secondes en soutien à Barack Obama.

Cette association s’est déjà exprimée vivement contre les positions guerrières du prochain candidat républicain.

06.03.2008

Obama/Clinton : au coude à coude

Après sa double victoire du Texas et de l’Ohio, Hillary Clinton se place plus que jamais comme la candidate des questions économiques. Elles sont au cœur de son discours ce qui lui a valu le vote des cols bleu dans l’Etat sinistré de l’Ohio, à l’exception notable de Cleveland.

L’écart reste serré entre les deux prétendants démocrates : l'équipe de campagne de Barack Obama a affirmé mercredi qu'il avait remporté plus de délégués au Texas que sa rivale pour l'investiture démocrate à la présidentielle Hillary Clinton, bien qu'il ait perdu le vote populaire.

02.03.2008

L'affontement Clinton/Obama

Dans un récent débat en vue des primaires de l’Ohio, les deux prétendants démocrates pointent leurs différences. En matière de couverture du risque santé, Mme Clinton met en avant le caractère obligatoire de sa proposition de « sécurité sociale » tandis que M. Obama laisse une place à l'option personnelle.



Dans des clips électoraux, la concurrence entre ces deux candidats met en scène des «arguments spontanés » attribués par l’opinion...
Mme Clinton valorise sa « compétence reconnue »…
…tandis que M. Obama, dans une réponse en forme de reprise de un clip, met en avant son « jugement » mis à l’épreuve notamment au moment de la décision de démarrer la guerre en Irak

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